Bon.
Il a clamsé le mec, ce qui arrive à tout le monde, même souvent avant 87 balais.
Surprise ! Moi qui suis encore dans mes montagnes, il a fallu que je
descende de façon imprévue au village et que l’autoradio soit resté branché sur
France Info pour apprendre la nouvelle dont j’aurais pu tout ignorer jusqu’à
dimanche soir au moins. Rendez-vous compte !
Donc
Pierre Bergé est mort. Voilà une bonne nouvelle. Attention ! Ne me faites
pas un procès d’intention. Bonne, disais-je, car l’importance de cet évènement,
ajouté à l’ouragan Irma et au médoc pour la tyroïde, va permettre – et permet
déjà – de tirer à la ligne en brodant sur le thème, y compris en donnant l’occasion
à quelques chevaux de retour des arts-et-lettres, de la fripe chic, du sociétal et de la politique de
reparaître fugacement dans le PAF en postillonnant dans un micro. Et c’est une
bonne nouvelle dans la mesure où ça renvoie pour quelques jours dans les
profondeurs des petites annonces, faits divers et souchiens écrasés, tout ce
qui fâche comme le chômage, l’insécurité, l’immigration, l’Europe, les réformes
structurelles, toussa…
Ce
soir au 20H, vous saurez tout de lui, sa vie, son œuvre… Encore que… Son
parcours commercial et de couple bourgeois avec Yves Saint-Laurent et sa lutte contre le sida seront glorifiés
comme son mécénat. On mettra probablement moins l’accent sur son rôle de
bailleur de fonds du PS et de SOS Racisme, thèmes qui ne sont plus trop
porteurs ; ainsi va la vie.
A part
ça, perso, il m’a fait mentir en ne vivant pas aussi vieux que son double Paul Gerbé,
personnage d’un mien feuilleton publié ici en vingt épisodes en octobre 2013.
Mais je ne lui en veux pas…
Au
final qu’en dire ? Je ne m’étends pas et n’en rajoute pas. J’adresse mes
protocolaires condoléances à Madison Cox, son veuf selon la loi et, maintenant que sa viande est froide, j’attends
le décès de Georges Soros auprès duquel, en matière de nuisance, Pierre Bergé n’était
qu’un petit garçon en culotte courte.


