"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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dimanche 2 juillet 2017

Incubator et ceux qui ne sont rien…



En ces temps où chacun doit se méfier de l’endroit où il met la virgule, s’exprimant jeudi dernier devant un parterre d’invités de choix, notre Cyborg-président a donc dit expressément ceci :

"- Une gare, c'est un lieu où l'on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien."

Je ne m’étendrai pas sur les cris d’orfraie, les touïites scandalisés, les miaulements outragés et autres éruptions d’indignation surjouée suscités par ce propos dans le petit monde politico-médiatique, de gauche comme de droite. C’est de bonne guerre ; il faut bien que les indignés fatigués d’être debout et les intermittents du scandale trouvent des os à ronger pour continuer à exister
Au demeurant, le Cyborg-président ne l’a pas volé.
- D’abord, s’il est bien, comme on nous le dit, un grand amateur de littérature avec un goût prononcé pour la philo, il devrait relire les discours que lui concoctent des sherpas qui n’ont sûrement pas fait Normal-Sup’ lettres et, si c’est le cas, sûrement pas à l’ancienne. Il n’aurait jamais dû laisser passer les, pronom personnel, au lieu de des, article indéfini :
"- Une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien." Ça n’a tout de suite plus du tout la même gueule ni, surtout, le même sens
- Ensuite, il n’a vu dans cette phrase anodine qu’un simple constat d’un fait banal à ses yeux que tout un chacun peut constater par lui-même. Il est toujours dans un logiciel de campagne sans contradicteurs où la technique creuse du "l’eau ça mouille et le feu ça brûle" permet de meubler l’argumentaire de vente aux consommateurs électeurs pour leur faire dire : Mais oui, mais c’est bien sûr ! Comme il est intelligent ce type !...

S’agissant des guignols qui se sont "indignés", je suis en outre sûr que, pour beaucoup qui ne lisent qu’en diagonale ou se contentent (souvent) de reprendre ce qu’a dit l’autre, si leur rétine a lu "qui ne sont rien", leur cerveau a dû enregistrer "qui ne font rien". Réaction pavlovienne immédiate du défenseur de la mémoire ouvrière, du modèle-sozial-fwançais, des acquis-de-36-45, de, de… Enfin bref…

Pourtant, pour moi, penser qu’ils ne sont rien, c’est pire que penser qu’ils ne font rien…

Mais ce n’est pas tout. Comme il parlait de gare, j’ai cru d’abord qu’il avait dit ça à Rennes lors de l’inauguration de la nouvelle gare TGV. Là, outre sa suite et ses gardes, il était entouré d’une foule d’employés de la SNCF, braves garçons et braves filles qui s’étaient escagassés depuis des jours pour pouvoir l’accueillir dans un livre d’images. Qu’ils soient salariés syndiqués de la SNCF ou précaires de sous-traitants payés avec des élastiques (l’usager les confond), on ne peut pas dire qu’ils ont réussi au sens macronien. Mais ils ne sont pas rien

Non. Ce n’est pas devant ce genre de public qu’il a dit cette phrase. C’est à l’inauguration de la Station F.
Je n’ai nulle part trouvé noir sur blanc le substantif ou l’adjectif ou le nom propre dont ce F est l’initiale. Je présume que c’est une façon très marketing de suggérer Station France, nom à l’évidence trop réducteur. F, au moins, reste ouvert sur le monde, sur 2022 Odyssée de l’espace… Et puis Station ! Le vieille halle Freyssinet était après-tout un bâtiment ferroviaire. Passez donc par chez nous mettre votre poussin sur les rails pour continuer ensuite votre voyage vers des horizons lointains. Que c’est beau ! Station… comme un arrêt de bus… Station F, donc. Euh… F comme Facebook… Ou plutôt F comme Free peut-être ?

Ultra moderne et novatrice pour l’époque, connectée à la gare d’Austerlitz, la halle Freyssinet a été bâtie en 1929 pour répondre aux besoins du trafic de fret. Elle était laissée à l’abandon par le SERNAM depuis dix ans. Dans le cadre de l’opération de ZAC rive-gauche, la Ville de Paris l’a rachetée à la SNCF en 2013 pour un prix que je n’ai pas trouvé (en usant de son droit de préemption) et revendue dans l’heure à… Xavier Niel (Free, le Monde…) que l’on ne présente plus…
Et notre Xavier Niel offre donc à la France (hum) la Station F destinée à être le plus grand incubateur numérique du monde pour des start-up et des entreprises innovantes… Cool !

