Je
ne sais pas pourquoi j’ai pensé à ça. C’était en écoutant sur Fwance-Cul’ la péroraison
du Pédalonaute à l’inauguration du musée Picasso aux côtés de ce bon Le Blond (dont j’ai déjà causé
deux fois, ce qui est beaucoup…)
Il n’y avait bien sûr rien à retenir de sa jactance, ni pour les livres d’Histoire
ni pour la presse passé ce soir. On retiendra quand-même, le temps d’un souffle
ou, soyons bon, celui de vider une vessie : "- Le vice des sociétés vieillies est de regarder le passé" et
diverses considérations sur la peur,
l’ignorance et la bêtise de ceux qui ne sont pas "tournés
vers l’avenir"… Ça conjuguait l’enfilage
de mots pour les mots des discours du maire de Champignac-en-Cambrousse (du genre "la
première main qui a mis le pied sur la Lune") et l’incapacité de se donner des priorités, de
hiérarchiser les dossiers, en reparlant encore de l’agression contre le plug vert devant les Picasso de la
période bleue… Le tout saupoudré de ce mépris de nauséelites pour les couillons
sans dents qui s’inquiètent de l’a-venir.
Mais
la voix était exceptionnellement ferme. On sentait le type qui cherche désespérément
à changer de vitesse alors que son moteur s’est fait la malle. Seule la FIN
peut le sauver. NON, même ça ne le sauvera pas. Il doit envier DSK, le seul à s’être
finalement sorti des voitures…
Non,
vraiment, François Hollande n’a pas de pot. Alors qu’il avait tout pour être le
Kennedy français…
Je
m’explique : J’ai souvenance d’un vieux bouquin intitulé Quai d’Orsay (rien à voir avec la
BD) C’était le journal
tenu de 1945 à 1951 par un ancien ambassadeur de France*. A la date du 1° février 1949, il écrit ceci :
« Burckhart [?] m’a
raconté une curieuse conversation qu’il a eu récemment avec André Malraux.
Celui-ci dissertait ou plutôt vaticinait sur le destin possible du général De
Gaulle et concluait en disant : " En somme, ce qui conviendrait le
mieux serait un bel assassinat ! " - " Que voulez-vous dire ?
" demanda B. assez pantois. - " Oui, il faudrait qu’il soit assassiné.
Ainsi sa destinée héroïque aurait l’achèvement qui lui convient. Tout autre
avenir serait décevant." L’assassinat politique était considéré par
Malraux comme un des beaux-arts pour la meilleure fin d’un grand homme :
un ferment d’apothéose. »
Rendez-vous
compte ! Si François Hollande avait été assassiné, j’sais pas moi, entre
le 7 et le 15 mai 2012, en tout cas avant d’aller faire de la figuration au
G20, avant de prendre le Thalys pour Bruxelles ; disons juste après la
baudruche alors pas encore dégonflée de la diminution de 30% des indemnités de
ministres, il serait pour l’éternité un héros de la Nation ! Maintenant,
ce n’est même plus la peine.
Rendez-vous
compte à quoi ça tient ! On est vraiment peu de chose. Il se serait fait
flinguer par un déséquilibré ou un
Breivick quelconque au plus tard fin 2012, non en septembre, non en juillet… il
entrait au Panthéon sans mouiller la chemise. Alors que là, je suis sûr qu’il
la mouille depuis deux ans, même si ça ne se voit pas, pour tout juste sa
retraite avec secrétariat, chauffeur et officier de sécurité jusqu’à la fin de
ses jours… Personne n’a voulu le flinguer à temps. La faute à pas de chance…
Oui,
il peut le dire : "NORMAL M’A
TUER…"
*
Jacques
Dumaine. Quai d’Orsay. Julliard 1956,
préface de François Mauriac






