"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 4 avril 2016

Bricolage et turquerie d’opérette…



Le soi-disant "accord" UE-Turquie est donc entré en vigueur depuis quinze jours.

Les clauses en sont connues. Pour faire simple, l’UE a confié la charge de contrôler sa frontière en mer Egée à la Turquie dans le cadre d’une convention de "délégation de service public".
- En rémunération de ce service rendu par le délégataire (la Turquie), le délégant (l’UE) relèvera de 3 à 6 milliards d’euros l’indemnité compensatoire qui avait déjà été antérieurement prévue sans qu’on ait bien compris en contrepartie de quoi ; recevra sans visa tout visiteur ayant des papiers turcs et relancera l’adhésion du délégataire à l’UE.
- Le délégataire, lui, s’engage en contrepartie, à arrêter freiner faire ce qu’il peut pour éviter l’afflux de migrants entrant irrégulièrement dans l’UE en provenance de ses côtes. Et comme il n’est pas sûr de vouloir le faire, dans sa grande mansuétude, le délégataire s’est engagé à reprendre ceux que (oups !) il aurait laissé passer par inadvertance, mais à condition que l’UE accepte d’accueillir et de se garder un nombre équivalent de Syriens pris permis ceux dont il voudrait lui-même se débarrasser… A vos calculettes…  

Bon.

Nous avons vécu hier le renvoi vers la Turquie de la première fournée d’immigrants clandestins non admissibles au droit d’asile, prélevés parmi le bon millier arrivé sur nos plages durant la première quinzaine de l’accord ; donc parmi ceux que la Turquie n’a pas voulu pas cherché à n’a pas pu contrôler conformément à l’accord…

Ils étaient 202 à être effectivement expulsés. Pour cette première opération de déportation (pour causer comme le journal de France-Cul’), la chiourme de Frontex avait mis le paquet dans le genre discret : Sur les deux îles grecques concernées, l’embarquement dans des autobus à destination du port a eu lieu de nuit, à 3h du mat’ pour éviter autant que faire se peut les manifs’ de no-border et autres humanitaires. Ceux-ci n’ont donc été qu’une cinquantaine à brailler dans chaque port et ça s’est passé dans le calme. Trois bateaux turcs ont ensuite pris le relai. On notera surtout que chaque expulsé était accompagné jusqu’à bord par un policier grec ou un agent de sécurité européen détaché par Frontex. Chacun avait le sien. Fallait ça.… Faite le compte.

N’oublions pas non plus que si la Turquie s’est engagée à reprendre à l’UE les migrants irréguliers, c’est à la condition qu’ils soient expulsés dans les quinze jours de leur arrivée en Grèce. On notera à ce propos qu’on a fait le plus facile : Les deux cents premiers réexpédiés aujourd’hui à la limite du délai n’étaient quasiment que des hommes seuls, pour la plupart Pakistanais, Afghans et Bangladais, qui n’avaient pas demandé l'asile aux autorités grecques et étaient pour la plupart voués d’entrée de jeu à l'expulsion…
Pour tous les autres déjà concentrés dans les camps de rétention de Lesbos et Chios et ceux qui les rejoindront, le message est passé : Il faut déposer une demande d’asile et ils le feront tous. Or, pour traiter les demandes individuelles en tenant le délai maximum de 15 jours, en dépit du renfort de centaines d'agents européens, les autorités grecques sont totalement débordées…

Je voudrais consoler la manifestante allemande qui criait à Mytilène "Stop aux déportations !" :

Ce n’est pas ça qui accouchera d’un génocide de masse.
Enfin, pas celui qu’elle craint…

6 commentaires:

  1. j ai pas compris l histoire: z avaient dit qu ils renvoyaient que des syriens en Turquie, ce qui semblait logique puisque la syrie est voisine de la Turquie mais dans cette première pelletée, d’après Itélé et BFM, y avait pas de syriens ???

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    1. C'est le grand mystère du grand flou organisateur. Qui parmi les citoyens lambdas dont nous sommes peut dire exactement ce qu'il y a dans "l'accord" ? Nous en retenons ce que le stagiaire de BFMTV ou autre aura retenu, avec sa propre contrainte de temps d'antenne, de ce que l'AFP aura retenu "d'essentiel" à ses yeux avec sa propre contrainte de nombre de signes et espaces...
      Il n'y avait que 2 Syriens sur les 202. Et en contrepartie, le même jour, la Turquie a expédié 16 Syriens en Allemagne par avion.
      Au final, la seule chose concrètement sûre dans l'histoire, c'est le chèque de 6 Md + visas + négo d'adhésion...

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  2. Mais imaginez ! Des trains, des armes, des gendarmes ancien modèle, la nuit ! Non, non, non ! Pas nous, pas ça ! Héhé...
    Enfin, on comprends absolument rien. Ce que j'ai compris, en tout cas, c'est que les Turcs sélectionnent ceux qu'ils nous envoient...
    Après tout, peut être que le Sublime Sultan a fait de notre Jourdain national un Mamamouchi ! Mahameta per Iordina... Y en a un, au moins qui est content !

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  3. J'ai oublié de signer, c'est Antiloque. (pour le commentaire sur le Mamamouchi).Enfin, ça me permet d'essayer d'exprimer toute mon admiration et cie. En vil flatteur, je me risque à dire que la sagesse de vos réflexions m'accompagne au rythme de vos publications. Je m'y risque alors...
    Antiloque

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    1. Passant pour une deuxième visite, je viens de remarquer (avec horreur) une belle faute dans ma prose : "on comprends" semble aller mieux sans "s"... Faites moi grâce du "ne" de la négation, rajoutez une virgule après "au moins" et mettez ces fautes sur le compte de l'alcool ou de la fatigue...
      Antiloque

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