"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 10 novembre 2014

UMPS entre poire et fromage…



"- Non ! Non ! On a parlé d’autre chose ; de la germination des pommes de terre je crois me souvenir…"
C’était avant-hier. Jean-Pierre Jouyet, poire de chez Pédalo n’ayant pas négligé le fromage chez Sarko…
"- Euh, ben en fait je me souviens maintenant. Oui Fillon m’a sollicité, et à travers moi l'exécutif, pour accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy. Mais vous n’y pensez-pas ! Il a également soulevé la question de la régularité du paiement des pénalités payées par l'UMP pour le dépassement des dépenses autorisées dans le cadre de la campagne présidentielle."
C’était hier. Faut dire qu’entre temps, l’entretien, enregistré, avait fait des petits dans Paris…

On se demande bien où ces journalopes sont allés chercher l’idée saugrenue de l’interviewer sur ce putain de déjeuner du 24 juin avec son pote Fillon. Oui, l’autre là, avec sa gueule de croque-mort à tirer les sonnettes pour placer le petit journal des Témoins de Jehova… 

- Ce paiement par l’UMP justement, reparlons-en : 516.615 € de remboursement raqué au Trésor Public par le parti à la place de l’individu Sarkozy à la suite de l’invalidation des comptes de campagne de celui-ci par le Conseil constitutionnel. La douche froide lui (et leur) est tombée dessus plus d’un an après la bataille. Alors sous la houlette de Coppé, l’UMP décide de payer sur la caisse du Parti. Bon.
La "personne morale" UMP pouvait-elle juridiquement le faire en lieu et place de la personne physique Sarko ? Oui.          
Scrupuleux, le haut fonctionnaire dont les services reçoivent les chèques de l’UMP alerte le directeur général des finances publiques. Ce dernier (Bruno Bézard), bon connaisseur du Droit, estime l’opération licite mais se couvre néanmoins le 4 novembre 2013 en consultant Jean Maïa, le patron des affaires juridiques à Bercy. Ce dernier lui répond le 12 novembre 2013 par une note de quatre pages très professionnelles que Maïa résume dans un ajout manuscrit en fin de courrier : "Dans aucune des branches du droit auxquelles renvoie ce dossier, on ne trouve donc d'obstacle à ce que les sommes avancées par l'UMP tiennent lieu de règlement définitif des créances de l'État." (cf. ici) Les deux ministres concernés d’alors (Mosco’ aux finances et Cazeneuve au Budget) ayant sûrement été avisés (qui pourrait croire le contraire ?), les chèques sont encaissés sans qu’il puisse venir à personne l’idée que, ce faisant, l’Etat puisse se trouver en situation de "complicité de recel d’abus de confiance" !
Pour les services de l’Etat, tout est réglé et tout est en règle. Pour la "Justice", tout est normal. Ça va durer… 7 mois½…

- Entre temps, Bigmalion est passé par là. En mai 2014 Coppé se fait virer. Le trio de musique de chambre­ Juppé-Fillon-Raffarin arrive aux manettes de l'UMP et ça cause état des comptes... Fillon et Juppé veulent des explications sur le paiement de l'automne 2013. Selon Fillon et son avocat, il y a "abus de confiance", l'UMP ne pouvant payer pour un tiers (ce que l’UMP avait déjà fait par le passé pour des amendes du temps de Chirac et…Juppé) Trois hypothèses : Soit les commissaires aux comptes ne certifient pas les comptes de 2013 ; soit les fameux chèques sont inscrits en créances à rembourser au parti par Sarko, soit une plainte pour abus de confiance est déposée "contre X" par l'UMP… On décide de ne rien faire et les commissaires sont d’accord pour valider les comptes en laissant les 516.615€ en charges exceptionnelles. Et ensuite ? Ben…

- Le 24 juin, Fillon déjeune avec Jouyet, désormais secrétaire général de l’Elysée, premier valet de chambre de François II Pédalonaute Socialogénète…
- Le 30 juin, les commissaires aux comptes de l’UMP mettent la touche finale à leur travail en apposant leurs signatures sur les comptes certifiés justes et sincères de leur cliente.
- Le 1° juillet, ces mêmes commissaires se précipitent pour signaler leurs doutes au Procureur. Les chers petits…
- Le 2 juillet, c’est sans débander que le procureur de Paris lance une enquête préliminaire "pour abus de confiance".  
- Le 6 octobre, après avoir envisagé de saisir directement le tribunal correctionnel, le procureur de Paris ouvre une enquête judiciaire. Sachant l’encombrement de services débordés, arriver à boucler une enquête préliminaire pour passer avec autant de conviction au stade du pénal dans une affaire si complexe en soixante-cinq jours ouvrés incluant les congés de juillet-août, je dis chapeau !! Notre justice est rapide !  

Mais rassurez-vous. Pour une fois que Taubira n’y est pour rien… Ça va tuer Fillon, ça va déstabiliser Jouyet, et ça participe au préfinancement du film futur bide "Valls avec Juppé au bal de la Marine"…

2 commentaires:

  1. "avec sa gueule de croque-mort à tirer les sonnettes pour placer le petit journal des Témoins de Jehova": excellente description de Fillon!

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  2. kobus van cleef11/11/2014 14:54

    On dit "sa tête de gendre idéal"
    Pourquoi idéal ?
    Ben pasqsu'il échouera à séduire la veuve joyeuse du canton, laquelle est courtisée par des mâles à l'allure plus assumée
    En toute honnêteté, ce qualificatif conviendrait mieux à Éric Woerth

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