Ad majorem Dei gloriam (sans oublier le Salut du Monde…)
Pour marquer ce jour saint (et oublier un peu mes billets de la semaine), j’ai décidé de vous présenter mon tableau préféré : "La vocation de St Matthieu" du Caravage qui orne la chapelle Contarelli en l’église San Luigi dei Francesi à Rome. [ " - Suis-Moi ! " - Mt 9,9 ]

Jésus et Pierre, eux, sont vêtus comme des galiléens du 1° siècle et pieds nus (en quelque sorte ils sont "hors du temps"…) L’attitude de Jésus incarne toute l’autorité du Christ et sa main tendue vers Matthieu rappelle celle de Dieu tendue vers Adam au plafond de la Sixtine. L’attitude de Pierre est nettement plus hésitante (même si le coq n’a pas encore chanté…) Sa main aussi appelle, mais avec plus de retenue. J’aime à penser qu’il laisse au Patron le soin de recruter son futur collègue de la bande des douze et que, "visant moins haut", son geste apostolique s’adresse plutôt au petit jeune. Mais sans doute n’y a-t-il pas mis assez de conviction…
Quant à Matthieu ("- Moi ? "), son visage, son regard et son geste manifestent ce mélange confus de surprise, d’étonnement, d’incompréhension et d’inquiétude déjà éprouvé par nombre de prophètes de l’Ancien Testament. Matthieu est ici l’expression de la pleine et prosaïque humanité confrontée à l’appel de la transcendance…
Et puis, il y a cette lumière qui vient éclairer les personnages, c’est à dire les hommes (tous, qu’ils soient de "bonne volonté" ou non…) Et cette lumière ne vient pas du Verbe Incarné mais de derrière Lui, d’au-dessus de Lui et on ne peut en voir la source... Enfin, (détail ?) il y a cette fenêtre, simple accessoire meublant du vide supérieur du tableau, mais dont la croisée banale rappelle que toute cette histoire doit faire un détour par le Golgotha…

Merci Plouc, pour tout : le tableau et votre commentaire.
RépondreSupprimerBonne fête de la Pentecôte à vous et aux vôtres.