"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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vendredi 26 janvier 2018

La cour d’école du Palais Bourbon…



L’avantage d’être "le Maître des Horloges", c’est d’avoir la main sur l’ordre du jour ; enfin, plus ou moins… Certes, il y a parfois des sans-dents qui s’imposent en tête de gondole (de quoi j’me mêle) comme, par exemple, le personnel hôtelier des Maisons d’arrêt. C’est embêtant parce que, hein, on a plus important à faire ! - Quoi ? La sécurité, l’immigration, la dette, l’emploi, la démographie la désindustrialisation, l’éducation… ? Vous n’y êtes pas ! Ce n’est pas la peine de parler de toussa, ça embrouillerait trop celles-et-ceux. C’est trop complexe pour leur comprenette et nous on sait faire. 0n gère et tout est sous contrôle. Relisez les discours sur www.elysée.fr.
Non, le plus important, le plus urgent, c’est de traiter tout ce qui fait que la patrie est vraiment en danger : C’est la lutte pénale pour l’égalité hommes-femmes et la parité arithmétique, contre les fèquniouzes d’où- c’est-qu’on-sait-qu’elles-viennent ; c’est la lutte verbale contre les dérives hongroises et polonaises ; c’est la lutte éthique contre les galettes des rois-sans-reines et pour l’écriture inclusive ; c’est l’indignation face à la fièvre porcine dans les cantines scolaires comme dans les starlettes, et les écrivaines ; c’est… Voilà.

Et tout ça, M’sieurs-Dames (oups ! là j’oublie du monde, je sais), ça ne suffit pas pour occuper l’Assemblée Nationale pourtant débordée à ce qu’on dit par toutes ces petites choses ci-dessus évoquées. Or, on sait bien que dès lors qu’une bande de sales gosses est parquée dans un espace clos (une cour d’école ou un hémicycle) le désœuvrement est la mère de tous les chahuts potentiels pouvant déraper en bêtises.

Il est vrai que l’on peut voir maintenant des élèves insoumis apporter en classe des tee-shirts crades ou des boîtes de conserve que le CSA pourrait interpréter comme étant de la pub gratuite faite à des marques commerciales lors des retransmissions de débats à la télé. De là à voir resurgir le temps révolu où la mère Boutin brandissait la Bible pendant l’office il n’y a qu’un pas ! Et pourquoi pas les zeurléplusombre où on laissait scandaleusement l’abbé Pierre et le chanoine Kir venir en classe siéger en soutane…

Le censeur de la boîte, François de Rugy soi-même, a donc décidé de siffler la fin de la récré. Et cela, n’en doutons pas, sur instruction venant d’en haut lieu, le Cyborg jupitérien ne pouvant pas tolérer un tel bordel et que quoi que ce soit dépasse d’un alignement de potaches sagement en rang quand on fait l’appel.

L’Assemblée Nationale, cet aréopage où, d’entonnoirs en tamis, se sublime et se sédimente l’expression de la volonté populaire aura donc désormais un nouveau règlement de discipline. Un règlement auprès duquel celui des écoles hors-contrat Espérance Banlieue passerait pour être d’un laxisme inouï.
C’est à se demander si les gags des élus de la Fwance Insoumises n’étaient pas faits exprès en accord avec le pouvoir en place pour donner prétexte à ce tour de vis.
- Tout d’abord, "Tenue correcte exigée" ne suffit plus : "La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l'hémicycle doit rester neutre et s'apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être le prétexte à la manifestation de l'expression d'une quelconque opinion…"
- Ensuite, grâce au tee-shirt de club de foot et aux paquets de pâtes Panzani, le règlement peut opportunément préciser que " est notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d'un uniforme, d'emblèmes, logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique." L’allongement de la sauce permet de refourguer en tête de gondole les "signes religieux ostensibles" ; sans s’étendre (ce qui laisse le temps de voir venir…) quant au format des croix et médailles de baptême arborées en sautoir par nombre de dames n’étant pas du bon bord…
- Sans oublier qu’il "est interdit de téléphoner à l'intérieur de l'hémicycle"

D’ailleurs, s’agissant des signes ostensibles, pour se justifier, le Président de Rugy a dit s’être contenté de    reprendre les termes de la loi de 2004 applicables dans les écoles, collèges et lycées publics. Il dit vrai mais ce n’est pas tout :
Qu’il s’agisse de la tenue exigée de ses membres ou des objets qu’il est interdit d’introduire dans l’Etablissement, le règlement de discipline interne de l’Assemblée s’apparente largement à celui d’un établissement scolaire bien tenu.

