"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

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dimanche 22 mai 2016

Restons groupés !



Sur l’autoroute A2017 (km Ø à Tulle), depuis qu’on avance,  ça bouchonne et ça n’avance plus vraiment sans qu’on comprenne pourquoi. Les pompes à essence se font rares. On avait pourtant bien avancé depuis que nous sommes partis pour les vacances, il y a 4 km ans de ça… On a fait tous les arrêts-pipi qu’il fallait. Dès le départ, on était un peu serré dans la bagnole. Mais ça va mieux maintenant, enfin je crois. Beaucoup ont voulu descendre en route, Arnaud, Christiane et les autres. C’est bien dommage. Ils ont dû trouver de la place dans d’autres voitures et on ne sait pas trop s’ils sont maintenant derrière nous… ou devant. Ce qui serait vexant. Bien sûr, il y en a quelques-uns à qui on a dû demander de débarquer parce qu’ils ne sentaient pas très bon. Tout le monde peut se tromper. Mais on les a toujours déposés avec discrétion sur des aires de repos pouvant leur convenir ; on n’est pas des brutes… Il y a eu des auto-stoppeurs qu’on aurait bien voulu garder comme la petite Leonarda ; mais à l’impossible nul n’est tenu et je m’efforce de ne plus y penser…
En revanche, à un arrêt où on a vérifié l’huile, on a pris un autostoppeur nommé Emmanuel. On lui a proposé de monter vu comme il était beau gosse. Je me demande si on a bien fait… Et puis l’autre là, comment s’appelle-t-elle déjà ? Oui, Myriam. Elle n’y connaît rien en moteur mais si on tombe en panne on pourra toujours dire que c’est de sa faute.
Il y a aussi tous ces passagers dont j’oublie les noms que j’ai embarqués, parfois dès le départ, pour faire plaisir, comme George par exemple. Ils ne servent à rien mais au moins ils ne causent pas…
Heureusement, j’ai encore quelques potes à bord, sans compter Manu qui est à la place du mort et fronce les sourcils chaque fois que je freine ou accélère. Pourtant, je ne fais que me caler sur le pare-chocs de la bagnole que j’ai devant moi, que voulez-vous que je fasse d’autre ?  Suffit que je la suive. En général c’est une grosse berline allemande. Mais comme la file de gauche roule plus vite et que je ne réagis pas toujours assez vite, il y en a parfois d’autres qui s’intercalent entre nous ; un amerloque, un Turc… Mais cépagrave puisque ça n’avance plus…       

On avait prévu une remorque pour pouvoir emmener avec nous quelques sales mômes qui voulaient écouter leurs propres CD de musique pendant la route. On ne pouvait pas les laisser aller n’importe où, n’est-ce pas ? Eh bien la remorque s’est esplartchée sur le macadam suite à un dos d’âne mal négocié. Ce doit être la faute à Myriam, mais bon. On a alors récupéré dans la voiture ceux de la remorque qui en étaient tombés sans franchir la ligne blanche. Ils mettent un peu de verdure sur les banquettes et ce n’est pas plus mal. Heureusement, on annonce du brouillard et il devrait faire nuit quand on passera devant la sortie N-D des Landes. De toutes façons, cépagrave puisque ça n’avance plus…  

Bientôt ça va rouler mieux.   

   

samedi 2 avril 2016

L’appel à la garderie !



Il fut un temps où, acculé, en désespoir de cause, Napoléon [je cause du premier, le fils de Charles et de Letitia née Ramonlino. Pas de Pelle-à-tarte au pont d’Arcole (Paris IV°)…] faisait donner la vielle-garde-qui-ne-se-rend-pas.
Aujourd’hui, Nabot-normal étant prudemment aux abonnés absents, empastrouillé qu’il est dans ses erreurs tactiques comme un Grouchy embourbé dans l’argile des mornes plaines, c’est faute de troupes fraîche, acculé, en désespoir de cause, que le maréchal Manu-la-Mâchoire fait appel à la nurserie de Solferino !

