"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 6 août 2010

Le 14 juillet que vous n’aurez pas vu…

L’affaire a beau avoir été étouffée en haut lieu, il est surprenant qu’elle n’ait pas été révélée par Médiapart ou le Canard Enchaîné. Il s’agit pourtant là de l’échec patent d’une initiative particulièrement foireuse de l’Elysée. Mais il est vrai que les causes de cet échec pouvaient sans doute se révéler gênantes d’un certain point de vue…

Comme vous le savez, les paroles de notre hymne national ont été écrites en 1792 dans un contexte de guerre et de virulent appel à la Patrie en danger. A plusieurs reprises et à diverses époques des tentatives ont été faites pour en rénover le texte mais aucune n’a abouti. Cette question qui revient assez régulièrement sur le tapis ayant un jour été évoquée devant lui, le Président de la République a cru y voir une opportunité de marquer son quinquennat par une action qui resterait dans les manuels d’histoire. Il s’en empara donc avec le volontarisme et le dynamisme qu’on lui connaît. Ayant jugé la proposition qu’on lui fit (1) vraiment trop cucul la praline (le mot bisounours n’était sans doute pas dans son vocabulaire) il chargea Claude Guéant de s’attaquer au dossier…

Il ressortit tout d’abord de longues études préliminaires qu’il ne fallait pas changer la musique. D’une part, ce serait trop pour les vieux grincheux (qui ne comptent plus mais restent malheureusement encore indispensables au socle électoral) D’autre part, surtout, le coût serait excessif en période de crise : édition de partitions musicales à diffuser par milliers d’exemplaires à toutes les batteries-fanfares du pays, heures supplémentaires de répétition pour la Garde Nationale en ces temps de réduction du budget des armées, etc.
S’agissant du texte, il fallait donc que celui-ci reste adapté au rythme de la mélodie. En outre, l’atténuation de sa violence pouvait permettre de réactiver tous les couplets, les 1° et dernier étant jusqu’ici les seuls chantés. Alors que l’on venait juste d’instituer l’apprentissage de l’hymne national à l’école, il y avait en outre là une occasion de faire de la pédagogie. Le projet de texte retenu a même été porté pour cela de sept à huit couplets…

Le Président ne se contenta pas de valider le projet. Il décida de frapper l’opinion par un de ces grands coups dont il a le secret. Son projet était de lancer le nouvel hymne le 14 juillet 2010 en saisissant cette occasion pour changer totalement la routine ringarde qui prévaut ce jour-là. Nous étions alors fin 2008 et les contraintes logistiques ne permettaient pas d’envisager la chose pour 2009 (et 2011 aurait prêté le flanc à la critique de manœuvre électoraliste…) Le projet était en effet d’importance :
Le défilé militaire et la garden-party de l’Elysée seraient supprimés (économies à prévoir sur la réfection du macadam après passage des chars et aussi sur les petits fours…) En contrepartie, d’énormes tribunes seraient installées place de la Concorde dans un esprit fête de la Fédération pour accueillir des milliers de choristes majoritairement issus des quartiers entonnant le nouvel hymne d’une seule voix.
Parallèlement, via les associations, les médiateurs, les grands frères (et les imams), une action devait être menée pour réfréner la combustion de voitures en périphérie dans un souci de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Une invitation en bonne place dans les tribunes place de la Concorde devant récompenser pour leur civisme ceux qui se seraient privés de leurs feux de joie habituels. Dans le même esprit et pour bien montrer la communauté d’intérêt de tous, les bals des pompiers et feux d’artifices devaient également être supprimés.

Toutefois, plus la date fatidique approchait, plus les retours émanant des instances représentatives des minorités visibles étaient préoccupants. Les quartiers ne voulaient pas chanter, ne s’estimant pas concernés. En outre, les plus évolués (ou les moins illettrés) faisaient valoir – semble-t-il à juste titre – que les paroles de la plupart des couplets ne pouvaient logiquement être chantées que par des céfrans. Par ailleurs, diverses autorités morales consultées se sont élevées contre une phrase inacceptable du 5° couplet laissant entendre que les pays d’origine des immigrés pouvaient être des lieux de misère. Enfin, aucun amateur d’incendie de voitures ne s’est dit intéressé par quelques heures d’ennui sur une tribune. Tout au plus certains auraient consenti à différer leurs jeux de 24 h à condition d’être pour ça grassement payés d’avance...
Bref, à l’approche de l’échéance, les tribunes étaient toujours vides. Les enfants des écoles, il n’en était pas question, les profs refusant de les accompagner et les parents de FDS envisageant tous une visite chez le docteur.
S’agissant des choristes, outre les militaires réquisitionnés dont il était avéré que 50 % chantent faux, les organisateurs ne disposaient que de 80 retraités recrutés par le biais d’Education Sans Frontières

On passa en pertes et profits les un million deux cent trente mille euros de dépenses préliminaires engagées et on invita tout frais payés divers pays africains pour combler les trous laissés dans le défilé par les unités prévenues trop tard pour qu’elles s’entraînent à marcher au pas. En définitive, la suppression de la garden-party fut le seul élément conservé du projet…

En exclusivité ( c’est cadeau ! ) je me suis procuré le texte intégral de notre hymne national avec, en regard, celui du projet qui, n’en doutons pas, ressortira bien un jour :


(1) : proposition ci-jointe.

4 commentaires:

  1. Je n'aurai pas l'outrecuidance de dire ce que je pense ....je lis ...et je me tiens bien ....
    J'apprécie toujours ...

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  2. Et hop! 10.000.000 de voix pour le FN si les paroles de la Marseillaise devaient être remplacées par cette... Cette... Caricature du mondialisme.

    Paroles bisousnours vous avez dit? Je dirai plutôt Lucifériennes... ou écossaises.

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  3. Je dirai plutôt Hoax, n'ayant retrouvé nulle part trace de ce texte d'une qualité littéraire plus que douteuse.

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  4. NON ! Ce n’est pas un "Hoax" car il ne s’agit de ma part ni du colportage de bonne foi d’une info reçue en amont et d’origine incertaine, ni d’une mise en ligne assortie d’une invitation expresse de démultiplier la diffusion de la chose... Pour ce qui est de la fiabilité de l’info, l’intervention du FOPOD dans sa collecte suffit pour en caractériser la nature (z’avez qu’à vous rencarder à ce sujet…) Quant à la qualité littéraire du texte, elle est évidemment laborieuse, ce qui ne m’étonne pas connaissant intimement l’auteur. Qu’elle soit "douteuse", en revanche, est un point de vue subjectif et les "devoirs de vacances" ne cherchent pas forcément à être notés...
    Réponse par bonté d’âme en rappelant qu’ici la coutume est de prendre un pseudo, même complètement loufoque, et de ne pas se contenter d'un "Anonyme". Ça passe pour une fois sachant que la censure est ici préventive, omnipotente et totalement arbitraire…

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