C’est donc lors de l’inauguration de la Station F que le Cyborg-président a prononcé la phrase si vivement contestée. L’ambiance s’y prêtait évidemment mieux. Là, en effet, il n’avait pas devant lui un public de cheminots et d’élus locaux mal dégrossis comme à Rennes. C’était le monde des start-ups, des geeks de haute volée, des trentenaires aux cerveaux affutés. Bref, aucun auditeur entre les petits fours n’imaginait côtoyer là un voisin qui ne soit rien…

Macron, soyez-en sûr, se pense incubateur en chef du devenir radieux de la France ce pays l’Europe, enfin de toussa

Ah oui ! Ajouté à l’effet que m’a fait la contemplation de son portrait officiel, sa fonction impérial d’Incubator me fait penser à l’Incube. Oui, l’incube, la version mâle du succube (qui en est la version femelle même si le mot est masculin, n’ergotons pas) Dans les mythologies antiques, l’incube était un démon prenant l’apparence d’un homme pour posséder virilement une femme (ou tout aussi bien un homme, zétaient déjà modernes) et étouffait souvent sa proie jusqu’à ce que mort s’en suive…

Euh… Je n’ai pas dit que le Cyborg est un incube, hein. Mais je me méfie quand-même…


lundi 24 août 2015

Catapulte ou crème de soin ?



Republication d’été [1]

Je m’en serais voulu de ne pas vous faire profiter de cette page de publicité. Destinée au marché américain, elle a été retirée sitôt diffusée. Comme vous vous en doutez, elle était de nature à nauséabondement scandaliser les populations aux âmes sensibles (brandir la tête de Louis XVI, ça peut aller ; mais là ! C’est pire qu’un lancer de nain pour hydrater la peau !)


Scandaliser les dites populations, c’est à dire tout le monde hormis vous et moi (semble-t-il…) Et ce n’est pas vous et moi qui comptons sur ce marché. Nous n’avons pas la gueule de l’emploi pour incarner la cible marketing visée par cette campagne de pub. On s’en fout d’autant plus que nous nous honorons par ailleurs d’être suffisamment la cible de bien d’autres choses…
 
Bon, revenons-en à cette pub. Le premier connard de blogueur amerloque et leucoderme venu l’ayant immédiatement qualifiée de raciste, la chose fit un buzz suffisant pour qu’elle soit retirée sur-le-champ avec excuses et tout et tout par le donneur d’ordre habitué à passer la pommade…

Et pourtant ! Le choix de la photo et le choc des mots sont riches d’enseignements sur le fouillis et la bouillie contradictoire qui meublent le cerveau des communicants concepteurs de la bête… Connexions neuronales beaucoup plus complexes que chez leurs confrères grassement payés pour la récente campagne Hadopi…

Tout d’abord, placez-vous dans le contexte : Cette page de pub était destinée à paraître dans la revue Esquire, un must du magazine pour hommes friqués qui se la jouent élite (culturelle, financière, avant-garde de la mode masculine et tout et tout…)
Le mannequin apte à susciter le désir mimétique ? Vous l’avez sous les yeux…
Désormais, on est dans l’Obama way of life. Fini le black power ( ?), Exit les black panthers… Donc, l’afro-rasta, c’est has been, ringard, dépassé et on s’en débarrasse ; dans les poubelles de l’Histoire, loin, loin. Notez la notion d’infini (indéfini ?) suggérée par la perspective en fuite du mobilier urbain sur un parking. Là, on est dans du contemporain qui parle (et ne dit rien) Il fut un temps où le lointain aurait été suggéré par un horizon marin ou la ligne bleue des Vosges. Mais l’horizon marin aurait pu inspirer au consommateur la notion d’inconnu, donc source d’inquiétude, ou alors d’aventure, quête de l’Eldorado, etc., donc source de perturbation pour la cohésion sociale. Pire encore ! La ligne bleue des Vosges pourrait faire craindre l’heure de Vérité… Alors que le parking débouchant sur rien ! Image parfaite de la tranquillité rassurante du marquage au sol sans aucun recours à des concepts clivants… Bien vu, les mecs ! On sent qu’ils ont bossé sur le dossier !

Mais sous le communicant formaté, sous l’homo boboïdus ripoliné, ressort toujours inconsciemment un peu de la bête territoriale, agressive et mal embouchée, donc des dérapages involontaires. Enfin, quand je dis dérapages, c’est aux yeux de moderneud qui se fourvoie comme d’habitude. En effet, cette pub n’est absolument pas raciste :

La violence barbare de l’image n’a rien de raciste. Elle met en scène un homme tout à fait comme il faut, élégant, propre sur lui, du genre que beaucoup voudraient pour gendre ; civilisé quoi ! Et que fait-il ? Jette-t-il les restes de dégâts collatéraux d’un affrontement inter-ethnique ? Non. Intra-ethnique, peut-être, donc rien de raciste. Le gus et sa boule de bowling improvisée pourraient être de teinte blanche, jaune ou verte, ce serait pareil.
- Oui, M’sieur, mais les affreux communicants de Nivea laissent implicitement entendre que seuls les blacks se livreraient à des horreurs pareilles…
- Où ça ? Rien ne le laisse entendre dans cette pub. C’est à vous que ça vient à l’esprit. Modernoeud, mon pauvre ami, vous ne le saviez pas et je vous l’apprends : Vous êtes raciste !
Et puis, de toute façon, l’image n’est que le symbole d’un désir inné commun à toute l’espèce humaine ! C’est Freud qui l’a dit (génuflexion SVP…) : Le besoin de tuer le père

