"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

dimanche 16 juillet 2017

Le petit chef…



Quand ça branle dans le manche, quand la "chaîne hiérarchique" prend du mou et que le "petit personnel" râle en sourdine contre "la direction", ça n’est bon ni pour le rendement, ni pour la qualité des prestations, ni pour les résultats commerciaux Et ça se vérifie partout et à toutes les époques, quelle que soit l’activité et la taille de la boîte. J’ai connu ça…

Le cyborg-Président a publiquement et sèchement "recadré" le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées. Le chef de l'Etat a en effet reproché au général (en Macron dans le texte) d'avoir mis "de façon indigne" une polémique budgétaire "sur la place publique" et l'a rappelé au "sens du devoir et de la réserve". Notez bien le vocabulaire utilisé. Lisant ça dans la presse ou oyant ça dans le poste, l’acuraba couillon de base a pu s’imaginer que notre général-en-chef-maxi-étoilé s’est assis sur le devoir de réserve comme sur l’absolue discipline requise des militaire en s’épanchant devant des journalistes sur ses états d’âme. Cépabien. Rien du tout ! Le général s’est exprimé devant les députés de la commission de Défense du Parlement qui l’avait expressément convoqué pour l’auditionner. Interrogé sur son sentiment quant à la question des moyens octroyés à l’Armée, c’est certes avec un vocabulaire d’une virilité toute militaire que Pierre de Villiers a répondu aux élus de la Nation. Il s’exprimait devant le pouvoir législatif à la demande de celui-ci ; pouvoir législatif indépendant et constitutionnellement plus souverain que le pouvoir exécutif ! Son devoir de militaire, c’est-à-dire de plus-que-fonctionnaire, était de répondre en vérité aux représentants du peuple (même si, perso, j’en juge beaucoup sans légitimité…) Et cela quoi qu’il en coûte (à l’instar d’un certain général ancien patron de la Gendarmerie…) Certains diront que ce n’était que sa vérité, mais c’était bien la sienne que la représentation nationale voulait entendre dans le cadre de ses travaux…

Sentant monter la bronca, chef suprême des armées, le cyborg-Président ne pouvait laisser passer ça. D’autant moins que ce sont ses propres revirements qui étaient la cause exclusive des critiques formulées par son chef d’état-major : Ayant promis la sanctuarisation des budgets de défense déjà exsangues et leur relèvement, en pleine guerre menée sur trente-six fronts extérieurs comme… à l’intérieur, au bout d’à peine un mois, d’un trait de plume sur un coin de table, il supprime 870 millions d’euros pour pouvoir recapitaliser Areva, réduire de moitié la recette fiscale tirée de l’ISF, etc. Le budget de la défense reste donc, (avec et avant le contribuable) la seule variable d’ajustement budgétaire. Normal ou En Marche, l’exécutif reste l’exécutif et l’histoire suit son cours…  

Bref, le cyborg-Président n’a fait que rappeler qu’il était le chef et qu’on n’avait qu’à obéir. En soi, il a certes parfaitement raison ; sinon c’est le bordel assuré. Vous me direz que ça l’est déjà…
Mais il ne l’a pas fait en chef. Non. Il l’a fait en petit chef. Dans notre vie active, nous avons tous au moins une fois eu à faire avec un de ces petits chefs qui n’ont pas d’autre argument définitif et sans appel pour tenter d’imposer leur autorité que leur place dans l’organigramme…

Il a pu oser dire : "- Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis, ce n'est pas plus compliqué que cela." Personne ne peut lui répondre qu’il se fout du monde puisque "c’est comme ça, c’est le règlement"…
Et il a dit que Pierre de Villiers "avait toute sa confiance". On ose espérer que c’était le cas puisqu’il l’avait prolongé à son poste il y a à peine un mois ! Et à ce niveau de job, on ne renouvelle pas la mission d’un type mis en place par d’autres sans un entretien personnel préalable…

Confiance… Mot terrible… Je me souviens de mon premier supérieur hiérarchique direct du temps de mon premier job. Il me répétait souvent : "- La confiance n’exclue pas le contrôle." Il voulait dire par là que la confiance ne dure et ne se justifie que si elle se prouve régulièrement. Mais il ne parlait là que de la confiance que l’on a dans ses subordonnés. Or, la confiance n’a de consistance opérationnelle que si elle est réciproque. Et la confiance du subordonné dans le chef doit aussi être testée régulièrement pour se justifier. J’ai aussi vécu ça plus tard…

La frontière entre la confiance qui peut se prouver dans les deux sens et la confiance obligatoire à sens unique est le meilleur discriminant qui permet de distinguer un chef d’un petit chef

