"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

mardi 10 janvier 2012

Le scoop : Freddy et Jacky sont tombés de leurs chaises !

Pour épouser sa compagne marocaine, un Français s'est vu demander par sa mairie d’Aubervilliers (9-3 of course) un document attestant sa conversion à l’Islam pour que le mariage puisse être validé au Maroc.


Gêne impalpable de l’employée de mairie devant l’étonnement et l’indignation inattendue du demandeur qui s’en va raconter la chose dans les agences de presse ; lesquelles s’en font l’écho, faut bien trouver de quoi tirer à la ligne…


Une remarque préliminaire et deux franches rigolades tant je trouve ce fait divers exemplaire :


- D’abord, quoi de plus naturel ? Lorsqu’un des deux conjoints est étranger, il est d’usage de remettre au couple une attestation lui permettant de faire enregistrer le mariage dans celui des deux pays où il n’a pas été célébré. En bonne fille, l’Etat Civil Fwançais tient à faciliter les choses à ses administrés. Donc, quand on veut convoler avec un sujet du Commandeur des Croyants, quoi de plus normal que d’exiger parmi les pièces du dossier le "certificat de coutume" délivré par le consulat du Maroc, ne serait-ce que pour s’assurer que le conjoint étranger n’est pas déjà uni ailleurs par les liens du mariage… Ouais, mais s’agissant d’une femme, le dit consulat ne délivre le certificat qu’après conversion du futur mari à l’Islam… Pourquoi s’en indigner ? Seuls les Bisounours indécrottables veulent ignorer qu’en terre d’Islam une femme musulmane ne peut pas épouser un non musulman.


- Et c’est là que je rigole : Fait divers exemplaire car figurez-vous que le futur souhaitant convoler avec sa copine chérifienne dont il a déjà une gosse, est journaliste ! Cet homme de 52 balais, un dénommé Frédéric Gilbert, a déjà derrière lui une longue carrière de journaliste d’investigation ayant réalisé des sujets pour TF1, M6, France 5, pour les émissions de Laurent Ruquier et de Thierry Ardisson, journaliste pour une émission de Stéphane Bern sur France 2, auteur et réalisateur d’une série documentaire sur NT1, etc. Un pro de l’information, donc. Un mec qui a l’expérience du monde réel, qui peut en causer (et l’interpréter) avec une légitime et crédible autorité aux acurabas lambda avides de s’informer…

Et voilà que, comme l’autruche recevant un caillou sur le popotin sort la tête du sable et découvre le monde, notre journaliste se réveille ! Et, qui plus est, en est si épouvanté qu’il y va de son coming out en mangeant la grenouille : "-Je suis laïc intégriste et fils de curé défroqué ! Je refuse ce qui est contraire à l’esprit de la République !" Et notre courageux résistant laïc, ne voulant pas le croire, s’en va interroger tout son carnet d’adresses de gens comme lui mariés à des marocaines ou autres maghrébines : Las ! Tous lui ont répondu : "-Bof, pas d’histoires, tant pis, on s’est converti…" Le voilà donc qui monte au créneau, dénonçant un "excès de zèle" des services d'état civil et s’indignant que les maires puissent exiger un justificatif de conversion à l'islam…

Rassurez-vous, il se mariera quand même samedi prochain en se passant du certificat de coutume. Bien sûr, il est chagriné de savoir que son mariage n’aura pas de valeur légale au Maroc, mais bon. C’est un combattant de la laïcité Freddy Gilbert ! Un pur ! Il va au front, prêt à prendre des risques ! Pensez ! Quand il ira avec Madame en ouiquende à Essaouira et qu’ils feront chambre commune à l’hôtel, sa mahométane et néanmoins légitime épouse pourrait se voir arrêtée et inculpée pour atteinte à la morale publique et prostitution… Il est prêt au martyr Freddy ! Surtout dans les journaux…


- Mais il y a une autre bouffonnerie exemplaire ; c’est monsieur le maire !

