"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

lundi 7 mai 2012

Retour vers le futur antérieur et le conditionnel présent…


En février 2011 (il y a une éternité) une fausse manœuvre sur un smartphone spatio-temporel que j’avais pris pour mon téléphone m’avait expédié au 31 décembre 2012. Comme devoir de vacances, j’avais alors saisi cette occasion exceptionnelle pour vous poster de là-bas mon journal de l’année 2012 que vous aviez donc reçu en feuilleton en février de l’an dernier. A l’évidence, il est aujourd’hui avéré que je n’étais pas tombé dans le bon espace-temps… Au demeurant, certains des évènements restant à vivre dans le nôtre pourraient bien être d’ores et déjà écrits, y compris pour le deuxième semestre de cette année. Et, pour commencer, sans doute dès le moins de juin…

Extraits :

[rappel résumé de ce qui précède : le Président sortant a été réélu (allez lire pourquoi) mais les divergences d’option, tant sur le fond que sur la tactique minent l’UMP…]


(…)
Rien n’y fait : le torchon brûle entre le troupeau trotte-menu de ceux qui plient le dos en portant (pas bien haut) le programme d’Alterprogrès Sociétal pour garder leur siège et ceux, moins nombreux il est vrai, pour qui ça suffit comme ça… Les premiers accusent les seconds de faire le jeu du FN en le banalisant et se font accuser par ceux-ci de faire le jeu du FN en lui donnant du grain à moudre. Les média s’en donnent à cœur joie…
(…)
10 juin – 20 heures : Bérézina pour l’UMPré et l’UMPop… Hormis dans quelques fiefs solides préservés, là où ils se concurrençaient les deux sont éliminés. Là où le même homme cumulait les deux étiquettes, il se trouve généralement réduit à jouer le 3° homme dans une triangulaire avec le PS et le FN…
Pour faire barrage au FN, les UMPré pur jus appellent illico à voter pour la gauche, chez les autres ça flotte. Quelques UMPop conscients appellent à voter FN pour éviter une Chambre soviétique… Ils sont évidemment solennellement condamnés (…)
(…)
18 juin matin : La France se réveille avec 577 députés (comme d’hab’) : 3 non-inscrits, 6 indépendantistes d’outre-mer, 4 Front National, 9 centristes, 65 UMP (dont 19 strictement UMPop) et… 490 "gauche et verts unis" (dont 401 PS)…


Rien n’est perdu. Et pour le deuxième semestre, tout ce que j’avais écrit reste possible… 

dimanche 6 mai 2012

On vaaa baver !

Bastille 2012
Etat d'esprit...


Entre nous, le titre du billet était choisi depuis longtemps. Mais l'illustration n'aurait pas été tout à fait la même...

Bon, du coup je vais quand-même me servir un whisky. Ce sera toujours ça de pris...

samedi 5 mai 2012

50,2 versus 49,8…


Non ! Ce n’est pas un "sondage". Je n’ai pas envie de tomber sous les coups de la loi en divulguant en ce jour de réflexion, quoi que ce soit d’autre que mon opinion sans préciser qui fera quoi. Opinion dont je fais part in-extrémis à mes quelques lecteurs comme si nous étions dans mon salon. Salon où je suppose avoir encore le droit d’exprimer mon opinion sans devoir le faire en chuchotant après avoir tiré les rideaux et baissé l’abat-jour, précautions que je me souviens avoir pris souvent mais dans des circonstances plus plaisantes… Une opinion ? Disons plutôt un pari.

Pari que je fais au vu du "trend" des dernières batteries de sondages légalement publiées car il va dans les sens de travaux d’analyse effectués entre les deux tours par certains spécialistes ne s’étant jusqu’alors guère trompés. Travaux dont les conclusions ont été rendues publics et consultables bien avant l’heure fatidique d’hier soir minuit par qui prend la peine de chercher un peu…

Bref, je prends le pari sur la médiane de l’hypothèse. Si je perds (disons un écart plus large que 50,7 – 49,3…) j’en serai quitte pour payer mon café comme d’habitude. Si je gagne, ce sera mon meuble-bar qui m’offrira un verre de Highland Park. Mais ça dépendra du vainqueur… Si c’est l’un, il me servira un 12 ans d’âge, si c’est l’autre ce sera un 18 ans d’âge (il m’en reste un peu…)

De toute façon, toussa est sans importance car le pari aura une suite. Que je perde ou que je gagne sur mon hypothèse de score carrément hors de la fourchette attendue, le résultat sera le même :
Si c’est l’un, sa victoire sera annoncée "totale"  et la défaite de l’autre "minable et méritée"
Si c’est l’autre, sa victoire sera "étriquée, nauséabondement acquise" et la défaite de l’un qualifiée de "quasi victoire"…

Et les journalopes n’auront sans doute pas tort. Car au mois de juin, si c’est l’autre, je vois venir une belle… cohabitation.     

