Dimanche dernier, un
photographe de l’AFP prénommé Issouf
a flashé sur ce soldat de nos forces
spéciales qui, comme tous, se protégeait à ce moment-là du sable soulevé
par un hélico en train de se poser. Lui ne
posait pas. Il n'y a aucune mise en scène dans cette image. Mais
il se protégeait avec un foulard… Un foulard qui lui appartient. Un foulard d’un
genre fréquent chez les biker (peut-être l’est-il au civil, c’est son droit). Peut-être
est-ce un cadeau d’un proche auquel il tient ; peut-être était-ce faute de
mieux, l’intendance ayant oublié de le doter d’un modèle règlementaire…
La photo a fait un buzz sur le net, sur twitter et dans la
presse de révérence… Lisons Le Monde :
"Cette
photo a suscité l'émoi lundi sur les réseaux sociaux."
Bien sûr, le torchon a sollicité l’avis d’un "expert",
directeur de recherche je ne sais où :
Cette tête de mort fait notamment penser
aux pirates, avec un côté "s'en fout la mort". Le pirate, c'était
l'ennemi du genre humain. (…) Ce militaire a reproduit un
symbole inscrit dans l'inconscient collectif qui veut dire : "je suis
l'exterminateur, je n'ai peur de rien".
Cette image
est dérangeante. Ce masque pose un problème de
communication militaire et politique. Nos soldats sont censés mener une
opération propre et légale contre des criminels. Intervenant avec l'accord de
l'ONU, ils sont censés être impeccable.
Mais en jouant les histrions
tragiques, ce soldat fournit des arguments à la propagande adverse. Il
donne l'impression que nos soldats pourraient être du côté des bandes de
voyous. Cette image pourrait être exploitée par la propagande djihadiste qui
pourrait y voir "les croisés au service de la mort". On
peut dire qu'il y a un dérapage dans le symbolique…"
Gnagna,
gnagna, etc.
Et oualà :
"C'est un comportement qui n'est pas acceptable", a déclaré au
point de presse de lundi le colonel porte-parole de l'état-major… Ce militaire
de terrain a commis une gaffe… Mais
pas (encore) de crime de guerre…
Et oualà :
Une enquête va être diligentée et cet homme qui risque sa peau à chaque minute
pour faire le job risque d’être sanctionné…
Bernard Lugan sur Boulevard
Voltaire descend en flamme le journalope auteur du cliché. Il a tort, il se
trompe de cible. Ce journalope a fait le job pour lequel il est payé :
Avoir le bon reflex au bon moment et au bon endroit pour cadrer, appuyer sur
le bouton et rapporter du pittoresque.
Bien sûr, jamais un Jean Lartéguy, un Pierre Schoendorffer ou un Yves Débay
n’auraient envoyé un tel cliché (il n’appartenait pas
au photographe de décider ou non de le publier…) Car non seulement ceux-là
étaient cultivés, mais ils vivaient
en osmose avec les combattants et avaient de la jugeote. Issouf, lui, on ne lui a rien appris, ni à l’école, ni au collège,
ni au lycée, ni dans sa formation professionnelle, ni dans la Vie… Il a fait le
job ; et bien...
Les connards, ce sont
les larves des salles de rédaction, le cul carré dans leurs fauteuils, qui
jonglent et arbitrent, un œil sur la ligne rédactionnelle, l’autre sur l’audience, les couilles au chaud dans le mainstream politiquement correct et la
main masturbant leur petit outil pour en faire gicler le plus qu’ils peuvent de
sensationnel.
Les connards, ce sont aussi
tous les petits répétiteurs de merde déjà quasiment morts qui ne peuvent plus
réagir qu’aux stimuli suggérés par l’image, chaque image renvoyant leurs
cerveaux malades à telle ou telle autre image symbolique des HLPSDNH… J’y
reviendrai.
Les connards, ce sont aussi, hélas, les huiles galonnées de la hiérarchie militaire...