"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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samedi 14 avril 2018

Stupidité et irresponsabilité…


Si la France n’est pas encore tout à fait "à la ramasse", à force d’être "à la remorque" de "l’Etat profond" US motorisé par Davos, Soros et Cie, elle y va tout droit. On le craignait et depuis hier c’est fait : Macron nous a fourré dans la seringue sans nous demander notre avis. On ne pourra donc en sortir que par l’aiguille, courte giclée de fines gouttelettes dispersées par le vent... C’est physique, There Is No Alternative !  

Nous avons donc roulé les mécaniques et claqué un paquet de fric pour "figurer" auprès de nos "alliés" en tirant 12 des 107 missiles balancés hier sur la Syrie. Des "frappes circonscrites" qu’il a dit Le Drian. Comme un dessin humoristique le faisait dire l’an dernier à Poutine : "- On ne gagne pas une guerre avec de petites frappes…" Mais je m’égare.

Je ne rigole pas. La bêtise, le suivisme et l’absence de prospective sont toujours les maître-mots du néant de notre politique étrangère. Et je tiens à relayer ci-après (très légèrement contracté) le billet publié ce matin par Jacques Sapir :
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« Stupidité ; c’est le mot qui semble le plus approprié pour décrire la frappe par missiles de croisière sur la Syrie à laquelle se sont livrés dans la nuit de vendredi à samedi trois pays, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et – hélas – la France. Cette frappe n’a eu, semble-t-il, que des effets très limités. Les gouvernements syrien et russe n’annoncent aucune victime. Ainsi, “selon des informations préliminaires, aucune victime [n’est à déplorer] au sein de la population civile ou de l’armée syrienne“, a déclaré un porte-parole de l’armée russe. Il est clair que cette frappe ne changera pas un iota dans la politique de Bachar-el-Assad.

Stupidité tactique

Relevons tout d’abord que, dans ses objectifs, cette frappe semble avoir été très limitée. On ne parle que d’un centre "clandestin" d’armes chimiques (ou supposées telles) et de deux lieux de fabrication. Les installations directement militaires, et où se trouvent de nombreux soldats russes, semblent avoir été soigneusement évitées. Les derniers contacts entre Macron et Vladimir Poutine semblent avoir eu pour but de confirmer aux russes qu’ils ne seraient pas visés. Cela démontre un effet de dissuasion certain de la présence russe face aux Etats-Unis et à leurs alliés. Cet effet sera certainement noté par différents observateurs et par des pays qui sont susceptibles de devenir des cibles de la puissance des Etats-Unis.
Il faut ensuite revenir sur le chiffre – hypothétique – de 71 missiles abattus sur 103. La défense anti-aérienne russe n’est pas entrée en action, car les troupes russes n’étaient pas susceptibles d’être visées. Ce chiffre est extrêmement élevé, et ce même s’il devait être réduit à une quarantaine de missiles, par rapport aux capacités des systèmes de DCA dont l’armée syrienne est équipée. Ces systèmes sont des armes achetées du temps de l’Union soviétique, ou qui en sont largement dérivées. S on peut raisonnablement penser qu’elles ont été modernisées dans le cadre d’accords avec la Russie, cela reste insuffisant pour expliquer cette forte proportion d’interceptions et de destructions, chose dont l’armée Syrienne n’avait pas été capable jusque-là. Il est possible que les troupes russes, qui disposent de systèmes de détection et de désignation de cibles sophistiqués en Syrie, aient transmises des informations à la DCA syrienne lui permettant d’intervenir avec une efficacité étonnante à priori. Cela expliquerait le nombre important d’engins détruits.
Ces engins, que Donald Trump décrivait dans un tweet comme "beaux et intelligents", coûtent chers. Un missile britannique de type Storm Shadow est estimé à 800 000£. Si, pour faire exploser sur des cibles 32 missiles on doit en perdre 71, autrement dit si le taux de réussite n’est que de 31%, on s’interroge sur la capacité de pays comme les Etats-Unis et leurs alliés à mener une campagne de désarmement (comme celle menée contre l’Irak en 2003). Pour qu’une telle campagne soit efficace, il faut compter plusieurs centaines de missiles atteignant leurs cibles (de 400 à 1200 suivant la complexité du système de défense du pays). Cela reviendrait à tirer de 1300 à 4000 missiles, dans le cas d’une défense qui n’est clairement pas à la pointe du progrès, soit une dépense de 1,6 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars. On le comprend aisément, l’efficacité supposée de la DCA syrienne remet en question le modèle économique des frappes aériennes, modèle qui celui sur lequel les Etats-Unis vivent depuis la "guerre du Golfe" en 1991. Ils auraient fait par cette frappe, aidés par la Grande-Bretagne et par la France, la démonstration que leur modèle d’action militaire est ainsi périmé. S’ils croyaient rétablir à leur profit une forme de dissuasion, c’est évidemment raté ! Les trois pays ont en réalité affaibli leurs positions sur la question de la Syrie, et c’est une évidente stupidité.

Stupidité stratégique

Mais, les conséquences de cette frappe vont naturellement plus loin. Jean-Luc Mélenchon a ainsi twitté : “Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français” (…) C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable“. Et c’est là l’aspect peut être principal. Une frappe militaire est un acte de guerre. Cet acte doit être encadré par le droit international ou alors cela signifie que la loi du plus fort et la seule valide. Aujourd’hui, les preuves de la réalité d’une attaque chimique et de la responsabilité du régime de Bachar-el-Assad n’ont pas été fournies. Compte tenu du lourd passif de mensonges et de manipulations des dirigeants des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, nul ne peut être cru sur parole.
En décidant de commettre cette frappe de manière unilatérale et sans mandat, les dirigeants des trois pays concernés, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France ont fait la démonstration du peu de cas qu’ils font du droit international et des Nations-Unies. Cela ne peut que renforcer toute une série de pays dans leur résolution à se doter de l’arme nucléaire afin de se préserver d’actions de cette nature. En d’autres termes, Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron viennent de confirmer que la prolifération nucléaire est, pour certains pays, un choix logique et inévitable. Or, il convient de préciser que, outre les puissances nucléaires "légales", sont déjà en possession de l’arme nucléaire Israël (avec de 200 à 250 têtes), l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Cette frappe va donc conforter non seulement les dirigeants de ces pays dans leurs choix mais aussi persuader d’autres, et l’on pense à l’Iran, à l’Arabie Saoudite, mais aussi à l’Algérie, à la Turquie, et à un certain nombre de pays d’Asie qu’ils doivent imiter les pays "proliférateurs". Ne pas se rendre compte de cela est bien faire preuve d’une incroyable stupidité stratégique.
La frappe décidée par Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron ne rendra pas le monde plus sûr ni plus juste. C’est en réalité tout le contraire. Elle accroit les risques d’instabilités internationales et plonge un peu plus le monde dans le chaos. Ce n’est plus simplement de la stupidité stratégique, mais de l’irresponsabilité crasse.

Cette frappe a été décidée pour des raisons sans doute différentes et divergentes par les trois dirigeants qui en portent la responsabilité. Les Etats-Unis pourraient bien considérer qu’il s’agit d’une "salve d’adieu" et se décider à abandonner le terrain Syrien. La Grande-Bretagne alors suivra. La France, elle, se retrouvera dans une situation plus que délicate, s’étant compromise avec les Etats-Unis, ayant perdu ce qui faisait sa crédibilité et son honneur sur la place internationale, en particulier la défense des principes du droit international et de la souveraineté des Etats. Très clairement, la France est le pays qui a, et de loin, le plus à perdre dans cette affaire.
Qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas compris est bien la preuve qu’il n’entend rien à la politique étrangère et qu’il se révèle inapte à sa fonction, tout comme l’avait été son prédécesseur, François Hollande. »

Jacques Sapir
14 avril 2018
Publié sur son blog "Russeurope en exil", hébergé par "Les Crises" depuis qu’il a été censuré par la plateforme hypoteses.org

mercredi 16 août 2017

Virilité régalienne…



Information et Transparence :

