"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 21 avril 2017

Et voilà….



Je pestais contre cette volonté médiatico-commerciale d’obtenir coûte que coûte un ultime programme de live-show pas-polisson-du-tout avec les onze guignols sur le présentoir. Bien entendu, Macron a eu gain de cause : "Pas de débat !" Mais finalement, les circonstances dramatiques non programmées ont mis un peu de vérité sous le barnum pour qui sait un peu regarder :

J’ai allumé le poste en cours de route et n’ai pas vu les premiers. Lorsqu’est passé Benoît Hamon, je ne savais encore rien des Champs Elysées et je croyais tenir mon sujet de ce matin : La France, les Français, le rôle d’un Président en ces temps de crise guerre et de mal-être, de croisée des chemins… toussa symbolisé par… la carte Vitale ! Rien à ajouter.

En refusant d’apporter quelque chose de personnel sur le plateau, Fillon, lui, a sûrement voulu montrer qu’on n’était pas dans une émission people, qu’il n’était pas là pour se plier aux caprices des animateurs, pour se disperser sur des détails sans intérêt au regard de l’importance de l’enjeu… Est-ce que Mme Michu a compris ça ? Je ne sais pas…    

Sinon, qu’en retenir ?

L’annonce brutale du retour au réel a perturbé (pollué ?) le déroulé du spectacle et obligé les onze concurrents à improviser au pied du mur ("où c’est qu’on voit le maçon…") Tous ont certes dû y aller de leur couplet de condoléance et de compassion. Mais ceux qui prennent la peine de réfléchir ont eu une ultime occasion de distinguer les calmes des émotifs, les bisounours hors sol des réalistes… Avec un coup de projecteur aussi net que blafard sur les Poutou et autres Artaud…

Prions…  


jeudi 20 avril 2017

Des clapiers sans codes d’accès…



Fut un temps déjà lointain, je fréquentais parfois ces boîtes à dormir somme toute très convenables qualifiées "d’hôtels économiques". Les Formule 1, donc. Ils étaient bien pratiques lorsqu’il n’était question que d’y arriver tard le soir et d’en partir tôt le matin avec un petit-dej’ correct dans le ventre… On y croisait une clientèle variée avec une proportion surprenante de familles nombreuses en déplacement…

Ça y est ! Le groupe Accor vient de céder 62 hôtels Formule 1 à ADOMA. Adoma ? Comme ça se fait maintenant, c’est un nom qui ne veut rien dire, sûrement forgé par des communicants grassement payés pour remplacer l’acronyme SONACOTRA que-ça-le-fait-plus. Bref, c’est la nouvelle appellation de la SOciété NAationale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs fondée en 1956 pour loger les Algériens venant bosser chez Renault, Simca, etc. Ça existe toujours. C’est une filiale de la SNI, c’est-à-dire de la filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations chargée de gérer le parc immobilier de l’Etat. C’est donc l’Etat qui rachète ces 62 hôtels.

Accor les cède à Adoma pour qu’ils soient reconvertis en centre d’hébergement d’urgence afin d’accueillir à la fois des migrants et des SDF. Je soupçonne que le à la fois va tourner au pâté d’alouette (sans graisse de porc) mais bon…
On saluera au passage le beau geste de Accor dont la philanthropie ne saurait être soupçonnée d’autant que le prix de la transaction n’a pas été dévoilé (c’est la CDC et l’ancien 1% logement qui financent). J’ai cependant comme une impression que les hôtels cédés ne sont peut-être pas les plus rentables et les mieux situés de l’enseigne. Et probablement les plus anciens, à rénover et relooker de cette gamme aux chambres sans box wc-douche. Mais bon.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la suppression de 400 emplois déjà actée pour les 44 hôtels en gestion directe (les 18 autres étant en gérance, le couple de gérant se démerdera pour licencier ses femmes de ménage) Mais bon, seuls les esprits chagrins en feront un fromage car Adoma va vous développer ça que-je-vous-dis-pas !

