"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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mercredi 9 novembre 2016

Dans le château de Barbe-bleue.



- Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

- Je vous la route qui poudroie
   d’où Hillary apparaîtra.
Je suis Charlie, t’inquiète pas.

- Sœur Anne, pourquoi n’as-tu rien vu venir ?

- Rien n’est "normal", je comprends pas !

Et voilà Barbe-Rouge…

Bon. Restons sérieux. L’hypothèque de la fauconne de l’unilatéralisme impérial du moralisme américain étant levé, on va devoir faire avec un imprévisible qui ne l’est pas sur un point essentiel : Il va pleinement assumer qu’il est là pour défendre les intérêts bestialement prosaïques du peuple américain ; point-barre.
Les choses seront donc plus claires. Et le fait que les soi-disant dirigeants européens se soient tant investis en parole contre lui devrait les faire se calmer et permettre enfin de dire et agir en fonction du réel. Et le réel, c’est que les intérêts de l’Europe – sur tous les plans – ne sont pas ceux des Etats-Unis…

Ceci-dit, sur un plan diplomatique, on a bonne mine. Je ne m’étendrai pas sur l’info de RTL affirmant que l’Elysée n’avait préparé qu’une lettre de félicitation à l’intention de dame Clinton. Rien de plus normal dans le monde irénique du château pédaloïde. Il y en a un qui fera des heures sup’ pour pondre un télégramme de condoléance au peuple américain.  

Non, ce que j’ai retenu, c’est le grand savoir-faire professionnel de notre ambassadeur à Washington. Gérard Araud, donc. Nommé à ce poste en 2014, diplomate au CV impressionnant, polytechnicien, énarque, toussa, et homosexuel assumé as usual, c’est en catastrophe que notre Gérard a dû supprimer cette nuit de son compte un de ses tweets n’étant… euh, plus de saison…   

Dans le cadre d’une campagne électorale un peu… "chaude" où l’on fait feu de tout bois mais parfaitement démocratique (et qui est de toute façon une "affaire intérieure"), qu’un candidat défenseur du 2° amendement de la Constitution (le port d’arme) et susceptible de l’emporter, profite du drame du Bataclan pour touïtter :
« N'est-il pas intéressant que la tragédie de Paris ait eu lieu dans l'un des pays où le contrôle des armes à feu est des plus dur au monde ? », il n’y a pas vraiment de quoi en faire une pendule…

Eh bien, s’agissant d’un diplomate incarnant la voix de la France aux USA et, surtout, en responsabilité professionnelle de maintenir le contact et la possibilité de se parler entre nos deux pays, notre ambassadeur s’était dépêché de réagir en traitant Trump de vautour répugnant…

Après la Lybie, la Syrie, le Donbass et compagnie, avec une telle diplomatie on n’a pas besoin d’ennemis.

Mais bon. Je vais quand-même ouvrir une bonne bouteille. 


mercredi 12 octobre 2016

Poutine ne viendra pas prendre le thé…



La France, paraît-il, serait re-devenue la 5° puissance mondiale. Je ne sais plus où j’ai lu ça ; de toute façon sous la plume d’un média sérieux. Mais on s’en fout.

Imaginez De Gaulle, ou bien Churchill, Thatcher, Reagan… ou Mitterrand, Merkel… et encore, ne mégotons pas, Sarko ou ce rad-soc amorti de Chirac ; et bien d’autres encore…
Imaginez-les disais-je, se rendant es-qualité sur le plateau télé d’une émission de divertissement devant les acurabas sirotant leur bière pour confier ses états d’âme à un Monsieur Loyal du PAF ou à une spikerine montée en graine :
"- Faut-il que je reçoive Untel ou pas ? J’hésite… "

Le chef d’Etat de la présumée 5° puissance mondiale ayant à son agenda la visite chez lui de celui de la probable 3° puissance mondiale hésite devant ce tête à tête annoncé. Les "sujets qui fâchent" sont nombreux entre eux. Et il est vrai que plus approchait la date de cette rencontre, plus le n° 5, grimpé sur ses petits ergots à la barre de sa pédalomobile, avait multiplié les moulinets de bras tançant l’autre avec fermeté.
L’entretien s’annonçait donc, euh… glacial et, pour lui, sans autre retombée que de s’en prendre plein la gueule… On comprend ses hésitations et il y a là matière à peser le pour et le contre en conseil restreint dans le secret des cabinets. C’est là qu’on réalise la force de caractère et l’esprit de décision du type : Il est allé faire part de ses hésitations sur la question à ses concitoyens sur un plateau de divertissement ; j’allais dire dans une émission de variétés ! C’était beau.
Et, ne vous leurrez pas ; c’était voulu, pensé, réfléchi. Et il a obtenu ce qu’il voulait :
- Il n’a pas eu à décider ; c’est l’autre qui a tranché pour lui. Et c’est sa stratégie de gouvernement depuis le début : Laisser les autres décider et les évènements s’imposer au fil de l’eau afin qu’il n’ait plus qu’à s’adapter à la situation comme ça vient, l’essentiel de son job se limitant alors à la commenter à son avantage avec l’aide de ses communicants.

Mais la diplomatie ne consiste pas à dialoguer uniquement avec ses amis : sa raison d’être est de parler avec tous ceux qui comptent.

Que reste-t-il de cette pantalonnade ?

- Le communiqué du Kremlin annonçant le report de la visite à une date à définir laisse clairement entendre que l’Ours est tout disposé à rencontrer le Président français lorsque ce sera utile, c’est-à-dire lorsque celui-ci saura ce qu’il veut…
- Et au point où nous en sommes, compte tenu des problèmes sérieux qui se posent ici et là, ce serait une perte de temps. Autant attendre que la France ait un autre Président…
- Comme l’écrivait La Croix, un chef d’Etat ne se pose pas en public ce genre de questions façon Hamlet ; ça l’expose au risque d’une réponse condescendante. 
- S’il en était encore besoin, la preuve est faite que l’Elysée, sa diplomatie et son gouvernement jouent (mal) aux Dames pendant que le Kremlin joue aux Echecs…
- Et que, sur l’échiquier mondial, quel que soit encore son poids économique, par effet de gravitation irrésistible le poids d’influence de la 5° puissance mondiale rétrograde vers ce qu’on appelait autrefois avec condescendance les pays sous-développés ; sans parler des républiques bananières…   

Mais l’essentiel est sauf : ce n’est pas lui qui a annulé, c’est Poutine. Et il saura commenter ça en défenseur acharné de douâdlhom, ultime transcendance.