"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 29 juin 2016

Les Ecossais sont-ils fous ?



Je me perds en conjectures devant la précipitation qui a poussé Dame Nicola Sturgeon à solliciter d’urgence une audience auprès des deux bouffis bruxellois, Jean-Claude Junker et Martin Schultz. Est-ce là une preuve inattendue de la puérilité des indépendantistes Scots ou, au contraire, un indice d’un très grand savoir-faire politicien ?

D’une part, le Royaume Uni insulaire et britannique serait en cas d’imploser et, à tous le moins, se trouve fortement fragilisé par l’apparition dans ce qu’il faut bien appeler un même peuple de deux volontés irréconciliables désormais actées et qu’on ne peut plus glisser sous le tapis :
- D’un côté, l’écrasante majorité d’une Angleterre profonde et d’un pays Gallois itou qui en ont marre de se voir imposer par l’U.E. des normes sur l’habitat des poulets, la hauteur des pissotières, les dwoits-d’l’hom et ‘ceux des étrangers en particulier…
- De l’autre, un conglomérat improbable réunissant pêle-mêle l’essentiel d’un Londonistan boboïde et cosmopolite rêvant de devenir une sorte de Singapour hors sol ; une majorité de Nord-Irlandais craignant d’être un peu plus séparés de la République éponyme alors qu’ils sont déjà out-of-Schengen et, enfin, une large majorité d’Ecossais rêvant de je-ne-sais-quoi…
     Les premiers trouvant là l’occasion de montrer le peu de cas qu’ils font du consensus dit démocratique qui consiste à trancher en faveur du choix de la majorité, ce qui reste malgré tout, comme disait Churchill, "le pire système à l’exception de tous les autres" ; notamment pour éviter les guerres civiles… Enfin, le peu de cas qu’ils en font quand ils doivent abandonner le manche. Le naturel revient toujours au galop…
       
D’autre part, le machin qu’on appelle l’Union Européenne et qu’on qualifie abusivement d’Europe est tout autant en cas d’imploser et est à tous le moins fortement fragilisé par la décision souveraine d’une majorité du peuple britannique, sinon de ses diverses Nations. On ne va pas s’étendre sur ce point ; les erreurs, défauts de construction et conneries diverses comme l’absence structurelle de capacité d’agir de l’U.E. sont suffisamment décortiqués par les médias et blogs fréquentés par les lecteurs de céans pour que j’en reste là.

Donc, le pouvoir exécutif local d’Edimbourg est allé directement japper aux basques de Junker, incarnation de toutes les turpitudes du Machin, et, pour faire bon poids, de celles de Schultz, apparatchik d’assemblée, de couloirs et d’autres lieux… Les deux gus, prudents, n’ont pas tenu de point de presse après ces rencontres. Conscient pour sa part d’incarner les Etats-Membres, Donald Tusk a refusé de recevoir la dame…

Par la voix de Dame Sturgeon, l’Ecosse a donc, semble-t-il, manifesté sa volonté de sortir du Royaume-Uni et, indépendance retrouvée, grande fille, celle de poser sa candidature d’adhésion à l’U.E. avec son pétrole off-shore, son whisky et les aides européennes qui viendront alors, ne les oublions pas. Toussa avant même que Londres ait notifié officiellement son intention arrêtée de prendre la porte.

Quel peut être le but de cette démarche quelque peu prématurée ?

- Soit l’indépendantisme de la dame, boosté par les sondages locaux, l’a poussée à voir dans la victoire du Brexit l’occasion d’obtenir enfin une majorité en faveur de l’indépendance, auquel cas elle fonce naïvement tête baissée pour raccrocher sa barque à un Titanic dont l’engloutissement prochain paraît bien plus inéluctable que le naufrage de la perfide Albion.
- Soit la manœuvre n’a pour but que d’accentuer la pression sur Londres afin d’en obtenir plus avec une indépendance adoucie par une adhésion de principe à un Commonwealth croupion aux côtés de la Barbade ; le maintien éventuel ou non de l’Ecosse dans l’E.U. lors du Brexit effectif laissant le temps de voir venir en fonction de la hauteur de l’eau dans les cales du Titanic et de l’efficacité relative de ses pompes à ce moment-là…    

Dans un cas comme dans l’autre, la maturité politique se constate à la capacité de trancher.
L’intérêt bien compris de l’Ecosse est de choisir entre UK et UE et non pas de vouloir le beurre et l’argent du beurre. Comme disait Margaret Thatcher, "there is no alternative !"  Choisir de rester sur un bateau qui finira bien par éteindre les incendies à bord et par continuer sa route ou aller s’accrocher à une future épave sans gouvernail ni timonier ni patron ni boussole qui prend déjà l’eau de partout et dérive sur son erre vers je-ne-sais-où…



Dans la famille on a un peu d'Ecosse ;
ça peut expliquer le grain...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire