"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

jeudi 19 avril 2012

Gestapo et Collabos, le retour…


La soldatesque comme les agents, les indics et les Klaus Barbie de la police morale des nouveaux occupants sont déjà à pied d’œuvre mais encore (plus ou moins) consignés dans leurs cantonnements. Il faudrait pourtant qu’ils interviennent pour voler au secours d’une police autochtone manifestement incapable de maintenir l’ordre vertueux.  

C’est ICI

Sans doute attendent-ils (plus ou moins) sagement le feu vert des encore présumées autorités locales du pays occupé. Car on est dans un Etat de droit, ah mais !
Pas d’inquiétude. Quoiqu’un peu essoufflé, le nouveau Pierre Laval arrive en courant.

C’est

mercredi 18 avril 2012

L’heure est venue de trancher...

Même si ça ne sert à rien. Quand y faut, y faut… In introibo, comme toujours, je me traînerai jusqu’à ces cabines d’essayage qu’on installe de temps en temps dans le réfectoire de l’école du quartier (si encore essayage il y avait !) Là, je mettrai dans l’enveloppe, geste que je présume obscène puisqu’il faut tirer le rideau. Marianne a parfois de ces pudibonderies… Ensuite, je m’avancerai vers le tabernacle laïc de "l’Une et Indivisible" (qui laetificat juventutem meam, enfin, y faudrait…) pour y déposer mon offrande… Ite missa est. Enfin, pas vraiment…


Bon, soyons sérieux. Va falloir y aller.


Quand j’étais jeune, il m’arrivait parfois de faire ça un peu par-dessous la jambe, par réaction affective, positive ou négative, mais ce n’est plus le cas. Voter est un acte (ne pas voter aussi, j’y reviendrai) et poser un acte c’est agir. Et toute action doit être réfléchie, non contradictoire, cohérente au regard de ce que je souhaite et crois bon, non seulement pour moi, non seulement pour les miens, mais pour tous ; non seulement pour ici et maintenant, mais pour là-bas et pour demain. Appelons ça vouloir le Bien commun, notion plus pertinente que l’Intérêt commun ou, pire, l’Intérêt général qui, comme son adjectif l’indique, est une auberge espagnole où chacun met ce qu’il veut…

Lorsqu’il m’arrivait d’animer des commissions, groupes de travail ou cellules de réflexion, que ce soit dans le professionnel, l’associatif ou le politique, je m’efforçais toujours d'imposer une méthodologie de travail stricte pour que ça ne parte pas dans tous les sens et qu’on ne se tire pas une balle dans le pied. Souvent sans grand résultat, il est vrai, tant les guignols les plus convaincus sur les grands principes sont rétifs à l’épuisante discipline intellectuelle nécessaire pour ne pas se faire couillonner par soi-même plus encore que par ceux d’en face…

Ça s’articulait en trois niveaux et c’est toujours valable pour tout dans l’action :

1° D’abord, il faut être au clair sur des principes généraux auxquels on ne dérogera pas dans le temps, indépendamment des évènements. Dès lors, chaque hypothèse pourra être systématiquement passée au crible des principes généraux : Est-ce que ça va dans le bon sens ou pas ?

2° Ceci fait, élaborer une politique pour l’action. Ce qui implique de se donner une échelle relative de valeurs et des priorités entre les différents éléments du "paquet complet" des principes généraux. Aucune hypothèse, à l’expérience, n’allant pleinement dans le bon sens, c’est indispensable pour éviter que, attrayant ou repoussant, l’arbre d’une hypothèse nous cache la forêt qui est derrière.

3° Enfin adopter une stratégie. C’est-à-dire, en cohérence avec la politique élaborée ci-dessus, définir l’objectif concret, réalisable, atteignable, compte tenu des moyens et des compétences disponibles. C’est-à-dire l’objectif qui va le mieux (ou le moins mal) dans le bon sens. Et, quand rien n’est satisfaisant, au moins l’objectif qui ferme le moins de portes, celui qui laisse encore un possible


Bon, qu’en est-il des élections ? Que nous disent nos principes généraux ? Que ce soit au regard de nos "fondamentaux" en matière de "questions de société" ou du désastre économique d’ores et déjà actuel avec ses conséquences sociales, que nos créanciers et concurrents ont la gentillesse de retenir suspendu au-dessus de nos têtes pour nous laisser souffler jusqu’au 7 mai ? On peut d’ores et déjà virer la plupart des compétiteurs (aucun ne fait vraiment l’affaire, d’ailleurs…)


Ce papier n’étant pas, cette fois-ci, rédigé pour les seuls lecteurs de ce blog, ces derniers m’excuseront de certains développements qui suivent et leur paraîtront superflus. Et aussi de revenir sur le cas de François Hollande.