Il me semble que pour le moment nous avons un petit chef…  

vendredi 14 juillet 2017

Pédopsyquelquechose…



Il me revient une anecdote d’un moment pas très cool de mon adolescence, cet âge ingrat comme on dit… Je devais alors avoir seize ans. Stressée de me voir dans un état dont je n’avais pas conscience que ça se voyait à ce point, ma mère s’en était ouverte à quelque amie qui lui avait vivement conseillé de consulter une psychiatre ayant pignon sur rue… Bon type, j’y consentis.
Je ne m’étendrai pas sur les détails, notamment sur ce que cette praticienne a essayé de me faire prendre conscience, dire et avouer quant aux souffrances que l’originalité de ma situation familiale m’infligeait inévitablement. Je me souviens avoir choisi de lui mentir en abondant dans son sens pour avoir la paix. C’était ça ou je lui aurais foutu ma main à travers sa gueule d’officier de santé bolchévique (elle l’était aussi mais je ne l’ai su qu’après…)
Au demeurant, sorti de là troublé, j’avais pris à midi le traitement qu’elle m’avait prescrit. C’était du Valium très faiblement dosé pour me calmer... Et, moi qui ne sait pas ce que c’est de faire la sieste, je me souviens avoir dormi plus d’une heure, allongé sur le tapis du salon…
Du coup, je suis allé voir un prêtre que je tenais en haute estime (un type âgé qui avait sacrément bourlingué). Il a levé les bras au ciel et je ne suis pas retourné voir une deuxième fois cette connasse. La consultation chez le curé était gratos et je me suis senti très bien…

Pourquoi vous causer de ça ? Parce que je viens de lire le dernier billet de Sixte et je prends la liberté de vous le retranscrire ci-après in-extenso :
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« Dans un magazine people, on demande à un pédopsychiatre de se prononcer sur le fait qu’une star de football ait payé une mère porteuse 200 000 € pour avoir un enfant. "- Est-ce que cela pourra nuire à l’épanouissement de l’enfant lorsqu’il sera en âge de comprendre qu’il est le fruit d’une tractation financière ? "

Telle est sa réponse :

"- Il est toujours possible d’expliquer à l’enfant que la mère a fait cela par amour, préférant donner du bonheur à son père ; qu’elle voulait donner la vie sans forcément élever un enfant, prenant de l’argent pour récompenser cet effort, cet engagement, et qu’elle avait besoin d’être soulagée. Ces paroles peuvent atténuer ce vécu, qui pourrait être éventuellement pénible ensuite pour l’enfant ".

C’est sûr, il est toujours possible d’expliquer, de trouver à dire – dire c’est guérir, n’est-ce pas. Mais ce serait encore mieux si cette chose qu’on trouve à dire n’était pas une ânerie complète lâchée avec désinvolture.

Les psy de magazine ou de télévision sont toujours plus ou moins de ce bois. Ce dont ils semblent soucieux avant tout, c’est de ne pas paraître « moraux ». Ils ne doivent jamais questionner le dogme de la modernité, jamais manifester une once de prudence ou de réserve par rapport à elle, mais s’en faire la caution et apprendre aux individus à s’y acclimater.

Comme un avocat n’est pas là pour soutenir la vérité mais pour faire gagner le mensonge de son client, le psy de magazine travaille à ce que celui qui le paie parvienne à vivre à l’aise avec ce qu’il est, ce qu’il fait, et dorme sur ses deux oreilles. Notre professionnel de l’enfance n’est en réalité pas là pour protéger l’enfant mais pour déculpabiliser le footballeur millionnaire ouvert aux joyeusetés de l’époque. Et c’est pour cela que le magazine l’appelle à la rescousse.

Ainsi, il arrive de lire, face à des réalités dont la nocivité psychologique semble évidente au premier venu, des professionnels de la psyché qui ne trouvent rien à redire. Eux qui pourtant ont expliqué des années qu’une anecdote bénigne de l’enfance pouvait avoir de graves répercussions et provoquer une vie de névrose, eux qui écouteraient avec compréhension Françoise Hardy leur expliquer qu’elle s’est longtemps sentie moche malgré son extrême beauté parce que sa grand-mère le lui avait dit petite… voilà qu’à présent ils ne semblent pas penser qu’être vendu par sa mère à une célébrité mondiale puisse avoir de conséquence notable sur l’organisme.

