"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

mardi 4 juillet 2017

Côté cul ou côté jardin ?



Non ! Je ne parlerai pas du discours de télé-évangéliste d’hier à Versailles, ni du discours d’épicier d’aujourd’hui au Palais Bourbon. Ni l’un ni l’autre n’était plus qu’un exercice convenu au contenu déjà connu. On notera que celui qui est censé être le plus concret et opérationnel (celui du chef du gouvernement) a enfilé les passages obligés sur la santé, l’éducation, la fiscalité, toussa et délayé sur l’accueil des réfugiés sans évoquer la sécurité intérieure qui n’est pas un problème…

En revanche, j’ai retenu de la semaine que l’acceptation légale totale de la PMA étant de fait maintenant sur les rails sous réserve de dernières mises au net de textes législatifs sur un coin de table. Rien ne s’oppose donc plus dorénavant à la légalisation en France de la GPA. En effet, en l’état actuel de notre droit ainsi que des jurisprudences de la Cour européenne, il n’est pas imaginable, discriminatoire et hautement condamnable que les hommes n’aient pas les mêmes droits que les femmes en matière d’acquisition de biens. Sachant, qui plus est, que la prestation dont il s’agit est exactement la même, PMA ou GPA, seul diffère l’utérus utilisé pour obtenir le produit fini. La prestation serait donc autorisée si c’est l’utérus d’une femme ayant passé commande du produit. Et elle ne le serait pas si c’est celui d’une femme prestataire de service agissant comme mandataire d’un homme souhaitant passer la même commande et qui en serait privé faute d’être personnellement doté des organes nécessaires ?  Ce serait d’autant plus scandaleusement discriminatoire que le concept de "projet parental" n’évoque pas le sexe des demandeurs. Sans compter qu’en cette période de crise et de chômage, la demande masculine en question serait créatrice d’emplois (CDD de Projet de 9 mois) alors qu’on cherche à développer les emplois de "services à la personne"…

Mais bon. Cela m’a remis en mémoire un billet-dialogue que j’avais publié céans il y a 5 ans en plein débat "Mariage-pour-tous – Manif-pour-tous"… J’en profite pour vous le ressortir, histoire de meubler :
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 Lui (caressant le chat) : - Qu’est-ce qui ne va pas ?
L’autre lui
(soucieux) : - Mattéo va bientôt avoir treize ans ; faudrait que tu lui parles…
Lui : - Pourquoi moi ?
L’autre lui : - Tu fais chier. Dès qu’une chose t’emmerde, tu deviens macho. C’est un truc à expliquer entre mecs…
Lui : - Elle est bonne celle-là ! Tu vires souris d’église mal baisée ? Tu sais aussi faire le mec quand t’as envie, tu sais que ça me plait mais c’est toujours quand ça t’arrange ! Quand je suis arrivé, t’étais bien seul responsable de ta cécévée* perso avec ton envie de mioche !

*[NDLR – CCV : Communauté Contractuelle de Vie – nouvelle appellation administrative de l’unité statistique ci-devant identifiée par l’INSEE sous le vocable "ménage"]

L’autre lui : - Nous sommes toi et moi co-responsables de notre cécévée, c’est légal et tu le sais. Toi de genre gay et moi de genre trans ; c’est pour ça qu’on touche les allocs’ et surtout pour ça qu’on est pareil mais que c’est toi le mec !
Lui : - La belle affaire ! Ton choix de vie, c’est juste un truc commode qui te permet de baiser avec moi tout en te pensant hétéro pour pouvoir me stigmatiser quand ça t’arrange !
L’autre lui : - Et alors ? T’as la chance de me baiser chaque fois que t’as envie. Mattéo, t’étais d’accord pour qu’on l’ait ensemble, non ? Alors occupes-t-en !
Lui : - Bon. Ça va, ça va… Faut tout lui dire ? Ça va pas être simple…
L’autre lui : - Evidemment pôv con ! D’abord c’est légal ! Tu veux attendre qu’il épluche son livret de famille et nous fasse un procès pour atteinte à ses droits ?
Lui : - Son livret de quoi ?
L’autre lui : - Fais pas l’idiot, son "Carnet de Traçabilité des Origines"…
Lui : - Ç’est bon, c’est bon, j’y vais…
 
