"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

jeudi 3 novembre 2016

De la Mésopotamie à la dalle d’Argenteuil…



De ces trois jours de week-end enflé (Halloween, Toussaint, Jour des morts…), que retenir ?

1° "L’Histoire commence en Mésopotamie"

 C’est tellement le scoop que ça méritait une expo’ inaugurée par le Pédalonaute. D’autant que c’était pour lui l’occase de rappeler les créations d’emplois générées par cette succursale du musée du Louvre à Lens, d’annoncer la création d’une succursale de l’Institut du monde arabe à Liévin et d’évoquer avec lyrisme les 60 millions d’investissements prévus pour la construction dans l’agglomération d’un Centre de conservation du Louvre pour accueillir les réserves du musée parisien. Glaive et bouclier de la culture, ce sera un centre de combat ; oui Madame, oui Monsieur :
Il contribuera bien sûr à la lutte contre le réchauffement climatique en protégeant les œuvres d’art encavées au Louvre qui sont menacées par la montée des eaux…
Mais il contribuera aussi à la lutte contre le terrorisme car il pourra accueillir les œuvres d’art mésopotamiennes en général et irakiennes en particulier menacées par la férocité iconoclaste de Dae’ch…

Toussa cérémonialisé parce que l’Election commence en France "l’Histoire commence en Mésopotamie". Entre nous, cette information est bien connue et déjà réchauffée depuis des siècles. Du moins pour n’importe quel couillon ayant pris la peine de lire la Bible…

2° "Les racailles ont du talent"

On va entendre dire que chez Les Républicains c’est tout blanc bonnet et bonnet blanc !
Alain Juppé est donc allé faire son petit tour de piste sur la dalle d’Argenteuil que-c’est-pas-Auteuil-mais-faut-y-aller-quand-même… Rendez-vous compte ! Faut dire qu’il y a onze ans Sarko y était allé la nuit tombée. Juppé, lui, y est allé à 10h du mat’. Des visites bien millimétrées quand les habitants sont au boulot et que la racaille pionce encore… Un non-évènement donc. Mais je m’égare ; ce n’est pas mon sujet.
Ce qui compte est plutôt l’analyse des propos qu’il a tenus, les thèmes abordés, le vocabulaire utilisé, toussa, qui peut être mis avec profit en parallèle avec les jactances de son sparring-partner de la short-list de la primaire…

Vous me direz que ça ne nous apprend rien de nouveau ; certes. Mais il ne faut pas rater une occasion de mettre sous le nez des acurabas-électeurs que l’ex-UMP (j’ai du mal avec l.R) n’est pas un parti politique (au sens noble d’une faction, d’une communauté de convictions) mais une simple entreprise de prestations de service électoral sans contenu propre qui met ses moyens logistiques et humains à disposition de celui dont l’OPA se révèlera la mieux disante.
Prenez les discours de Juppé et de Sarko ; nettoyez-les des effets obligés de tribune, dépolluez-les de la langue de bois et cherchez à n’en garder que le fond (si tant est qu’il y en ait). Une fois cette distillation faite, présentez-les à un quidam non au fait de la politique française et de son historique ; disons à un Martien…

Je vous parie qu’il y verra autant de différence qu’entre Antoine Pinay et Georges Marchais !  
 
Et pourtant, vous verrez ce soir que les téléspectateurs n’y verront que des différences de détails secondaires ! Ils discrimineront, certes. Mais sur l’attitude, l’énervement, la cravate, le ton, la "petite phrase", le doigté de la maquilleuse…

