"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 19 mai 2010

La viande est-elle de l’art ?

Au sujet d’une "oeuvre" photographique je me demandais le mois dernier : Le laid est-il de lard ? La question d’aujourd’hui serait plutôt : La viande est-elle de l’art ? (j’ai pas dit la chair, non, la barbaque encore chaude et pas vidée, avé les viscères et tout et tout…)

La principauté monégasque manifeste un goût prononcé pour la sculpture. Les bustes et statues y fleurissent allègrement, les œuvres de commande représentant l’épouse du précédent souverain n’étant d’ailleurs pas toujours ce qu’on y voit de plus remarquable...

Pour lancer les célébrations du centenaire du Musée océanographique de Monaco, l’installation des statues monumentales de Damien Hirst s’est faite dans l’effervescence et sa « Virgin Mother » orne maintenant la digue du Port de Fontvieille.

De 10 mètres de haut, en bronze poli et peint, visible de la mer, de la terre et du musée océanographique, elle surprend un peu. Pour avoir un peu connu cet état princier de l’intérieur – il y a plus de quinze ans, il est vrai – je peux dire en effet que derrière l’écran bling-bling des médiatisés qui lui apporte leur fric, se nichait alors un gros village à la vie sociale assez compassée et étriquée.

Bref, je m’empresse de vous présenter la bête, vous évitant, le cas échéant, de succomber à une injonction genre "vaut le détour".

Un docte historien et critique d’art (dont je me force par charité d'oublier le nom) en a donné une remarquable lecture dont je ne saurais vous priver :
« Hirst représente sa madone monolithique en jeune femme enceinte, dans une pose élégante qui rappelle une danseuse de Degas. Comme si souvent dans sa manière de présenter le corps comme un mécanisme physique, la peau et la chair sont retirées par endroits. Au niveau de sa tête, on aperçoit une moitié pâle de son crâne qui rend son sourire timide – dents et lèvres – légèrement mystérieux. Son sein droit écorché ressemble à un ornement discret. Mais le centre de l’attention est son ventre gonflé, ouvert pour laisser voir l’enfant à naître, recroquevillé dans l’utérus, le fragile cordon ombilical bleu clair enroulé autour de lui comme une délicate guirlande. Bien que cette sculpture raffinée s’inspire de la tradition iconographique sacrée de la Madonna del Parto (la Vierge de l’accouchement), elle est à la fois entièrement nouvelle et émouvante de par sa tendresse surprenante : l’attente d’une vie nouvelle. La beauté indomptable de l’objet le rend réel et crédible. »

Dieu me garde d’ajouter un commentaire. Je vous laisse ce loisir…

3 commentaires:

  1. Je vois, laissant libre cours à nos commentaires vous vous êtes octroyé le meilleur morceau et vous nous laissez les restes. Remarquez, vous m'avez l'air d'être un homme de goût.

    (C'est la première fois que je débarque ici, je regarde, je gambade, je vous lis, je ne contresigne certes pas l'intégralité de vos notes, mais, au total, la promenade est plus qu'agréable et alléchante, il se pourrait même que je r'vienne régulièrement. Bien à vous, ô Plouc-émissaire.)

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  2. A l'image de notre époque, l'art est superficiel et matérialiste.

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  3. Faut dire que le commentaire du critique d'art est un monument presque du même niveau que l'oeuvre elle même.
    Découvrir ces deux choses ensemble... Je croyais qu'on ne pouvait pas faire pire que le homard à Versailles. Je me trompais.

    Barbara

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