Il va voir le môme dans sa chambre… Mattéo ne se retourne pas ; il torture son gaimboï, le casque sur les oreilles…  

Lui : - Mattéo, faut que j’te parle…
Mattéo (continuant à jouer) : - Mmmh…
Lui : - Euh, voilà… Maintenant que tu es grand, il faut que tu saches exactement ce qu’il en est. Bien entendu, tu sais déjà que tu es issu de la fécondation d’une mère porteuse inséminée à la pipette et qui a accouché sous x ; la femme de papa étant partie quand elle a découvert qu’il était gay avec déjà un peu ses tendances trans. Quand ton autre papa (moi) est venu habiter à la maison, papa t’a voulu, mais pas de moi et lui ne pouvait pas. Il a alors demandé à l’oncle Jérôme de prêter sa semence à ta maman biologique inconnue...
Mattéo
(continuant à jouer) : - Ah Ouais ? Et alors ?
Lui : - Ben… En fait, oncle Jérôme fumait depuis le collège ses deux paquets quotidiens de Gauloises (
tu sais bien que le tabac est plus nocif que le shit) Et comme il ne mangeait pas cinq fruits et légumes par jour, il avait un taux de cholestérol à 103 et la norme maxi est de 100 pour les donneurs de sperme. Il a alors signé une "autorisation de l’ayant droit" pour qu’on décongèle et utilise la semence de son compagnon mort du sida dans la dignité ; tu sais bien l’oncle Nathan dont il t’a souvent parlé… Comme l’oncle Nathan avait un QI de 138 et avait fait l’ENA, papa et moi on a trouvé que c’était bien pour toi et ont signé la décharge…
Mattéo
(continuant à jouer) : - Ah Ouais ? Et alors ?
Lui : - Alors rien. C’est pour que tu saches…
Mattéo
(continuant à jouer) : - Et pourquoi faut que je sache aujourd’hui, comme ça tout d’un coup ?
Lui : - Ben à cause de l’orientation scolaire au mois de mai. Si l’an prochain tu veux faire arabe en 2° langue, c’est toi qui décide seul. No problem’. En revanche, si tu veux faire espagnol il te faudra l’accord parental à la majorité qualifiée. Surtout, pour faire latin-grec et l’option littérature médiévale dont tu nous as parlé (tu sais ce qu’on en pense mais c’est ta liberté), il faudra l’accord parental à l’unanimité ; et ça, ce sera compliqué…
Mattéo
(continuant à jouer) : - Ah Bon ? Pourquoi ?
Lui : - C’est la Loi depuis les indispensables réformes de 2013 sur la liberté de procréation, le partage de l’autorité parentale et les mesures pédo-protectrice post CVG [
Continuation Volontaire de Grossesse]. Tant que tu es mineur, tu es sous l’autorité conjointe de papa et de moi en nos qualités de co-responsables de notre cécévée et donc de toi. Papa qui n’est pas ton papa puisqu’il est stérile mais qui portait le projet parental et moi pareil... Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi oncle Jérôme qui est maintenant un peu gâteux. En tant que veuf et légataire envoyé en possession du bien séminal résiduel de son époux Nathan prédécédé, il a participé à notre projet parental en faisant don du gamète mâle dont il était juridiquement détenteur légal (usus, fructus et abusus, en fait de meuble possession vaut titre…), gamète qui a été incorporé dans le processus de ta conception...
Et puis tu sais que papa et moi sommes un couple moderne. Pour pallier les conséquences pour toi d’une éventuelle défaillance de l’un ou de l’autre et prévoir de toute façon le non-prévu mais statistiquement probable futur divorce entre nous, papa et moi avons demandé au Tribunal d’Instance de pouvoir partager l’autorité parentale avec notre copain Hafid que tu connais bien. Ça n’a pas posé de problème compte tenu de la jurisprudence dite "des trois lesbiennes" qui rend possible le partage de l’autorité parentale avec la concubine de la marâtre… Et pour l’espagnol il faudra que tout le monde signe…
Pour les langues mortes et la littérature médiévale, ça risque d’être plus compliqué. Le directeur du collège et le conseiller d’éducation ne voudront sans doute pas prendre ce risque sans s’assurer que toutes les démarches ont été faites pour informer ta mère biologique de cette drôle d’idée que tu as et obtenir son consentement via le fichier des origines génétiques. Bien sûr, elle a son droit acquis, personnel et inaliénable de conserver son anonymat. Mais ton droit aussi inaliénable de rechercher tes origines génétiques à ta majorité risquerait de la mettre dans une situation délicate. Apprendre un jour qu’elle a généré un individu passionné par toutes ces vieilleries peut lui occasionner un terrible choc psychologique dont l’Education Nationale, dans son laxisme, pourrait être tenue civilement responsable…
 