Et puis, surtout, surtout, il y a la légende ! L’injonction ! Ordre indicatif, impératif : Re-civilisez-vous ! L’horreur raciste eut-été d’écrire : Civilisez-vous ! Signe d’un mépris racialiste absolu. Non.
Re-civilisez-vous signifie bien que le sujet mélanodermé était civilisé, et qu’il l’est toujours, quoique accidentellement et momentanément détourné de sa vrai nature par quelque Malcom X légitimement perturbé par les humiliations subies. Se re-civiliser, c’est à n’en pas douter, grâce à une lecture attentive d’Esquire couplée à une consommation raisonnable de crème Nivea, retrouver ses propres fondamentaux et l’âge d’or des très riches heures de la civilisation du Monomotapa trop longtemps négligée…

D’ailleurs, l’élégance du geste de lancer de tête n’est-il pas l’illustration de l’éternel retour aux pratiques naturelles tant espérées par les écologistes ? Renoncement aux méthodes chimiques pour la fumure des terres et l’élevage des asticots ? Surtout, surtout, illustration du retour à de saines pratiques dédaignant tous ces progrès inutiles de la science et des techniques en général et l’invention de la catapulte en particulier…

Nivea est dans son rôle : Leader mondial de l’effacement des rides, il œuvre pour notre sérénité en cosmétiquant le réel

[1] : 1° publication août 2011

vendredi 24 octobre 2014

Le mémoriel sert à tout…



- Pendant que Valls inaugure la FIENTE FIAC en compagnie de Zahia Dehar (زاهيه ديهار), call-girl Algérienne de 22 ans et de nationalité fwançaise, devenue une VIP incontournable pour tout l’établissement qui bave devant elle au triple motif de sa carrosserie, de ses origines et de sa réussite récente comme créatrice de lingerie… (je précise pour instructionner les ploucs…),
- Pendant que le Pédalonaute repose négligemment sur le coin de son bureau, dans la corbeille "réponses à voir", le banal courrier de Bruxelles qu’il s’est bien gardé de nous montrer,  
- Pendant que je-ne-sais-trop-qui expressément mandaté par la France essaie de convaincre Junker de reporter de quelques jours l’installation de la Commission en prétextant… la Toussaint chômée ! Cela pour éviter au PS de perdre un siège au parlement (l’Europe entière se tord de rire),
- Pendant que le gouvernement promet à trois radsoc dévalués l’euthanasie pour tous et pour toujours en échange de 2,95% de la représentation nationale pour les deux ans à venir (ou moins),

Pendant toussa, donc, les dossiers avancent et le rythme des réformes s’accélère.  

La preuve : Christiane Taubira a très officiellement annoncé qu’elle allait présenter un amendement au projet de loi de finances pour 2015. Un truc qui va passer sans problème puisque, pour une fois, il ne vise pas à déglinguer un peu plus la réponse pénale et ne mange pas (trop) de pain :

De quoi s’agit-il ? – De reconnaître "le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève subi par les mineurs lors du grand mouvement de l'automne… 1948." Il s’agit de "réparer l'injustice" commise durant les grandes grèves de 1948 à 1952 marquées par de très violents heurts avec les forces de l'ordre. Près de 3 000 d’entre eux avaient été licenciés et des centaines poursuivis en justice, certains condamnés à des peines de prison ferme [sous la houlette de gouvernements Socialo-Radsoc - NDLR].

Bien sûr, le projet d’amendement prévoit le versement d'allocations réparatrices dont le montant sera fixé par l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs. Comme il n’y aurait plus aujourd’hui qu’une trentaine de mineurs et ayants droit pouvant en bénéficier, ça va passer comme lettre à la poste, le compassionnel, le mémoriel et l’inculture historique aidant…

Mais ce n’est pas tout. Le mémoriel et le commémorationnel sont des armes à tirer dans les coins qui ne sont jamais neutres : Taubira entend aussi perpétuer la mémoire de ces évènements. Elle souhaite que "les programmes scolaires et de recherche en histoire et en sciences humaines accordent désormais aux grandes grèves de 1948 et 1952 la place qu'elles méritent."…

Or de quoi s’agit-il vraiment ? L’instrumentalisation à coup d’émotionnel et de compassionnel du sort fait alors individuellement à un tas de pauvres types encadrés et manipulés par les gros bras des syndicats ne vise qu’à élever au rang des mythes fondateurs positifs ces grands mouvements de grève insurrectionnelle. Ayant nécessité le recours à l’armée et le rappel de réservistes, ces troubles de haut niveau d’intensité étaient déclenchés et orchestrés par le Parti Communiste sur ordre expresse donné par Moscou à Jacques Duclos lors du virage stratégique pris par le Kominform en 1948. Avec des répliques jusqu’en 1952, quasiment donc jusqu’à la mort de Staline (février 53)…

C’est ça qui va venir remplir les têtes blondes (ou non) pour remplacer Louis XIV et Napoléon III, Poitiers et Valmy, Pasteur et Jules Ferry. C’est vrai que le Monomotapa n’y suffira pas…