Propagande & culte de la personnalité :
 Devoir de vacance(s) : Rédigez pour chacune des paires de photos ci-dessus, en trois lignes maxi, les légendes que vous jugerez les plus appropriées pour obtenir un CDI à Paris-Match.
Vous avez xx minutes. Je ramasserai les copies…

mercredi 12 octobre 2016

Poutine ne viendra pas prendre le thé…



La France, paraît-il, serait re-devenue la 5° puissance mondiale. Je ne sais plus où j’ai lu ça ; de toute façon sous la plume d’un média sérieux. Mais on s’en fout.

Imaginez De Gaulle, ou bien Churchill, Thatcher, Reagan… ou Mitterrand, Merkel… et encore, ne mégotons pas, Sarko ou ce rad-soc amorti de Chirac ; et bien d’autres encore…
Imaginez-les disais-je, se rendant es-qualité sur le plateau télé d’une émission de divertissement devant les acurabas sirotant leur bière pour confier ses états d’âme à un Monsieur Loyal du PAF ou à une spikerine montée en graine :
"- Faut-il que je reçoive Untel ou pas ? J’hésite… "

Le chef d’Etat de la présumée 5° puissance mondiale ayant à son agenda la visite chez lui de celui de la probable 3° puissance mondiale hésite devant ce tête à tête annoncé. Les "sujets qui fâchent" sont nombreux entre eux. Et il est vrai que plus approchait la date de cette rencontre, plus le n° 5, grimpé sur ses petits ergots à la barre de sa pédalomobile, avait multiplié les moulinets de bras tançant l’autre avec fermeté.
L’entretien s’annonçait donc, euh… glacial et, pour lui, sans autre retombée que de s’en prendre plein la gueule… On comprend ses hésitations et il y a là matière à peser le pour et le contre en conseil restreint dans le secret des cabinets. C’est là qu’on réalise la force de caractère et l’esprit de décision du type : Il est allé faire part de ses hésitations sur la question à ses concitoyens sur un plateau de divertissement ; j’allais dire dans une émission de variétés ! C’était beau.
Et, ne vous leurrez pas ; c’était voulu, pensé, réfléchi. Et il a obtenu ce qu’il voulait :
- Il n’a pas eu à décider ; c’est l’autre qui a tranché pour lui. Et c’est sa stratégie de gouvernement depuis le début : Laisser les autres décider et les évènements s’imposer au fil de l’eau afin qu’il n’ait plus qu’à s’adapter à la situation comme ça vient, l’essentiel de son job se limitant alors à la commenter à son avantage avec l’aide de ses communicants.

Mais la diplomatie ne consiste pas à dialoguer uniquement avec ses amis : sa raison d’être est de parler avec tous ceux qui comptent.

Que reste-t-il de cette pantalonnade ?

- Le communiqué du Kremlin annonçant le report de la visite à une date à définir laisse clairement entendre que l’Ours est tout disposé à rencontrer le Président français lorsque ce sera utile, c’est-à-dire lorsque celui-ci saura ce qu’il veut
- Et au point où nous en sommes, compte tenu des problèmes sérieux qui se posent ici et là, ce serait une perte de temps. Autant attendre que la France ait un autre Président…
- Comme l’écrivait La Croix, un chef d’Etat ne se pose pas en public ce genre de questions façon Hamlet ; ça l’expose au risque d’une réponse condescendante. 
- S’il en était encore besoin, la preuve est faite que l’Elysée, sa diplomatie et son gouvernement jouent (mal) aux Dames pendant que le Kremlin joue aux Echecs…
- Et que, sur l’échiquier mondial, quel que soit encore son poids économique, par effet de gravitation irrésistible le poids d’influence de la 5° puissance mondiale rétrograde vers ce qu’on appelait autrefois avec condescendance les pays sous-développés ; sans parler des républiques bananières…   

Mais l’essentiel est sauf : ce n’est pas lui qui a annulé, c’est Poutine. Et il saura commenter ça en défenseur acharné de douâdlhom, ultime transcendance.