Enfin, bon, ça doit être
quelque chose comme ça…
En ce jour du mois de Mai
(encore un), nous étions conviés dès l’aube à célébrer la Journée commémorative de l'abolition de l'esclavage (fête d’obligation, 1°
classe, ornements noirs, jeûne et cendres…).
On notera,
une fois n’est pas coutume, qu’il s’agit là d’une journée strictement nationale dont il est expressément
précisé que le rituel ne doit se célébrer qu’en Fwance métropolitaine… Les ultramarins étant non seulement évidemment exonérés de devoir se
couvrir la tête de cendres, mais accessoirement invités à présenter leurs panards
mélaninés au cérémonial du baisement des pieds…
Que l’on
sacrifie à ce rituel est une chose. Mais je trouve assez scandaleux qu’une Nation
un pays qui se veut pleinement partie prenante de la mondialisation et, surtout, porteur de valeurs universelles néglige les célébrations mondiales pour se complaire à célébrer exclusivement un culte aussi
étroitement franco-fwançais, aussi purement local, régionaliste, que dis-je, à
la fois folklorique et paroissial… Quelque
chose d’aussi peu universel qu’un
pardon breton ou un pèlerinage de voleurs de poules aux Saintes Maries de la
mer…
En effet,
en ce 10 mai, c’était aussi la Journée mondiale du lupus érythémateux
disséminé !
Et
personne n’en a parlé ! Le clergé
en charge de nous dire le Bien qui
cause dans le poste n’y a même pas fait fugacement allusion aux matines dans ses matinales ! Il faut que le
Plouc-em’ s’y colle. A croire que c’est lui qui se tape tout le boulot…
Faut dire
que le lupus affecte quarante fois
plus les femmes que les hommes et qu’il est scandaleux que les Femen n’en parlent pas. Et que Najat n’en fasse pas une grande cause
nationale…
Accessoirement,
cette maladie cutanée affecte essentiellement les noirs personnes de
souche afwicaines, d’où peut-être une confusion ignoblement waciste entre les
deux célébrations. Du coup, je crois que j’ai un peu tout mélangé dans le
titre, mais bon…
Revenons-en
quand-même à notre culte étroitement fwanco-centré :
En
grand-prêtre de la cérémonie pénitentielle d’usage, après la psalmodie rituelle
du Cantique canonique de "L’impossible
réparation" et l’invocation à Aimé Césaire, le président de la
République (toujours
aussi béat devant les bouillies verbales d’Aquino Morelle) a fait une homélie
sur le thème :
"A la mémoire, il nous faut donner un avenir"…
Bon. Il était
intéressant d’observer quels diacres, sous-diacres et acolytes le grand-prêtre
avait choisi pour l’assister dans cet office solennel :
Qu’il se
soit fait entourer par la Taubira,
sinistre de la justice à qui nous devons l’élévation de l’esclavage au range
indépassable de cwime contre l’humanité, et de Lurel, évanescent sinistre des
Outre-mer, ça se comprend… Mais la Pau-Langevin ?
Qu’est-ce que la sous-sinistre parisienne de la Réussite scolaire foutait là ? Quelle autre motif justifiant
sa présence qu’une sélection explicitement raciste ?
D’ailleurs,
sans la présence d’Aurélie Filippetti, tant la Kultur est partout,
Moi-Président aurait fait un peu tache sur l’estrade…
Ceci-dit,
le côté tiroir-caisse n’a pas été oublié à l’heure de la quête. Le grand-prêtre
a annoncé dans son homélie que l’Etat apporterait sa « contribution » au « projet emblématique » de centre d’expression sur la
traite à Pointe-à-Pitre, projet jusqu’alors porté par la seule région
Guadeloupe (fief de Victorin Lurel…) Suffira pour ça d’augmenter un peu les
clopes…
Par
ailleurs, le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) a déposé aujourd’hui une
plainte contre la Caisse des dépôts et consignations pour complicité de crime
contre l'humanité, au motif qu’elle aurait tiré au XIXe siècle un
profit indu de l'abolition de l'esclavage en Haïti… Ça n’a guère de chance d’aboutir
mais ça va occuper les juges si désœuvrés (à nos frais et sans
que le CRAN risque d’être condamné au titre de l’article 400 pour procédures
abusives…) Cébien.
lupus