"L’idée d’un homme normal est un mythe semblable au mythe nazi"...


« L’idée d’un homme normal est un mythe semblable au mythe nazi » affirmait Merleau-Ponty. La question de la normalité est restée jusqu’à présent à l’écart des débats présidentiels. Mais puisque le sujet est à la mode, qu’on me permette d’en souligner les risques. Les professionnels de la santé mentale font preuve d’une grande prudence vis à vis de cette notion – qu’ils évitent, soit dit en passant, d’aborder dans les manuels. Mieux vaut laisser planer un doute et donner à chacun la liberté de créer ses propres normes plutôt que de fixer arbitrairement les critères d’une « normalité » contraignante. Au fond, n’est-ce pas s’interrogeant sur soi-même et sur ses propres normes que l’on a le plus de chance d’être « normal » ? Qui, d’ailleurs, se sent vraiment normal ? Lorsque j’ai posé cette question à un amphithéâtre d’une centaine d’étudiants, seuls trois doigts se sont levés

La normalité est aussi insaisissable que le mouvement de la vie. Tout organisme vit en créant un milieu qui lui convient : du simple protozoaire à l’être humain, la vie se manifeste comme cette aptitude à transformer son monde de façon créative pour parvenir à y survivre et s’y développer. Cela suppose d’échapper aux normes imposées par le milieu – d’être ainsi, en quelque sorte, « anormal », c’est à dire capable d’élaborer ses propres normes. C’est pourquoi celui qui croit détenir la normalité est dangereux. Il risque d’imposer sans recul critique sa conception personnelle de la norme. D’où la mise en garde de Merleau-Ponty.

En pratique, la définition du normal dans le domaine de la psychologie se décline selon plusieurs axes, aucun d’entre eux ne donnant satisfaction. On est normal parce qu’ordinaire, commun, usuel : c’est la définition statistique qui ramène la normalité à la moyenne au risque de la médiocrité. On peut aussi être normal par rapport à un fonctionnement psychique optimum : gare en ce cas à l’idéalisation. Freud lui-même signalait le danger de vouloir à tout prix faire un enfant « normal ». On peut enfin être normal parce qu’on n’est pas fou : reste alors à définir la folie. Les batailles d’experts autour des tribunaux démontrent combien ce point, quand il n’est pas flagrant, demeure sujet à caution.

Nul doute que si l’on fait aujourd’hui de la normalité une vertu, c’est parce qu’on y voit le contraire d’une certaine folie. Le monde est devenu fou : il a perdu ses règles d’autrefois, il est « déréglé ». Malheureusement, face à ce dérèglement, rien de pire que le repli sur une prétendue normalité protectrice. C’est précisément le moment où il faut inventer de nouvelles normes, prendre le risque de l’anormalité. Car être normal, au fond, c’est ne pas avoir peur de l’anormal : c’est être capable d’affronter la folie en gardant confiance dans ses ressources. C’est ne pas craindre d’être un peu fou.

Quelque soit son président, la France devrait vite retrouver le goût de cette normalité-là, celle qui se nourrit du mouvement et du changement, sans se laisser griser par le sourire bienveillant d’un chef. Un bon sourire n’est pas synonyme de normalité mais d’heureuse adaptation sociale. Et quelques tics ne sont pas davantage synonymes de folie. Peut-on d’ailleurs être « normal » quand on veut être président ? Au sens statistique du terme, la réponse est clairement négative : qu’on nous préserve d’un chef ordinaire, surtout par temps de crise !