Mattéo s’est arrêté de jouer mais ne dit rien… 

Lui : - Alors ? T’as compris ? Tu n’as rien à me dire ?
Mattéo
(se retournant enfin vers son deuxième papa) : - Tu me prêtes 100 € ?
Lui : - Pourquoi ?
Mattéo : - J’veux prendre l’Eurostar et aller à Londres avec ma copine de classe.
Lui : ??!... - Euh… Si tu veux on en reparle…
 

Il retourne auprès de l’autre papa…

L’autre lui (caressant le chat) : - Alors ?
Lui : - Ce gosse est à rééduquer…


dimanche 2 juillet 2017

Incubator et ceux qui ne sont rien…



En ces temps où chacun doit se méfier de l’endroit où il met la virgule, s’exprimant jeudi dernier devant un parterre d’invités de choix, notre Cyborg-président a donc dit expressément ceci :

"- Une gare, c'est un lieu où l'on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien."

Je ne m’étendrai pas sur les cris d’orfraie, les touïites scandalisés, les miaulements outragés et autres éruptions d’indignation surjouée suscités par ce propos dans le petit monde politico-médiatique, de gauche comme de droite. C’est de bonne guerre ; il faut bien que les indignés fatigués d’être debout et les intermittents du scandale trouvent des os à ronger pour continuer à exister
Au demeurant, le Cyborg-président ne l’a pas volé.
- D’abord, s’il est bien, comme on nous le dit, un grand amateur de littérature avec un goût prononcé pour la philo, il devrait relire les discours que lui concoctent des sherpas qui n’ont sûrement pas fait Normal-Sup’ lettres et, si c’est le cas, sûrement pas à l’ancienne. Il n’aurait jamais dû laisser passer les, pronom personnel, au lieu de des, article indéfini :
"- Une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien." Ça n’a tout de suite plus du tout la même gueule ni, surtout, le même sens
- Ensuite, il n’a vu dans cette phrase anodine qu’un simple constat d’un fait banal à ses yeux que tout un chacun peut constater par lui-même. Il est toujours dans un logiciel de campagne sans contradicteurs où la technique creuse du "l’eau ça mouille et le feu ça brûle" permet de meubler l’argumentaire de vente aux consommateurs électeurs pour leur faire dire : Mais oui, mais c’est bien sûr ! Comme il est intelligent ce type !...

S’agissant des guignols qui se sont "indignés", je suis en outre sûr que, pour beaucoup qui ne lisent qu’en diagonale ou se contentent (souvent) de reprendre ce qu’a dit l’autre, si leur rétine a lu "qui ne sont rien", leur cerveau a dû enregistrer "qui ne font rien". Réaction pavlovienne immédiate du défenseur de la mémoire ouvrière, du modèle-sozial-fwançais, des acquis-de-36-45, de, de… Enfin bref…

Pourtant, pour moi, penser qu’ils ne sont rien, c’est pire que penser qu’ils ne font rien…

Mais ce n’est pas tout. Comme il parlait de gare, j’ai cru d’abord qu’il avait dit ça à Rennes lors de l’inauguration de la nouvelle gare TGV. Là, outre sa suite et ses gardes, il était entouré d’une foule d’employés de la SNCF, braves garçons et braves filles qui s’étaient escagassés depuis des jours pour pouvoir l’accueillir dans un livre d’images. Qu’ils soient salariés syndiqués de la SNCF ou précaires de sous-traitants payés avec des élastiques (l’usager les confond), on ne peut pas dire qu’ils ont réussi au sens macronien. Mais ils ne sont pas rien

