"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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samedi 6 avril 2019

Extension du domaine de la jurisprudence…


Ça y est ! Je l’avais déjà annoncé ici il y a bientôt neuf ans. De quoi je cause ?

- En avril 2010, la Cour de Cassation avait validé le "préjudice d’anxiété". En l’espèce, rejetant un pourvoi d’employeurs, elle reconnaissait que les travailleurs de l’amiante n’ayant pas (ou pas encore) développé de maladies subissent un "préjudice dû à une situation d’inquiétude caractérisée par un suivi médical propre à réactiver cette angoisse". Cependant, elle limitait cette faculté aux seuls travailleurs ayant œuvré dans les secteurs du bâtiment et de la réparation navale précisés dans la loi de décembre 1998 ouvrant droit à la "préretraite amiante".
- Dans le même esprit, fin 2015, un collectif d’acurabas ayant pris du Mediator a attaqué le laboratoire Servier sur la base du même "préjudice d'anxiété". Ils n’étaient pas malades du fait de la prise du médicament mais affirmaient "subir les conséquences indirectes du scandale qui a touché cet antidiabétique retiré du marché il y a déjà 6 ans"…

Et voilà qu’hier vendredi, la Cour de Cassation en a remis une couche sur l’amiante : A l’occasion d’un arrêt dans une affaire entre EDF et un de ses salariés, sur le fondement du droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur, la Cour a étendu les critères concernant le préjudice d’anxiété à la réparation des troubles psychologiques de tous travailleurs ayant eu connaissance d’une exposition à l’amiante…

- Bon. Dans notre Droit, chacun est tenu de réparer les préjudices qu’il cause et c’est bien. Reste que le Droit ne définit pas le préjudice dans ses multiples natures (ce qui est aussi bien, vu le carcan que nous impose chaque jour un peu plus la pagination diarrhéique du J.O.) D’où forcément l’apparition régulière de nouveaux préjudices au gré des attendus de décisions de justice faisant jurisprudence…
- Mais dans les cas d’espèce - amiante comme médiator - la réparation n’est désormais plus due seulement pour un préjudice identifié et subi, mais aussi pour le préjudice redouté. On nous parle d’anxiété, on nous parle d’angoisse. La porte des interprétations possibles par le juge est désormais grande ouverte. Bonjour l’angoisse…
Dès lors qu’un tiers (personne physique, morale ou entité collective identifiable) peut être repérée comme étant à l’origine probable d’une anxiété et pour peu que celle-ci prenne une forme un minimum obsessionnelle à dire d’expert, la crainte, le regret, la frustration, la déception, voire cette chose si banalement commune qu’est la peur de mourir sont susceptibles d’être des préjudices indemnisables…

Questions :

Qui indemnisera le salarié de l’anxiété du licenciement ?
Et le jeune de la crainte de ne pas trouver sa place dans le monde du travail ?
Et la mère du toxicomane marginalisé de l’angoisse quant à son avenir ?
Et la caissière ou la serveuse de l’anxiété de rentrer seule la nuit par le dernier RER désert ?
Et les victimes potentielles du terrorisme (autres que les Je-suis-Charlie même-pas-peur en terrasse…) ?

NB :
Le Monde : "Selon un rapport du Haut conseil de la santé publique, l’amiante pourrait provoquer entre 68 000 et 100 000 décès en France d’ici 2050"
Libé : "Selon le Haut conseil de la santé publique, l’amiante pourrait provoquer 100 000 morts en France d’ici à 2025"

mercredi 3 octobre 2018

Ministres d’Etat au nouveau monde…



Le "nouveau monde" où se noient les restes de La Méduse la " start-up’ France" ressemble de plus en plus à l’ancien ; preuve, une fois encore, de l’éternelle vérité formulée par Guiseppe Tomasi di Lampedusa il y a déjà soixante ans : "- Il faut que tout change pour que rien ne change…"

L’actuel pédalage dans la semoule du Cyborg-Président et de ses nains de jardin met en lumière, un peu plus aujourd’hui qu’hier et sûrement moins que demain, à quel point son "nouveau monde" n’était qu’un décor de théâtre en carton aux chatoyantes couleurs masquant aux acurabas de base le recyclage des prébendiers du "vieux monde".

