"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 20 avril 2017

Des clapiers sans codes d’accès…



Fut un temps déjà lointain, je fréquentais parfois ces boîtes à dormir somme toute très convenables qualifiées "d’hôtels économiques". Les Formule 1, donc. Ils étaient bien pratiques lorsqu’il n’était question que d’y arriver tard le soir et d’en partir tôt le matin avec un petit-dej’ correct dans le ventre… On y croisait une clientèle variée avec une proportion surprenante de familles nombreuses en déplacement…

Ça y est ! Le groupe Accor vient de céder 62 hôtels Formule 1 à ADOMA. Adoma ? Comme ça se fait maintenant, c’est un nom qui ne veut rien dire, sûrement forgé par des communicants grassement payés pour remplacer l’acronyme SONACOTRA que-ça-le-fait-plus. Bref, c’est la nouvelle appellation de la SOciété NAationale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs fondée en 1956 pour loger les Algériens venant bosser chez Renault, Simca, etc. Ça existe toujours. C’est une filiale de la SNI, c’est-à-dire de la filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations chargée de gérer le parc immobilier de l’Etat. C’est donc l’Etat qui rachète ces 62 hôtels.

Accor les cède à Adoma pour qu’ils soient reconvertis en centre d’hébergement d’urgence afin d’accueillir à la fois des migrants et des SDF. Je soupçonne que le à la fois va tourner au pâté d’alouette (sans graisse de porc) mais bon…
On saluera au passage le beau geste de Accor dont la philanthropie ne saurait être soupçonnée d’autant que le prix de la transaction n’a pas été dévoilé (c’est la CDC et l’ancien 1% logement qui financent). J’ai cependant comme une impression que les hôtels cédés ne sont peut-être pas les plus rentables et les mieux situés de l’enseigne. Et probablement les plus anciens, à rénover et relooker de cette gamme aux chambres sans box wc-douche. Mais bon.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la suppression de 400 emplois déjà actée pour les 44 hôtels en gestion directe (les 18 autres étant en gérance, le couple de gérant se démerdera pour licencier ses femmes de ménage) Mais bon, seuls les esprits chagrins en feront un fromage car Adoma va vous développer ça que-je-vous-dis-pas !

En effet, réfléchissez ! Au lieu d’un couple de gérant et deux-trois emplois d’agents d’entretien à temps partiel, la présence à la réception, l’entretien courant, la maintenance et les réparations à flux tendu des agencements et du bâti vont générer une augmentation considérable du nombre d’emplois nécessaires au fonctionnement de ces établissements dans leur nouvelle fonction. Que demande le peuple ! Il ne faut pas cesser de rappeler que le migrant est créateur d’emploi !
Je ne compte évidemment pas les investissements à réaliser pour adapter les parties communes, ils seront peut-être (mais ce n’est pas sûr) moins onéreux que dans un ancien lycée ou un château classé monument historique…

Une chose est sûre : Plus besoin de sa carte bancaire pour aller se coucher…  


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