"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 24 mars 2010

Les histoires belges sont formidables !

Le couvre-chef d’honneur des morts-vivants revient cette fois-ci sans hésiter à la justice belge et à ses magistrats pour l’indépendance, l’abnégation, le sens du devoir, la rigueur et le courage que déploie cette irréprochable Institution dans la scrupuleuse et littérale application de la Loi. Plus que pour l’ensemble de son œuvre, cette distinction lui est attribuée pour saluer l’exemplarité de deux jugements de cette semaine (le jury n’ayant pas estimé nécessaire d’en attendre un troisième pour reconnaître l’héroïcité des vertus de la lauréate et l’élever à la gloire des autels…)

Les faits : Un gus plutôt friqué a la naïveté de rénover une belle maison dans un quartier "défavorisé" afin de s’y installer. Résultat : En huit ans, succession de cambriolages dont plusieurs avec violence, plusieurs vols de voiture, car-jacking et, en dernier lieu, famille braquée à domicile, menacée par armes à feu, le gus emmené à bord de sa Jaguar et abandonné en pyjama dans une zone industrielle… Bref, le gus finit par déménager….
Oui mais voilà : il avait touché une subvention pour rénover la maison à condition de l’habiter en résidence principale… Remboursez ! Le gus refuse. Procès… Il est débouté et doit rembourser (soit)

Va pour la sentence, mais que disent les attendus du jugement ? Ceci : "ces agressions ne peuvent être considérées comme imprévisibles ou exceptionnelles et ne constituent donc pas un ‘cas de force majeure’ justifiant un déménagement anticipé…" Et la juge Geneviève Denisty en rajoute une couche en estimant "qu'il n'est peut-être ‘pas raisonnable’ d'attirer l'attention en circulant en Jaguar et en vivant dans une belle maison, dans une région sinistrée comme celle de Charleroi…"

Flash Info Last Minute : "La firme Jaguar envisage d'introduire une action en justice en raison du préjudice grave que les attendus du jugement ont porté à son image. Une décision devrait être prise ce mercredi."
(non, ce n’est pas l’agence de presse du FOPOD qui le dit. Source : Quotidien Le Soir du même jour…)


Les faits : Farid Bamouhammad, français (tiens !) de 43 ans est plus connu sous le nom de "Farid-le-fou". Dès 1984, il est condamné pour vol. À sa sortie de prison il replonge pour un hold-up : cinq ans de prison. La détention se révèle catastrophique. Bagarre, affrontement avec des gardiens, haine, révolte, escalade dans la violence. Il commence sa tournée des établissements pénitentiaires. Puis, plus tard, à la prison de Mons, évasions, prises d’otages, émeutes… tout y passe. En 1997, nouvelle condamnation : 13 ans, pour assassinat et tentative de meurtre. À sa sortie, en 1999 (au bout de 2 ans !) il est expulsé de Belgique et ne peut plus voir sa fille. Il prend les armes pour rétablir le contact avec elle. La police intervient. Farid tente de se justifier en mettant en avant le rôle de père qu’il souhaiterait jouer. En 2005, c’est la goutte d’eau : Farid séquestre sa fille et sa belle-famille puis tire sur la police.
Quel que soit son lieu de détention, Farid a très souvent agressé les gardiens, comportement violent qui lui a valu des séjours dans les quartiers de haute sécurité.
Accessoirement, sachez que les agents pénitentiaires de la prison de Namur sont en grève depuis le 12 mars pour protester contre la présence de Farid qu'ils jugent dangereux pour leur intégrité physique…
Transféré d'établissements pénitentiaires à 18 reprises en l'espace de 2 ans, Farid s'est plaint de conditions de détention exceptionnelles et des mesures disciplinaires qui lui étaient imposées et qu'il assimilait à un traitement inhumain et dégradant…

Considérant que les traitements infligés à Farid durant sa détention étaient fautifs, le tribunal civil de Liège a condamné lundi l'Etat belge à verser à Farid une indemnité forfaitaire de 5.000 € à titre de dommage moral.

Des questions ?

5 commentaires:

  1. Oui, une question : n'y aurait-il pas quelque chose de pourri au royaume de Belgique ? Bon d'accord, la ripoublique française est assez gratinée aussi.
    D'où ma deuxième question : mais où faut-il aller habiter ?
    PS: votre blog est hyper coool, j'veux dire, tu vois ;-)
    Je vous ai naturellement ajouté dans mes liens.

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  2. ...on dirait une blague? J'adore les blagues belges

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  3. @ Temps à venir - Où habiter ? "chez nous" hélas ! (est-ce à dire "chez eux"?)
    @ Cruella - Sachez que le Plouc-émissaire ne blague (presque*)jamais et vérifie ses sources (* sauf quand c'est sous le libellé FOPOD...)

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  4. Ne vous fâchez pas, j'ai bien compris que ce n'était pas hélas une blague.

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  5. Mais je ne suis pas fâché du tout, chère Cruella. J'ai juste un peu tendance à singer l'esprit de sérieux des morts-vivants. Le désir mimétique cher à René Girard, sans doute...

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