Quelle est la seule raison pouvant justifier de lui confier le job ? La seule ? : C’est la volonté de virer Sarko…

Il n’y en a pas d’autre… Celui que j’appelle le Culbuto-pédalomobile-promu-remplaçant-à-l’ancienneté-et-monté-sur-le-ring-suite-à-un-regrettable-incident™ ne s’est jusqu’ici illustré que dans les subtiles arrangements de courants, motions et votes internes du PS, et encore n’y a-t-il pas sorti ses tripes. Sa gestion du département de la Corrèze est un désastre dont personne ne parle. En matière de "questions de société", il devance et va même au-delà des revendications des minorités et lobbys concernés. C’est l’homme du compromis à n’importe quel prix pour ne fâcher personne. Sachant, quoi qu’on en ait dit, les arrangements passés avec les Verts : beaucoup de notre nucléaire contre quelques sièges de députés, qu’en sera-t-il face aux exigences de Mélenchon ? J’attends (pas vraiment) de le voir cet été en face de Merkel, de Poutine ou de Hu Jintao. Je m’arrête…


Bon, que me reste-t-il ? Sarkozy ? Le Pen ? L’abstention ?


L’abstention ? Parlons-en. Elle est d’autant plus tentante que c’est la pente naturelle de la facilité face à la perplexité. Nozélites s’en disent chaque fois navrées mais ça les arrange. Gagnants ou perdants, ça gonfle leurs scores apparents et justifie leurs rentes de situation. Tout le monde se fout de leurs poids réels, ne serait-ce que par rapport aux inscrits. La revendication de décompter les votes blancs est un enfantillage ridicule qui servirait à quoi ? 70% d’abstention, ça changerait quoi ? Aucun pays n’a jamais été assez fou pour instituer un quorum aux élections politiques… En n’allant pas voter, je me dissous en ectoplasme hors des écrans radars. OK, ce peut être un choix délibéré. Mais cet acte se traduit par quoi ? Il y a toujours au final un choix entre deux options. Il n’y en a jamais une bonne (sinon je ne me poserais pas la question de m’abstenir…) Il y a toujours le pire et le moins pire… M’abstenir ne revient pas à défavoriser les deux. M’abstenir revient pratiquement à défavoriser le moins pire. Ça revient concrètement, mathématiquement, à voter pour le pire… Après moi le déluge et croyez que j’en suis navré, toussa… Ouais… Et demain je fais quoi ? Ne pas aller voter dimanche, c’est comme si je votais pour Hollande, pour Merluche, pour Eva ou Poutou… Comme si je votais délibérément pour l’Interruption Volontaire de Jeunesse, pour l’Euthanasie Préventive de Vieillissement, pour l’Hermaphrodisme d’Etat, pour la réduction du dictionnaire au format d’une brochure d’Hessel, pour la masturbation remboursée par la sécurité sociale et le trou de la sécu bouché par la virtualité onaniste d’une Europe qui n’existe que sur le papier… Je m’arrête. Ne pas voter, ce n’est pas voter pour un rêve, c’est voter pour qu’un cauchemar s’incarne concrètement dans le réel, ici, maintenant. C’est voter pour une réalité sordide qu’on nous vend sous le prétexte vêtu de rose candide du rêve métissé d’un éternel futur(*)

Exit, donc l’abstention.


Ça va devenir difficile…


Marine Le Pen ? J’ai passé l’âge des votes de témoignage (je n’ai d’ailleurs voté FN qu’une seule fois dans ma vie : Pour le père au 2° tour de 2002, histoire de faire chier le monde...) La seule raison légitime de voter pour elle aurait été de faire une très forte pression sur une future majorité de droite pour la contraindre à prendre à bras le corps les questions lancinantes d’une immigration non régulée et d’une définition sans consensus mou de ce qu’on met concrètement dans le vivre ensemble Sans trop y croire, cela aurait pu être envisageable quand on la voyait en 3° position à près de 20%... Mais ce n’est plus la peine d’y penser car elle s’est plantée dans son business-plan.

