"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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mercredi 23 janvier 2013

Elle est pas belle ma photo ?



Dimanche dernier, un photographe de l’AFP prénommé Issouf a flashé sur ce soldat de nos forces spéciales qui, comme tous, se protégeait à ce moment-là du sable soulevé par un hélico en train de se poser. Lui ne posait pas. Il n'y a aucune mise en scène dans cette image. Mais il se protégeait avec un foulard… Un foulard qui lui appartient. Un foulard d’un genre fréquent chez les biker (peut-être l’est-il au civil, c’est son droit). Peut-être est-ce un cadeau d’un proche auquel il tient ; peut-être était-ce faute de mieux, l’intendance ayant oublié de le doter d’un modèle règlementaire…

La photo a fait un buzz sur le net, sur twitter et dans la presse de révérence… Lisons Le Monde :   
"Cette photo a suscité l'émoi lundi sur les réseaux sociaux."
Bien sûr, le torchon a sollicité l’avis d’un "expert", directeur de recherche je ne sais où :
Cette tête de mort fait notamment penser aux pirates, avec un côté "s'en fout la mort". Le pirate, c'était l'ennemi du genre humain. (…) Ce militaire a reproduit un symbole inscrit dans l'inconscient collectif qui veut dire : "je suis l'exterminateur, je n'ai peur de rien".
Cette image est dérangeante. Ce masque pose un problème de communication militaire et politique. Nos soldats sont censés mener une opération propre et légale contre des criminels. Intervenant avec l'accord de l'ONU, ils sont censés être impeccable.
Mais en jouant les histrions tragiques, ce soldat fournit des arguments à la propagande adverse. Il donne l'impression que nos soldats pourraient être du côté des bandes de voyous. Cette image pourrait être exploitée par la propagande djihadiste qui pourrait y voir "les croisés au service de la mort". On peut dire qu'il y a un dérapage dans le symbolique…"

Gnagna, gnagna, etc.

Et oualà : "C'est un comportement qui n'est pas acceptable", a déclaré au point de presse de lundi le colonel porte-parole de l'état-major… Ce militaire de terrain a commis une gaffe… Mais pas (encore) de crime de guerre…
Et oualà : Une enquête va être diligentée et cet homme qui risque sa peau à chaque minute pour faire le job risque d’être sanctionné…

Bernard Lugan sur Boulevard Voltaire descend en flamme le journalope auteur du cliché. Il a tort, il se trompe de cible. Ce journalope a fait le job pour lequel il est payé : Avoir le bon reflex au bon moment et au bon endroit pour cadrer, appuyer sur le bouton et rapporter du pittoresque. Bien sûr, jamais un Jean Lartéguy, un Pierre Schoendorffer ou un Yves Débay n’auraient envoyé un tel cliché (il n’appartenait pas au photographe de décider ou non de le publier) Car non seulement ceux-là étaient cultivés, mais ils vivaient en osmose avec les combattants et avaient de la jugeote. Issouf, lui, on ne lui a rien appris, ni à l’école, ni au collège, ni au lycée, ni dans sa formation professionnelle, ni dans la Vie… Il a fait le job ; et bien...
Les connards, ce sont les larves des salles de rédaction, le cul carré dans leurs fauteuils, qui jonglent et arbitrent, un œil sur la ligne rédactionnelle, l’autre sur l’audience, les couilles au chaud dans le mainstream politiquement correct et la main masturbant leur petit outil pour en faire gicler le plus qu’ils peuvent de sensationnel.
Les connards, ce sont aussi tous les petits répétiteurs de merde déjà quasiment morts qui ne peuvent plus réagir qu’aux stimuli suggérés par l’image, chaque image renvoyant leurs cerveaux malades à telle ou telle autre image symbolique des HLPSDNH… J’y reviendrai. 
Les connards, ce sont aussi, hélas, les huiles galonnées de la hiérarchie militaire...     

Bd Voltaire : ici et

vendredi 18 janvier 2013

Mort d’un vrai journaliste.



On n’en fera pas une pendule ou une armoire normande dans les merdias. Yves Debay est parti hier, à 58 ans, continuer sa vie autrement, abattu par un sniper à Alep en Syrie.

Les rebelles islamistes ont mis en ligne la photo de son cadavre. "- C’est pas nous, c’est le régime qui a fait ça !" Ouais… A voir…

Ce Belge né au Congo avait pris la nationalité française. Baroudeur, ancien soldat belge puis combattant dans des forces euh… spéciales contre des guérillas en Rhodésie puis en Afrique du Sud, il s’était depuis 28 ans recyclé comme journaliste. Il avait "couvert" la guerre du Liban, les deux du Golfe, celles de la Yougoslavie et, bien sûr, l’Afghanistan.     
Journaliste rebelle opérant parfois de façon non officielle, il a été plusieurs fois emprisonné par les protagonistes des conflits qu'il couvrait, parfois de manière musclée.
Il avait créé il y a 7 ans le magazine spécialisé Assaut.

Lucide, il avait ce courage physique sans lequel le courage tout court ne suffit pas toujours pour tenir au pied du mur. Je me souviens que c’est de l’avoir lu qui m’avait décidé de ressortir il y a un peu plus d’un an l’essentiel de ce billet que j’avais supprimé dix mois auparavant après m’être fait virtuellement flinguer tout azimut... Le seul billet qu’il me soit arrivé de retirer sous la pression et ça m’étais resté sur l’estomac… A l’occasion, relisez donc son papier sur l’aventure de Ghesquière et Taponier…

Merci pour tout, Yves Debay.