"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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lundi 19 mai 2014

Frankenstein le retour…



P’tain ! Imaginez la bête se relevant, la tronche (temporairement) de traviole, d’une "conversation" de 75 minutes, pas moins, passée le cou tordu dans une parfaite immobilité et une totale… lucidité. Parce qu’en plus il fallait que je bosse ! Ben oui : serrer la louche d’un mec, prouver que je connaissais mes tables de multiplication, etc. Bref, prouver "en live" que je n’étais pas en train de virer légume en faisant un AVC…
Toussa, la bête étant tranchée dans la viande de sous l’oreille jusqu’à la clavicule… Conversation, disais-je, car l’homme de l’art était flanqué d’une assistante dont l’indispensabilité ne peut être mise en doute tant il a supporté son babil… La gonzesse, dont je n’ai même pas pu entrevoir la tronche, n’a pas arrêté de bavasser tout le temps. Lui, penché sur mes entrailles, répondait plus elliptiquement, reformulant parfois, ou par onomatopées… La tchatche n’avait rien à voir avec le job en cours mais concernait manifestement une autre personne du sérail et j’étais trop dans le pâté pour suivre et en profiter… Très peu de blancs dans la conversation durant plus d’une heure… Plus tard, dans la salle de réveil, quand l’anesthésiste est venu me demander comment je me sentais, je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser la question d’une voix pâteuse : "- L’autre, jamais elle met sur off ?" Je n’ai pas eu de réponse…  
Bref, je ne sais pas si j’ai 34 ou 35 agrafes dans le cou. C’est si serré que l’interne n’était pas sûr du compte quand on a refait le pansement…

Frankenstein donc. Après, il faut trouver comment passer le temps. Comme d’hab’ dans ces cas-là, on prévoit de la lecture et la télé.

Pour ce qui est de la lecture, outre Causeur et Spectacle du Monde reçus la veille de l’hospitalisation, j’avais apporté En territoire ennemi de l’ami Goux, un lit médicalisé me semblant une opportunité pour passer de ce qui fut à ce qui advint… Puis, le débranchement de câblages des divers périphériques connectés à la bête aidant, je me suis aventuré jusqu’à la salle d’attente du service où traînent toujours de vieilles revues. Et là, entre un Gala et un Têtu, je suis tombé sur deux vieux exemplaires de France Dimanche ! Sachant vivre dangereusement, je n’ai pas hésité à me plonger dans la lecture de ce canard d’une haute tenue. Découvrir, notamment, les proses de Pierre-Marie Elstir et de Didier Balbec a été pour moi une révélation. On ne vantera jamais assez l’exceptionnelle plasticité stylistique de l’écriture de bâtiment

Et puis il y a la télé qui m’a coûté 5,10 € par jour de location. Pas con, je ne l’ai prise qu’une fois vraiment sorti du cake, histoire de meubler les trois derniers jours dont le ouiquende. Heureusement pour moi, un de mes fils est descendu de Paris samedi après-midi jusqu’au dimanche soir pour me tenir compagnie (et faire son rapport au Clan…), parce que sinon, je crois que j’aurais pété un anévrisme devant la télé…
En effet, que ce soit sur les chaînes dites d’info en continu ou aux journaux des chaînes généralistes, les news distillées durant tout le week-end aux acurabas n’ont portées, exclusivement et jusqu’à saturation, que sur deux sujets majeurs, incontournables, essentiels et répétés en boucle : le suspens du retour de Kerviel en Fwance et la projection dans une salle de quartier de Cannes du film alimentaire Welcome to New-York où Depardieu se naufrage pour exister encore…   

A part ça, ça va…