En délaissant la posture tribunicienne et provocatrice de Papa pour s’afficher fréquentable, elle a perdu le gros de son électorat : la masse des petites gens désespérés, ceux des interminables banlieues pavillonnaires aux terminus des RER et ceux de la France profonde, souvent rurale, où prospère la vraie pauvreté ; braves petits français méprisés et abandonnés par les élites qui n’ont d’yeux doux que pour les "quartiers" saturés d’équipements collectifs et inondés de subventions… C’était ça la clientèle du FN, pas des fachos. Autrefois ils étaient communistes. Dorénavant, se sentant négligés par la Madelon d’Hénin-Beaumont, ils rentrent à la maison, chez Mélenchon. Et les médias en rajoutent parce que c’est excitant…

D’ailleurs, c’est peut-être délibéré de sa part, anticipant la défaite annoncée de Sarko. Car s’il repasse, le FN retombera dans le groupusculaire d’esstrêmdroïïte, le gros de ses troupes ayant rejoint l’extrême gauche apte, elle, à peser sur le Culbuto-etc. En revanche, si Hollande passe, l’UMP implosera. Ses dépouilles, encore fort consistantes, se répartiront alors entre le centre mou et un nouveau FN qui pourra alors intégrer enfin le système, tant décrié mais si tentant…

Exit, donc le vote Le Pen…


Reste Sarkozy ? Certes, on ne peut pas dire que le cœur y est… Cet homme est sans aucune culture, ça me dérange. Et alors ? N’est-il pas à l’image de la France aujourd’hui ? Monsieur fête sa victoire au Fouquet’s ! Vous allez au Mac’do, vous, pour fêter une super promotion ou un grand évènement dans votre vie ? Le plongeur et le voiturier du Fouquet’s, il faut bien qu’ils vivent ! C’est vrai que le culbuto Hollande est plus discret ; pour un repas d’affaire normal, il se contente d’aller chez Laurent. C’est plus feutré et la salade est à 140€ l'assiette en entrée, ça trie un peu le voisinage à table. Mais bon… Sarko, il marche à coups d’annonces, il a tout dit et le contraire de tout et ce n’est pas fini. Il n’a fait qu’un petit tiers de ce qu’il avait annoncé. Exact, mais ça fait quand-même dans les 30%... Et ce n’était pas rien dans bien des domaines sensibles. Même s’il n’est jamais allé aussi loin qu’il aurait fallu, il a engagé et mené à bien avec Fillon une palanquée de réformes qu’on se garde bien de nous lister. Ah bien sûr, il n’a pas déversé sur le pays l’énorme paquet-cadeau de réformes de société qui ne coûtent pas un rond (sur le moment) et ne mettent personne dans la rue comme d’autres nous le promettent pour cet été. Mais "dans le dur", il n’est jamais resté sans rien faire. Qui d’autre l’aurait fait ? Le Béarnais ? La seule fois où celui-là a été aux manettes d’un très grand ministère, il s’est couché au bout d’un mois en laissant aux syndicats les dernières clefs de la boutique qu’ils n’avaient pas encore…

Ce n’est guère brillant mais en période de crise majeure (bien plus majeure qu’on ne nous le dit) il n’y a vraiment pas grand-chose d’autre en magasin… Rappelez-vous : l’option qui laisse encore un possible


Bref, je crois bien que je vais faire avec ça. Et puis on verra…

mardi 17 avril 2012

Enfumer l’acuraba en le faisant souffler…

On n’a pas besoin d’être Henri Proglio pour obtenir ce qu’on veut dans les sentes de l’exécutif. Et dire ça n’est pas un scud que j’envoie (presque) après la bataille contre les tenanciers en fin de bail de l’Elysée, de Matignon et de leurs diverses annexes et abris de jardin. On ne tire pas sur les ambulances… D’autant que d’autres ont fait bien pire et bien plus inquiétant pour nous. Que ce soit en hissant la prévarication au stade industriel dans les années Mitterrand (cf. Vibrachoc, etc. Urba et les mutuelles, etc.) Ou que ce soit par incompétence, naïveté, œillères, a priori idéologique ou copinage (cf. Tapie-Adidas, etc.) Les plus jeunes (ou les moins vieux) qui prétendent nous gouverner dans un mois peuvent bien invoquer la fausse excuse de n’avoir été à l’époque que des petits jeunots, ils étaient déjà quasiment tous bien au chaud dans les cabinets ministériels et consciemment complices sans états d’âme des agissements de leurs patrons dont certains vont d’ailleurs encore ressortir. Sans parler de leurs turpitudes des années fric, les mêmes sont toujours les premiers à se laisser à la fois craintivement et sensuellement couillonner par le premier beau parleur sachant les brutaliser (et, au fond, sachant se servir d’eux en les méprisant…) Avant-hier par un Bernard Tapie, hier soir encore par un Strauss Kahn.


