"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

mercredi 7 juin 2017

Renouveau et pierres tombales…



De retour en mon douar de cantonnement, après une petite semaine en divers lieux de ce qui reste de la France profonde, je pensais naïvement trouver dans ma boîte aux lettres la fameuse enveloppe de professions de foi destinée à m’instructionner sur les candidats de ma circonscription ; passque les affiches des panneaux électoraux, hein… Ben non. Demain peut-être ; ou après-demain… Ou la veille du scrutin, pourquoi pas ?
C’est vrai qu’on est suffisamment informé par le 20h de TF1 ou BFM-TV, oui je sais… Pas besoin de réfléchir plus ; ni de se poser des questions sur la personnalité du monsieur ou de la dame qu’on nous demande de désigner ici pour siéger avec ou sans réserve parlementaire

Mais j’exagère. J’ai quand-même eu dans ma boîte aux lettres les dépliants publicitaires de trois des cinq guignol(e)s sur quatorze ou quinze susceptibles de faire 5% dimanche prochain. Je trouve que c’est peu.

Car, voyez-vous, j’accorde toujours beaucoup d’attention à ce genre de tracts et, surtout, aux professions de foi. Pas pour y prêter foi ! Faut pas déconner tout de même ! Mais, au-delà du style et de la maquette, ce sont des écrits qui ont été pensés et construits pour dire tout ce que le candidat veut dire. L’ordre des sujets abordés et la façon de les exposer trahissent ses vraies priorités, fait ressortir ce qui n’est que pétition de principe dont il se fout en fait, et aussi ce qu’il cache sous le tapis… Sa profession de foi est le papelard ultime qui permet à l’acuraba de discerner (très très vaguement, je vous l’accorde) ce qu’il y a dedans (pas dans le papier, dans le type en question, je précise…)
Vous me direz qu’il y a Internet. Mais qui est assez taré pour aller voir les sites des candidats ? Surtout quand ce ne sont que des compilations de leurs touïttes de 140 signes ? On les mille pages vides du programme défunt de Bruno Le Maire ? Perso – et je compte parmi les rares acurabas qui s’y intéressent - je ne consulte guère que des sites de mon bord et ne reçois de mêles que de mes paroisses…  
Bref, j’adore lire et analyser les professions de foi des uns et des autres, celles des petits étant souvent plus instructives que celles des concessionnaires locaux des grosses boutiques.

Tous, il est vrai, ne nous veulent que du bien. Tous, il est vrai, manifestent sur le papier un souci des autres (et le cas échéant de l’Autre) et un altruisme qui feraient passer Duflot pour mère Thérèsa. Mais il y a quand-même des cas d’égos surdimensionnés où le naturel revient au galop, notamment lorsque c’est la panique à bord.

A ce titre, il y en a une qui tient le pompon dans ce domaine. Et comme je sens sa fin prochaine, je me dois d’en parler ici avant qu’elle ne me fasse égoïstement défaut en ne me laissant que Béachelle pour meubler.
Je veux évidemment parler de Nathalie Kosciusko-Morizet !

NKM donc. Héritière d’une circonscription imperdable, même devant le raz de marée macronien, pour peu que le candidat soit vraiment de droite, la pauvrette paie ses années de ridicules gonflettes boboïdes et va disparaître des radars. Ainsi va le tragique de la vie…

Championne toutes catégories des "moi" et des "je" dans ses écrits et ses propos, elle fait feu de tout bois depuis quinze jours, bois qui se limite à ressortir tous les jours les fac-similés de lettres de soutien à elle adressées par des cadavres ambulatoires comme Sarkozy, Fillon, Juppé, Baroin, Accoyer… Vachement dans le vent ! Et une de ses dernières cartouches a été de sortir en look affiche le dernier soutien qu’elle est allée chercher dans les maisons de retraite auprès d’une nonagénaire résiduelle de l’épopée du gaullisme historique…

Mais le plus sublime, l’argument électoral ultime, c’est sa déclaration pré-funèbre faite au Parisien et retouïttée à l’envie par elle-même :
        
« - Dans 10 jours ma voix peut s'éteindre… »

Que c’est beau ! Qui oserait ne pas voter pour elle, assassinant par-là la voix de Londres Longjumeau ? 


lundi 5 juin 2017

Des ponts de pierre aux ponts de papier…



Méditant en ce week-end de trois jours sur les "ponts" du calendrier, tant attendus par l’acuraba-de-bas-mensualisé, m’est venue, pour meubler, l’envie de vous ressortir un mien billet publié il y a deux ans à l’occasion du jeudi de l’Ascension :   
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Mai, mois des ponts.