En effet, réfléchissez ! Au lieu d’un couple de gérant et deux-trois emplois d’agents d’entretien à temps partiel, la présence à la réception, l’entretien courant, la maintenance et les réparations à flux tendu des agencements et du bâti vont générer une augmentation considérable du nombre d’emplois nécessaires au fonctionnement de ces établissements dans leur nouvelle fonction. Que demande le peuple ! Il ne faut pas cesser de rappeler que le migrant est créateur d’emploi !
Je ne compte évidemment pas les investissements à réaliser pour adapter les parties communes, ils seront peut-être (mais ce n’est pas sûr) moins onéreux que dans un ancien lycée ou un château classé monument historique…

Une chose est sûre : Plus besoin de sa carte bancaire pour aller se coucher…  


lundi 17 avril 2017

Tagada, tagada, silence on coule…



Christ est ressuscité. Bon. Revenons à nos brebis. Ce prochain dimanche du temps pascal qui va arriver vitesse grand V, vers huit heures de relevé (c’est-à-dire vingt heures comme on dit maintenant), on "saura"…

Pour en arriver là, "on" nous a fait passer par une "campagne électorale". Cébien. Oui, c’est un passage obligé, oh combien nécessaire en démocratie pour nous éclairer. Et nous permettre de choisir de façon rationnelle et réfléchie celui ou celle qui nous semble le mieux adapté au job parmi onze guignols arrivés en avant-dernière semaine. Bien sûr, tous les sujets n’ont pu être traités tant le temps manque. Il va donc de soi que les thèmes secondaires, voire purement sectoriels, qui n’intéressent personne ou sont trop compliqués, ont été laissés de côté. De toutes les façons, les hauts fonctionnaires et vos élus sauront sous-traiter ça en temps utile à des gens compétents, n’est-ce-pas ? A cet égard, la "campagne électorale" a été exemplaire on se concentrant sur les questions essentielles qui conditionnent l’avenir du pays en ces temps d’instabilité mondiale et délabrement interne. Questions essentielles, disais-je, que sont, notamment, les costards de l’un, le temps de travail de certains attachés parlementaires (mais pas d’autres), le nombre de zéro à ajouter ou retrancher au nombre de fonctionnaires du ministère des ordures ménagères, l’adhésion enthousiaste ou non à l’Alliance Bolivarienne, le régime de Vichy, le revenu universel, les perspectives de recyclage de carrière de Bayrou ou de Baroin, etc. Bref, nous avons toutes les cartes en main ; c’est l’essentiel…

Bien sûr, on n’allait pas polluer la campagne électorale par l’évocation de petites choses qui ne relèvent que des méfaits-divers-et-souchiens-écrasés ; ça ne pourrait que distraire l’acuraba-électeur dans ses réflexions.

La fraise Tagada, par exemple. On ne mesure pas à quel point la fraise Tagada et les Chamallows sont de parfaits indicateurs de la désindustrialisation du pays ; donc du chômage, donc de la baisse du PIB, donc des recettes fiscales, donc du déficit, etc. Mais c’est là, je vous l’accorde, choses sans importances dont l’évocation pourrait troubler l’électeur dans son choix raisonné de nos gouvernants.        

Je vois encore mes enfants revenir de l’école les bras chargés de sacs de fraises Tagada : Ils rentraient d’une visite scolaire de l’usine Haribo (nous étions alors à Marseille)

Haribo, boîte familiale allemande, est un géant du bonbon avec seize usines en Europe, au Brésil et en Turquie. Tout baigne pour eux. Ils ont programmé la prochaine création d’une usine et de 400 emplois aux USA pour un investissement de 240 millions de $US. Surtout, ils ouvrent cette année en Allemagne la plus grande usine de bonbons du monde avec un investissement de 500 millions d’euros. La première tranche aura une capacité de production équivalente à elle seule à celle de leurs deux usines situées en France…

La France, justement, où les ventes et les résultats de la filiale sont en nette progression. Or, "curieusement", cela fait sept ans qu’Haribo n’a plus investi un sou dans son outils productif hexagonal. Et près d’un tiers de la demande française de Tagada etc. est désormais assurée par l’importation provenant des usines   d’Espagne, d’Allemagne, de Hongrie ou d’Autriche…
Et, tranquillou à bas bruit, ça dégraisse à Marseille par non remplacement des départs et fins de CDD. Pour 750 emplois actuels équivalent-temps-plein, ce sont 100 suppressions de postes qui sont d’ores et déjà programmés d’ici la fin de l’année prochaine alors que la filiale et saine et rentable avec un plan de charge qui déborde.

Maipourkoidonc ? – Ben, c’est clair et les dirigeants ne s’en cachent même pas : Coûts de production trop élevés en France ! Ce qui est vrai pour Haribo l’est aussi pour tous les groupes internationaux : en interne, la concurrence est entre les différentes usines réparties dans le monde.
Et on n’investit plus en France. Point barre.

Mais c’est sans importance et ça ne mérite pas qu’on en parle, surtout en période électorale.

L’important, ce sont nos valeurs et Macron va vous arranger ça que-je-vous-dis-pas.