On attend de voir cet été le charmant petit garçon normal devant Merkel ou Poutine…


Bon, de quoi je cause, là ? Ben de l’entrée en vigueur le premier juillet prochain de l’obligation d’avoir un éthylotest dans sa bagnole ! (Vous remarquerez qu’en cette semaine décisive pour la Nation, je me réfugie prosaïquement au ras des pâquerettes…)


Donc, soit vous vous offrez le gadget électronique réutilisable jusqu’à plus soif (sic) qui coûte de 39 € à plus de 900 € (tous garantis un an, pas plus), soit, comme tout un chacun, vous optez pour le ballon chimique à usage unique facturé 1€ par votre pharmacien ou grande surface. Bien sûr, l’investissement minimum sera de 2€ puisque vous aurez bien au moins une fois l’occasion de vous en servir et que c’est forcément ce jour-là que les pandores voudront contrôler que vous avez bien le truc prêt à l’emploi dans votre boîte à gants (tant il est vrai que "Les clefs du pouvoir sont dans la boîte à gants", comme disait le titre de je ne sais plus quel vieux polar…)


Reprenons la genèse de l’affaire : En juillet 2011 se constitue et se dépose en préfecture une association se donnant pour but d’améliorer la sécurité routière en militant pour le port de l’éthylotest en plus du port de la ceinture. Ladite assoc’ fraîchement constituée a illico interpellé le ministre concerné par cette grave question. Le dit ministre, Claude Guéant soi-même, a évidemment trouvé l’idée géniale et fait le nécessaire avec une célérité que le monde nous envie. La mesure fut donc annoncée par le président himself dès le 30 novembre 2011. On aurait pu penser que cette parole verbale tomberait dans l’oubli comme… parfois. Que nenni ! Alors que tant de décrets d’application de lois votées par les élus du peuple sont encore "à l’étude" dans les tiroirs, c’est sans débander que les services compétents ont œuvrés pour que le Journal Officiel puisse sortir le 1° mars 2012 le décret stipulant :

"Tout conducteur d'un véhicule terrestre à moteur, à l'exclusion d'un cyclomoteur, doit justifier de la possession d'un éthylotest, non usagé, disponible immédiatement", ledit éthylotest devant être homologué et "respecter les conditions de validité, notamment la date de péremption, prévues par son fabricant". Ladite mesure prend effet le premier juillet prochain, le défaut d’équipement sera sanctionné par une amende de 17 €.


On notera toutefois que le défaut de possession de l’équipement exigé ne sera pas sanctionné avant le 1° novembre. Ce délai de grâce n’est évidemment pas motivé par des raisons compassionnelles ou pédagogiques et on le comprend. Comme pour le gilet jaune ou la mise aux normes des ascenseurs, il s’agit simplement de laisser aux heureux bénéficiaires du pactole concerné le temps de constituer les stocks nécessaires pour répondre à la demande.


Résumons. 38 millions de bagnoles à raison de deux éthylotests chimiques (le simple ballon) à 1€ par caisse, ça fait, au stade de la consommation finale, un potentiel théorique minimum de 76 000 000 € TTC de chiffre d’affaires à ramasser au 2° semestre de cette année. Renouvellement de l’achat à prévoir selon la date péremption du produit, détail technique que j’ignore…


Bon, tapez le mot sur Google : c’est l’hystérie chez tous les réseaux possibles de distribution voulant se placer sur le marché de vente du produit. . Et pour vendre quoi ? Il n’y a que trois marques dont le produit est homologué. Le premier fabricant, et de loin, c’est Contralco. Et quand je parle de marques, rien ne dit que les autres ne soient pas essentiellement des sous-marques de Contralco….