Sur les billets en Euros, on a scrupuleusement veillé à exclure de la vue (de la vie ?) toutes références à un pays précis, à un monument précis, à une personne ; même Charlemagne ou les pères fondateurs du machin étant trop réducteurs… Outre l’omniprésence d’une carte géographique sans frontière et des douze étoiles dont le sens originel s’est perdu, la déco retenue se limite à deux symboles : au recto des portes ou fenêtres ouvertes et, au verso, des ponts ; symboles respectivement, de l’accueil et, à condition de faire l’effort de tourner la page, symbole de la libre circulation et de l’échange entre les peuples…
Toutefois, les nécessités du réel ont conduit à consentir de faire apparaître une progression dans la chronologie des styles architecturaux et moyens techniques illustrés. Et on ne pouvait faire débuter la série au Traité de Rome, ni même aux Lumières. C’est contrariant, je sais, d’autant que les graphistes ont dû se tordre les méninges pour que certaines des portes les plus anciennes ne fassent pas penser à des portes d’églises. Mais bon.

Au demeurant, les ponts symbolisaient encore bien, à l’orée du XXI° siècle, cette joyeuse possibilité d’aller et venir des hommes, des marchandises, des richesses… et des prestations sociales, ne les oublions pas. Mais c’était déjà avant-hier soir.
De nos jours, ces ponts-là, couchés sur le papier, symbolisent il est vrai toujours la même chose. J’en veux pour preuve que la construction d’un pont entre Lampedusa et la côte libyenne serait un investissement créateur d’emplois et d’économies en secours maritimes. Même les plus farouches écologistes défenseurs des écosystèmes n’y verraient rien à redire en dépit du drame que ce serait dans la chaîne alimentaire pour la murène et le cœlacanthe de Méditerranée.   

Il n’en est pas de même pour les ponts du mois de mai. Ceux-là sont à l’évidence des obstacles à la croissance du Produit Intérieur Brut ! Par quelque effet comme l’alignement des planètes, il est des années où ils se retrouvent tous les quatre dans ce qui fut et reste encore pour certains le mois de Marie. Et ça craint…  
Dans la prolongation du film-culte 1792-Commune-Congrès de Tours sous-titré "Du passé faisons table rase", le consortium Macron-MEDEF-Fran mac’ et ses idiots utiles attirent l’attention sur le coût insupportable de ces ponts pour la croissance, l’emploi, toussa… Evidemment, ils se gardent bien de calculer que, lorsque ces quatre ponts se conjuguent dans la pire des hypothèses de calendrier, ils n’ont sur le temps annuel travaillé qu’un impact trente fois moindre que les 35 heures, non compris les effets induits de celles-ci sur les RTT et la désorganisation du travail dans certains secteurs… Mais c’est ainsi et ce souci vient judicieusement relayer l’extension de la lutte pour le travail du dimanche…

Au demeurant, ces ponts sont des symboles bien moins virtuels que les ponts de papier de la BCE. Ils sont tous les quatre liés à notre histoire et tous contribuent à notre identité commune. Commémorer la Victoire contre le nazisme, le 8 mai n’est pas plus négociable que le 1° mai célébrant la fête du Travail. La tentative absconse qu’avait faite Giscard de supprimer le 8 mai et d’en noyer le souvenir dans une célébration commune le 11 novembre suffit d’ailleurs, après coup, à montrer que son septennat marquait bien le début de la décadence et de l’inculture historique de modernœud : S’il y avait un jour chômé à supprimer ou à transformer en jour de deuil, c’était le 11 novembre qui concluait le suicide de la civilisation européenne…
Quant au lundi de Pâques et au jeudi de l’Ascension, si leur raison d’être originelle est désormais ignorée par l’écrasante majorité et, aux dires de nauzélites déculturées, un résidu suranné de croyances des temps obscures en des racines chrétiennes fantasmées, ils sont profondément ancrés dans les cerveaux reptiliens de tous. Et il n’est pas une association sportive ou corporatiste ne croyant ni à Dieu ni à diable qui manquera à l’appel pour les défendre comme le lundi de Pentecôte ! Ils ne savent pas pourquoi mais c’est comme ça.

