"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 20 octobre 2010

Echauffement et déambulation.

"Lyon: la manifestation du 19 octobre entachée d'échauffourées" (Le Progrès)

Agence Reuters :

Après une nuit calme, la tension était à nouveau palpable mercredi dans le centre de Lyon.
La police est intervenue pour disperser quelque 300 jeunes se déplaçant par petits groupes dans les environs de la place Bellecour.
Métro, tramway et lignes de bus concernés ont été fermés pour éviter le transport dans le centre de jeunes "casseurs" venus des banlieues. "On ne peut pas alimenter la pagaille"a expliqué le président des transports en commun.
La place Bellecour, où déambulaient quelques groupes, était cernée par les CRS qui filtraient les allées et venues des piétons, empêchant les plus jeunes de circuler.
Les pompiers ont dû intervenir sur un début d'incendie sur un camion.
Près de 800 hommes ont été déployés sur le terrain. Deux personnes ont été interpellées.
Le sénateur-maire a appelé chacun à la responsabilité "et notamment les parents des jeunes ".
Le ministre de l'Intérieur est attendu ce mercredi.
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C'est tout...

Traduction en français d’avant-hier des mots échauffourée, tension palpable, pagaille, déambulation et jeunes :
Jusqu’à 1 300 casseurs rassemblés place Bellecour puis dévastant tout sur leur chemin de repli. Des voitures, le mobilier urbain et une trentaine de vitrines détruites. Plusieurs magasins (maroquinerie, chaussures, matériel numérique, jeux vidéo, …) pillés jusqu’à l’os, réserves comprises ; des vendeuses molestées et menacées de viol.

La fermeture de stations de métro et bus (merci pour l’usager lambda) était une mesure de bon sens et d’expérience. Un des jours similaires précédents, j’avais personnellement assisté sur les quais du métro au débarquement en rangs serrés de rames entières bondées jusqu’à la gueule de jeunes de tous âges d’un genre peu habitué aux cours de lycées mais néanmoins chances pour notre avenir (prenant leur suite à bord, je ne m’étends pas sur l’état des voitures…) Dans notre douce France, je m’étais alors pris à rêver d’un peu d’efficacité, parfaitement compatible, me semblait-il, avec le sacro-saint principe que la prévention doit toujours primer sur la vilaine répression : Je te bloque vigoureusement la station par les deux bouts et à chaque arrivée de rame je t’embarque tout ça manu-militari pour l’air pur de la campagne et retour à pied… Et tant pis pour les quelques guignols inclus par erreur au faciès dans le lot. Il y a des dommages collatéraux plus graves… Faut savoir ce qu’on veut…
Mais non. Dans notre état de droit, ça s’appelle une rafle (j’vous dis pas !) De plus, on n’a rien à reprocher à ces personnes, qui plus est au comportement citoyen puisque usagers d’un transport doux… Il faut attendre qu’ils se laissent expressément et individuellement aller à commettre un acte juridiquement qualifié de délictueux (sur le coup de l’émotion ou de l’indignation légitime, évidemment…) pour solliciter de la plus haute autorité hiérarchique le feu vert pour intervenir. Pour ce qui est de la prévention, cherchez l’erreur…

Et encore… Les instructions sont formelles (syndrome Malik Oussekine ou je ne sais qui…) : Eviter à tout prix le "contact" D’où le constat des commerçants pillés : "- Il n’y avait pas un policier à l’horizon" T’as mal regardé mon con. Z’étaient à 120 mètres et sont arrivés très vite. Mais seulement une fois les actes avérés. En courant aussi vite que les pillards. Mais pas plus, faut garder les distances pour respecter les ordres. On ne va pas le leur reprocher, pour une fois qu’on a un corps de fonctionnaires qui exécute les consignes reçues en dépit de telles conditions de travail (ce n’est pas de l’ironie de ma part) Je préfère n’être pas à la place des gars qui ont procédé aux deux seules interpellations "à chaud" de la journée, on va probablement les saquer pour avoir outrepassé la consigne…

De toute façon, l’exécutif continuera à mouliner ses petits bras, les flics continueront à ramasser leurs blessés, les journalopes continueront à enfler de la braguette (et Chloé Leprince à mouiller sa culotte) à chaque jeune stigmatisé dans sa chair de divers, l’IGS à enquêter sur chaque orteil de jeune un peu bousculé par un brodequin de l’Etat, les assureurs à augmenter leurs primes et les miroitiers à engranger des commandes urgentes…

Tout baigne.

PS : à titre documentaire

4 commentaires:

  1. Ah ouais, 2 interpellations, ça c'est du chiffre.
    Ils vont se faire virer.

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  2. "...les assureurs à augmenter leurs primes et les miroitiers à prendre des commandes urgentes…"
    ...et les aéroports à embaucher les "jeunes " des quartiers, exclusivement:
    http://www.aeroportsdeparis.fr/ADP/fr-FR/Groupe/Engagements/PlanEspoirBanlieues/Engagement-Aeroports-de-Paris/

    Il a dit quoi déjà le préfet qui s'est cru en Afrique du nord en arrivant à Roissy (et qui s'est fait virer)?

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  3. Bin, il est où est le problème ? Faudra réparer tout ça, et cela donnera du boulot aux populations laborieuses, hein ? Pis, faut dire aussi que la TVA là-dessus, sur les factures, ça va remplir les caisses de l'Etat, non ? Elle est pas belle, la vie ?

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  4. Quand Roissy sautera, faudra le réparer aussi.

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