Jean-Paul Mialet
(psychiatre, Directeur d’enseignement à l’Université Paris V, ancien Chef de Clinique à l’Hôpital Sainte-Anne)
Tribune publiée ce matin sur Atlantico.fr

Normal, François Hollande ? Et en face : fou,… ou simplement moins hypocrite ?

vendredi 4 mai 2012

L’atteinte au Sacré…


Bon. Il nous reste tout juste cinquante heures à attendre pour savoir enfin si la lumière fera suite aux ténèbres. Nous saurons si "nous" avons résolument adhéré à l’Interruption Volontaire d’Avenir, à l’Euthanasie Préventive de Vieillissement, à l’Hermaphrodisme d’Etat, à la définitive sanctuarisation constitutionnelle du culte rendu à Droidlhom™ selon le rite de Vivrensemble™ dans le respect scrupuleux des enseignements de Laurent Joffrin son épiscopat et, plus distraitement, de Béachelle son bas-clergé. Ou si, au contraire, "nous" avons opté raz les cheveux pour continuer, plutôt cahin que caha et dedans jusqu’à cou, à avancer dans ce putain de torrent du réel ; savoir s’il restera encore un possible, vu que ce n’est pas le moment de sortir les pliants et le parasol pour pique-niquer (et/ou niquer) au milieu du gué en sirotant le rêve métissé d’un éternel futur…   

D’ici là, ça nous laisse le loisir d’escalader l’énorme tas de déchets DU débat qui encombre encore les unes de la presse pour jeter un œil distrait sur les news accessoires nichées dans les coins des pages intérieures.

C’est ainsi que j’apprends que la justice tunisienne vient de condamner une chaîne locale de TV à 1.200€ d’amende au motif d’atteinte au sacré. La décision des juges du siège serait un compromis dont les commentateurs français se félicitent car la peine aurait pu être beaucoup plus lourde… Il est vrai que cette chaîne de télé mercantile a osé diffuser en soirée le film Persepolis encensé chez nous. Or il y a là-dedans un court passage où l’on voit une petite fille dessiner Allah (ṣalloullāhou `alayhi wa sallam), blasphème en Islam sunnite. Le fleurissement continu du printemps arabe ne cesse de me ravir…

J’apprends le même jour que le Conseil Constitutionnel vient de retoquer la loi de 1992 instituant le délit de harcèlement sexuel. Exemple même du texte de circonstance écrit par lassitude sous le harcèlement d’associations féministes, la formulation sensée définir ce qui est constitutif du harcèlement sexuel n’est qu’une bestiale tautologie tenant en une seule phrase ouvrant la porte à toutes les interprétations, toutes les extensions à la tronche du plaignant et, pourquoi pas, toutes les restrictions à la gueule du prévenu… La moraline binaire qui tient désormais lieu de fondement du droit ne cesse de me ravir…         

Quel rapport entre ces deux news ?

Tout d’abord, saluons les Tunisiens qui ont su – qu’on le déplore ou non – conserver une référence à une transcendance, même si les applications pratiques qui en découlent ne nous conviennent pas chez nous. Que ça reste leur problème chez eux. Après la pâmoison de nozélites et l’automasturbation frénétique des permanents du spectacle, maintenant qu’ils ont retrouvé leur dignité, on ne va pas replonger dans le néo-colonialisme en allant leur dire que cépabien… On s’en fout, mais cette condamnation m’amène à me poser la question suivante : Et nous ? Ne sommes-nous pas aussi placé sous le jugement permanent d’une transcendance ? Ne sommes-nous pas soumis au respect scrupuleux des préceptes d’une religion d’Etat régissant aussi notre vie privée ; et devant laquelle nous devons au minimum consentir la turtuffesque esquisse de génuflexion du dévot pressé ?

Nous sacrifions au culte de Droidlhom™ (qu’Il soit béni) Quant aux saints préceptes de Vivrensemble™ (qu’ils nous tiennent en santé), ils sont aussi prégnants que ceux de la cacherouth et leur respect est et sera de plus en plus contrôlé par la police de la Vertu….

Or quels sont exactement les Lois révélées par Droidlhom™ et les interdits édictés par Vivrensemble™ ?
Toussa n’est codifié nulle part, n’en déplaise à la Déclaration Universelle etcetera. C’est exactement comme l’article 222-33 du Code Pénal réprimant le harcèlement sexuel ; texto : c’est "le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle" c’est-à-dire : le harcèlement consiste à harceler. Point barre…
Porter atteinte à Droidlhom, c’est porter atteinte à des droits extensibles à l’infini avec effet rétroactif…
Porter atteinte au Vivrensemble, c’est porter atteinte au Vivrensemble, point barre ! Ça veut dire quoi, résumable en une seule phrase se suffisant à elle-même ? 

Ça veut dire commettre le délit de ne pas aimer… 

Aimer quoi ? Tout ! En attendant le délit de recel de complicité d’intention de délit de ne pas aimer…

Et donc toussa finalement à la libre appréciation et à sa libre extension par les juges…

Quels juges ?

Ils arrivent ! Enfin, ouais, ils sont déjà là, je sais…

Le marchand de sable.


