Quand ça branle dans le
manche, quand la "chaîne hiérarchique" prend du mou et que le "petit
personnel" râle en sourdine contre "la direction", ça n’est bon
ni pour le rendement, ni pour la qualité des prestations, ni pour les résultats commerciaux… Et ça se vérifie partout et à toutes les
époques, quelle que soit l’activité et la taille de la boîte. J’ai connu ça…
Le cyborg-Président a
publiquement et sèchement "recadré" le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées. Le chef de
l'Etat a en effet reproché au général (en Macron dans le texte) d'avoir mis "de façon indigne"
une polémique budgétaire "sur la
place publique" et l'a rappelé au "sens du devoir et de la réserve". Notez bien le vocabulaire
utilisé. Lisant ça dans la presse ou oyant ça dans le poste, l’acuraba couillon
de base a pu s’imaginer que notre général-en-chef-maxi-étoilé s’est assis sur le
devoir de réserve comme sur l’absolue discipline requise des militaire en s’épanchant
devant des journalistes sur ses états d’âme. Cépabien. Rien du tout ! Le général s’est exprimé devant les
députés de la commission de Défense du Parlement qui l’avait expressément convoqué
pour l’auditionner. Interrogé sur son sentiment quant à la question des moyens
octroyés à l’Armée, c’est certes avec un vocabulaire d’une virilité toute
militaire que Pierre de Villiers a répondu aux élus de la Nation. Il s’exprimait
devant le pouvoir législatif à la demande de celui-ci ; pouvoir législatif
indépendant et constitutionnellement plus souverain que le pouvoir exécutif !
Son devoir de militaire, c’est-à-dire de plus-que-fonctionnaire, était de
répondre en vérité aux représentants
du peuple (même si,
perso, j’en juge beaucoup sans légitimité…) Et cela
quoi qu’il en coûte (à l’instar d’un
certain général ancien patron de la Gendarmerie…) Certains diront que ce n’était que sa
vérité, mais c’était bien la sienne que la représentation nationale voulait
entendre dans le cadre de ses travaux…
Sentant monter la bronca, chef suprême des armées, le
cyborg-Président ne pouvait laisser passer ça. D’autant moins que ce sont ses
propres revirements qui étaient la cause exclusive des critiques formulées par
son chef d’état-major : Ayant promis la sanctuarisation des budgets de
défense déjà exsangues et leur relèvement, en pleine guerre menée sur trente-six
fronts extérieurs comme… à l’intérieur, au bout d’à peine un mois, d’un trait
de plume sur un coin de table, il supprime 870 millions d’euros pour pouvoir
recapitaliser Areva, réduire de moitié la recette fiscale tirée de l’ISF, etc.
Le budget de la défense reste donc, (avec et avant le contribuable) la seule variable d’ajustement budgétaire. Normal ou En Marche, l’exécutif reste l’exécutif et l’histoire suit son cours…
Bref, le cyborg-Président n’a fait que rappeler qu’il
était le chef et qu’on n’avait qu’à obéir. En soi, il a certes parfaitement
raison ; sinon c’est le bordel assuré. Vous me direz que ça l’est déjà…
Mais il ne l’a pas fait en chef. Non. Il l’a fait en petit chef. Dans notre vie active, nous
avons tous au moins une fois eu à faire avec un de ces petits chefs qui n’ont
pas d’autre argument définitif et sans appel pour tenter d’imposer leur autorité que leur place dans l’organigramme…
Il a pu oser dire : "- Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis, ce n'est pas plus
compliqué que cela." Personne ne peut lui répondre qu’il se fout du
monde puisque "c’est comme ça, c’est le règlement"…
Et il a dit que Pierre de Villiers "avait toute sa confiance". On ose
espérer que c’était le cas puisqu’il l’avait prolongé à son poste il y a à
peine un mois ! Et à ce niveau de job, on ne renouvelle pas la mission d’un
type mis en place par d’autres sans un entretien personnel préalable…
Confiance… Mot terrible… Je me souviens de mon premier
supérieur hiérarchique direct du temps de mon premier job. Il me répétait
souvent : "- La confiance n’exclue
pas le contrôle." Il voulait dire par là que la confiance ne dure et ne
se justifie que si elle se prouve
régulièrement. Mais il ne parlait là que de la confiance que l’on a dans ses
subordonnés. Or, la confiance n’a de consistance opérationnelle que si elle est
réciproque. Et la confiance du
subordonné dans le chef doit aussi être testée régulièrement pour se justifier.
J’ai aussi vécu ça plus tard…
La frontière entre la confiance qui peut se prouver dans
les deux sens et la confiance obligatoire à sens unique est le meilleur discriminant qui
permet de distinguer un chef d’un petit chef…
Il me semble que pour le moment nous avons un petit
chef…