A 63 ans, Jacques Salvator, le maire d’Aubervilliers, fait partie de cette élite de nos concitoyens dont le vécu nous rassure quant à la parfaite expérience du monde réel qu’ont nos édiles responsables. Sont parcours est à ce titre exemplaire : Militant précoce à la JOC puis à l’UNEF et pour l’indépendance algérienne, membre des comités de soldats, créateur en 1977 d’une librairie haut lieu de la contestation à Saint-Denis, secrétaire national du PSU en 81, à 46 ans il rejoint le PS dont il sera ensuite salarié. Au congrès de Reims, il soutient la motion Delanoë puis se rallie à Dame Martine…

C’est son premier mandat de maire de cette ville qu’il connaît bien pour la ratisser depuis sa première campagne législative comme candidat du PSU il y a trente-huit ans… Et ça fait quand même bientôt quatre ans qu’il s’intéresse à priori de près à ce qui se passe dans les services de sa bonne ville de 75 000 habitants…


Et bien figurez vous que, interrogé par la presse sur ce fait divers, Jacky a répondu :

"- Je suis tombé de ma chaise en apprenant ça !"


Vous vous rendez compte ? Pauvre chou !


Mais rassurez-vous. Il s’est immédiatement remis et, avec ce vieux reflex pavlovien dont on ne peut se défaire à force d’enfiler les discours et propos de tribune, il a ajouté :

"- J’assisterai personnellement au mariage par solidarité"…


Jacky et Freddy sont sur le même bateau et aucun n’est tombé à l’eau… La Fwance est sauvée !

dimanche 8 janvier 2012

Boutique franchisée et sentiment d’appartenance…

L’Epiphanie de Notre Seigneur étant passée, vous aurez peut-être remarqué que j’ai enlevé et rangé jusqu’à l’année prochaine le sapin reacospherus persistant que je sors pour les fêtes dans la colonne de droite (forcément de droite..)


Occasion de réfléchir au contenu de cette foutue colonne où j’entasse notamment divers panonceaux sensés éclairer l’éventuel chaland sur les fondamentaux de la boutique, à l’instar des bouts de tôle du Touring Club de France et autres guides gastronomiques sur les façades des auberges, ou de la quincaillerie aux plastrons des maréchaux soviétiques trop longtemps alignés en brochettes sur le mausolée de la place Rouge…


Cela m’a fait repenser au vieil époux de ma marraine, grand vieillard encore de belle allure mais aux gestes devenus avec l’âge aussi hésitants que sa mémoire. Accroché aux brumes de ses souvenirs, lorsqu’il s’apprêtait à recevoir chez lui un hôte qu’il considérait de marque pour un événement qu’il jugeait exceptionnel, il s’évertuait d’une main malhabile à épingler sur le veston de son complet élimé la batterie de ses croix de guerre et autres médailles militaires… Cela, évidemment, à la grande gêne de son épouse…

Je me souviens en particulier du jour où j’étais venu leur présenter la future Mme Plouc. Quand il est apparu dans l’encadrement de la porte du salon avec sa volonté de ne pas voûter les restes tassés de son ex-mètre quatre vingt cinq, j’ai bien vu qu’il avait dû passer un bon moment à astiquer les croix sorties de leurs écrins pour l’occasion…

Sa femme, rouge de confusion, l’avait rabroué. Mais lui s’en foutait. Et il avait raison…

Franchement, pourquoi lui aurait-on refusé cette petite manie, d’autant qu’elle exprimait de sa part l’importance qu’il accordait à notre visite ? On passe sa vie à soigner l’altérité qui est essentiel à la Vie. Mais il arrive un âge où l’on doit pouvoir se permettre de dire "- Si je vous choque, allez vous faire foutre !"

Ça fait du bien et entretient l’énergie vitale chez les vieux. Surtout aujourd’hui où ça devient suspect de dire qu’il fait jour à midi…


Mais je m’égare. Revenons à ma colonne de droite.