Je vous souhaite une bonne soirée…


mardi 1 novembre 2016

"Primaire" et votes raisonnables…



Bon. Nous ne sommes plus qu’à 48h du 2° "débat" de ladrouâtéducentre où sept guignols alignés sur l’estrade tenteront de nous faire écouter la différence. Comme bêtes de cirque perchées sur leurs tabourets, il y aura là six canassons plus très frais et déjà trop vus. Et les plus jeunes du lot ont beau faire, ils sont aussi vieux dans leurs têtes que les deux vieux chevaux de réforme donnés finalistes par les bookmakers. Autant dire qu’il n’y a pas grand-chose à en attendre. Tout au plus peut-on espérer que le septième tabouret apporte un peu d’air à la conversation. Je sais que c’est un peu la honte de la famille mais on s’excuse, il a bien fallu le laisser venir en bout de table faire l’arabe de service…
Et nous en sommes aussi à 18 jours du premier tour de cette foutue primaire. Pour que chacun puisse choisir son bulletin de vote de façon raisonnée, il est donc temps d’en parler sérieusement…

De quoi s’agit-il ? Du choix que nous devons faire du Président de la République qu’il nous faudra nous farcir durant cinq ans. En effet, si rien ne change (et c’est un peu tard), la "Grande Election" de mai 2017 ne sera qu’une cérémonie formelle d’intronisation habillée du suspens nécessaire à toutes pièces de théâtre. En fait, le choix du nouveau Président aura bien lieu le 20 novembre prochain. Il sera fait par les acurabas qui voudront bien se déplacer et payer deux euros pour participer au sein d’un corps électoral indéterminé à un scrutin privé respectant des règles bricolées sur un coin de table par des particuliers de la pointure d’un Raffarin ou d’un Copé…  
Oui. Car sauf écrasement d’une comète sur l’Europe, foin de Valls et autres Macron, toutes choses égales d’ailleurs, ce sera celui des deux guignols finalistes le 20 novembre et virant en tête le 27 qui sera Président. There is no alternative.  

Cela posé, il y a deux façons de voter au premier tour d’un scrutin à deux tours : Le vote "utile" et le vote "de témoignage" comme on dit avec une ironie condescendante.
- Le second, naturel, consiste à donner sa voix au "plus proche" de ce qui me semble nécessaire et suffisant. Et pour le reste Dieu y pourvoira…
- Le premier, qui arrange à merveille l’establishment, consiste à se porter d’entrée de jeu sur "le moins pire" pouvant éviter le pire. Ce vote-là présente l’inconvénient majeur de pérenniser le "pour que rien ne change" qui fait la joie de nausélites sédimentées de tous bords…
- Les deux sont légitimes. A vous de voir… Mais à condition que ce soit un vote raisonné, bordel !

1°- Le "vote pragmatique raisonné" :

- A ce jour, Juppé est parti pour être Président. C’est un fait. Or ce choix est catastrophique ! Je ne m’étends pas ; le papier d’hier de Maxime Tandonnet résume assez bien la situation. Question : Qui pourrait lui barrer la route ? (ne comptez ni sur Macron ni sur la gauche ni sur Marine au terme de la quinzaine de la haine qui nous attend) A priori Sarko. Lequel n’est fidèle à rien, démarrera son mandat avec 25% d’opinion favorable en voie d’érosion rapide et inéluctable et ne pourra rien faire bouger. Limite il vaudrait mieux Sarko que Juppé. Etant flingué d’avance, au moins il ne décevra pas ! Alors que Juppé aura soulevé tant de naïfs espoirs dans la masse de mous-du-genou de droite, de gauche et du marais que l’ampleur de la déception faisant suite aux années Hollande pourrait faire exploser tout ce qui tient encore debout…
Donc, comment faire (l’espoir fait vivre) pour que ce ne soit ni l’un ni l’autre ?