Hier premier avril, depuis Orléans que-c’est-mieux-que-Waterloo, il a donc annoncé que les ministres Myriam El Khomri, Najat Vallaud-Belkacem et Patrick Kanner (pas plus mais c’est déjà ça) allaient recevoir "dans les prochains jours" les organisations de jeunesse en vue d’un nouveau rendez-vous prévu à Matignon "avant la mi-avril"… Car "certaines organisations, même si elles sont opposées au projet de loi, ont formulé des propositions, je pense en particulier au syndicat étudiant l'UNEF, sur le sujet essentiel de l'accès aux jeunes au marché du travail", a-t-il annoncé. "Nous sommes prêts, décidés, à les regarder…"

Ah ! L’UNEF ! Arrêtons-nous un moment pour rappeler (au hasard^^) quelques exemples des emplois retraites proposées aux étudiants bien classés à la sortie de cette prépa :

- Jean-Christophe Cambadelis : président de l'UNEF de 1978 à 1984 (27 à 33 ans) A peine quitte-il la présidence qu’il passe des Trotskistes au Ps et se retrouve député de Paris dès 88. Vous connaissez la suite…
- Christophe Borgel : président de l'UNEF de 1988 à 1991(25 à 28 ans) A peine quitte-il la présidence qu’il se retrouve conseiller technique des ministres Claude Allègre puis Jack Lang et, dans la foulée, nommé par décret inspecteur de l'Académie de Paris au grand scandale de la Cour des comptes…
- Pouria Amirshahi : président de l'UNEF de 1994 à 1998 (22 à 26 ans) et de la MNEF de 1999 à 2000. A peine quitte-il ces présidences (à 28 ans), qu’il démarre sa carrière comme cadre de la Fédération des Mutuelles de France avec… un siège au Haut conseil de la coopération internationale…
- Bruno Julliard : président de l'UNEF de 2005 à 2007(24 à 26 ans)  A peine quitte-il la présidence qu’il entre au Conseil de Paris sur les listes PS, adjoint à la mairie de Paris (à 27 ans) puis en 2014 Premier adjoint au maire de Paris, chargé de la culture (à 33 ans)...
- Jean-Baptiste Prevost lui succède jusqu’en 2010 (23 à 26 ans) A peine quitte-il la présidence qu’il se retrouve siégeant au Conseil économique etc. (CESE) ; fonction qu’il quitte en 2013 pour entrer au cabinet de Geneviève Fioraso…

- William Martinet. Ah William ! Titulaire d’une licence obtenue l’an dernier au terme de neuf années d’études supérieures, cet étudiant de 28 ans est inscrit cette année au CNAM pour préparer un master en "économie sociale et solidaire"  Elu comme plusieurs de ses prédécesseurs immédiats au terme d’un scrutin nord-coréen à candidature unique, c’est lui qui préside depuis décembre 2013 aux destinées de l’UNEF… 

Et voilà que l’UNEF sort des clous ! Non seulement on cultivait ces jeunes pousses dans le coton pour la relève, mais c’étaient des supplétifs bien pratiques à envoyer au feu quand on le leur demande ! Qu’est-ce qui leur a pris de mobiliser leurs troupes de couillons manipulés pour les faire intervenir à contre-emploi ?
Sont cons ou quoi ? Auraient-ils oublié qui décide de leur rang de sortie de la prépa et son importance pour leur garantie de débouchés de carrière sinécure ?
Ben non. La petite équipe de graines de maffieux qui monopolise ce corps mort ne représentant que lui-même sait que vous êtes en position de faiblesse ; et que vous aurez de moins en moins de sinécures à distribuer… Alors, tant pis pour l’avenir des couillons qui manifestent, l’UNEF ne vous cédera rien ! Et l’a-gouvernement cédera tout !

C’est ça le deal :   
- On videra la loi du peu qui reste de son contenu, on pourra même en faire une avancée…
- En contrepartie, elle pourra enfin être votée et le gouvernement n’aura pas cédé à la rue…

Tout bénef’ pour tous !

mardi 15 mars 2016

Un compromis dynamique et ambitieux…



Or donc, la malheureuse El Khomri, successivement préposée à la machine à café de Solferino, porte-serviette à la mairie de Paris puis transparents secrétaire d’Etat à la ville,  s’est vue convoquée d’un claquement de doigt il a juste six mois pour devenir le la ministre du chômage du travail-de-l’emploi-de-la-formation-professionnelle-et-du-dialogue-social (je crois que je n’ai rien oublié) La malheureuse, disais-je, car elle ne s’attendait pas à se voir balancée comme un sac de son sur le fauteuil de René Viviani, occupé avant elle, entre autres, par Joseph Fontanet, Jean Auroux, Philippe Seguin… Maipourkoidonc ?
Ben, voyez-vous, il ne fallait pas que la loi en gestation s’appelle Macron-2 (ou 3 ; je ne sais plus), question d’équilibrage des ambitions personnelles… Et puis personne ne voulait se coller à ce bâton merdeux…

