"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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mardi 28 juin 2016

Game of Loi-travail, la suite…



Feuilleton français, coproduction Martinez & Je-sais-pas-qui.
Saison on-sait-plus-trop ; Episode n° 11 sur … ?

Résumé :

Cazevide est revenu à de meilleurs sentiments : Nous en étions restés au 10° épisode sur son caca nerveux ayant contraint les personnages de la série à tourner en rond autour du canal St-Martin ; une sauterie débile de la Bastille à la Bastille… Tournez manège !  Et encore… Même pas la possibilité pour nos petits sauvageons d’attraper le Mickey au plafond d’un abribus ! Rendez-vous compte, on n’avait jamais fait ça ! De la Bastille à la Bastille… Et la Nation, hein ? Elle était où la Nation ? Autant se contenter d’aller boire une bière au Falstaff ! D’ailleurs, l’audience de l’épisode s’en était ressentie…

Cazevide est donc revenu à de meilleurs sentiments pour ne pas chagriner la prod. Nous avons donc droit aujourd’hui à un 11° épisode revenu aux fondamentaux classiques. Au moins on va d’ici à là et il y a des sanisettes sur le parcours. De la Bastille à la place d’Italie. A peine trois kilomètres bien plats. Un parcours bien étriqué, certes, mais qui va ravir le jeune premier de la distribution – Martinez, vous le savez. Oui qui va le ravir. Il ne le dira pas puisque ce n’est pas dans son texte mais, in petto, je peux vous dire en exclusivité qu’il en est ravi. Bien sûr, vous ne lirez pas ça dans la presse people (le Monde, Libé, etc.) mais sachez-le : Il est ravi de ce format croupion car la masse des figurants dont il a besoin autour de lui pour être commence à fatiguer. Parce-que, hein, le gros de ses groupies est depuis un bail principalement constitué de retraités d’emplois sédentaires de nos grandes institutions que le monde nous envie. Ils s’étiolent et les sauvageons cagoulés n’en sont que plus visibles. C’est contrariant car ça fait désordre et lasse les spectateurs assis dans leurs fauteuils devant la télé. Et cela malgré tous les efforts déployés par les cadreurs et les preneurs de son du plateau…
Bref ; Cazevide a fait un effort particulier pour que l’épisode ne soit pas interdit aux moins de dix ans : Six ou sept stations de métro sont fermées. Surtout, les accessoiristes ont enlevé les bancs et les vitres des abribus pour que personne ne se blesse. Montage et démontage au tarif horaire syndical, ce sera tout bénef’ pour les employés municipaux de la ville de Paris qui pourront manifester entre les deux pour ne pas laisser Martinez trop seul devant la caméra.

Bon. Après maintenant 2h30’ de diffusion, les acteurs répertoriés au générique sont arrivés au terme du déplacement horizontal qui leur était assigné par le scénario de l’épisode. Je rends donc maintenant l’antenne sans attendre les éventuels sinon probables bonus régulièrement offerts en marge des épisodes de la série. Habituellement suivis par divers communiqués condamnant avec fermeté des débordements qui ne seront plus tolérés,  ces incidents en marge ont en effet un côté répétitif qui étonne tant se prolonge quand-même la diffusion de ce feuilleton.

D’ailleurs, ceux qui en suivent passionnément les épisodes ont quasiment oublié le fil rouge initial de l’intrigue. Sans doute, comme dans bien d’autres fictions, attendent-ils qu’il y ait enfin un mort et que ça relance l’intérêt de la série par une nouvelle saison axée sur la recherche du meurtrier…   
Cet épisode n° 11 est sensée nous montrer la fougueuse résistance des héros  contre la mafia sénatoriale qui vient de remplir le coffre du trésor magique d’un tas de vilaines choses dangereuses. Et on sait déjà que le 12° épisode sera consacré à la lutte des mêmes héros contre la mafia du Palais Bourbon qui va faire l’opération inverse en vidant le coffre de l’essentiel des méchancetés qu’on vient d’y remettre. Allez comprendre ! D’autant plus qu’on sait déjà que c’est cette dernière mafia qui aura le dernier mot et rendra aux héros le coffre du Trésor qui leur revient, à peu près dans l’état qui était le sien quand un méchant (Macron, je crois me souvenir) le leur avait volé.

