"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 4 juillet 2014

Des chiffres, des lettres et des sons (sans cédille…)



- Des lettres tout d’abord. C’est comme avec les sons. Les sons, on peut les agencer comme on veut, dans l’ordre qu’on veut pour bruiter une apparence de parole avec sa bouche. Les lettres, c’est pareil. Il est des retraités qui font des efforts méritoires pour les ranger sur des petites planchettes. Ça s’appelle bizarrement Scrabble, un genre de Pétrole Hahn contre la chute des neurones. Mais on peut aussi en faire des phrases. Ça peut servir et il est avéré d’expérience que ça peut être utile dans une grande variété de situations. La production de phrases remonte d’ailleurs à la plus haute antiquité.
Construire certaines phrases nécessite parfois un laborieux travail, voire une intelligence supérieure afin qu’elle puisse répondre à leur fonction : être non seulement lisible, mais faire en sorte que le lecteur puisse à peu près comprendre sans trop de contresens ce que son constructeur a à peu près voulu dire. Et croyez-moi, ces phrases-là que certains essaient de fabriquer tous les jours nécessitent autant d’efforts que la construction de la pyramide de Kéops.

D’autres non.

Avec un stock de lettres et suffisamment de "e", on peut bruiter une apparence de phrase sans se fouler. Comme avec les sons. L’ordre des lettres et les césures entre les mots sont certes imposés par des règles absconses de l’Académie mais c’est là usage surannée. Car lorsqu’on n’a rien à dire, pourquoi ne suffirait-il pas de piocher comme ça vient dans le stock et d’écrire :
paé prtstaa vgiréRveuc' eleni queu ad'n rêbl
Pourquoi faut-il s’escagasser à écrire :
"- La République c'est un rêve d'avenir partagé." ?

Ç’est presque aussi beau que "Rêve métissé d’un éternel futur" déjà si souvent évoqué ici. Mais pas autant : il y a un sujet, un verbe et un complément, ça fait donc un peu trop construit

Bref, c’est notre président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré qui a sorti ça aujourd’hui en flinguant Sarkozy. Pour lui, les institutions fondamentales dont il est le gardien ne sont donc qu’un rêve, un rêve dans l’avenir ; et un rêve partagé (par qui ? entre qui ? avec qui ?)…

Bon, ce sera la phrase du jour (du jour seulement…)  

- Ah oui ! Des chiffres… 29 !

Aujourd’hui, sur BFM-TV, l’animateur de je ne sais plus quel débat (je les confonds tous) que je n’ai pas suivi plus de 5 minutes a évidemment commencé par présenter le thème dont vous vous doutez puis ses 4 invités (leurs titres et leurs bouquins). Ce qui a pris exactement 4 minutes 19 secondes.

Durant ce laps de temps (je me suis repassé la bande pour compter) il a prononcé exactement
29 fois le mot "affaires"
Soit en moyenne une fois toutes les 8 secondes 93/100°

Ce sera le chiffre du jour et, évidemment, le mot du jour

Ce sera tout pour aujourd’hui.

[paraît que l’Allemagne mène 1 à 0 à la mi-temps vu le calme dans la rue]

3 commentaires:

  1. Il en faudrait très peu à ce Monsieur Debré pour ressembler à un clown.

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  2. kobus van cleef04/07/2014 21:31

    il a dejà le gros nez....

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  3. à mon humble avis il y a des dormeurs que l'on doit réveiller d'urgence , même avec un seau d'eau s'il le faut !

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