Lorsque j’ai commencé ce blog, il y a bientôt deux ans, je n’imaginais pas garder sous le coude mes divers sentiments d’appartenance… Je ne me souviens pas de l’avoir fait dans aucun domaine et c’était donc valable aussi dans celui de la blougi-boulgasphère. C’est ainsi qu’au bout d’un ou deux mois d’activité j’ai pris la liberté de visser ici sans rien demander à personne la plaque à l’effigie Johnny Walker carte rouge dont j’ignore d’ailleurs qui en fut l’initiateur.

Mais ça me laissait un peu sur ma faim… Admirateur timide de certains, outre mes sentiments d’appartenance, j’ai aussi des envies d’appartenance ; car bien que résolument sorti de l’adolescence depuis fort longtemps, je reste encore un grand enfant…

Bref, sans rien demander à l’Amiral, oh combien démoniaque père du concept (1) ; maintenant qu’Albertine est partie chercher son Salut sur d’autres routes que celle de Stello ; maintenant que Fromage+ à qui nous devons le graphisme du label a suspendu sa production ; avec mon autorité de membre du triumvirat fondateur et d’actuel président du soviet suprême devenu unipersonnel du FOPOD (Front Ouvriériste Populacier d’Oppression Démocraticide, rappelons-le) et à jour de ma cotisation au MERDE (Mouvement des Etudiants Recalés à Divers Examens, autre structure historique), j’ai envoyé balader mes derniers scrupules et décidé ce jour, tout seul comme un grand, de m’auto attribuer le panonceau qui me faisait tant envie : celui de la Confrérie des Punks à diplômes


Que les autres franchisés de la marque que ça dérangerait m’envoient du papier bleu ! Ils auraient tort : Il faut passer leurs caprices aux vieux… Et puis il se pourrait même peut-être bien que je puisse siéger dans la Confrérie avec le titre respectable sinon respecté de doyen d’âge… L’idée d’être le doyen d’une telle bande de oufs est un ravissement qui réchauffe mes vieux os…

1 : ici puis .

samedi 7 janvier 2012

Que peut bien faire le taureau chez le dragon ?

L’autre jour, il tombait la patate de neige et je suis resté bloqué chez moi, contraint d’attendre le soir que le chargeur sur pneus du fils M. puisse venir me dégager. Peu enclin à sortir les raquettes pour ne pas enfoncer jusqu’aux genoux et bien que n’ayant plus de pain j’ai donc passé la journée seul à bricoler et flemmarder devant le feu avec d’autant plus de sérénité que le vin et les clopes ne manquaient pas. Ce que faisant, j’ai distraitement feuilleté divers magazines abandonnés là par une des femmes du clan lors de son séjour pour Noël. Parmi ceux-ci, il y avait (la honte m’étreint) Gala.


Poussé aux dernières extrémités par le désœuvrement, j’en suis venu à lire mon horoscope… Ne m’étant jamais intéressé à l’astrologie (trop compliqué pour moi) je m’étonne toujours devant l’intérêt que portent nos contemporains à leur horoscope ; intérêt manifeste au vu de la place tenue dans la presse par ces rubriques.

En plus, si l’astrologie dite "occidentale" n’est déjà pas simple, aujourd’hui tout se complique… En effet la pulsion xénophile, l’ouverture aux autres cultures et autres poncifs contemporains conduisent désormais à faire grand cas de l’horoscope chinois…

Sachant que pour les chinetoques nous entrons le 23 janvier prochain dans l’année du Dragon, grande était la tentation de faire croiser par les experts les influences des astres avec celles de ce brave dragon sur les signes du zodiaque bien de chez nous. Et revoilà Gala


On ne lit jamais assez Gala pour parfaire son instruction.