Et c’est souvent parce qu’on ne sait pas dire pourquoi qu’un symbole d’identité est le plus solide… 
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vendredi 2 juin 2017

Non, non, non, rien n’a changé !



Rassurez-vous ! Demain sera bien comme aujourd’hui !

Bien sûr, cette fois-ci, le changement est enfin vraiment maintenant puisqu’il est en marche ! Source d’inquiétude, donc, tant il est vrai que le fait de se mettre en marche peut déstabiliser un organisme ankylosé par tant d’années d’immobilisme. Surtout quand on vous assure que vous marchez dans un livre d’images alors que le chemin est encombré d’obstacles bien réels… Toussa peut donc vous paraître angoissant et déraisonnable au regard du principe de précaution, lequel est constitutionnel, ne l’oublions pas !

Rassurez-vous, on peut marcher de mille façons : Marcher en rond dans sa chambre sans risquer un chaud-et-froid en est une. Elle vous donnera sans risque l’illusion rassurante de-la-marche-en-avant vers l’avenir, surtout si vous êtes assez riche pour vous payer le casque de réalité augmentée proposé en option avec le nouveau Président.

Certes, le nouveau Président nous a plutôt favorablement surpris dans ses premières interventions à l’international, il est vrai "domaine réservé" où il peut déployer sa vive intelligence et son discernement pragmatique sans trop ne se soucier ni des contraintes prosaïques qui touchent à notre quotidien ni des états d’âmes des apparatchiks du système que le Monde nous envie.
En revanche, pour ce qui est de ce qu’on appelle la politique intérieure, les premières annonces du gouvernement nouveau paraissent confirmer que le macronisme n’est qu’un bougisme 

Spécialité contemporaine largement diffusée, le bougisme est une manière de remuer qui montre que l’on n’est pas inerte, que l’on est bien vivant et, surtout, qu’en passant d’un pied sur l’autre on donne l’impression d’avancer, comme l’escouade de hallebardiers d’opéra qui fait du sur-place en scandant : "- Marchons ! Marchons ! "…

C’est ainsi sans attendre que le gouvernement a voulu montrer qu’il avance en s’attaquant bille en tête au dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Bâton merdeux à la fois catastrophe financière, zone de non droit, succession de décisions de justice définitives et de votes populaires bafoués par bras régalien lui-même depuis des années et poussé sur le tapis en année électorale, c’était à n’en pas douter le truc vachement prioritaire par rapport à tout ce qui fâche à aborder en urgence…

Alors pourquoi NDDL ?

Ben pour montrer avant les législatives qu’on est bien décidé à avancer et à torcher cette affaire emblématique des moulinets petits-bras et de l’impuissance absolue de ceux d’avant qui-ne-sont-pas-ceux-d’aujourd’hui…

Alors quoi ? Le gouvernement a annoncé hier la nomination de trois médiateurs indépendants chargés de renouer le dialogue avec les opposants au projet en vue d’étudier [en même temps ‘NDLR)] "l'ensemble des options" afin de pouvoir prendre une décision "claire" et "assumée"…  Nantis d’une lettre de mission signée par le Premier ministre, par notre Nicolas Hulot national qui-doit-bien-servir-à-quelque-chose et par notre Elisabeth Borne des Transport que-vous-connaissez-tous, nos trois guignols auront à "remettre les choses à plat" et à faire émerger "des alternatives pouvant permettre à tous, de sortir par le haut"… Toussa dans les six prochains mois…

Dormez tranquille. Si, ne mangeant pas de pain, les trois lois urgentes sur la "moralisation de la vie publique" seront votées à l’unanimité et publiées au JO avant Noël, en revanche, pour NDDL comme la plupart des dossiers qui fâchent, on garde toujours la même façon de marcher…

-       Marchons ! Marchons !