"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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mardi 16 septembre 2014

Minus quelque chose et autre anecdote…



J’apprends que "l’ONU se déploie à Bangui"… Doucement… Oui. Les premiers convois de casques bleus ont enfin débarqué pour, dit-on, se substituer dans ce bordel à l’armée française et aux troupes africaine de la Misca. Pour l’instant, ils prennent leurs quartiers… Pourquoi vous causer de ça ? Parce que ça s’appelle la "Minusca". C’est important les acronymes pour s’y retrouver. La Minusca, c’est, accrochez-vous :
"La Mission Intégrée Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique"…

Ce nom, forgé par la résolution deux-mille-je-ne-sais-plus-combien du Machin, m’a mis en joie : Rendez-vous compte ! "Intégrée" et "Multidimensionnelle" à la fois, cette "force" a pour raison d’être annoncée de "mettre fin à l’anarchie qui règne dans ce pays livré aux groupes armés"… Et pour ce faire, son titre même lui assigne une seule mission résumée en un mot : "Stabilisation" !
C’est-à-dire faire en sorte que la situation se stabilise. Autrement dit agir pour geler les positions, pour qu’elles se coagulent, comme le sang… Suffit que ça ne coule plus… C’est exemplaire de cette volonté des ventres pleins qui veulent toujours éviter de traiter les situations de guerre autrement que comme de simples opérations de police. Et il n’y a qu’une explication à ça : le refus absolu de reconnaître la réalité de l’ennemi

Ce qui me ramène à mon billet précédent. Un lecteur me disait hier soir hors-blog qu’il trouvait excessive "l’addiction" de Carl Schmitt et de Julien Freund à la notion fondamentale de l’ennemi. Cela m’a donné l’envie de vous infliger ici une anecdote rapportée par Pierre-André Taguieff dans son ouvrage sur Julien Freund :

En 1965, Freund soutenait sa thèse de doctorat à la Sorbonne. Outre Raymond Aron, il y avait dans le jury Jean Hyppolite, grand spécialiste de Hegel, Collège de France, directeur de le rue d’Ulm, toussa. Bref, un de ces guignols comme on en fait plus hélas toujours…
Au cours de l’entretien de soutenance, Hyppolite dit carrément à Freund :
"- Sur la question de la catégorie de l'ami-ennemi, si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu'à aller cultiver mon jardin." 
Freund répliqua :
"- (…) vous pensez que c'est vous qui désignez l'ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d'ennemis, nous n'en aurons pas, raisonnez-vous. Or c'est l'ennemi qui vous désigne. Et s'il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d'amitiés. Du moment qu'il veut que vous soyez son ennemi, vous l'êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin."
Ce à quoi Hyppolite fit cette réponse d’une sublime hauteur universitaire :
"- Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à me suicider."

Selon P.-A. Taguieff, Raymond Aron aurait alors dit à Hyppolite :
"- Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales."

mardi 25 février 2014

Centrafrique et balle au centre…



Parlons un peu de la République Centrafricaine…. Résumons d’abord en quelques lignes en quoi consiste ce bidule où nos soldats paient au tarif de leur vie une opération d’ingérence sans doute stratégiquement et géopolitiquement initialement justifiée mais totalement dévoyée par la connerie humanitaro-bisounoursienne.

Arbitrairement établi dans les limites administratives de l’ancien Oubangui-Chari du temps béni des colonies, la république de Centrafrique, comme son nom l’indique, est un non-pays qu’on n’a pas su appeler autrement. Déjà, pour désigner ce territoire improbable dont les contours doivent plus aux arrangements diplomatiques avec les Anglais après Fachoda qu’aux réalités géographiques, en prenant l’Oubangui qui charrie les chiens crevés vers le fleuve Congo au sud et le Chari qui fait idem des chèvres crevées vers le lac Tchad au nord, les administrateurs coloniaux ne se sont pas plus fatigués que les barbiches de 1871 pour nommer le département biscornu de Meurthe-et-Moselle hérité de Sedan…

- La Centrafrique, donc. Après avoir subi de 1903 à 1959 le supplice de 55 ans de joug colonial, ce pays territoire a  enfin pu jouir de son indépendance chèrement acquise retrouvée et profiter des charmes qu’offrent les coups d’Etat à répétition et les guerres civiles récurrentes. Quoique rustique, la méthode d’alternance de la gouvernance est toujours gagnante : prise ou dépose du pouvoir avec souvent l’aide de l’armée française. Ou, surtout depuis que la Françafrique n’a plus bonne presse, avec l’aide de mercenaires étrangers, souvent Tchadiens ou Congolais, que l’on rémunère à moindre frais en les laissant se servir grassement sur la bête, nourriture, bétail, femmes et petits garçons compris… A ce jour, au terme de 54 années d’indépendance, on notera que sur la douzaine de chefs d’Etat s’étant succédée, c’est un capitaine mégalomane auto-promu Empereur qui a tenu le plus longtemps (14 ans)
On retiendra surtout que le système local d’élection reste résolument stable sans souffrir les fréquentes révisions constitutionnelles qui sont notre lot. Quelque part, c’est rassurant… En effet, quelle que soit la tendance de l’élu, la victoire revient toujours à celui qui bénéficie du plus grand nombre de machettes. Il est vrai que le résultat aurait pu être différent en comptant des bulletins, mais ce n’est somme-toute qu’une manière démocratiquement différente de dégager une majorité. Il faut savoir respecter les diversités culturelles…
Il est vrai que, de nos jours, la férocité du progrès technique ayant avantageusement remplacé les machettes par les kalachnikovs, le coût logistique qu’implique l’acquisition et l’approvisionnement des bulletins en consommables n’est plus ce qu’il était au temps des sagaies. Les campagnes électorales nécessitent donc de plus en plus l’intervention de financements extérieurs. Comme quoi le progrès ne satisfait pas toujours les espoirs que l’on a pu mettre en lui. Mais je m’égare…