Non. Ce n’est pas devant ce genre de public qu’il a dit cette phrase. C’est à l’inauguration de la Station F.
Je n’ai nulle part trouvé noir sur blanc le substantif ou l’adjectif ou le nom propre dont ce F est l’initiale. Je présume que c’est une façon très marketing de suggérer Station France, nom à l’évidence trop réducteur. F, au moins, reste ouvert sur le monde, sur 2022 Odyssée de l’espace… Et puis Station ! Le vieille halle Freyssinet était après-tout un bâtiment ferroviaire. Passez donc par chez nous mettre votre poussin sur les rails pour continuer ensuite votre voyage vers des horizons lointains. Que c’est beau ! Station… comme un arrêt de bus… Station F, donc. Euh… F comme Facebook… Ou plutôt F comme Free peut-être ?

Ultra moderne et novatrice pour l’époque, connectée à la gare d’Austerlitz, la halle Freyssinet a été bâtie en 1929 pour répondre aux besoins du trafic de fret. Elle était laissée à l’abandon par le SERNAM depuis dix ans. Dans le cadre de l’opération de ZAC rive-gauche, la Ville de Paris l’a rachetée à la SNCF en 2013 pour un prix que je n’ai pas trouvé (en usant de son droit de préemption) et revendue dans l’heure à… Xavier Niel (Free, le Monde…) que l’on ne présente plus…
Et notre Xavier Niel offre donc à la France (hum) la Station F destinée à être le plus grand incubateur numérique du monde pour des start-up et des entreprises innovantes… Cool !

C’est donc lors de l’inauguration de la Station F que le Cyborg-président a prononcé la phrase si vivement contestée. L’ambiance s’y prêtait évidemment mieux. Là, en effet, il n’avait pas devant lui un public de cheminots et d’élus locaux mal dégrossis comme à Rennes. C’était le monde des start-ups, des geeks de haute volée, des trentenaires aux cerveaux affutés. Bref, aucun auditeur entre les petits fours n’imaginait côtoyer là un voisin qui ne soit rien…

Macron, soyez-en sûr, se pense incubateur en chef du devenir radieux de la France ce pays l’Europe, enfin de toussa

Ah oui ! Ajouté à l’effet que m’a fait la contemplation de son portrait officiel, sa fonction impérial d’Incubator me fait penser à l’Incube. Oui, l’incube, la version mâle du succube (qui en est la version femelle même si le mot est masculin, n’ergotons pas) Dans les mythologies antiques, l’incube était un démon prenant l’apparence d’un homme pour posséder virilement une femme (ou tout aussi bien un homme, zétaient déjà modernes) et étouffait souvent sa proie jusqu’à ce que mort s’en suive…

Euh… Je n’ai pas dit que le Cyborg est un incube, hein. Mais je me méfie quand-même…


samedi 1 juillet 2017

De la politique et de l’art contemporain…



Au vu des épisodes électoraux n° 1, 2, 3 & 4 de la saison 5 de la série "Gouverner c’est éluder", cette saison 5 démarre très fort avec un nouvel acteur assez stupéfiant dans le rôle phare du héros de la série. Il est vrai qu’il était temps qu’on en change ! L’intermittent du spectacle précédent titulaire du rôle était tellement cabot pour fête de fin d’année à l’école primaire de Pellouailles-les-Vignes que ça aurait fini de tuer l’audience !
On change bien les James Bond sans se préoccuper de ressemblance physique. Comparez Sean Connery et Daniel Craig ! Et puis, hein, imaginez qu’on nous ressorte chaque fois Sean Connery de sa retraite et à son âge, ou même Roger Moore, pour faire les mêmes pirouettes que Pierce Brosnan… Il y a un âge pour tout ; j’en sais quelque chose...