Trop occupé par ailleurs, je me contente de copier-coller ci-dessous le dernier alinéa du papier de Thierry Boutet mis en ligne par Liberté Politique il y a dix minutes :

"Non la victoire socialiste ne sera pas le début de la contre-offensive victorieuse que certains à droite et autour de Marine Le Pen appellent de leurs vœux. Nicolas Sarkozy, énerve les Français, il les empêche de dormir. Or les français semblent avoir sommeil. François Hollande se propose d’être le marchand de sable de la France.  Il veillera au bon dodo de chacun. Quant à l’extrême droite, rien à craindre.  Ces messieurs bien-pensants la feront taire ou, plus exactement, ils ne la conserveront que comme un épouvantail nécessaire. Si François Hollande est élu, il brandira la menace de la mère fouettard et la France ira au lit." 

mercredi 2 mai 2012

Sarko ne serait-il pas le seul candidat anti-système ?


Rien d’intéressant à bavasser aujourd’hui. En attendant le barnum de ce soir, c’est tout réfléchi que je relaie ici in-extenso le billet que vient de sortir Strychnos chez lui : 

«Je voterai blanc dimanche et je voterai bleu Marine en juin», a tonné mardi Marine Le Pen lors de son discours, place de l’Opéra, à Paris, devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés pour la fête de Jeanne d’Arc. Aussitôt, au parti socialiste, on a affiché des airs triomphants: “Regardez, même le Front National ne veut plus de Sarkozy“. Ainsi, au terme d’un faux suspens, Marine Le Pen, forte de ses 17% de voix et victime d’une véritable bouffée d’orgueil, ne s’oppose pas à l’élection de François Hollande. Le droit de vote que le candidat socialiste accordera aux étrangers ne semble pas la déranger outre-mesure, alors que c’est une mesure lourde de conséquences, car elle aura un caractère irréversible qui va marquer une inflexion profonde de la vie politique vers le communautarisme. Mais le vote blanc de Marine Le Pen est-il vraiment une surprise? D’ailleurs, électoralement, à qui profite le FN?

D’abord, un petit rappel. En 1981, le Front National n’a aucun poids électoral. La crise est pourtant dure, avec une forte inflation et un chômage en augmentation constante. En mars 1983, quand François Mitterrand et Laurent Fabius décident de changer de politique et de prendre le tournant de la rigueur, ils savent que les électeurs de gauche vont se sentir trahis et que la droite risque d’en profiter. Pour faire passer la pilule de la rigueur, les socialistes créent donc SOS Racisme en 1984, qui devra substituer la “lutte des races” à la “lutte des classes“. Et Mitterrand décide alors d’instrumentaliser le FN, qui sera le pendant de SOS Racisme: non seulement il captera les déçus du socialisme, mais en plus il permettra de brandir la menace fasciste comme un épouvantail qui tétanisera la droite républicaine. Pour donner un coup de pouce au FN, les élections législatives de 1986 ont lieu à la proportionnelle au scrutin de liste.

Je me souviens des élections régionales en 1992. J’étais avec mon grand-père, au bureau de vote nº9, à Chennevières. Le soir, alors que le dépouillement et les premières estimations indiquaient une sévère défaite de la gauche, mon grand-père apostropha un conseiller municipal socialiste au sujet des élections législatives prévues l’année suivante: “La droite est largement majoritaire: ça craint pour la réélection de Rocard, non?” Et l’autre de répondre avec un petit sourire: “Pas de problème: il faut qu’on fasse tout pour que le FN soit suffisamment fort. On distribuera des appartements aux immigrés, on réduira les moyens de la police. Le FN se maintiendra au 2ème tour. S’il y a une triangulaire, Rocard sera réélu“. C’est justement à cette époque que commencèrent à circuler les rumeurs d’un accord secret entre le PS et le FN. L’année suivante, après les législatives, et une victoire extraordinaire de la droite, Pierre Bérégovoy se suicidait. Son bilan avait été désastreux à tous les niveaux et, d’ailleurs, il est curieux de voir aujourd’hui François Hollande lui rendre hommage.

