"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 10 janvier 2017

Le livret de l’opéra n’est pas écrit !


Si les média se montrent désormais prudents dans l’interprétation des sondages, ils n’ont toujours d’yeux que pour l’évènementiel animé par les peoples jouant des coudes pour figurer à l’affiche du prochain opéra. Mais, au-delà des hypothèses formulées pour l’ouverture du premier acte, toulemonde a l’air de se foutre du déroulé de l’intrigue qui suivra. Or, bien plus que les frétillements de croupe de figurants avant le lever de rideau, ce sont bien les possibles contenus de l’œuvre qui intéressent le public et en feront un succès ou un four. D’autant qu’une éventuelle nouvelle bataille d’Hernani risque d’être bien plus sanglante que du temps de Victor Hugo…
Bref, pour ceux qui ne passent pas chez lui, je vous duplique ci-après pour le soumettre à votre méditation le billet publié ce matin par Maxime Tandonnet sous le titre "Les véritables scénarios de 2017 " :
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« Le monde médiatique ne voit de l’année politique 2017 que l’écume des choses. L’attention se polarise sur la seule élection présidentielle. En effet, il est infiniment plus attractif de limiter la vie électorale à une bataille de quelques personnages. Le sensationnel, l’émotionnel, le romanesque dominent ainsi les esprits. Or, cette présentation, quasi généralisée, est largement trompeuse. En 2017 se tiendront deux élections : présidentielles et législatives. Le chef de l’Etat ne dispose pas ou peu de pouvoirs propres. Il ne peut décider et agir qu’avec l’appui d’une majorité parlementaire qui vote les lois et contrôle le gouvernement, pouvant renverser le Premier ministre et les ministres. Dès lors, on ne peut avoir de vision de l’avenir qu’en combinant les résultats des deux élections. Au stade actuel, 5 scénarios sont envisageables :

- Une victoire de François Fillon suivi d’un succès des Républicains aux législatives : tel est l’unique scénario qui assure pour les cinq ans à venir la possibilité d’un gouvernement effectif de la France et la poursuite du système de majorité présidentielle qui domine les institutions depuis les années 1960. (Chances : 40%)

- Une victoire de M. Macron aux présidentielles. Dès lors que celui-ci, situé au centre gauche, n’émane pas d’une force politique particulière, il est improbable qu’il puisse disposer d’une majorité stable. Il serait plus ou moins soutenu par une coalition instable centre-gauche/centre droite, sous les feux de la gauche et de la droite : après un bref état de grâce, une période d’instabilité politique s’ouvrirait renvoyant aux époques troubles de la IIIe et de la IVe Républiques. (Chances : 20%)

- Une victoire de Mme Le Pen aux présidentielles, serait suivie d’élections législatives sans doute marquées par des désistements droite/gauche puis une situation où le chef de l’Etat se verrait dépourvu de toute majorité et de toute possibilité de soutien parlementaire : d’où une paralysie totale, aucune réforme envisageable, impossibilité absolue de nommer un Premier ministre et de gouverner (y compris par référendum, supposant une proposition du Premier ministre). On peut imaginer soit une marginalisation absolue de l’institution présidentielle, soit une crise politique majeure de six à douze mois, provoquant un blocage du pays, et s’achevant par de nouvelles élections. (Chances 15%)

- Une victoire surprise d’un candidat socialiste à la suite d’une campagne éclair d’une puissance exceptionnelle (M. Valls, M. Montebourg, M. Hamon), marquée par un retournement spectaculaire de l’opinion. Une telle victoire à l’arraché, avec un score très faible au premier tour, à la faveur d’une deuxième tour face à Mme Le Pen, ne permettrait sans doute pas d’obtenir une majorité aux législatives tant le rejet du pouvoir socialiste est fort dans l’opinion. Dès lors, on entrerait dans une cohabitation conflictuelle entre un chef de l’Etat de gauche et une majorité de droite du type 1986-1988, ou 1993-1995. Mais le président ne serait pas Mitterrand – avec ses défauts mais aussi sa finesse politique. Au regard du niveau intellectuel des candidats socialistes tel que nous le constatons, il faut s’attendre au pire. (Chances 15%)

- Autre : à ce stade, moins de 4 mois avant le scrutin, la percée d’un autre candidat, par exemple une surprise venue de la société civile aux présidentielles semble improbable mais ne peut être exclue dans le climat actuel d’exaspération de la population. (Chances 10%). »
Maxime TANDONNET

Je laisse à Maxime la responsabilité de ses pourcentages de probabilité…

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