"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 28 janvier 2017

Qui veut encore être président ?



Il n’y a plus d’après pour les "présidentiables" et plus d’avenir pour le métier. En bonne logique, on ne devrait plus trouver de guignols suffisamment bien câblés, et assez fous ou imbus d’eux-mêmes, désireux de répondre à l’annonce… Pour les emplois de profs débutant dans le Neuf-Trois, hein, on le comprend. Pour ceux d’éboueurs aussi (quoi qu’il y ait des avantages ; quiconque a vécu à Marseille sait ça…) Mais pour faire Président de la République ! Voilà un emploi toujours très recherché alors que c’est désormais un job sans aucun avenir ! C’est vrai qu’un CDD de cinq ans renouvelable avec un tas d’avantages en nature, ce n’est pas négligeable par les temps qui courent. Mais les perspectives d’avenir du métier sont telles que ça pose question quant aux volontés vraies des candidats à l’embauche : Pour qu’ils en veulent, faut-il que leurs ambition et optimisme ne soient que vanité et fatalisme. Cépagrave, puisqu’ils échappent à ces séries de vrais entretiens qu’on impose pour l’embauche d’un quelconque commercial chez Duchnok et Cie…

Il faudrait que je revienne sur le scandale Pénélope sous deux angles :
- D’abord, sur les façons de se défendre de Fillon lui-même. C’est dans la tempête qu’on voit le marin, son caractère, sa manière de réagir et de se tenir dans l’adversité, confronté à l’emmerdement maximum bien connu des militaires… Mieux que dans le calme plat, ça donne une idée de l’homme une fois aux manettes si ça vient à foirer grave. Et ça viendra forcément…
- Ensuite, il y a là matière à méditer sur le rôle des médias, poubelles à la demande, drapés dans la vertueuse (et parfois nécessaire) position du "lanceur d’alerte". Il y a là une illustration exemplaire du 4° pouvoir. Ce pouvoir médiatique qui n’est inscrit nulle part, codifié nulle part et contrôlé par personne d’autre que ses actionnaires. Pouvoir dont il semble désormais accepté qu’il soit le premier, suivi loin derrière, dans l’ordre décroissant d’importance et de puissance par le pouvoir judiciaire, puis, encore loin derrière, par le pouvoir législatif et, paraît-il, le pouvoir exécutif  
            Il faudrait, disais-je, mais la flemme et la lassitude aidant, je verrai plus tard ; peut-être…   

A la place, je vous invite à lire le dernier billet de Maxime Tandonnet dont je vous duplique ci-après de larges extraits :
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« (…)  La personnalisation du pouvoir est en fin de course. Lors du printemps arabe, les têtes des dirigeants arabes sont tombées. Aujourd’hui, le carnage se poursuit et s’amplifie dans le monde occidental. M. Hollande et M. Cameron ont chuté. M. Juppé, M. Sarkozy sont tombés. M. Valls est menacé. L’Italie et l’Espagne sont dans le flou. Mme Merkel est au plus mal.  Les exubérances de M. Trump préparent une catastrophe, pour les Etats-Unis et pour lui-même. Vous ne me croyez pas ? Vous verrez d’ici quelques mois… M. Fillon est frappé, avec une violence inouïe, par anticipation. Peut-être va-t-il s’en sortir et l’emporter, dans le climat de délabrement général. Oui, mais après ? Notre temps n’est plus compatible avec le pouvoir personnalisé. La mondialisation, Internet, la transparence absolue, le goût du lynchage médiatique, la soif de pureté des peuples, l’instinct de jalousie, la médiatisation forcenée de la vie publique, la dictature des émotions, la défiance envers l’autorité : toute figure hautement médiatisée est vouée à chuter. M. Macron, s’il poursuit sa route flamboyante, son succès bâti sur le néant, va lui aussi subir le même sort, avant le suffrage, ou bien une fois élu. La chute sera effroyable pour lui. Il deviendra la cible, la bête traquée, la victime émissaire. Quant aux partisans de solutions radicales, Mme le Pen, M. Mélenchon, ou M. Hamon, leur sort, en cas d’élection, est inimaginable. Je serais prêt à parier que le prochain président ne finira pas son quinquennat. (…)
En France, les élections législatives de juin 2017, totalement ignorées, seront déterminantes. Ce fait est incompréhensible aux esprits englués dans l’habitude, le grand spectacle médiatique, l’habitude de confondre pouvoir et idolâtrie. Mais il va s’imposer de lui-même. (…) C’est à l’occasion de l’élection des députés que peut se jouer l’avenir, tandis que le système présidentialiste est en train d’exploser en plein vol. (…) les présidentielles, pour la première fois, ne vont plus conditionner les législatives. (…) Si notre pays retrouve une chance d’être un jour gouverné, ce sera par un gouvernement dépersonnalisé, ou moins personnalisé, issu du Parlement et non de la construction d’une figure mythique du sauveur par les médias. Voilà qui est infiniment difficile, presque impossible à admettre pour nos consciences aveuglées et rongée par l’image du pouvoir devant s’incarner en un visage, une voix, des émotions. Certes, les héros existeront toujours en situations de crise aigües, mais probablement dans l’éphémère – quelques mois ou années pour sauver un pays, à l’image de de Gaulle en 1940, avant de se retirer-  et hors de l’ancrage dans l’institution présidentielle, devenue le plus court chemin vers l’abîme.

Maxime TANDONNET

7 commentaires:

  1. En plein réchauffement climatique, si c'est pas malheureux ! Voilà qui va encore faire chauffer les serveurs des G.A.F.A.

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    1. GoogleAmazonFjensaisquoiApple. C'est comme votre acuraba™, je ne réussis jamais à retenir ce que contient l'acronyme.

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    2. Administré-Consommateur-Usager-Résident-Assujetti-Bénéficiaire-Ayant-droit...

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    3. Ah, merci. Je le copie-colle et me l'envoie pour me le rappeler au moment opportun, et le ressortir aux hôtes bêtifiantes de mon univers intellectuellement aride, afin de participer à l'édification de leur culture (de là à prétendre qu'ils comprendront, je ne parierai pas dessus.)

      Quant au "F", il s'agissait de faceplouc, bien sûr -je me demande comment il peut m'échapper !

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  2. Comment faites-vous pour ne pas comprendre les raisons de l’article du Canard Enchaîné ? Si Monsieur Fillon est attaqué maintenant, c’est qu’il est susceptible de gagner les élections présidentielles, c’est tout !!!

    Par ailleurs, sur le fonds de l’affaire, il est vraiment scandaleux d’attaquer Monsieur Fillon, qui n’a rigoureusement rien fait d’illégal. Je rappelle qu’il est l’auteur de ce tweet martial
    « ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l’argent public ». Ceux qui dénoncent Madame Fillon sont exactement les assistés socialo-communistes visés par le tweet, qui veulent empêcher une famille normale (un papa, une maman) de gagner légalement son argent, en faisant travailler sa femme et ses enfants. Vous n’en feriez pas autant, vous ?

    En plus le salaire n’est pas excessif : 5000 euros par mois pour un travail d’assistante parlementaire qui ne compte pas ses heures et ne prend pas de vacances, c’est peu, en comparaison d’un salaire de fonctionnaire (du genre de ceux qui n’en foutent pas lourd, comme les profs et les infirmières, qui se mettent en grève pour un oui pour un non).

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    1. Voilà, vous l'avez dit, hein. Z'êtes content. Bonjour chez vous.

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