- La Centrafrique, donc. Dans un pays où l’Etat, quasi virtuel, ne maîtrise rien, sévit une guerre civile d’intensité variable mais quasi permanente depuis 2004. Elle oppose Boizizé porté au pouvoir par un coup d’Etat appuyé par la France et Djotodja appuyé par des soutiens extérieurs (Soudan, etc.)  Pour tenter de stabiliser la région, l’ONU et les pays d’Afrique centrale ont déployé sous les doux noms de MINURCAT, FOMAC, MICOPAX, MISCA, diverses "forces de paix" exclusivement constituées de détachements afwicains. Ce qui permet de se donner bonne conscience mais ne sert à rien. Sans vraie valeur militaire, les armées afwicaines sont en générale formatées dans un seul but : le maintien musclé de l’ordre intérieur au profit du pouvoir en place en vivant sur l’habitant. On pourrait donc les penser plutôt adaptées à l’objectif. C’est oublier que les pays fournissant les contingents se foutent en général éperdument de l’objectif. Outre le fait de se montrer responsables et coopératifs avec les instances internationales, c’est pour eux l’occasion d’envoyer leurs troupes s’entraîner et parfaire leur formation sans les faire supporter par leurs propres populations et, surtout, le temps de la mission, de faire payer leurs soldes, équipements, intendance, carburant et munitions par les budgets de l’ONU et autres machins…
Ça me rappelle l’escorte que Kadhafi m’avait aimablement fournie il y a une quinzaine d’année pour traverser le Fezzan. Plutôt que de laisser ces appelés faisant leur service militaire traîner leur désœuvrement dans une caserne, autant les occuper un peu en les faisant nourrir et payer pendant dix jours par mes dollars…
Mais je m’égare encore…   

Donc, Djotodja prend le dessus, vire Boizizé et s’installe à Bangui avec ses soutiens de la Seleka. Et comme le veut l’usage confirmé par la jurisprudence depuis l’Indépendance, la Seleka commence accélère la mise en coupe réglée de la population. Traduction diplomatique : La guerre civile s’intensifie. Traduisons plutôt (pour qu’il y ait guerre il faut être deux) : Les massacres de populations abandonnées par tous s’intensifient sans perspective d’autres limites que leur éventuelle extinction…
Fort d’avoir "vécu le plus beau jour de sa vie" au Mali, François II Pédalonaute envoie en CDD un "corps expéditionnaire" pour s’interposer. Sauf qu’au Mali, on n’allait pas pour s’interposer mais pour éliminer… Peut-être plus encore que dans d’autres pays afwicains, dans un merdier comme la Centrafrique il faut savoir choisir son camp ! Sinon l’indigène de comprends pas ce qu’on fait là et on se met tout le monde à dos.

Résumons : Dans un pays territoire peuplé de 80% de chrétiens et 15% de musulmans, les hommes de la Seleka, (musulmans et souvent mercenaires venant de l’étranger) se sont livrés à la chasse aux chrétiens avec souvent la complicité passive des musulmans locaux. Des milliers de morts en quelques semaines ont évidemment suscité l’apparition spontanée, dispersée et peu armée de milices chrétiennes d’auto-défense, les anti-Balaka. Arrivés après la bataille (après le plus gros des massacres), les Français ont évidemment commencé par vouloir désarmer les criminels de la Seleka, subsidiairement transformés en interlocuteurs légitimes et entrepris de favoriser la mise en place d’une autorité fantoche d’un pouvoir de transition et de consensus
Qu’attendait-on ? Evidemment, la haine compréhensible accumulée par l’écrasante majorité de la population contre la Seleka s’est traduite par un désir immédiat de vengeance. L’occasion est trop belle d’assouvir ce ressentiment atavique contre cette Seleka, incarnation génétiquement avérée des colonnes infernales islamiques qui, il n’y a guère plus d’un siècle, venaient là razzier ses esclaves pour la traite orientale. La chasse est donc ouverte contre les tueurs et tortionnaires de la Seleka avec son lot inévitable d’excès et d’exactions commises par des miliciens anti-Balaka de la dernière heure contre le premier musulman leur tombant sous la main.
On oublie vite les femmes pas seulement tondues chez nous à la Libération…    