Quoi d’autre ? Ah oui ! La présidente de l’association Loi 1901 évoquée au début, c’est qui ? Une dame très respectable, une salariée gagnant honnêtement sa vie. Elle fait quoi au juste ? Elle est chargée de mission chez… Contralco

dimanche 15 avril 2012

Le thanato-facteur batave ne sonnera qu’une fois…

Par un effet du hasard où la Providence n’est pour rien, ce billet arrive à point nommé à la suite des deux précédents.

Comme le troisième volet d’un triptyque, il parachève le tableau… Ouais, jusqu’à la prochaine ; j’attends de voir…


Comme je l’écrivais vendredi, l’IVG post-natale porte les espoirs d’un avenir radieux repoussant la frontière comme autrefois celle du far-west jusqu’à se noyer dans les eaux du Pacifique.

Et comme je l’écrivais samedi, l’une des plus grandes avancées de la civilisation réside dans l’extension continue de l’assistanat par la mise à la disposition de chacun de toutes les prestations jugées normales, de telle manière que l’usager soit le moins possible contrarié par la nécessité de se bouger le fion.


A cet égard, accessoirement soucieuse de favoriser la création d’emplois, Big Mother s’évertue depuis une bonne décennie à développer les services à la personne. La Fwance a même fait de ce concept une qualification juridique spécifique ouvrant droit à une exonération d’impôts. Sont bien sûr regroupés sous ce vocable toutes les nobles missions visant à assister les personnes dans les tâches quotidiennes à leur domicile, qu’il s’agisse de garde d'enfants, de soutien scolaire, de ménage ou de jardinage, d’aide à la mobilité, de téléassistance, etc. D’ailleurs, lorsque j’ai acheté mon nouvel ordinateur, voyant ma tronche de vieux schnock à l’obsolescence prochaine, le vendeur de la FNAC avait fortement insisté pour me fourguer une heure d’assistance à domicile pour la mise en route de la bête en me faisant miroiter l’exonération fiscale… C’est bien… Mais est-ce suffisant ? Qui oserait contester qu’ "On a encore de gros progrès à faire sur l’accompagnement" ?


Comme souvent dans les domaines du cocooning sociétal, les Pays-Bas ne cessent de nous montrer la voie du progrès.

Z’ont raison, ça leur donne un peu de visibilité à ces Pays-Bas si bas qu’on en voit plus guère que les multinationales basées à Londres, le monopole du négoce de fleurs en gros, les caravanes de caravanes sur nos autoroutes au mois d’août et certains spécimens de natifs qui, dans mon douar d’élection, se révèlent autrement plus insupportables que les ritals ou les russkofs ; et même que les rosbifs, c’est dire ! Sans parler de l’homonyme déjà pré élu que l’on sait, mais là je dois reconnaître qu’ils n’y sont pour rien… Et je m’égare…


Les Pays-Bas, donc, nous ont devancé (mais ça va s’arranger) dans l’assistance à la personne à domicile :

Depuis le 1° mars 2012, six équipes du NVVE, association néerlandaise comme son acronyme l’indique, sont opérationnelles et sillonnent le pays. Non, ce ne sont pas des cyclistes. Composées d’un médecin à temps partiel (sic) et d’une infirmière disposant du nécessaire pour "l’ultime traitement", ces braves gens se déplacent sur demande à domicile. Leur job est d’être à la disposition des malades en fin de vie dont le médecin traitant refuse d’accéder à leur demande de solution finale dans la dignité


Aucune inquiétude à avoir, non seulement l’euthanasie est chose légale depuis déjà dix ans en Batavie, mais l’initiative du NVVE est un progrès qui a été expressément et vivement approuvée par la ministre de la santé publique, du bien-être et des sports. Le bien-être est louable. Et les sports, c’est important vous savez…


Bien sûr, les grincheux de la Société royale de médecine ont exprimé quelques réserves au motif de la mise à l’écart du médecin traitant au profit d’un collègue payé aux pièces ne connaissant pas le patient. Mais il ne s’agit là que d’une réaction corporatiste d’arrière-garde…


D’ailleurs, un service similaire existe déjà aux Pays-Bas, depuis bientôt trois ans et à la satisfaction générale, pour l’euthanasie à domicile des animaux de compagnie. J’voipapourquoi

samedi 14 avril 2012

Chic ! Plus on avance plus l’horizon recule !

