Qu’il
soit audio ou visuel, le paysage dit du PAF dont on nous bourre le pif me fait
parfois pouffer. Comme
paysage, il est vrai qu’on fait mieux. Mais comme le ciel a tiré devant moi son
rideau de brume et que le spectacle vu de ma fenêtre se limite ces jours-ci aux
trois épicéas les plus proches, alourdis par la patate de neige qui continue de
tomber, mon désœuvrement consent à s’accommoder
du paf…
S’agissant
de ce PAF que le monde nous envie, perso, je me rends au spectacle dans trois théâtres
différents ; et cela d’autant plus aisément que la billetterie est
forfaitaire et qu’aucun d’eux n’exige pour ma dignité que je fasse
préalablement un brin de toilette…
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Le premier, le plus boulevardier et lassant, c’est évidemment la télé. Je ne m’y rends qu’aux séances qui
se donnent en soirée. Je devrais même
plutôt dire en nocturne car ce n’est
que rarement avant 23h et je ne quitte généralement pas la salle avant 1h,
voire 2h du matin. Je me fous éperdument du titre de la pièce qui se joue alors
sous mes yeux puisque son intérêt me conduit presque toujours à pratiquer le zapping à chaque entracte
séquence de pub dans l’espoir de trouver ailleurs quelque chose de plus
intéressant et pas encore trop proche de la fin, histoire de comprendre un peu l’intrigue.
Ce qui est le cas presque à tous les coups, quoique le différentiel d’intérêt soit
souvent très relatif.
L’expérience
que j’ai ainsi acquise consiste donc essentiellement en un zapping quasi quotidien. Laissons de côté les débats des premières heures entre experts ou voix autorisées
d’accords sur tout faisant semblant de se contredire sur le sujet mainstream du moment. Laissons aussi de
côté les séries policières américaines d’un plus grand professionnalisme que
les fwançaises exaspérantes de bisounourserie, et qui se marchent toutes sur
les pieds en faisant assaut d’homosexualité, de diversité, de familles re ou
dé-composées, etc. dans les postures des héros positifs. Laissons aussi de côté
les variétés et divertissements pour regarder ce qui reste :
Eh
bien, dans la tranche de post-time
entre 20h et 02h sur un large spectre de 18 chaînes gratuites, la constante la plus manifeste du paysage
est la présence quotidienne, systématique et concomitante d’au moins deux émissions,
débats, documentaires ou films traitent du nazisme,
de la Shoah ou de sujets connexes. Et
la fréquence observée tend manifestement à s’intensifier ces temps-ci…
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Le second théâtre que je fréquente est celui de la radio, et principalement de Fwance-Cul’.
Là, je m’y rends aux séances qui se donnent en
matinée. Ou plus justement le matin
au petit-dej’ et parfois à midi.
Ce
peut être parfois une source inépuisable de ravissement ; notamment ces
derniers jours où, après s’être employés à tordre le cou d’un ton définitif à
la rumeur, les acteurs se sont lancés avec une frénésie où le sentiment d’urgence
le disputait à la stupéfaction, dans l’explication mêlée d’indignation du
renvoi à plus tard de l’indispensable loi sur la famille… Le tout résumé par les
propos ce midi d’un élu de la Républik tout congestionné à l’idée que " Deux individus d’extrême droite disent n’importe
quoi et font reculer le gouvernement ! " et que de telles " pulsions réactionnaires se manifestent "…
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Enfin, le troisième théâtre est celui du web…
Et là, pour m’y rendre, à vrai dire je n’ai pas d’horaire^^. Mais comme il n’y
a quand-même pas que ça dans la vie, je ne prends guère le temps d’entrer au
hasard dans les salles et me réserve le plus souvent pour les salles obscures d’une sphère que vous
connaissez je crois. Bien sûr, le paysage
proposé en fond de décor y est toujours à peu près le même mais, au moins, c’est
reposant, sinon rassurant…
Il
n’empêche. Il m’arrive quand-même d’aller jeter un œil las dans les music-halls
où l’on joue "L’information en continu", ça vaut parfois le
déplacement. C’est ainsi que, relayant l’info sur l’éventuel divorce d’Obama et de sa Michelle, Yahoo-actualité avait pondu hier une
petite vidéo que je ne retrouve plus mais dont j’avais relevé textuellement la
chute finale :
"La prochaine visite à Washington de François
Hollande la semaine prochaine sera l’occasion de vérifier la solidité du couple"
Notre
pédalonaute casqué scooterisé serait un tel bourreau des cœurs ? P’tain !
Planquez vos filles !
