Réchauffement, quand tu nous tiens…
Le réchauffement climatique est un fait. Point barre. Et
il est évident qu’il va falloir faire en sorte de faire avec. Le phénomène n’est pas nouveau et l’augmentation des
températures a déjà été plus d’une fois plus rapide et violente qu’en ce
siècle, sans combustion de charbon, bagnoles, gazoles et guignols se comptant
alors en millions pour qui la poule au pot hebdo était rêve inaccessible ;
et pas en milliards pour qui le steak biquotidien est dorénavant un droit
acquis. Mais les bobos actuels vivant dans l’éternel présent ignorent tout ça, à
commencer par l’optimum médiéval…
Et sous ce nom - réchauffement
climatique – support de toutes les peurs millénaristes et angoisses
apocalyptiques (sa queue [du dragon] balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre –
Apocalypse 12.4), c’est dorénavant l’inversion de la courbe du chauffage qui
remplace avantageusement l’inversion de la courbe du chômage qu’il vaut mieux
pousser discrètement sous le tapis à l’approche de l’échéance imprudemment
fixée par les promesses que l’on sait…
L’inversion de la courbe du chauffage est donc le nouvel
horizon, le nouvel objectif révolutionnaire
(cf. hier) poursuivi par nos dirigeants et
toutes les forces du progrès. C’est l’objectif
grandiose pour lequel toutes les forces vives (ou non) du pays sont appelées à œuvrer. A côté, tout le reste (immigration,
impérialisme islamique, identité, sécurité, TAFTA, dette, déficit et chômage,
etc.) n’est que gestion
courante, voire fait divers…
On aborde donc cette dernière ligne droite du quinquennat
en prenant comme étendard un truc qui va de soi, auquel on ne peut sinon rien
du moins pas grand-chose à la marge, mais qui fait consensus…
Même Chirac avait fait mieux : En plaçant son second
mandat sous l’étendard de la lutte contre
le cancer, il pouvait encore espérer finir sur un résultat non nul…
L’avenir de l’espèce repose donc (momentanément) sur le culte de COP21 et le
Pédalonaute est son prophète.
A ce titre, Manu-la-Mâchoire, vicaire apostolique, était
récemment venu vers chez moi rendre visite aux glaciers de la vallée de
Chamonix. Avant lui, au XVI° siècle je crois, l’évêque d’alors l’avait précédé,
à dos de mule et en procession, pour les bénir et les supplier de… reculer tant
ils étaient redescendus bas depuis le Moyen-Âge en s’appropriant les alpages et
pâtures indispensables à la survie des hommes… Manu, lui, n’est pas venu là pour
les bénir ; seulement pour mouliner ses bras, célébrer COP21 et
stigmatiser les responsables : Belzebuth les poids
lourds et le chauffage au bois…
Au moins lui s’en était tenu à une signature carbone raisonnable en se contentant de venir jusqu’à
Cham’. Mais François II Pédalonaute, lui, est d’une autre pointure. Sa qualité
de premier VRP de la COP21 justifie tous les sacrifices énergétiques. Le vice-chancelier
gouverneur provincial Président de la République était donc hier en Islande.
4.460 km aller-retour. S’y tenait en effet ces jours-ci la conférence annuelle
des pays bordant l’arctique qui y traitent de leurs problèmes communs,
notamment en ce moment des possibilités d’exploitation de richesses
énergétiques rendues désormais plus accessibles du fait du repli de la
banquise. Seul chef d’Etat (mais est-ce un chef d’Etat ?) ayant demandé à venir et invité par
politesse comme observateur à cette
réunion d’expert, nous ne saurons rien de ce qu’il a pu leur dire (mais nous nous en
doutons) En revanche, nous
savons ce qu’il a dit aux journalistes, évidemment accompagné de l’inoxydable Ségolène
Royal et de l’indispensable Nicolas Hulot, devant le glacier Solheimajökull qui
fond à toute allure :
«Pour ceux qui
doutent du réchauffement, il faut qu'ils viennent ici. S'il y a une
démonstration à faire, elle est faite»
Sans oublier le petit mot pour l’acuraba devant sa télé
et pour l’historien de demain :
« La
disparition du glacier, c’est aussi la disparition de l’Histoire »…
Que c’est beau !
Pourquoi avoir retenu cette news plutôt qu’une autre ?
Pas pour l’instant de com’ du Pwésident. Mais par ce que
j’ai appris à cette occasion : Si partout ailleurs dans le monde, le
réchauffement climatique se traduit par une élévation du niveau des océans,
élévation préoccupante, notamment pour des pays comme le Bengladesh ou des îles
du Pacifique, en Islande c’est le contraire ! Le niveau du sol s’élève…
pour les mêmes raisons. La diminution d’épaisseur des glaciers (10 % de la surface du
pays) réduit le poids
exercé sur le sol et… l’île monte ! C’est à un point que l’accès à
certains ports va devenir difficile…
C’est bien la fonte des glaciers qui en est la cause
première. Certes. Mais ce qu’aucune dépêche d’agence ne nous dit, ne nous
rappelle, c’est que l’Islande est un chaudron tellurique, un nid de volcans. Diminuer
le poids des glaciers, c’est comme
appuyer moins fort sur le couvercle…
On se souvient de l’éruption du volcan Eyjafjallajökull, en
2010 je crois, dont le nuage de cendres avait stoppé le trafic aérien de l’Atlantique
nord il y a quelques années. En 1783, il y en a eu une dont le nuage avait
recouvert la France, occasionnant pertes de récoltes, famines, etc. Ce genre d’éruptions
d’ampleur – plusieurs par décennie depuis des siècles – sont liées à la
tectonique des plaques dans cette région ; travail constant de l’écorce
terrestre sans lien documenté avec le réchauffement ou le refroidissement du
climat. Et celle de 2010 a délivré en quinze jours dans l’atmosphère autant de
gaz à effet de serre qu’une année entière de circulation automobile dans la
totalité des pays développés…
Les dépêches d’agence ne relèvent donc pas cette apparente
contradiction entre l’élévation du niveau des océans et l’élévation du sol
islandais. On n’est pas payé pour réfléchir – ou pour être placardisé comme à
France2. Faudrait pas qu’on pense qu’il y a peut-être d’autres causes au
réchauffement que l’activité humaine.
Pensez-donc ! Ce serait porter atteinte au dogme et
que resterait-il pour assurer les fins de mois du GIEC et maintenir la survie
politique de Pwésident ?