Le Plouc-em’ - vous serez sûrement heureux de l’apprendre – relevant de la maison du Taureau, je me suis naturellement et égoïstement contenté d’éplucher le chapitre consacré à ce fruste mais viril bovidé :


Le chapeau général concernant les taureaux commence ainsi :


Cette année du Dragon vous offre un bonus si vous êtes artiste, auteur de pièces, scénariste ou si vous possédez un théâtre… Les autres ont intérêt à s’ouvrir à une vision plus bohême de l’existence…


Me voilà donc habillé pour l’hiver…


Et d’ajouter que les mêmes autres auront aussi intérêt à renoncer à juger les excentriques et les mystiques, même s’ils ne les comprennent pas


Même si… ce qui laisse entendre que c’est exceptionnel cette année et seulement pour les Taureaux. Les grosso modo 11/12° de la population cette année (et tous l’année prochaine) pourront continuer à les juger en ne les comprenant pas… D’autre part, si j’ai bien compris, je dois m’attendre à voir prospérer cette année les œuvres scéniques et bien me garder de juger celles que je ne comprends pas (Castellucci a de la chance…) Mais peut-être que je verrai émerger une nouvelle Thérèse d’Avila…


Je fais ici l’impasse sur les rubriques détaillées concernant l’amour, le travail, l’argent et la santé. C’est en principe personnel et on n’est jamais assez prudent…


En revanche, j’ai appris un tas de choses vachement utiles dans la synthèse conclusive qui m’informe sur mes compatibilités astrales :


Le Chien hypersensible et anxieux est mon meilleur partenaire en amour (surtout s’il/elle est Vierge ou Capricorne) – Le Lièvre forme également un bon couple avec moi, ainsi que le Dragon, le Serpent et le Coq – Le Buffle est un ami précieux, ainsi que le Cheval – Mon meilleur ami sera la Chèvre (surtout s’il/elle est Scorpion…)

Et, surtout, surtout, j’apprends que :

Il vaut mieux que je collabore ou m’associe avec le Tigre…


Putain ! C’est un sacré bordel dans l’Arche de Noé ! Si tous ces bestiaux et bestioles ont bien compris le chapitre de leur manuel d’SVT sur le genre, j’ai intérêt à approvisionner la kalash, à garder mon pantalon la nuit, à bien fermer ma porte et à ne dormir que d’un œil. Mais ça, vu ce qui nous attend en 2012 et plus si affinité, je le savais déjà…

vendredi 6 janvier 2012

Principe de précaution…

Traçabilité et risque zéro pour un vivre-ensemble responsable…

Lavez-vous souvent les mains – Ne laissez pas vos bagages sans surveillance…

Cinq fruits et légumes par jour – A consommer avec modération…

E pericoloso sporgersi – Ne pas descendre avant l’arrêt complet…

"Baiser" peut nuire à votre entourage – Sortez couvert…

"Baiser" crée une dépendance, ne commencez pas…

Si vous constatez un effet indésirable non signalé sur la notice, parlez-en…


C’était un communiqué de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé*.

* [espace publicitaire gracieusement offert par le taulier]


Sensuel ? Fusionnel ? Cul-turel ? Con-sensuel ? Con-fusionnel ?


C’est constitutionnel…. C’est citoyen…


Dura lex sed lex.

Le Monde est ouverture à l’autre et Durex ne suffit pas….

mercredi 4 janvier 2012

Urbanisme infantile…

Au mois de décembre, pendant que le centre ville se garnissait de lampions en vue des fêtes de fin d’année et que la place du Ralliement se transformait en inévitable marché de Noël, la bonne ville d’Angers a pris l’heureuse initiative d’ouvrir les portes d’un immeuble municipal du centre-ville à tous les enfants de ses administrés et de leur proposer des animations autour du jouet (c’était de saison…) Il y avait des ateliers de dessin, de jeux de société, et même un coin dînette et poupées à côté des petites voitures et outillages de travaux publics en dépit du principe de précaution et des risques encourus par le genre, mais on ne se refait pas forcément…

Et puis, il y avait surtout un grand espace dédié, semble-t-il, à l’éducation des mouflets.

Ceux-ci étaient conviés en préliminaire à une sorte de briefing des combattants avant la montée au front… Là, de gentils emplois-jeunes en sur-liquette rouge expliquaient aux mômes la mission citoyenne qui allait être la leur : Construire la ville de Bon air [ou de Bonheur, ou Débonnaire. Un peu sourd et planqué derrière un pilier, le Plouc-em’ de la 5° colonne ennemie n’a pas forcément tout compris…]


Nantis de leur feuille de route, les mômes s’attaquèrent courageusement au chantier.

