"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 30 septembre 2016

Le vide-grenier de Hollande…



Il doit y avoir du mouvement dans les couloirs de l’Elysée. Comme dans tous les ministères d’ailleurs, compte tenu de toutes les allées et venues à pas feutrés des commis en blouses grises venant tous les jours emporter les cartons des attachés de cabinet, chefs et directeurs de cabinet, conseillers en ceci et conseillers en cela qui ont rendu leurs tabliers… Mais cépatout.

Vu l’urgence de poser des actes pour rassembler (il ne reste que 112 jours avant "la primaire de la gauche et du ventre"), on cherche ce qui pourrait meubler une campagne électorale déjà commencée aux frais du contribuable depuis quatre ans et demi. Bien sûr, il reste la commémoratiomania mémorielle. Mais on ne peut pas répéter à l’infini les cérémonies commémoratives des évènements que le "pas de bol" nous a imposé (du genre, par exemple, Honneur au Bataclan le retour 4) Bon, OK, on va le faire quand même pour la photo, vu que la boîte à outils est vide. Mais ça ne suffira pas ! Alors on va monter fouiller au grenier pour trouver parmi les toiles d’araignées des trucs oubliés qu’on pourrait arriver à fourguer pour trois euros voix. Qui ne tente rien n’a rien et on s’est mis à ouvrir fébrilement les cartons... Vous savez, dans les vide-greniers, on ne sait jamais : La cruche fêlée 1900 en faïence de Sarreguemines de la tante Joséphine peut rappeler quelque chose au quidam qui passe. Et, du coup, il est foutu de vous en donner vingt centimes une voix… C’est toujours ça de pris. Et en plus on prendra des photos…  

·         Dans la série mémorielle classique, on a encore deux fers au feu :

- D’abord, hier, François II Pédalonaute est allé en personne à Dammartin-en-Goële inaugurer les nouveaux locaux entièrement rénovés et agrandis de l’imprimerie Catalano où deux tueurs de Charlie Hebdo s’étaient réfugiés en prenant le patron et un employé en otages. Il est vrai que le patron s’est montré à la hauteur et que l’entreprise avait été ravagée, dommage collatéral de l’assaut du GIGN. Raout donc avec 250 invités où mou-président a pu prononcer un beau discours et décorer les deux hommes de la Légion d’honneur. C’était beau. 


- Ensuite, le 14 octobre prochain, François II Pédalonaute se rendra à Nice pour rendre un hommage national aux victimes du 14 juillet. On a semble-t-il prévu de faire ça à un endroit propre au recueillement, vraisemblablement, sur la colline du Château. Je suppose (et ce serait bien) que ce sera sur la terrasse de la tour Bellanda, au-dessus des bruits et de l’agitation de la ville, et dont on voit la baie et le lieu du massacre, toute la Prom’ en enfilade… Mais ne serait-ce pas trop étriqué pour la photo ? 


·         Mais c’est dans la série fond de grenier qu’on atteint le sublime !

- Il y a trois jours, nous avions déjà la "Journée nationale d’hommage aux Harkis" où, contre toute attente, François II Pédalonaute avait fait le buzz en reconnaissant la pleine responsabilité de la France dans le lâche abandon de milliers de ces malheureux à la mort dans les plus effroyables tortures (sans toutefois évoquer qui les avaient massacrés, faut pas déconner quand même !) Voilà un acte présidentiel qui n’était pas prévu dans le discours du Bourget ! C’est dire à quel point on racle le fond…

Quand on cherche, encore et encore, on trouve. Et on va chercher loin !

- Pour ceux qui s’en souviennent (enfin, du côté de ceux qui ont au moins dans les 90 balais…), rappelez-vous des grandes grèves insurrectionnelles de 1948 ! Le début musclé de la guerre froide, Staline, le rideau de fer, le blocus de Berlin, la guerre de Corée, le putsch communiste en Tchécoslovaquie, etc. La CGT, bolchévique jusqu’à l’os, était à la manœuvre et les mineurs l’avant-garde de la classe ouvrière. Les socialos de la SFIO de l’époque avaient encore des couilles et Jules Moch, place Beauvau, n’était pas Cazeneuve : On fit donner l’armée et la répression frappa trois-cent-mille grévistes…  
Bon. A l’instar des fusillés des mutineries de 14-18, les mineurs de 48 avaient déjà bénéficié en 2014 de la repentance hollandesque en voyant reconnaître que leurs licenciements étaient abusifs.  
Mais cette triste affaire où la violence d’Etat avait fait face sans état d’âme à la violence insurrectionnelle ne pourrait-elle pas encore servir ? Il reste si peu d’occasions de "poser des actes" pour la photo… 

Ben oui ! Avant-hier, au cours d’une cérémonie à l’Elysée devant une soixantaine d’invités du troisième âge parqués là pour la photo, François II Pédalonaute a solennellement remis aux familles de quatre des mineurs grévistes de l’époque des attestations de réintégration – à titre posthume – dans… leurs grades de militaires... de réserve...  C’est-y pas beau ?



En fouillant dans les malles du grenier, on avait trouvé les dossiers de ces quatre pauvres types. Du coup, on avait enfin un prétexte pour faire revenir Taubira poser "en couple" avec François pour la photo !  Et montrer qu’on est toujours de gauche, mine de rien. Sûr qu’avec ça on va récupérer trois voix chez les frondeurs et deux voix chez Mélenchon.

La campagne électorale bat son plein et va chercher avec les dents jusqu’au fond du grenier. Le gouvernement du pays, ça peut attendre juin prochain ; peut-être.