Ministres d’Etat… Que ce soit sous la défunte IV° République aux 28 gouvernements en 22 ans ou la V°, le titre de "Ministres d’Etat" - sans rapport avec le portefeuille en charge – était octroyé aux membres du gouvernement représentatifs des forces politiques qui le soutenait. Un symbole, une garantie parlementaire politicienne…

Ayant décroché le Mickey par effraction dans les conditions que l’on sait, notre Cyborg-Président s’est dépêché, "à l’ancienne", d’attribuer le hochet honorifique aux trois guignols les plus représentatifs des forces citoyennes ayant été en première ligne pour guider vers la victoire la vague irrépressible, le tsunami des braves couillons-mais-électeurs… Bien encadrés par les helpers stipendiés vu-qu’il-faut-quand-même-pas-déconner…

Bref. Trois ministres d’Etat judicieusement choisis : Hulot – Bayrou (qui s’en souvient ?) – Collomb :
- La société civile (enfin, dans sa version bobo-écolo-affairiste…)
- Le centre (le truc qu’on sait pas où c’est mais qui peut toujours servir…)
- La gauche "raisonnable" (celle dont les réseaux peuvent être encore utiles…)
J’ai coché toutes les cases ? J’ai bon ?

Tous les trois ont donc rendu leurs tabliers…  En cochant aussi toutes les cases des motifs. On a déjà oublié Bayrou éjecté sans recyclage (cf. Ferrand ?) pour des histoires de finances de Partis (as usual) Et après les caprices de post-adolescent et le manque de savoir-vivre d’un Hulot, voilà maintenant avec Collomb un départ vraiment conflictuel laissant le Cyborg à poil et se tordant les mains sans pouvoir le cacher, sinon en singeant des mamours avec quelque rappeur ou racaille de rencontre. On se croirait à la sortie d’une pissotière. L’autre au moins avait un casque et un scooter…

Tiens ! L’autre, justement. Dieu sait qu’il y avait pris peine ! Et pourtant, avec cette nouvelle défection de poids, je sens que le Cyborg vient de le doubler au score ! Malgré Leonarda… 

mercredi 26 septembre 2018

Avec Barnier, ouf ils sont sauvés !



Ah ! Michel Barnier ! Je ne l’attendais pas, celle-là !

Saluons la performance de Laurent Wauquiez ! En demandant à Michel Barnier de prendre la tête de la liste patronnée par "Les Républicains" (je crois que c’est comme ça qu’ils s’appellent), l’homme à la parka rouge est farpaîtement resté dans les clous. Il a fait preuve du grand sens politique que l’on attend d’un chef quand ledit chef a pour mission première d’arriver à maintenir artificiellement ensemble un conglomérat de chapelles que tout oppose et d’écuries d’égos concurrents. En choisissant Barnier, il a choisi de ne pas choisir ; ou plutôt choisi de faire en sorte que demain soit comme aujourd’hui

Ouf ! Ils sont sauvés !  Enfin, quand je dis "ils", je parle des pachydermes de l’appareil LR ou de ce qui en reste. Ceux-là sont assurés de garder leurs places, leurs prébendes encore quelques temps tant il est vrai que Barnier ne gênera personne. Bien sûr, une partie de la base rechignera sans doute mais on s’en fout ; tout ce qu’on lui demande, c’est de coller les affiches, de distribuer sur les marchés et d’aller voter…