mercredi 12 juillet 2017

L’œuf et la poule…



Sans doute est-ce dû à la contrariante confrontation au réel-qui-est-têtu qu’impose malgré tout l’exercice concret du pouvoir, mais il semble bien que l’ambiguïté des "d’un autre côté" et autres "en même temps" si électoralement payants ne suffit plus lorsqu’il s’agit de gouverner, de trancher…

Le cyborg-président, tout Macron qu’il soit, ne peut donc plus se contenter à tous les coups d’enfiler des faits ou des concepts mis côte à côte sur la même étagère, l’un et l’autre aussi respectables et légitimes que contradictoires. Et cela sans prendre parti mais en jargonnant savamment sur la complexité de la chose, à la manière d’un exposé en deux parties comme à Sciences-Po… Mis au pied du mur, en situation de devoir agir et non plus de disserter philosophiquement sur la rotondité de la cucurbite, il lui faut dorénavant de plus en plus souvent établir des liens de causalité entre les choses…

Et c’est là qu’on réalise que la taille du cerveau et la vivacité intellectuelle ne suffisent pas pour parler d’intelligence. Ces paramètres ne tiennent finalement qu’au volume de stockage d’une base de données et à la vitesse du moteur pour faire monter toussa en mémoire centrale. En fin de compte et en quelque sorte, il ne s’agit là que d’intelligence artificielle.
Pas plus que cette intelligence artificielle, l’intelligence humaine, elle, la vraie, n’est également distribuée entre les individus, dans l’espace et dans le temps. Mais ses prémices sont les mêmes, que ce soit chez Aristote ou le bouvier médiéval, chez le professeur de Harvard ou le cantonnier d’Oulan-Bator : La base de cette intelligence, ce qui assure la survie de l’espèce depuis la nuit des temps, c’est avant tout la capacité à constater le réel et à en tirer des liens de causalité fondés sur cette petite chose ridiculisée par nos pédants : le simple bon sens.

Et c’est là, enfin, qu’on réalise que notre cyborg-président n’est pas aussi intelligent que ça. Les algorithmes qui motorisent son logiciel cérébral ne voient le réel qu’au travers du filtre de postulats de raisonnement qui sont strictement les mêmes que ceux de ses prédécesseurs.

Il nous en a déjà donné un exemple tellement caricatural que je m’en serais étouffé de rire si ce n’était pas si désespérant. Je parle bien évidemment du rapport de causalité qu’il a fait entre le terrorisme et le réchauffement climatique ! C’était tellement énorme que ma flemme autant que ma décence bourgeoise m’ont retenu d’évoquer ça ici.

Et voilà qu’il remet ça sans délai en pointant la fécondité des femmes africaines comme cause principale du sous-développement de l’Afrique. Cette sortie de sa part a évidemment suscité l’ire de femelles hystéro-féministes (j’ai pas dit hystérecto-…) mais sans plus. En effet, la natalité est un paramètre bien connu et documenté du problème africain ; problème d’ailleurs remarquablement exposé par Sarkozy dans son scandaleux "discours de Dakar".
La question n’est pas là. Le coup "terrorisme - réchauffement climatique" illustrait magnifiquement le choix délibéré d’une dhimmitude pleinement assumée. Point-barre. Et on s’en doutait déjà.
Sa sortie sur la fécondité africaine, en revanche, est beaucoup plus grave dans la mesure où la soi-disant complexité de ses raisonnements n’est qu’apparente. Ses raisonnements ne sont que bestialement primaires, comme celui du bouvier médiéval ou de l’homme de Cro-Magnon : Il arrête sa recherche des causes à ce qu’il a en visuel sans remonter plus avant pour déceler les causes premières dont il prend les effets pour la cause. Quand il fait des "7-8 enfants par femme" un problème civilisationnel, il a tout dit, ça fait sérieux et il a eu le courage de le dire... Bon ça, Coco !

La fécondité africaine n’est pas la cause du sous-développement ; ni un effet du sous-développement. Ni un effet du colonialisme et de l’impérialisme. C’est pour l’Afrique l’effet d’un état - effectivement "civilisationnel" - dont la cause première tient à une "sortie de l’histoire" (si tant est qu’elle y soit un jour entrée) due à des mentalités de fatalisme, et donc de routine, sédimentées de longue main, entretenues et confortées par l’extension aisée et irrépressible de l’Islam. Mais Macron s’en tient aux mêmes routines que ses prédécesseurs car "un Président ne devrait pas dire ça"…

"Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles continuent à chérir les causes."

Macron ne changera rien car il ne cassera rien. Si son intelligence artificielle est manifestement super-performante comme l’ont voulu ses programmateurs, son intelligence humaine n’excède pas celle de l’acuraba moyen.