Il paraît que les scénaristes sont sûrs qu’ils tiendront la distance jusqu’à l’automne. Et même cinq ans de plus…


lundi 20 juin 2016

Soyez statiques ! (s’il vous plaît…)



La Préfecture de Police de Paris a demandé ce matin aux syndicats d’avoir l’amabilité de revoir leur copie suite à leur énième dépôt de déclaration de manifestation pour le jeudi 28 juin avec cortège de la Bastille à la Nation comme d’hab’.

Rappelons que conformément au décret-loi du 23 octobre 1935, ce type de déclaration précise notamment le but de la manifestation, la date, l’heure et, le cas échéant, l’itinéraire. Et l’article 3 du décret-loi stipule clairement : " Si l’autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l’ordre public, elle l’interdit par un arrêté qu’elle notifie immédiatement aux signataires de la déclaration."
- Sachant les troubles à l’ordre publique et l’ampleur des dégâts matériels (vandalisme gratuit voire pillages) occasionnées depuis des mois par les manifestations ayant le même objet organisées par les mêmes.
- Sachant que le chef suprême présumé que nous avons (et-faut-faire-avec) a martialement averti qu’il "n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation des biens et des personnes ne pouvait être garantie"…
- Sachant que Manu-la-mâchoire a estimé hier que les organisateurs "devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements"…
- Sachant que nous sommes sous "état d’urgence" avec moult bâtons merdeux au feu…

Et ben, dans sa grande sagesse, la préfecture ne se prononce pas, pour l’heure, quant à une éventuelle interdiction : "- Pour le moment, on en est à demander un rassemblement statique. Il va y avoir des contacts entre les syndicats et avec nous la Préfecture. La suite en dépendra."…

Vous noterez donc que, dans la situation actuelle (expérience de toutes les manifs précédentes + terrorisme + euro2016 + état d’urgence…), jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, dans la bouche des responsables de l’ordre public, le mot interdiction comme le verbe interdire sont aussi tabou que Islam

Seule arrive laborieusement à sortir l’idée de, éventuellement, ne plus autoriser.  Ne pas autoriser, hein, ce n’est pas interdire. Comme ça, si les organisateurs se passent d’autorisation, ils ne passent pas outre une interdiction ; l’autorité de l’Etat en sera moins bafouée, cépapareil. Ah ! Si Martinez avait la gentillesse de faire le boulot, ils annuleraient eux-mêmes ! 

Bref, on leur demande de remplacer le défilé traditionnel par un rassemblement statique. Ça c’est génial comme astuce :
- D’abord, c’est ce qu’on avait imposé à la Manif Pour Tous en mars 2013. Demander aimablement aux syndicats la même chose que ce qu’on imposait à l’hydre catho-facho-obscurantiste montre bien l’importance qu’on accorde à l’ordre public.
- Ensuite (ne l’ébruitez pas), la déclaration préalable ayant bien été reçue dans les formes, par écrit, dans les délais impartis et à date certaine, sachant que, selon le décret-loi, l’éventuelle interdiction doit être notifiée immédiatement, tout est sous contrôle : On ne nous reprochera jamais d’avoir pris le temps de tenter de négocier. Et s’il prend à l’hystérique de Matignon l’idée loufoque d’interdire, à première demande des syndicats le tribunal administratif annulera pour excès de pouvoir l’arrêté pris hors délai…

Tout baigne. Restons statiques pour que demain soit comme aujourd’hui…

samedi 28 mai 2016

Les tas d’urgences…



Non, pas l’Etat d’urgence ! D’ailleurs, un Etat d’urgence où c’est que tout est permis et sans couvre-feu ; où c’est que les "les trois sommations légales" se font au porte-voix et pas à balles réelles histoire de montrer qu’on rigole pas ; on c’est qu’on ne veut peut pas coller une munition de Famas dans le buffet de pillards incendiaires cagoulés qui vous allument avec des "armes létales par destination", c’est quoi, hein ? Un état de décence psychédélique peint en fond de décor d’un théâtre amateur d’une MJC subventionnée ? Un état d’urgence sanitaire ? Mais je m’égare...

