"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 28 septembre 2016

Amandine, Abrahim et les choux d’aujourd’hui…



Désormais, Amandine est carrément dans les choux. Enfin, pas vraiment vu comme les choux d’où c’est que naissent les enfants ont fait de sacrés progrès de nos jours…

D’ailleurs, qu’est-ce qui fait plus banal aujourd’hui, qui fait plus titre pour fait divers dans votre quotidien, page 8 en bas à droite que : "Amandine Duchnoque, 34 ans" ? Il y a quatre ans, dans un billet lui souhaitant son anniversaire (hormis ses proches, j’ai bien dû être le seul), j’évoquais déjà très exactement les avancées de notre-aujourd’hui-des-choux… Née en février 1982, notre Amandine a été conçue en plein dans ce moment d’euphorie où on rallumait la lumière pour éclairer le champ des possibles s’ouvrant à la génération Mitterrand. A des années-lumière, donc. Mais je m’égare…
Avec plus de trois ans de retard sur la Grande-Bretagne et un an sur les USA, Amandine avait eu comme titre de gloire d’être le premier "bébé-éprouvette" cuisiné en France ! Mais depuis ces temps quasi préhistoriques, la fivette est devenue banale avec une production en croissance constante de plus de 11.000 naissances par an. D’autant plus banale que 97 % de celles-ci sont réalisées sans apport externe par d’autres géniteurs que papa-maman. Autant dire qu’Amandine est totalement has been

Heureusement, on n’arrête pas le progrès et nos pinaillages sur la GPA ressemblent à des débats surannés sur le sexe des anges. Grâce aux avancées de la technique, nous avons désormais le modèle à trois parents. J’entends bien : à trois parents génétiques. Le plus compliqué étant devenu possible, en y ajoutant le plus simple déjà bien rodé de la GPA, rien n’empêche désormais de profiter des facilités que peuvent offrir les arrangements évoqués dans mon précédent billet sur Amandine.

Car aujourd’hui nous avons Abrahim. Il a déjà cinq mois et va bien ; merci. Abrahim est enfin le premier d’entre nous à avoir hérité des ADN de trois géniteurs, ceux de ses parents et celui d’une donneuse.

Résumons. Porteuse saine d’une maladie rare (affectant 1 enfant sur 36.000) véhiculée par les mitochondries des cellules maternelles, la mère a déjà perdu de ce fait deux enfants en bas-âge. Pour pallier cette situation individuellement dramatique, on a donc eu recours avec succès à un procédé d’ingénierie génétique d’une technicité sûrement plus sophistiquée mais de même nature que celle utilisée pour le maïs. Elle a consisté à extraire le noyau d’un ovocyte de la mère et de l’implanter dans l’ovocyte sain d’une donneuse préalablement débarrassé de son propre noyau. Ne restait plus alors qu’à faire féconder in vitro cet ovocyte par un spermatozoïde du père et de l’implanter dans la mère. Le môme issu de ce processus de fabrication reçoit donc dans son patrimoine génétique les ADN (portés par les noyaux) de ses père et mère et l’ADN de l’ovocyte de la donneuse. Et si l’embryon est une fille, sa formule génétiquement modifiée se transmettra de génération en génération… Les maladies mitochondriales ne se transmettant que par la mère, c’est pourquoi un tri préalable a été fait pour que le produit fini soit un garçon…

Voilà où nous en sommes. On notera au passage qu’à cette occasion, je n’ai ouï aucun de ces bruits de fond dont sont coutumiers les faucheurs d’OGM…

On notera aussi que pour des raisons de législations répressives encore en retard et bestialement obscurantistes, la fabrication du produit a été faite au Mexique par un éminent spécialiste américain d’origine asiatique qui préside aux destinées d’un centre de recherche en santé reproductive de New-York également présent en Chine et en Russie…

On notera aussi qu’Abrahim Hassan, comme son nom l’indique, est le fils d’Ibtisam Shaban et Mahmoud Hassan, un couple de Jordaniens ayant les moyens de faire face à la dépense. Et ce n’est pas le moindre des signes d’espérance pour l’avenir…

Source : ici ou

1 commentaire:

  1. On vit vraiment une époque magnifique ! Moi, j'attends avec impatience le jour où je pourrai me faire cloner. Sans déclonner !

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