On peut en conclure deux choses :
- Si l’on en est arrivé là, c’est bien la preuve, hélas, de l’actuelle et consternante médiocrité des élus, reflet de celle de leurs électeurs, et, surtout de leur inadéquation à la mission qui leur est confiée.
- Mais aussi, peut-être surtout, c’est la preuve du mépris de la Macronie pour la représentation nationale dont l’existence superflue n’est supportée qu’à condition qu’elle se tienne sagement en rang, en blouses grises, n’exprime pas d’opinion et ne l’ouvre que quand on le lui demande…     


mardi 31 janvier 2017

Pénélope et le petit personnel du Machin…



A défaut de faire tapisserie, Pénélope, dit-on, tissait le jour et détissait la nuit son ouvrage. Et cela durant vingt ans, évinçant au passage cent quatorze prétendants avant d’épouser Ulysse… Bon.
Beaucoup plus récemment semble-t-il, une autre Pénélope eut la chance de ne pas s’amouracher d’un type assez foutraque pour partir faire la guerre aux Troyens et mettre vingt ans à en revenir. Celle-ci, comme toulemonde, se trouva à la fac un Jules plus raisonnable et disposé à faire carrière au pays. S’agissant d’icelle, il paraît qu’on ne trouve pas trace de huit années de son travail. Après tout, par atavisme nominal, peut-être défaisait-elle la nuit sa production du jour ? Qui sait ? Ce que l’une a pu faire pendant vingt ans, d’autres peuvent sans doute le faire pendant au moins huit ans, surtout avec les progrès techniques réalisés depuis vingt-huit siècles… Bon, le mystère reste entier pour le moment. Je vous rassure, il sera éclairci d’ici peu, plus vite que celui du financement d’En Marche… Mais je m’égare.

Donc, comme je suis sûr que des voix expertes nous en reparlerons, je ne m’étends pas. Mais ça me donne l’occasion d’évoquer deux infos très différentes, surgie ou resurgie en marge de cette affaire :

- La première c’est que dans la seule journée de lundi dernier, 27 parlementaires ont brusquement éprouvé le besoin, un peu comme une envie de pisser, de notifier à la questure de leurs Assemblées une "Mise à jour" de leur "Déclaration d’intérêts et d’activités" Parmi ces "mises à jour", 19 d’entre eux ont tenu à notifier un "Changement de collaborateurs parlementaires"… Ces modifications portant parfois, pour un même déclarant, sur plusieurs postes de collaborateurs, voire même dans un cas sur un changement complet d’équipe ! Comme c’est curieux…
A titre documentaire, ces braves gens se répartissent comme suit : 5 LR, 1 DVD, 1 UDI, 2 EELV et 10 PS.

- La seconde, c’est la remontée vers les têtes de gondole médiatiques des poursuites engagées par le Parlement Européen contre le FN, lequel a fait rémunérer par le budget du Parlement en qualité d’assistants parlementaire des collaborateurs travaillant au siège du Parti ou en circonscription mais en aucun cas à Bruxelles ou Strasbourg, directement sur les dossiers européens. Dont acte.
    J’avais déjà évoqué cette affaire en m’interrogeant sur le coût budgétaire de l’enquête préalable menée par le bureau du Parlement pour réunir les preuves présentées à la justice dans son dépôt de plainte. Le détail très fouillé des données individuelles collectées sur l’activité de chaque collaborateur de chaque élu européen du FN n’a pu être rassemblé sans le recours sur plusieurs années à des officines de détectives privés qui facturent leurs heures… Je n’ai pas souvenir qu’on se soit penché ainsi sur l’activité d’Olivier Besancenot lorsqu’il était assistant parlementaire européen d’Alain Krivine, son beau-père d’alors, avant d’être judicieusement embauché à la Poste pour se présenter aux Présidentielles… Mais bon.
    Mais ce n’est pas de ça dont je veux vous parler. Dans le cas de Pénélope, la question est de savoir s’il s’agit là d’emploi fictif. C’est probable. Dans l’affaire du FN, les emplois en question ne sont pas fictifs au sens où les intéressés travaillaient effectivement, sinon directement pour l’élu auquel ils étaient rattachés, du moins travaillaient-ils quelque part, pour alimenter en matière politique le groupe parlementaire à Strasbourg, pour faire remonter le terrain aux élus, que ce soit au siège ou en circonscription…  

    Même si son raisonnement est un peu (beaucoup ?) tiré par les cheveux, Marine Le Pen n’a pas tout à fait tort dans sa diatribe véhémente contre le Parlement Européen. Au-delà du fait qu’il cherche systématiquement des poux dans la tête du FN en… glissant benoîtement sur les autres, il y a plus grave : Le Machin avoue par cette affaire qu’il considère les collaborateurs de ses parlementaires comme devant se plier au mode d’organisation du travail et se limiter aux objectifs de production définis par le Machin. Ce qui revient à les placer de fait sous la dépendance hiérarchique du Machin, donc dans une relation salarié-employeur avec le Machin. Et les députés entre les deux ? Par un phénomène de liquéfaction mentale progressive, la Commission et le bureau du Parlement finissent par les considérer comme leurs employés, leurs fonctionnaires… Certains ne sont pas très obéissants, gâchent le métier, sont donc légitimement mal notés. Ah ! Si on pouvait les licencier !!