Résultat, la France est accusée d'avoir exclusivement désarmé les milices de l'ex-rébellion Seleka. "Ce désarmement à géométrie variable a livré les populations à la vindicte des milices chrétiennes anti-balaka" La pétoche d’être considérés comme faisant le jeu des 80% de chrétiens agressés contre les pauvres 15% de musulmans a modifié la doctrine initiale professée par Paris et le général commandant nos forces sur place l’a dit très officiellement à Bangui :
"Ceux qui se disent 'anti-balaka' sont devenus les principaux ennemis de la paix en Centrafrique, ce sont eux qui stigmatisent les communautés"

Les ONG s’y mettent et j’ai entendu ce matin sur Fwance-Cul’ commencer à parler d’épuration ethnique en attendant qu’on parle de génocide et de crime contre l’humanité perpétrés par les chrétiens de Centrafrique contre leur minorité musulmane !

Excellent travail de notre gouvernement laïc… 

dimanche 15 décembre 2013

Il est passé à côté et n’y a vu que du feu…



Je ne sais pas si cette news du Parisien dans son édition dominicale est vérifiée, ni si elle sera officiellement démentie*. En tout cas, elle est farpaîtement à l’image de ces trois semestres écoulés  et - souhaitons-le - de ce quinquennat  (je dis souhaitons-le car le cap maintenu présage du pire…) :

"Hollande est peut-être passé à côté d'un drame... mais n'y a vu que du feu" écrit Le Parisien ci-devant libéré. Lors de sa visite éclair à Bangui mardi dernier, plusieurs dizaines "d'ex-rebelles" de la Séléka ont fait irruption sur le tarmac de l'aéroport alors que notre pédalonaute était en pleine discussion avec le "président" centrafricain Michel Djotodia, dans "le pavillon présidentiel" à quelques pas de là…
Sept véhicules de la Séléka "armés jusqu'aux dents" " ont pris position devant le Falcon de la République française. Au terme d’un face à face tendu, il a fallu une négociation entre les militaires français et un "général" Soudanais (sic) de la Séléka pour que ses hommes vident les lieux. Bien obligé de confirmer, l’envoyé spécial de France 2 a "relativisé la portée de l’incident"…

Notre armée, son professionnalisme et ses procédures de sécurité ne sont pas en cause dans cet "incident". La seule question qui se pose en ce qui concerne nos hommes, c’est "- Que foutent-ils là ?" Nos hommes dont deux avaient été tués la veille, très probablement justement par la Séléka…

- Sachant que la mission assignée est de rester neutre entre les parties en présence. C’est-à-dire entre, d’une part, la Séléka, des pillards et massacreurs en bonne partie étrangers ayant placé une potiche à eux à la tête de ce non-Etat et, d’autre part, 80% de la population, désemparée et abandonnée qui s’essaie à l’autodéfense et profite de la présence française pour tenter de se venger des exactions et atrocités subies…
- Sachant que le "président" centrafricain a été placé sur son fauteuil par la Séléka à qui il doit tout et connaissant les manières afwicaines, on a eu là un bel exemple de tentative d’intimidation. Certes avortée grâce à nos cadres militaires sur le terrain, mais tentative tout de même qui aurait pu dégénérer ; ces trucs-là, au moment où ça commence on ne sait jamais comment ça finira… J’écrivais mardi dernier : "Sauf incohérence diplomatique (une de plus) Hollande ne devrait donc pas rencontrer son homologue local (…) il n’y va donc que pour s’incliner devant les photographes deux premiers cercueils de nos soldats tombés là-bas sans qu’on ose nous dire vraiment contre qui on se bat."

Ben non. Aller là-bas était une ardente obligation un caprice de plan com’ émotionnel décidé au débotté pour rentabiliser deux cercueils sous drapeaux tricolores et/ou récupérer 1’15’’ d’antenne sur Nelson au 20 heures. On verra bien…

Cet "incident" m’a fait penser à deux choses. Tout d’abord à ce que j’écrivais dès le 26 mai 2012 après la pantomime du voyage à Bruxelles en train : Incompétence, irresponsabilité et naïveté patentes à peine revenu en troisième semaine de mandat (ici). Ensuite, aux mesures de sécurité et d’éloignement du peuple lors des déplacements présidentiels et ministériels en province. On se méfie plus des Français que des exotiques à machettes…

Il est passé à côté et n’y a vu que du feu…

Un exemple de plus à ajouter au bricolage et à l’amateurisme pédalonautique. Le pire, c’est que le François Georges Nicolas Hollande (1.54.08.76.540.XXX - XX) n’est sûrement pas le pire de la bande quand on mesure l’incompétence, le cynisme et la vanité de son entourage. "- Que foutent-ils là ?" Faut tous les euthanasier (paraît qu’ils sont d’accord…)  

*Ah oui ! "Le président français François Hollande n'a "absolument pas" été en danger mardi soir, lors de sa rencontre à l'aéroport de Bangui avec le président de transition centrafricain, qui était normalement accompagné de sa garde présidentielle, composée de membres de l'ex-Séléka, a affirmé dimanche le ministère de la Défense."