Dans notre société shootée au ça va de soi et je le vaux bien, où nul ne s’étonne plus de disposer de l’eau potable au robinet au prix d’un tour de poignet et pour (encore) presque pas un rond, et d’avoir le SAMU à dix minutes avec la sécu en tiers-payant rubis sur l’ongle pour la peine de taper trois chiffres sur le clavier, le progrès ne cesse de nous ravir.

L’une des plus grandes avancées contemporaines de la civilisation réside dans la mise à disposition de tous et de chacun, automatique et systématique, avec empressement et gracieusement, des prestations normales dont tout un chacun ne peut se passer, donc sur lesquels tout un chacun doit bénéficier d’un droit à pour répondre à ses besoins on ne peut plus légitimes. Il s’agit là d’un service public. Quel qu’en soit le coût, il est légitimement dû à quiconque, afin de lui éviter l’injuste contrainte d’avoir à se bouger le fion pour échapper à l’éventuel, inacceptable et tant redouté risque d’exclusion préjudiciable au vivre ensemble™…

Dans ce domaine, l’invention de la notion de droit opposable représente une réelle avancée et ne doutons pas que le monde nous l’envie…

Les hussards noirs de la République de nos pères dispensaient ce genre de service public aux fils des bouseux : L’instruction publique obligatoire et gratuite. Elle avait un coût pour l’épicier citadin fiscalement solvable mais faut ce qu'y faut. Le môme arrivait à l’école avec ses galoches et sa gamelle de casse-croute. Il en repartait toujours avec ses galoches, mais avec un bagage… Ensuite à lui de voir…

De nos jours, aux frontons des mairies, Marianne n’est plus là pour incarner la devise obsolète Liberté, Egalité, Fraternité (au singulier les trois concepts…) Non. Elle n’est plus que Big Mother, désormais garante de Droidlhom™. Et Big Mother doit procurer maternellement Droidlhom™ à chacun. Droidlhom™, c’est-à-dire le respect et la satisfaction de droits non définis, donc infinis. Collection de tous les droits possibles (ou non) que chacun s’estime légitimement en droit de disposer pour satisfaire ses besoins comme ses désirs, collectifs, individuels, privés, intimes, fantasmés, ou judicieusement suggérés par la pub ou la télé… Bonne fille, Big Mother s’y emploie et va de l’avant. Il lui faut avancer, si nécessaire en n’hésitant pas à devancer les attentes de ses petits pour rester en avance. Car avancer pour avancer vers Droidlhom™, horizon indépassable, descente aux enfers orwellienne, est pour elle la seule manière de continuer à exister et à s’en justifier car plus on avance plus l’horizon recule…

Les annonces des candidats à la Présidence du Bronx viennent de nous en donner un nouvel exemple. On a déjà évoqué ici et là le handicap avéré que représente pour la recherche d’emploi le fait de ne pas disposer, non seulement d’une adresse internet, mais pourquoi pas d’un smartphone perso dispo H24. Tout aussi handicapant est de ne pas avoir son permis de conduire. Il est vrai que son obtention nécessite de raquer en moyenne plus de six semaines de SMIC brut et que, outre sa défection pour le grand œuvre du vivrensemble™, la suppression du service militaire prive environ cent mille jeunes chaque année de la possibilité de l’obtenir pour pas un rond…

Ce que voyant, Sarko propose que le code de la route soit enseigné à l’école, l’épreuve du "code" comme la délivrance du papier correspondant étant gratuites. Pour ne pas être en reste, le culbuto-pédalomobile-promu-remplaçant-à-l’ancienneté-et-monté-sur-le-ring-suite-à-un-regrettable-incident™ promet un forfait permis de conduire en récompense pour les jeunes qui auront effectué un service civique (à définir). Jean-Luc Mélenchon prédit carrément le permis de conduire gratuit… “à terme”. Evidemment, Efâ Cheuli est la seule à ne pas en parler mais on l’excuse, pour une fois qu’elle est cohérente… Tout ceci est bien restrictif et frileux. Tout besoin fondamental - ou estimé fondamental par chacun - ne devrait-il pas être gratuit ou subventionné ? Si conduire est une priorité, ne faudra-t-il pas aussi financer l’acquisition d’un véhicule par les jeunes ? Voire payer leur assurance ?

"On a encore de gros progrès à faire sur l’accompagnement"