Le Rwanda. Je n’y connais rien. En 1994, je n’ai suivi que d’une oreille
distraite les infos qu’on voulait bien nous donner sur ce qui se passait
là-bas, qui plus est chez des tout-noirs grands amateurs de guerres civiles et
de machettes. Un peu comme l’acuraba commentant France-Soir accoudé au zinc du
café du commerce, quel est mon avis non autorisé sur ce bordel ?
Rappel de l’histoire
- Il y a eu un génocide particulièrement atroce avec, concentré sur moins
de quatre mois, un "rendement" journalier et un ratio final du nombre
de massacrés / population totale concernée très supérieurs à la productivité
horaire d’Adolf et même de Iossif Djougachvili.
- Dans le cadre de la guerre civile récurrente du lieu, la France, bonne
fille, était militairement sur place, (de façon très localisée) avec, comme les forces de l’ONU, l’ordre de "rester neutre entre les
factions locales". Et nos gars ont semble-t-il fait ce qu’ils ont pu quand ils ont réalisé la nature de ce qui se
passait autour d’eux.
- En 2006, à Paris, le juge traitant le cas de l’équipage français victime de
l’attentat contre l’avion présidentiel rwandais (fait déclencheur des tueries) lance
des mandats d'arrêt contre des proches du président Kagame soupçonnés d’être
derrière tout ça. Aussi sec, le Rwanda rompt ses relations diplomatiques,
expulse notre ambassadeur, etc. Depuis lors, Kagame excite sa population contre
la France qu’il accuse d’avoir été complice actif des massacres.
- En 2009, Paris et Kigali "renouent", sans
doute tant les sous français sont bienvenus… Mais sans que la thèse officielle
rwandaise ait changée d’un iota. Subsidiairement, il est symbolique que le
rétablissement de nos relations bilatérales soit intervenu le jour même où ce
pays francophone adhérait au… Commonwealth.
Pourquoi vous en causer aujourd’hui ?
Figurez-vous que débutent ces jours-ci au Rwanda les
manifestations commémoratives du 20° anniversaire du génocide. Et que le
président Kagame en a remis une sacré couche sur le thème "La France a
pris part aux massacres et doit se repentir"…
Accessoirement, sachez que notre Pédalonaute a eu l’occasion
d’accueillir Kagamé et de s’entretenir avec lui mercredi dernier lors du mini-sommet
de Bruxelles sur la Centrafrique. Et depuis, Kagamé en rajoute encore ; accusant
la France d’avoir eu un "rôle
direct dans la préparation du génocide" et d’avoir "participé à son
exécution" (interview dans
Jeune Afrique publié aujourd’hui-même) Il
a dû voir à Bruxelles à qui il avait affaire…
Où en est-on ?
1°- Il était prévu
que Christiane Taubira représenterait la Fwance aux cérémonies.
2°- Vu l’ambiance,
il est décidé que Taubira n’ira pas.
3°- La ministre
rwandaise des Affaires étrangères déclare que la France doit "regarder en
face son rôle dans le génocide" et estime "injustifiée" la
décision d'annuler sa participation aux cérémonies.
4°- Le quai
d'Orsay a annoncé ce soir… qu’il n’avait "jamais été question d'un boycott
des cérémonies" et que "notre ambassadeur sera présent à la cérémonie
présidée par Paul Kagame"…
Un haut fonctionnaire représentant la France et la République que le monde
nous envie, va donc devoir, n’en doutons pas, faire bonne figure en écoutant le
discours du potentat local stigmatisant la France à tour de bras, lui baiser
protocolairement le soulier, être peut-être le centre d’une danse du scalp,
conspué par la foule, et toussa devant
toutes les télés du monde…
C’est quoi cette façon de se vautrer devant ce satrape cirage qui n’a pas d’autre
fonds de commerce que tirer trois sous des couillons de BRC (Blancs Repentants
Compulsifs) ?
Putain ! Mais moi j’aurais tout simplement rappelé l’ambassadeur à
Paris et conservé un silence méprisant. Point barre. De toute façon, ce n’est
pas le Rwanda, sans doute déjà mis en coupe réglée par les Anglo-saxons ou les
Chinois, qui va nous acheter des Airbus…
C’est quoi ce gouvernement de lopettes ?