"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

dimanche 19 février 2017

On rentre le linge avant l’orage…



Je repense à ce jour ancien. "Primo-accédant" comme on dit, venant d’installer depuis peu mes pénates dans une jolie maison individuelle entourée de verdure semi-rurale, j’étais encore un naïf acuraba des villes. Un matin, alors que, l’âme en paix, je partais au boulot, la voisine m’interpella par-dessus la clôture : « - Vous devriez rentrer le linge ! » Et, voyant mon air interrogateur au vu du ciel bleu sans nuage, elle a ajouté : « - J’ai vu les gendarmes. Ils s’attendent à une "passée de manouches"… » Mais c’était il y a bien quarante ans. Aujourd’hui, céplupareil. On ne prévient plus ; d’abord parce que c’est permanent, donc normal. Et prévenir de quoi, hein ? Ce serait faire l’amalgame… De toutes les façons, on ne sort plus rien. Et on a intérêt à rentrer femmes et enfants ; et les bijoux de famille…

Mais je m’égare. Où en étais-je ? Ah oui ! Quand ça tangue, il vaut mieux avoir son magot sous le matelas que confié à on-ne-sait-qui à l’autre bout de la ville. Surtout depuis que la loi a prévu en douce et dans un silence assourdissant que l’Etat pouvait si nécessaire taper dans vos avoirs bancaires et d’assurance-vie pour faire face à ses (nos) dettes… Mais je m’égare encore.

La Gross Germania, elle, nous le savons, a les pieds sur terre et près de ses sous. A partir de 2013 (comme c’est curieux), la Bundesbank a donc entrepris à bas bruit, de ramener dans ses coffres le bas de laine intangible qu’elle avait confié en dépôt à l’oncle Sam et au coq gaulois (On ne parle curieusement pas de la Grande-Bretagne). Il est vrai qu’avec ses 3.000 tonnes, l’Allemagne détient le plus gros stock d’or après les Etats-Unis. Et que, la guerre froide aidant, le plus gros de toussa avait été entreposé chez ses alliés, à l’abri des chars soviétiques pouvant être tentés de ne pas s’arrêter à Budapest et Varsovie…

Initialement prévu pour s’étaler jusqu’en 2020, le programme de rapatriement semble s’accélérer. En 2016, déjà, 105 tonnes d’or avaient ainsi quitté les caves de la Banque de France pour rentrer au bercail. 91 autres tonnes vont suivre ces prochains jours. Au total, que ce soit en lingots ou en barres de 12,5 kg, ce sont donc plus de 7 milliards d’euros d’or qui auront franchi le Rhin avant nos élections…  

Bien entendu, interrogé, le porte-parole de la Bundesbank nous a rassuré : « L’incertitude politique liée à la nouvelle administration des États-Unis ou à la prochaine sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a eu aucun impact sur la rapidité de l’achèvement du projet ou sur les décisions concernant les emplacements du stockage » On lui sait gré de n’avoir pas évoqué d’incertitudes concernant la France. Mais la France, à l’instar de Donald Trump, les Allemands savent-ils encore ce que c’est et où ça se trouve ?

2 commentaires:

  1. Donc l'Allemagne n'a plus peur des chars soviétiques !

    Mais est-ce que les pays actuellement dépositaires de l'or allemand peuvent-ils de le restituer ? Il va peut être y avoir des surprises notamment en ce qui concerne les USA et là Trump n'y sera pour rien.

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  2. Moi, finalement, entre les chars russes et la char ia, mon coeur ne balance plus vraiment, si on devait un jour choisir ...

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