Les tas d’urgences, disais-je. Vous les connaissez toutes : Le chômage, les freins à l’emploi, la compétitivité, les déficits, l’avenir des retraites, la démographie, la sécurité publique, etc. Et, surtout, l’urgence toujours reportée de désigner enfin l'ennemi principal, celui qui constitue la menace la plus concrète et immédiate pour notre existence même… Ben non, vous vous trompez. Toussa cépagrave et peut attendre.
L’important, ce n’est pas le changement, c’est seulement le maintenant. La seule chose qui compte, c’est de faire en sorte que demain soit comme aujourd’hui. Après, on verra ; plus tard.
Certes, il est légitime que la commission de défense de l’Assemblée Nationale et la DGSI s’alarment que, sous prétexte du terrorisme islamiste, on ait réduit les moyens affectés à la surveillance de "l’ultra-droite" ! C’est vrai que c’est inquiétant… 
Mais l’important, c’est l’agenda :
- du 6 juin (+ou-) au 6 juillet : Ramadan (avec un tas de visites à prévoir et éventuels attentats padamalgam)  
- du 10 juin au 10 juillet : Euro 2016
- Vers le 14 juin (pas avant) : Vote du Sénat sur la loi travail (pas de 49.3 au Sénat…)
- du 3 au 24 juillet : Tour de France
- le 6 juillet : Premiers grands départs en vacances (début des vacances scolaires)
- mi-juillet : vote définitif de la loi travail par l’Assemblée (avec ou sans 49.3…)
- 14 juillet : défilé, etc. (impératif que le Pédalonaute ait alors de quoi causer et confirmer que ça-va-mieux…)

D’ici-là, faudra bien que ça se calme, qu’on ait de l’essence, toussa. Et aussi que CRS et gendarmes mobiles soient sortis de l’hosto et n’aient plus à être au four et au moulin…
Bien sûr, les dépôts de carburant actuellement en stock sont libérés. Mais les processus industriels étant ce qu’ils sont, qu’il s’agisse des raffineries ou des centrales nucléaires, le redémarrage d’une unité à l’arrêt met huit jours pour être productive. Et les ports d’importation de brut sont bloqués…
Et ni la  CGT ni le gouvernement ne peuvent se permettre de céder…

Pourtant, ne vous inquiétez pas ; ça va s’arranger. Oui, ça va s’arranger car le Pédalonaute ne peut pas se permettre de voir foirer tout l’agenda. On va donc trouver une solution pour que ni lui ni Martinez ne perdent la gueule. La sortie de crise est déjà dans les tuyaux et ce sera une formidable arnaque qui va entuber tout le monde à commencer par les salariés… mais que le patronat des grands groupes va adorer :

Bien entendu, ça va consister à réécrire l’article 2 de la loi, dans une formulation qui va satisfaire les apparatchiks syndicaux sans pour autant "inverser la hiérarchie des normes" : Si une commission paritaire de branche professionnelle juge que l’accord d’entreprise comporte un risque de dumping social ou de concurrence déloyale, les syndicats pourront appeler les délégués syndicaux concernés à ne pas signer, sauf à  se voir retirer leurs mandats. C’est ce que suggère le rapporteur de la loi, appuyé par le président du groupe PS à l’Assemblée…
Prenons l’exemple de la branche Travail Temporaire, oh combien créatrice d’emplois. Elle se compose de trois ou quatre gros groupes et d’une foultitude de petites entreprises. De fait, seuls les gros disposent des crédits d’heures permettant d’envoyer des délégués, tant patronaux que syndicaux, dans les commissions de branche.
On garderait donc le principe de la primauté de l’accord d’entreprise. Mais ce dernier se trouverait alors soumis à la censure préalable de la branche professionnelle en plaçant les salariés signataires mandatés par la base sous la tutelle hiérarchique de leur centrale syndicale ! Dans l’exemple ci-dessus, cela revient à donner à l’oligopole des gros un pouvoir de fait sur le droit applicable chez leurs concurrents plus petits qui tentent de leur tailler des croupières !
Bref, cette loi dite Travail avait d’ores et déjà été vidée de sa substance mais tout n’est pas perdu. Cette nouvelle tentative désespérée (et peut-être vaine) pour isoler la CGT pourrait contribuer, non pas à inverser la courbe du chômage, mais à renverser de fait la jurisprudence qui réprime (semble-t-il, ne nous avançons pas) les cartels et les ententes…

Mais pour l’instant, on n’est toujours pas rendus…