Pour ce qui est de développer la créativité, dans le cahier des charges implicite donné aux mômes il s’agissait manifestement de recréer leur ville d’Angers comme on leur suggérait qu’ils voudraient qu’elle soit.

De part et d’autre de la Maine symbolisée par un ruban bleu, les mômes pouvaient organiser leur imaginaire autour du réseau des rails du tramway représentés en planchettes Kapla, réseau à l’évidence structurant, forcément structurant…

Pour se faire, ils disposaient d’un stock considérable de ces petites planchettes Kapla.

Mais ce n’était pas tout. Afin de valoriser le bâti fruit de leur imagination, les constructeurs de Bon air étaient vivement incités à l’agrémenter de compléments indispensables mis à leur disposition en quantité sur une petite table. Il y avait là [liste exhaustive] : - pistes cyclables - panneaux solaires - toitures végétalisées - jardins partagés - réservoirs d’eau de pluie - composteurs collectifs - points de tri sélectif - feux rouges solaires ­­- réverbères solaires et… des éoliennes comme s’il en pleuvait…

Deux urbanistes en herbe bestialement classiques ont alors consciencieusement entrepris de reproduire le château d’Angers (en haut à gauche sur la photo) Pour schématique qu’il soit, le résultat était somme-toute symboliquement reconnaissable. Mais il manquait un truc, ce je-ne-sais-quoi qui différencie sans doute la Joconde de la présentatrice météo de BFM-TV (ou d’Audrey Pulvar si vous préférez)… Non, ça n’allait pas ! Après mûre réflexion, le visage de l’un des jeunes bâtisseurs s’est éclairé. Comme dans les vieux illustrés de Donald et Picsou, le Plouc-em’ a fugacement mais nettement aperçu l’ampoule basse consommation qui s’allumait au-dessus de la petite tête blonde qui avait trouvé ce qui manquait : Les éoliennes ! Chaque tour du bon Roi René a eu la sienne… Sûrement, ce jeune garçon a de l’avenir…


"En construisant, on se construit soi-même." disait Tom van der Bruggen, le créateur de Kapla soucieux de maximiser sa marge sur la surproduction de bois nordiques…
Et comme l’a écrit la directrice de Kapla France : "Le bâtisseur KAPLA est bâtisseur de l’Éphémère. L’œuvre finit toujours par s’écrouler. Reste le petit tas de planchettes, à nouveau disponible pour une création nouvelle..."


Pourr nô bétites zenffants, zent mille emblois werrtes et turrââples môa Efa che grééer !

lundi 2 janvier 2012

Le compteur de la mort…

En lisant les commentaires suscités par le compte-rendu aussi instructif que décevant du réveillon fort négligé de M. Goux, j’ai relevé que l’ami Farr avait "de plus en plus de scrupules à souhaiter la bonne année, puisque c'est un pas de plus qui nous conduit au cimetière."


Du coup, j’ai repensé à mon beau-père (la paix à son âme, il a dû la trouver maintenant…) Un jour, ce vieillard aussi hypocondriaque qu’autocentré nous avait envoyés à la figure avec cette véhémence théâtrale où il excellait : "- Vous ne vous rendez pas compte ! Je n’ai jamais été aussi près de la mort !" Et moi de lui répondre : "- Moi aussi, figurez-vous ! Et c’est pas nouveau ! J’ai le même problème ; depuis moins longtemps que vous, certes, mais depuis aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais eu l’occasion de connaître un seul instant où j’en ai été moins près…"


C’est curieux comme certains se font une pendule normande de cette question aussi banalement ontologique.