En fait, c’est quatre ans plus tard, à la suite de la dissolution de 1997, que le FN allait enfin profiter électoralement aux socialistes. La gauche plurielle obtient une majorité de députés élus et Kionel Jospin se retrouva en effet premier ministre grâce à Le Pen, qui avait maintenu ses candidats dans 76 circonscriptions, provoquant ainsi des triangulaires. Bouffis d’orgueil, les socialistes avaient cru qu’ils étaient majoritaires et qu’ils avaient gagné les élections. Or, le PS, le PCF et les écologistes n’avaient totalisé que 43,49% des voix au 2ème tour tandis que le RPR et l’UDF en avaient rassemblé 43,58%. Pendant 5 ans, Jospin, premier ministre, s’était persuadé qu’il avait la majorité des français avec lui alors qu’il avait juste une majorité de députés à l’Assemblée.
Fin 2001, alors que l’élection présidentielle approchait, Le Pen ne décollait pas dans les sondages. Il restait bloqué entre 7 et 9%. Or le parti socialiste avait besoin d’un Le Pen fort pour affaiblir la droite. Lors d’une réunion au ministère de l’emploi et de la solidarité, en décembre, on décida de mettre en place une campagne contre le racisme juste avant l’élection présidentielle. On sait bien que le vote lepeniste se développe en réponse au discours antiraciste. Des spots qui présentaient les français de souche comme d’affreux beaufs racistes, et qui proclamaient « Sans discrimination raciale, la France est plus forte » furent donc massivement diffusés à la télé en mars et avril: Le Pen grimpa dans les sondages et fit un beau score bien au delà des espérances puisqu’il élimina Jospin.

Cette année, François Hollande, qui espérait atteindre 30%, était sûr d’être qualifié pour le second tour. À force de nous répéter qu’il était le favori, les médias et les instituts de sondages lui avaient en effet assuré sa place. Les socialistes se prenaient même à rêver d’un “21 avril à l’envers“, comme si Marine Le Pen pouvait vraiment dépasser Nicolas Sarkozy. Le vendredi 20, à quelques heures de la fin de la campagne officielle, les médias de gauche diffusèrent une fausse information destinée à faire monter l’électorat frontiste: 700 recteurs de mosquées auraient appelé à voter pour François Hollande. Ainsi, Marianne annonçait sur son site Internet que, à l’heure où les musulmans se rassemblaient pour la prière, plusieurs centaines de recteurs de mosquées avaient appelé les fidèles à voter François Hollande. Intox.

Depuis le 1er tour, les socialistes nous jouent l’éternelle comédie de la menace fasciste. On crie au fascisme, on intimide.Toute la gauche, mais aussi les médias, s’indignent à l’idée que Nicolas Sarkozy puisse récupérer des voix du Front national. Les gesticulations habituelles. On remarquera au passage que c’est toujours Nicolas Sarkozy qui est traité de “fasciste“, de “pétainiste“, de “nazi“, et qui est comparé à Adolf Hitler. Jamais Marine Le Pen. Et quand on analyse cette obsession des socialistes pour le pétainisme, on se rend compte à quel point la collaboration, où l’on retrouve de nombreux socialises, est un passé qui, assurément, ne passe pas.

Quand on sait qu’un éminent journaliste de gauche antiraciste comme Laurent Joffrin s’appelle en réalité Laurent Mouchard et que son père était un homme d’affaire proche de Jean-Marie Le Pen, on se dit que, décidément, le monde est petit. Et oui: Laurent Joffrin, adolescent, passait ses vacances sur le yacht des Le Pen, avec Marine! En fait, tout ce petit monde se connaît bien. Et quoi qu’elle en dise, Marine Le Pen fait partie du système, d’un système bien rodé. Depuis le soir du premier tour, les journalistes acquis à la gauche n’ont cessé de nous parler du FN et des prochaines élections législatives. Ils permettent ainsi à François Hollande de rester camouflé derrière son statut de favori et cherchent ainsi de nous faire croire que l’UMP implosera avec la défaite de Nicolas Sarkozy. Comme la gauche le lui fait miroiter, Marine Le Pen est persuadée que la défaite de Sarkozy lui laissera le champ libre pour incarner la première force d’opposition. Faisant le choix de la politique du pire avec le vote blanc, elle fait donc passer son intérêt personnel avant celui de la France. Or, même si Sarkozy n’est pas satisfaisant pour l’électeur frontiste, n’est-il pas le moindre mal en comparaison avec François Hollande?

En fait, le Front National a toujours été une sorte de Barnum, un grand cirque qui nous offre du spectacle avec ses clowns, ses illusionnistes et ses numéros de trapèze volant qui font frémir. Une entreprise familiale: Marine Le Pen est l’héritière de son père comme François Hollande est l’ex-compagnon de l’ancienne candidate socialiste. En réalité, bien qu’elle dise le contraire, Marine Le Pen fait partie du système. Un système où elle joue le rôle très codifié du méchant. Un système mis en place par les socialistes pour faire perdre la droite.