Demander à Barnier déchire le rideau du Temple (mais on se doutait déjà un peu de ce qu’il y avait derrière) On ne peut vraiment pas dire que ça déchire...  Pour préserver son avenir (incertain), Wauquiez ne pouvait pas risquer que l’on puisse dire un jour qu’il aura été le fossoyeur de son Parti (enfin, d’avoir dispersé les beaux restes d’un appareil électoral que beaucoup rêvent d’utiliser un jour à leur profit…)
Il ne pouvait donc, en dernier ressort, que rentrer dans le "Cercle de Raison". Bien sûr, il ne pouvait pas aller jusqu’à proposer la place à Juppé, c’eut été trop vu qu’il faut éviter de perdre une partie de la chair à canon. Mais, à moi, Barnier ça m’a presque fait le même effet…

Très pote avec Raffarin (déjà tout un programme) ; déjà député il y a 40 ans ; quatre fois ministre (pour la première fois il y a 25 ans où il instaure l’ébauche du Principe de Précaution…) ; deux fois Commissaire européen ; représentant de la Commission dans le groupe de travail de Giscard d’Estaing ayant élaboré la fameuse Constitution Européenne rejetée par referendum et rentrée par la fenêtre à Lisbonne ; un temps conseiller spécial de José Manuel Barroso, Michel Barnier est depuis deux ans le négociateur en chef désigné par Jean-Claude Junker pour diriger les négociations avec la Royaume-Uni pour concrétiser le Brexit… Tâche à laquelle il s’emploie avec toute l’ardeur nécessaire dans un seul but avéré : que ce soit un tel merdier "perdant-perdant" que ça retire à quiconque toute velléité de "X…xit"… L’incarnation du renouvellement, quoi !

Bref, Barnier est la tête de liste parfaite ! LR reste LR : Pas de programme trop précis, pas d’idées trop clivantes, pas de fondamentaux trop solides et con tutti compatibile ! L’Europe L’U.E. est notre avenir ; point barre ! Et, qui plus est, avec un chouïa plus de charisme que Fillon (épaisseur du trait ?) et pas d’ambition présidentielle.

Ceci-dit, le Gus n’a pas encore dit oui ; il va réfléchir… Ne riez pas. Officiellement, il pourrait n’être plus rien l’an prochain… Or, tête de liste LR, c’est au moins l’assurance certaine de décrocher à 68 ans un CDD de 5 ans avec fins de mois de député européen… Je m’esclaffe.
Ne riez surtout pas. Jean-Claude Junker, entre deux whiskys, voit en Barnier son successeur à la Présidence de la Commission. Or, que ce passe-t-il ?
- C’est le Parlement Européen qui désigne comme Président de la Commission le leader du plus gros groupe parlementaire (ce qui nous a valu Junker…) C’est actuellement de loin le PPE… Mais est-ce que ce sera encore le PPE en 2019 ? On cause beaucoup à Bruxelles de revenir à l’ancien système : la désignation par le Conseil européen (les chefs de gouvernements) Comme c’est curieux…
- Il faut donc que Barnier soit candidat en position éligible certaine aux prochaines élections.
- Macron veut absolument que ce soit un Français qui préside la Commission.
- Nul ne sait où siègeront les futurs élus LREM mais ni à gauche ni au PPE ("centre droit") donc sûrement pas dans le groupe majoritaire…
- Barnier, on ne peut plus Macron-compatible, est encarté LR et les LR siègent dans les rangs du PPE.
Macron est content, Wauquiez est content, Barnier est content. Je vous laisse écrire la suite…

En politique intérieure, après quelques mois de campagne, l’acuraba ne saura pas faire la différence entre LREM et LR. La drouâte genre NDA et le RN vont s’y croire sans impact significatif… Et le système restera le système pour que demain soit comme aujourd’hui…

Pour LR, le mal est fait de toute façon. Ils vont se viander… Car l’annonce du choix de Barnier comme tête de liste a définitivement placé le curseur : Entre la France et Bruxelles, le conglomérat LR tombera toujours du côté du Système.