- Les deux seuls autres compétiteurs qui se tirent la bourre pour la troisième place avec quelque espoir ténu de revenir en 2° semaine sont Le Maire et Fillon. Le Maire est évidemment hors sujet pour nous. Ce n’est qu’un clone aux petits pieds de Juppé, jouant sur la jeunesse de ses artères mais vieux avant l’âge, tout juste bon à compiler des centaines de pages de considérations vagues et dont le programme se résume à répéter "renouveau, renouveau !" le temps que durera la pile Duracell… Reste donc Fillon.
Ses handicaps sont nombreux. Son pédigrée de Premier ministre de Sarko n’est certes pas le moindre mais l’acuraba a la mémoire courte et la détestation de Sarko peut jouer en sa faveur. Plus préoccupant est son manque de charisme, plus encore que sa tronche d’ordonnateur des pompes funèbres ou de témoin de Jehova sonnant à ma porte… Son programme économique et social est certes un peu trop libéral-brutal à mon goût : mais on sait ce qu’il en est des programmes, ses fondamentaux sont corrects et ce n’est pas une girouette…

-  Sans se bercer d’illusion, tous compétiteurs déclarés et tous bords compris, François Fillon est finalement le candidat plausible justifiant de notre part un "vote utile" en sa faveur dès le premier tour. Pour cela, il est vrai, il y a beaucoup de si :  Il faudrait qu’il se bouge et se déboutonne un peu. Logiquement (mais la logique est rare) Le Maire est tellement creux qu’il devrait se dégonfler, laissant Fillon lui passer devant dans les sondages en enclenchant une dynamique. Et que Sarko continue à se déliter…
Oui, la conjonction de toussa pourrait qualifier Fillon pour le 2° tour face à Juppé !
Et cela reste encore possible !  

Or, si c’est le cas, le 2° tour de la primaire pourrait-être très différent que ce que toulemonde attend :
L’antisarskozisme n’étant plus de saison, le corps électoral pourrait s’en trouver très modifié. Notamment, les électeurs de gauche et centre-gauche venus polluer le 1° tour par peur d’un retour de Sarko ne se sentiront plus concernés et ne reviendront plus gonfler le score de Juppé. Et les fans de Sarko, orphelins, iront-ils vers Juppé et son centrisme mou ?

Bref, le "vote pragmatique raisonné" serait de faire campagne pour François Fillon…

2°- Le "vote de conviction raisonné" :

On peut tourner la question dans tous les sens, qu’il s’agisse d’éthique, de social, d’économie ; de souveraineté, de géopolitique ou de conception de la fonction. Celui des compétiteurs qui, à tous égard, est à la fois "le plus proche" de mes convictions et celui dont les fondamentaux sont les plus solides est Jean-Frédéric Poisson. Bref, le strapontin en bout de table qui n’ira en aucun cas en 2° semaine. La "honte de la famille" [^^] … Il a eu raison de s’embarquer dans cette galère pour dire ce que les autres ne diront pas, faire connaître l’indicible par l’establishment et tenter de peser…
On dit qu’il n’a "rien à perdre et tout à gagner". Ce n’est pas vrai car il a beaucoup à perdre s’il ne décolle pas et reste scotché aux scores ridicules qu’on lui promet aujourd’hui. Nausélites s’en serviront alors, "preuve à l’appui", pour ne tenir aucun compte du réel considéré comme quantité négligeable ringardisée. Son irruption dans le théâtre pourrait donc avoir été finalement contreproductive. C’était un risque à prendre. Il l’a pris ; c’est tout à son honneur et confirme qu’il n’est pas comme les autres accrochés à leurs fromages. En faisant 4 ou 5%, il "renverserait la table"….

En conclusion :

Pour ma part, je me déciderai au plus tard le matin du 20 novembre en fonction de tout ce qui va se passer d’ici-là (discours, débats, interviews, sondages, réseaux sociaux…). Mon raisonnement est le suivant :
- Si Fillon me semble vraiment progresser au fil des jours, enfonçant Le Maire et s’approchant de Sarko avec une dynamique, je voterai Fillon…
- En revanche, si rien ne change et qu’on s’achemine benoîtement et sans espoir vers la consécration annoncée de Juppé au terme d’un duel Juppé-Sarko, je voterai POISSON à pied, à cheval et en voiture !
- Et pour le 27, je vous dirai quoi…

Oualà. Faites-en ce que vous voudrez…