"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 24 février 2017

Les champions de "l’Etat profond"…



Voilà celui qu’il vous faut :
 Euh… Bon, passons et n’en parlons plus…

 Voilà celle qu’il vous faut :

Euh… On en reparlera plus tard…

 Ah ! Voilà celui qu’il vous faut :
Euh… On a dit ça, nous ? Non. Vous vous êtes trompés…

Voilàà ! On a rajeuni le stock ! Celui-là, on vous l’a spécialement construit pour répondre à la demande ; il répond exactement à ce que vous demandez. C’est parfaitement validé par les études de consommation et les pubs à la télé :

Comme chaque fois, suivez bien les conseils de nos experts…

mercredi 22 février 2017

Bayrou, l’éternelle roue de secours crevée…



Maintenant, tu sais, il y a déjà bien longtemps qu’on se passe de roue de secours. D’abord, il y a eu les "galettes" bien suffisantes pour rouler juste ce qu’il faut ; ça prend moins de place mais ça en prend quand même encore. Comme les Verts par exemple. Mais depuis, en a remplacé toussa par des bombes (sic) gonflantes (resic) Plus besoin d’encombrer le coffre…

Bayrou, donc, l’éternel supplétif. Mais le vieil adage ploukèmien "Il y aura toujours un Raffarin pour faire l’appoint " a beaucoup perdu de sa pertinence…

Le Béarnais amer et vieillissant a donc tenté hier un dernier tour de piste. L’annonce de sa conf’ de presse était bien montée. En dépit du permanent barrage d’artillerie contre Fillon, du faux suspens sur-joué Mélenchon-Hamon, du suspens ridicule Jadot-Hamon, des angoisses existentielles des télé-groupies de Macron et de la Trumpophobie en fond de plateau, il a réussi à faire parler de lui en tête de gondole pendant 24 heures consécutives !

Bon. Pas plus que celle de Hollande qu’il a contribué à faire élire pour le malheur du peuple, sa renonciation à se présenter n’est une preuve de courage. C’est seulement la prise de conscience raisonnable qu’il ne pouvait pas. Sans logistique, sans financement, sans hommes, bref sans moyens, son quatrième et dernier tour de piste aurait été un naufrage ; comme tant d’autres tristes naufrages, d’hommes politiques parfois, de saltimbanques surtout, ne sachant pas quitter la scène à temps… Son propos qualifiant sa décision de "geste d’abnégation " a failli me faire étouffer de rire !

Mais on ne se fait pas.  Et Bayrou est non seulement un indécrottable centriste mais aussi un type devenu au fil du temps complètement boursouflé de lui-même… Son heure ne peut pas être vraiment passée ! D’où cette décision bâtie à la mords-moi-l’œil de faire une offre d’alliance à Macron !          

Quelle offre ? Ben l’offre de sa personne sans doute (what else ?), en contrepartie d’un engagement à plus de transparence (air connu qui ne mange pas de pain) et d’introduction de la proportionnelle (un jour) pour faire miroiter quelques strapontins aux derniers ravis de la crèche encartés au MODEM… Macron lui dira oui, peut-être, vu que ça ne mange pas de pain et qu’on verra bien…

Et puis après ? – Eh bien après : Rien. Les seuls titres de gloire de Bayrou auront été de donner aux syndicats les dernières clefs qu’ils n’avaient pas encore du ministère de l’Educ’Nat’ du temps de Balladur ; de contribuer à faire passer Le Pen père devant Jospin en 2002 ; de s’être fait éconduire par Ségolène Royal quand il bavait à sa porte en 2007 et d’appeler à voter Hollande en 2012. Aujourd’hui, pour couronner sa carrière, le clown pourfendeur des puissances d’argent appelle sans vraie contrepartie à voter Macron qui ne dira pas non et pas oui non plus...

Triste fin sans panache d’Henri IV…

La seule chose qui me rassure, c’est que, toujours absent du 2° tour, il a jusqu’ici alors toujours choisi le perdant…

Télé-virtualité et president’s game story…



Par un effet naturel de gravitation, les modalités quinquennales de sélection du prochain chef de bande continuent leur descente inexorable, quittant leurs plafonds anciens pour finir par se confondre avec les jeux du cirque si porteurs d’audience pour les chaînes télé. Ça y est, c’est fait.

Nombre de compétiteurs n’y sont pas pour rien. Soucieux de masquer leur médiocrité et/ou la vacuité de leurs projets, ils sont trop heureux de saisir la perche qui leur est ainsi tendue. Rendez-vous compte ! On leur propose de n’avoir qu’à répondre à des questions judicieusement choisies qui leur permettront de détourner la conversation, d’éviter de trop causer de leurs projets et de se focaliser sur la critique de leurs concurrents sans évoquer le fond de la question ! Que du bonheur !

Mais ils ne sont malgré tout que les pantins de l’estrade dans une production cornaquée par les médias œuvrant pour on-ne-sait-qui mais si quand-même mais faut-pas-le-dire… La prod a bien tout prévu dans les détails. Il y a celui qui est désigné d’entrée de jeu comme le faux-jeton genre Tartuffe (le Canard enchaîné l’a inscrit d’entrée de jeu au générique) ; celui, à la fois pur et christique mais bien body-formé tout de même, qui va plaire à la ménagère de cinquante ans ; celle qui servira de repoussoir à tous les autres et leur permettra d’avoir quelque chose à dire… Etc.

Bref, TF1 et France 2 se tirent la bourre pour organiser des débats comme on n’en a encore jamais vu avant le premier tour ! Le truc parfait pour qu’aucun ne puisse placer un mot sérieux sur son programme… L’essentiel est ailleurs : le succès d’audience des primaires (+ de 5 millions de téléspectateur pour la droite ; + de 3 millions pour la gauche) fait saliver les chaînes quant au rendement attendu de la commercialisation des spots publicitaires…

Mais le plus dramatique n’est pas là : Aucun des candidats ne peut aujourd’hui se permettre de refuser de participer à cette pantalonnade. L’acuraba attend ça dans son canapé avec son paquet de pop-corn et celui qui refuserait de se produire dans ce genre d’émission de variété et de divertissement se verrait couler dès le lendemain… Ils ne peuvent qu’obéir aux décisions prises en toute irresponsabilité par les directions des grands médias. La preuve réitérée une fois de plus que le pouvoir médiatique est bien le premier pouvoir, celui qui n’a pas de vrai contre-pouvoir, qui n’est pas dans la Constitution, dont nul n’a à savoir de qui il dépend… Ce n’est pas le "4° pouvoir" mais le 1° sinon l’unique, très loin devant le pouvoir judiciaire. Et l’on ne parle même plus du pouvoir législatif. Quant au pouvoir exécutif…

Bref, dès l’arrêt de la liste officielle des candidats, TF1 organisera le 20 mars une exposition des n guignols alignés comme pigeons sur perchoir avec leurs micro et temps de parole. Puis France 2 fera de même en avril, quelques jours avant la clôture de campagne, avec ceux que les sondages créditeront alors d’au moins 10%, soit a priori les 5 plus grosses bêtes du cheptel…
Ils devront alors se prêter au jeu, sachant qu’au fil des questions, certains - c’est prévu d’avance – devront consacrer l’essentiel de leur temps de parole à se justifier et que d’autres pourront dire n’importe quoi sans qu’on ose les contredire…

Sauf erreur ou omission, je crois pouvoir dire que 2017 sera l’ultime et dernière occasion que vous aurez de voter à une élection présidentielle. Ne ratez pas ça…