Mais ne nous égarons pas… Le jeune premier choisi par les producteurs de la série qui nous intéresse donne manifestement un coup de fouet à l’audience et renouvelle le suspense haletant propre à l’intrigue. Bon ça, Coco, pour le chiffre… Les plus vieux d’entre vous se souviendront peut-être de la série Dallas quand l’Amérique entière et les cons de chez nous étaient suspendus à leur poste en espérant découvrir qui a tué J.R Dans les séries, on attend le sang. Dans notre série, il n’y a pas encore (vraiment) de sang. Attendez, ça va venir…  
Mais, tout bien réfléchi, la saison 5 dont je cause ne devrait pas s’écarter vraiment du scénario-type des saisons précédentes. Ça devrait suivre le même schéma que les James Bond ; on ne change pas une formule qui gagne : Quelle que soit la tronche de l’acteur-titre, qu’elle que soient les attraits spécifiques de la carrosserie de sa faire-valoir féminine, le générique est le même, la musique est la même, Q fait la promo de la marque de bagnole qui paie le plus la prod’, le temps consacré aux cascades est le même et la scène finale est la même, suggérant une copulation bien méritée des deux héros coupant le téléphone…

Au vu des épisodes électoraux n° 1, 2, 3 & 4, disais-je, ça démarre exactement comme les précédentes saisons : L’acteur principal s’est imposé de haute lutte (hum) dans le rôle-titre en annonçant une rupture annonciatrice d’une transgression majeure martelée au générique : Chirac et sa "fracture sociale" ; Sarkozy et "l’Identité" ; Hollande et sa "normalité". Et maintenant Macron et son "libéralicisme ni-gauche-ni-droite"…
Mais pendant ce temps-là, le chômage, la dette, le déficit, les retraites, la désindustrialisation, etc. sont toujours là. L’immigration continue et hors contrôle vidant le territoire de son être est toujours là. Les intérêts respectifs les plus vitaux de la France et de l’Allemagne divergent de plus en plus. L’U.E. n’est plus qu’un poids inerte et un problème pour tout le monde, une sorte de trou noir qui continue d’engloutir inexorablement toute la substance qui l’entoure pour nourrir son cœur insatiable et berlinois (jusqu’à ce que la Turquie le croque…) Pendant ce temps-là, aussi, les USA, la Russie et l’Asie veillent à leurs intérêts bien pensés et ne s’endorment pas…
Bref, le réel est toujours là. C’est contrariant, oui je sais. Et que croyez-vous qu’il va se passer ?

Les premiers exploits du nouveau héros, tant encensés par les médias se résument à de l’évènementiel sans portée : A l’international, alignement sans barguigner sur les positions allemandes et scénettes de théâtre avec Trump et Poutine pour la photo… Et sur le marché intérieur, reprise des couacs, des pantalonnades, recherche des effets d’annonce, petits arrangements à l’ancienne et croque-en-jambes aux copains… Tout laisse penser que le scénario est parti pour rester dans le droit fil des saisons précédentes : Après la rupture-transgression annoncée et tant attendue par l’acuraba, on plie les gaules et on fait-c’qu’on-peut…  Vous me direz que, quelque part, ça rassure…   
Sauf que… la manière de vendre la sauce s’annonce si autocratique qu’on peut s’attendre à tout…

Quoi qu’il en soit, le fond de sauce reste le même : l’important n’est pas le réel mais ce qu’on raconte à l’acuraba. Emile de Girardin disait "- Gouverner c’est prévoir", Mendes-France "- Gouverner c’est choisir", Nietzche "- Gouverner c’est faire croire"… Aujourd’hui, grâce aux progrès de l’information en ligne et de la concentration des moyens médiatiques, gouverner c’est raconter. Déjà, Hollande Pédalonaute avait essayé "- Gouverner c’est commenter". Désormais, c’est narrer une histoire, si possible une belle histoire (pas esthétiquement belle, hein, mais à happy-end !) qui ne tient surtout pas compte du réel (trop contrariant) mais s’en écarte, l’ignore ou du moins l’interprète, l’enjolive (ou souvent l’enlaidit) pour le faire cadrer avec les désirs ou les fantasmes du locuteur-gouvernant.  

Bref, la politique a quelque chose à voir avec l’art contemporain…