"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 12 avril 2010

Le laid est-il de lard ?

Méditation sur une oeuvre figurative du vinticento
ou les trois tentations du Plouc
...


Qu’est-ce que l’art ? Pour répondre, moi, plouc, je me contente d’un discriminant très primitif ; celui de la pomme accrochée à son pommier. De deux choses l’une : Soit j’ai envie de la prendre et de la croquer… Et c’est tout sauf de l’art. Soit j’ai envie de m’asseoir devant et de la contempler… et alors c’est probablement de l’art. Encore que… Bref, je n’ai guère d’a priori et pas de prévention particulière contre l’art contemporain (sauf contre l’art content de soi subventionné…) Il m’est arrivé de considérer comme oeuvre d’art une simple photo retenue par un quelconque communicant pour illustrer une pub en papier glacé dans un magazine…

Bon, ce n’est pas mon problème d’aujourd’hui. Je veux vous parler d’une chose qu’on appelle une affiche. Ce n’est pas du tout une œuvre d’art et, pourtant, je n’ai pas du tout envie de croquer la pomme en question…
Pour vous en parler, il faut bien que je vous la montre. Dilemme… Je ne veux pas afficher "ça" sur mon blog. Je tiens à y accueillir mes quelques visiteurs comme chez moi, dans mon salon. Et je ne mettrai jamais "ça" dans mon salon… Allez-donc voir "ça"

C’est vu ? Bon…

"Le baiser d’Oded et Raphaël" C’est cul mais c’est le titre… (c’est de Raphaël Perez, pas de Raphaël Sanzio, celui du Mariage de la Vierge, des fois que vous auriez des doutes…)

Notre Père, ne nous laissez pas succomber à la tentation…

1° Tentation : Flinguer ce connard de Perez.
Qu’importe que la chair soit triste et flasque, l’affection et la complicité charnelle entre deux êtres peut trouver son origine et sa justification dans le vécu d’une histoire intime partagée, dans une connivence forte. Mais en l’affichant, en l’étalant devant les quidams qui en ignorent les ressorts profonds (si tant est qu’il y en ait) on tue ce qu’on voudrait montrer (prouver ? promouvoir ?) et il ne reste plus que la viande rance à l’étal…
Sur un autre plan mais pas si éloigné que ça, je me souviens d’un fil chez Stello où le dernier commentateur écrivait : "L’artificiel pue de très loin…"

2° Tentation : Sombrer dans une infinie tristesse.
"La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres…" (tous les vices ?) Remake d’Orgasme mécanique… Que sont les dragues d’antan devenues… Les billets d’amour, le regard de Don Juan, le genou de Claire… Cf. en bas de l’affiche. De nos jours, en préliminaire, il n’y a que le "mode d’emploi" qui compte : Notice pharmaceutique transcrite du japonais en italien par un logiciel de traduction automatique concocté par un programmeur indo-pakistanais pour vous expliquer le sens de connexion des muqueuses et vous donner la référence du lubrifiant conseillé par la marque… Après ça, hop ! c’est parti…

3° Tentation : M’étouffer de rire.
Et j’aurais tort… Ma première réaction a été de me dire que ce serait vachement productif de diffuser cette affiche en CM2 pour répondre au souci de lutter contre l’homophobie dès les premiers niveaux d’enseignement (cf. mon billet du 30 mars) J’y voyais un bon remède contre… Est-ce si sûr ?
Mmh… L’éducation esthétique de nos chères têtes blondes ne passe plus par les maîtres de la Renaissance, plutôt par Titeuf et quelques monstres verdâtres-baveux-gluants. Bref, l’effet Oded & Raphaël pourrait ne pas être globalement contre-productif dans le sens qui me convient…

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