Bref ; l’historique on s’en fout. Les faits sont là. La déchéance-truc ayant fait flop, la politique étrangère étant minable et l’inversion de la courge nous faisant le coup de Grouchy, ce n’est pas à l’entrée de la dernière ligne droite qu’on change une tactique qui gagne. Et la tactique est inchangée depuis mai 2012 : Suffit que le casting de music-hall soit respecté et le reste suivra. Dès lors que l’équipe alignée sur l’estrade respecte la parité avec un bon quota de patronymes exotiques, on devrait avoir tout bon…
Las ! Il y a des bâtons merdeux pour lesquels il faut une largeur d’épaule et un savoir-faire fruit d’une longue expérience à savoir tirer dans les coins qui ne sont pas donnés à tout le monde…
Bref, la malheureuse s’est noyée et ce n’est pas de sa faute. La "loi El Khomri" n’est plus que la "Loi Travail" et Manu-la-Mâchoire se retrouve en première ligne à se déjuger dans les grandes largeurs pour porter tout seul un texte de plus en plus vide pendant que Macron rigole et qu’on nous prend pour des cons.

C'est "un nouveau départ, un compromis dynamique et ambitieux" qu’il a dit Manuel.

Non seulement l’ensemble de ces cinq mots puisés dans les éléments de langage et agencés ainsi est un petit bijou de la langue de bois de trituration reconstitué, mais chacun d’eux mériterait une analyse approfondie. Non pas une analyse grammaticale, mais une analyse lexicale à la lumière du Grand n’importe quoi !

Mais on s’en fout. Ce qui compte, c’est le devenir du contenu de cette loi.

Or donc, Manu-la-Mâchoire a réuni les syndicats pour en causer. Les syndicats, c’est-à-dire les apparatchiks d’espèces de corporations d’Ancien Régime. Des monopoles représentatifs pour l’essentiel des fonctionnaires non concernés par la loi en question et dont la raison d’être se résume à maintenir les emplois de ceux qui en ont déjà. Mais passons…  

En gros, Manu il leur a dit quoi ? Ceci :

« - Non ! Non ! On s’est trompé !  Sans doute est-ce comme pour la loi sur la biodiversité ; juste un oubli de cliquer sur "Delete" après avoir mis à juste titre en surbrillance des lignes ajoutées  "un peu trop précipitamment par les services qui ont cru bien faire". Bien évidemment, on ne s’est pas compris : le plafonnement des indemnités de licenciement n’est qu’une ébauche de barème purement indicatif qui se veut une aide à la décision pour les juges prud'homaux bas de front. De même, il n’est pas question d’autoriser les TPE/PME à négocier directement et individuellement avec leurs salariés la modulation du temps de travail. Pas question non plus de permettre sans autorisation préalable de faire marner les apprentis plus de trente-cinq heures !
C’est comme pour le référendum d'entreprise, rassurez-vous : Les décrets d’application, c’est promis, ne les autoriseront que pour certains sujets précis de façon à ce que le plafond sous toujours au-dessous du plancher…
Quant à la réforme du licenciement économique par des  filiales françaises de groupes étrangers en "bonne santé", n’ayez crainte : Les juges pourront vérifier que les multinationales n'ont pas artificiellement organisé leurs difficultés économiques chez nous pour licencier. Soyez tranquilles ; les licenciements indus pourront toujours être requalifiés en licenciements sans cause et annulés avec réintégration, indemnisations, arriérés, etc. au bout de cinq ou dix ans de procédures…
- Bon. Cépatout. Comme on sent qu’on vous a troublé en laissant passer dans notre premier brouillon des bêtises qui ont pu être mal interprétées - et on s’en excuse – c’est volontiers qu’on va rajouter à la bafouille   ce que vous avez bien voulu nous suggérer : D’abord, on précisera que le Compte Epargne-Temps ne sera pas inclus dans le futur Compte Personnel d’Activité encore à définir mais s’y ajoutera. Ensuite, le plafond du Compte Personnel de Formation sera relevé de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme (ça va ? vous suivez ?) Enfin, la Garantie-Jeunes, ce truc inventé pour "accompagner des décrocheurs vers l'emploi", va devenir un droit d’une durée d’un an pour tous les jeunes sans emploi ni formation avec une allocation mensuelle de 450 euros. Ça vous va ? »

Ils ne sont pas d’accord. Encore un petit effort… 



Rien à voir avec les syndicats évoqués ci-dessus. Là, ce sont nos grands décideurs de la Nation qui passent leur temps qui-est-précieux à tenter en vain de convaincre leurs interlocuteurs de l’UNEF, seule machin représentatif des étudiants de France. Regardez comme c’est beau !