"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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lundi 11 juillet 2016

La tour Eiffel, les pieds dedans…



Bon. On en a fini avec l’Euro2016. Dommage que ça se soit fini comme ça pour cette équipe manifestement moins "racailleuse" que les précédentes (qu’elles aient eu du succès ou se soient illustrées en Afrique du Sud…) Mais bon.

Pour beaucoup, et au grand regret du Pédalonaute, il faut maintenant revenir sur terre.

Comment marquer ce basculement brutal de l’espérance footballistique au réel-qui-est-têtu en une seule image incarnant les deux ?

Celle-ci suffira :

Elle est d’autant plus symbolique qu’elle illustre à elle seule bien plus que l’apothéose de "l’évènementiel" qui a opportunément meublé le mois écoulé.
On y voit tout à la fois le décor et l’envers du décor.
- Au premier plan, le peuple de la nouvelle Rome (qui attend son Romulus Augustule) est venu au cirque pour voir ses gladiateurs évoluer sur une scène de pixels qui a dû coûter la peau des fesses mais n’est jamais qu’un décor de théâtre en carton peint qu’on démonte déjà ce matin.
- Et puis, derrière la machinerie de scène de ce spectacle de fiction (les gladiateurs ne se tuent pas et touchent tous leur chèque à la fin), la grâce des machines volantes nous fait voir les coulisses… Ses quatre pieds bien ancrés dans la terre de nos ancêtres, la Tour Eiffel, brave fille, couve ses chers petits occupés à leur baston as usual

Les jeux du cirque saturent les écrans alors qu’ils n’ont guère d’autre fonction que de susciter des rêveries fugaces et sont sans effet sur la marche du monde.
Ce qui se passe en coulisses, en revanche, a la permanence concrète et contrariante du réel. Aucune raison, donc, de vouloir en faire un plat.  

dimanche 10 juillet 2016

La minute oubliée…



ATTENTION ! BREACKING NEWS !

Nous sommes en direct du Stade de France. Il est 20h51’. Neuf minutes nous séparent encore du coup d’envoi et les deux équipes sont alignées sur la pelouse dans l’attente des hymnes nationaux.

A la surprise générale, de tous les hauts parleurs du stade comme de tous ceux des fans-zones de France et de Navarre sort la voix du président de l’UEFA qui réclame le silence. Quoi qu’avec difficulté, sans doute l’inquiétude liée aux risques d’attentats aidant, le niveau sonore décline quand même progressivement et tous s’interrogent sur ce qu’il va dire…

Hier à Raqqa, les "combattants" de l’Etat Islamique ont décapité quatre joueurs de l’équipe de foot Al-Shabab au cours d’une exécution publique en présence de tous les enfants des écoles rassemblés pour l’occasion et qu’on a obligé ensuite de venir examiner de près les cadavres encore chauds.
Rappelons que l'Etat islamique condamne comme mécréante toute activité sportive organisée, y compris le football. L’an dernier, les djihadistes avaient exécuté 13 adolescents pour avoir regardé un match entre l'Irak et la Jordanie lors de la Coupe d'Asie des nations.

L’UEFA a donc appelé les deux équipes et tous leurs supporters et spectateurs à respecter une minute de silence à la mémoire de Osama Abu Kuwait, Ihsan Al Shuwaikh, Nehad Al Hussen et Ahmed Ahawakh, quatre footballeurs sans bimbos ni sextape, martyrs du football…

Euh… Allo la régie ? J’ai un doute ; attendez confirmation pour passer ça à l’antenne… Non, l’image n’est pas bonne… Comment ? Si la minute de silence est respectée dans les gradins ? Euh… Bon laissez tomber ; ce serait un scoop si énorme que même si c’est vrai "on ne peut pas passer ça !"…

A vous les studios… 



l'équipe Al-Shabab