"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 8 septembre 2016

Hollande et ses ronds dans l’eau…



On a donc eu droit aujourd’hui, salle Wagram, à un discours "très attendu" du Président de la République, discours prononcé dans le cadre d’un colloque sur le thème "La démocratie face au terrorisme", organisé comme de juste par Terra Nova et la Fondation Jean-Jaurès. Les colloques, ils savent faire ; le dernier en date c’était pour les 80 ans du Front Populaire…

Je ne saurais trop vous recommander la lecture de la prose présidentielle ; on est citoyen ou on ne l’est pas et le citoyen conscient de ses responsabilités se doit de s’informer sur à quoi sert son argent, surtout en temps de guerre crise normal.   

Tout d’abord, le directeur général de Terra Nova a introduit l’évènement avant de passer la parole au Président. Le ton était donné d’entrée de jeu : Après avoir évoqué Charlie-Hebdo, l’hyper casher, le Bataclan et la Prom’ des Anglais sans prononcer une seule fois le mot Islam ou quoi que ce soit pouvant s’y rapporter, le terranovien de service a embrayé sur le discours prononcé par Périclès en 431 avant notre ère (il n’a pas dit "avant Ji Cé") pendant les guerres du Péloponnèse. Bref, le truc qui en jette et vous assoie l’autorité culturelle de l’orateur. L’extrait qu’il en a donné lui semblait cadrer parfaitement avec l’objet du colloque. A ceci près qu’il enfumait son auditoire : Périclès parlait d’une démocratie s’exerçant exclusivement par le droit du sang et où l’extrême rareté des naturalisations d’étrangers (exclusivement "grecs") s'expliquait par la volonté de maintenir un équilibre optimum entre un territoire et ceux qui se le partagent…

Mais bon. Passons au discours pédalonautique, monument de vide particulièrement impressionnant qui fera certainement date… dans les archives de Terra-Nova.

Pourquoi donc vous en causer ?

- Parce que c’est assez extraordinaire d’enfiler durant une heure autant de pétitions de principe, de principes généraux, de références historiques plombées d’anachronisme de contexte et de certitudes hors sol, alors qu’il y a le feu à la maison et que l’orateur – chef des armées – dit lui-même que nous sommes en guerre.

- Parce que c’est assez extraordinaire d’entendre, ici et maintenant, mettre l’accent sur la place des musulmans parmi les victimes de la terreur.

- Parce que c’est assez extraordinaire par les temps qui courent, d’entendre le Président de la République laïque, sans doute grand théologien devant l’Eternel, premier des muftis d’al Azhar, toussa, nous assurer avec flamme :
"- L’islam peut-il s’accommoder de la laïcité ? Ma réponse est oui. Clairement oui."

- Parce que c’est assez extraordinaire, après avoir évoqué les tentatives d’attentat déjoués presque tous les jours, que le chef de l’Etat se lance dans une critique alarmiste des propositions "de la droite et de l’extrême droite" présentées comme la fin de la démocratie.

- Parce que c’est assez extraordinaire, dans un colloque consacré au défi posé par le terrorisme, de consacre autant de son temps de parole à condamner les manœuvres de la droite visant à "démanteler, assécher et même liquider le modèle social".

- Parce que c’est aussi assez extraordinaire d’entendre autant de mots valises ne pouvant déboucher sur rien de concret puisque n’ayant aucune définition :
"Ce débat va bien plus loin que celui de l’identité de la France (…) Elle n’est pas figée dans le temps. Elle n’est pas une recherche obstinée de racines. Elle est en perpétuel mouvement. C’est pour ça que la France est bien plus qu’une identité, c’est une idée [quelle idée ?], un projet [lequel ?], une ambition, [laquelle ?] qui fait de la France un pays singulier. C’est cette idée [?] de la France qui doit nous mobiliser." ; "C’est l’idée de la France qui permet aux autres peuples de regarder vers nous"…
"C’est toujours les mêmes critiques qui sont portées. Sur la démocratie elle-même, sur ses insuffisances, sur ses faiblesses, sur ses élus, et sur la pensée commune. Or, la pensée commune, c'est celle qui rappelle les principes [quels principes ?], qui croit en des valeurs [quelles valeurs ?]
"C’est la pensée du commun. Ce n’est pas une pensée commune, c’est ce qui nous permet de vivre en commun." [?]

- Enfin, parce, dans cette salle Wagram, haut lieu des congrès socialistes à barbiches de la Belle-Epoque ; où se sont illustrés, pêle-mêle, Marcel Cerdan, la Callas et Claude François ; où ont été tournées bien des scènes du Dernier tango à Paris, c'était un grand moment de je-ne-sais-quoi que d'entendre le citoyen François Hollande nous dire du haut de son pupitre :
"- Pour avoir conduit depuis plus de quatre ans le combat de la République [je peux vous dire que] la démocratie sera plus forte que la barbarie" ! et :
"- Je ne laisserai pas la France être abîmée, réduite. C’est le combat d’une vie", "Je ne laisserai pas l’image de la France, le rayonnement de la France s’altérer…"

C’était… Euh… Comment dire ? 







Salle Wagram

5 commentaires:

  1. "L’islam peut-il s’accommoder de la laïcité ? Ma réponse est oui. Clairement oui."

    Oui, bon...ben voilà : SA réponse est oui.

    Un mec qui a systématiquement tout faux sur tous les sujets ne pouvait décevoir son auditoire sur ce point.

    RépondreSupprimer
  2. Merci, le Plouc, pour cette brillante synthèse.
    Je dois avouer que, mauvais français que je suis, comme la seule vue ou le seul écho de la voix de Monsieur le Président de la République me foutent des boutons - j'apprécie malgré tout de connaître, au travers de différents blogs dont le votre, l'évolution de sa pensée ou plutôt de son bla-bla.
    Je ne parle pas de son action puisque l'instauration du fameux "Mariage pour tous", d'ailleurs attendue par tous, a semble-t'il épuisé ses forces dans le combat de titan mené contre les forces obscurantistes (nauséabondes !) de la fachosphère.
    Merci donc pour ce con-densé de délire hollandique. Périclès aurait-il pu imaginer un seul instant qu'il aurait, un jour lointain, un tel disciple ?
    Ce que j'en retiendrai surtout moi aussi, s'il faut en dégager une idée-force, c'est que le mahométisme est parfaitement soluble dans la démocratie, totalement compatible avec les droits de l'homme - avec les droit de la femme, je ne sais pas, mais c'est un point de détail comme dirait l'autre, et s'accommode tous les jours un peu plus de la laïcité et des valeurs de la ripoublique.
    Il faudrait être bien malhonnête pour ne pas en faire la constatation chaque jour qu'Allah le grand et miséricordieux, fait. N'est-il pas ?
    Avec ça, on est vraiment bien barrés.

    RépondreSupprimer
  3. kobus van cleef09/09/2016 13:41

    j'ignorais qu'on y avait tourné "le dernier tango à Paris"
    faut il y voir un message subliminal? (passe moi le beurre)


    Gaspard le gaveur d'oie a dû en avoir des crampes , à écrire ce pensum...

    RépondreSupprimer
  4. Oui bon...
    C'est pas pour me flatter (quoique que si personne ne le fait qui le fera ?) j'avais anticipé la chose quelques heures avant son discours.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Excusez-moi, mais il n'y a jamais beaucoup de mérite à prédire qu'il va sortir une ... (comment dire pour ne pas être "modéré" ?) ... sottise. Ce qui n'enlève rien à la justesse de votre prévision. Amitiés.

      Supprimer