"Je n’ai jamais été aussi près de la mort"… Je me demande bien qui, même encore dans le ventre de sa mère, a pu rétorquer un jour : "- Pas moi, M’sieur !"… Bien sûr, il y a des moments privilégiés pour oublier (fugacement …) cet état essentiel, par exemple en faisant l’amour (pour de vrai) ou en faisant oraison (pour qui y arrive…) Bien sûr, l’homme moderne en général et egobody en particulier veille à ne pas laisser vide sa poche de perfusion de divertissements, mais ce n’est là que neuroleptiques…


Pourtant, nous avons une chance incroyable : ne savoir ni le jour ni l’heure ! Imaginez que ce soit l’inverse : Qu’on ait chacun notre compte à rebours !


Dans M le maudit, ce vieux film en noir et blanc de Fritz Lang visionné en mauvaise copie de ciné-club, il y a ce passage vers la fin où l’alarme se déclenche. S’en suit alors la course des malfrats s’acharnant tant qu’ils le pouvaient encore à fouiller fébrilement tous les recoins obscurs du labyrinthe des greniers de l’entrepôt à la recherche du serial-killer. Tout cela s’accompagnait de l’aboiement lancinant du chef ou du guetteur :

"Sie haben nur fünfzehn Minuten ! Sie haben nur vierzehn Minuten ! ... Sie haben nur zehn Minuten ! ... Sie haben nur zwo Minuten ! ..."


Imaginez un peu le truc ! La panique à bord. DSK comptant mentalement le matériel qui lui reste à consommer ! Béachelle se tordant les mains en pensant à tous les oracles à la con qu’il n’aura pas le temps de délivrer ! Les compagnies d’assurances qui se gavent sur les primes personnalisées, les bébés-présidentiables dont les rêves pour 2017 ou 2022 s’effondrent, …

Même le Plouc-em’ aurait sans doute jeté aux orties cette devise qui état la sienne pour tout avec Mme Plouc : "Le plus vite possible sans se presser…"


Nous n’avons jamais été aussi près de la mort sans tic-tac… Joie !

dimanche 1 janvier 2012

Les vœux du Plouc pour 2012…

Que cette année encore le Patron nous ait en Sa Sainte Garde, que Son Esprit nous guide et que Son Fils continue à emmerder les cons…

Ça va faire un peu bis repetita mais pourquoi pas ? Les fondamentaux (pas ceux de l’Euro, les vrais…) sont inchangés et l’Espérance est éternelle…

A vous donc, mes chers visiteurs et commentateurs, mes confrères et voisins réacs (parfois plus et parfois moins) de la so genannt Réacosphère élargie, tous ceux qui sont mes proches, même s’ils sont lointains, en cette année nouvelle qui s’annonce rock’n roll mais pas seulement, je vous souhaite surtout de garder l’Espérance dans votre cœur et jusqu’au fond de vos tripes. A part ça, je forme ou renouvelle pour nous tous un tas de vœux pas toujours raisonnables sur lesquels je ne vais pas m’étendre car vous devez bien avoir votre petite idée sur ce qu’ils sont…


Juste un souhait parmi d’autres à titre d’exemple : Vous vous souvenez de ce guignol qui a dit un jour courageusement : "Nous sommes tous des juifs allemands !" Le genre de provoc’ infantile qui ne mangeait pas plus de pain dans les années soixante que le "caca-boudin !" proféré par un morveux impubère à l’apéro des grandes personnes pour attirer l’attention. On n’était plus en 42…

Et bien moi, je nous souhaite à tous de ne jamais oublier que nous sommes tous des moutons noirs et d’avoir le vrai courage de garder la pleine conscience lucide et assumée que nous serons toujours des moutons noirs…


Et parmi vous tous qui m’êtes proches, il y en a à qui j’assure en vérité qu’ils seront particulièrement présents cette année dans mes pensées et mes prières, ce sont les "chrétiens d’Orient" mais pas seulement, aussi les chrétiens du sud et de bien d’autres lieux…

Voilà pour ceux auxquels il me vient spontanément le désir d’adresser mes vœux. Pour les autres, tous les autres acurabas, c’est à dire les Administrés-Consommateurs-Usagers-Résidents-Assujettis-Bénéficiaires- Ayant-droits non évoqués plus haut, je les invite simplement à se reporter au formulaire prévu à leur intention à l’occasion de mes vœux de l’an dernier