"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

mercredi 4 juin 2014

Le Gwannignporteukouah d’or 2014 est attribué !



Le  Gwannignporteukouah vient d’être décerné. Profitez-en car ce n’est pas tous les ans. Il n’est attribué que fort parcimonieusement les seules années pairs non bissextiles divisibles par dix-neuf, par un jury unipersonnel très exigeant présidé par le Ploukèm’ de l’Institut. Bref, c’est vachement exceptionnel.

Le Gwannignporteukouah veut distinguer, récompenser et promouvoir des œuvres faisant date dans l’histoire du lard-comptant-pour-rien-assuré-de-marger-grave-mais-figuratif-quand-même.

Il vient d’être attribué à l’artiste néerlandaise Diemut Strebe pour sa création installation invention performance reconstitution son œuvre appelée «Sugababe» : l'oreille coupée reconstituée du peintre Vincent van Gogh !

Cette réplique vivante de l'appendice que le peintre d'Auvers sur-Oise s'était tranché dans un accès de folie en 1888 a été recréée par l'artiste. Elle est actuellement exposée (l’œuvre, pas l’artiste) au musée de Karlsruhe en Allemagne.

Et ce n’est pas du toc ! L'artiste travaille à partir de matières biologiques et vivantes ! Avec la collaboration d’une équipe de scientifiques, elle a régénéré l'oreille du peintre en utilisant l'ADN d'un de ces descendants et une imprimante 3D. La porte-parole du Centre pour l'Art et les médias de Karlsruhe était toute émoustillée et fière d’expliquer que  l'oreille, qui  a la même forme que celle de Van Gogh, a été fabriquée à partir de cellules de cartilage aimablement fournies par l'arrière-arrière-petit-fils de Théo Van Gogh, le frère de Vincent … Conçue grâce à l'association de cellules vivantes et de composants techniques, cette oreille est présentée comme une "œuvre vivante"

Le must, c’est que la bête ne se contente pas d’être bêtement exposée dans son bocal. L’artiste n’a pas oublié d’ajouter la petite note d’interactif indispensable : On peut murmurer à l’oreille de Van Gogh grâce à  un microphone. Leurs bruits de bouche des visiteurs sont transmis à l’oreille par le liquide où elle baigne et sont enregistrés pour que Vincent puisse se les repasser la nuit ; peut-être…
Pour juger sur pièce avant de valider l’attribution du Gwannignporteukouah d’or, le Ploukèm’ est allé à Karlsruhe juger sur pièce : Ça ne marche pas dans l’autre sens et Vincent ne dit rien (encore que… j’ai cru entendre une voix d’outre-tombe ; quelque chose comme "P’tain les cons…")
L’œuvre est exposée en Schleuland jusqu’au 6 juillet ; dépêchez-vous. Ensuite elle partira à New-York…
  
Le jury du Gwannignporteukouah a motivé son choix à plus d’un titre : Tout d’abord compte tenu de l’investissement technique considérable que l’œuvre représente. Pour une fois, l’artiste a fait bosser la science et ne s’est pas contentée d’investir dans trois pelotes de laines et cent-vingt litres de mousse de poly-quelque chose pour valoriser sa créativité. Le succès attendu de la tournée des grandes capitales devrait préfigurer le prix futur de la bête sur le marché de lard. Ensuite, en raison de l’avancée que cette œuvre incarne en ouvrant des perspectives déconstructionnistes et reconstructionnistes qui interpellent au niveau du vécu quant à l’avenir du vivant, la bioéthique, le clonage, la Frankensteinologie, la viande de bœuf reconstituée, le Big Mac, le marketing muséologique, le recyclage du cartilage nasal de Jack Lang, la connerie des ventres pleins, la libido post-mortem, toussa 

Et en plus, la gonzesse batave en question n’est pas en cartilage reconstitué et même pas bidon comme AquiliùFaroukami-Sturp !

mardi 3 juin 2014

Un fond de carte et des crayons de couleur…



Quand on ne sait plus trop quoi faire, on peut toujours faire du coloriage sur un de ces cahiers que l’on donne aux enfants en leur conseillant de remplir les formes en essayant de ne pas dépasser. Le résultat n’est pas toujours probant mais la méthode est toujours gagnante : Pendant qu’ils s’y appliquent, ça laisse les grandes personnes un peu tranquilles et, du coup, celles-ci ne manquent pas de féliciter les mômes quand ils ont fini.
On notera aussi que ce genre d’exercice est très profitable sur le plan de la communication : A peine est-il sinon achevé du moins présentable, le coloriage en question est sûr de faire un buzz : il orne immédiatement toutes les premières pages des journaux et des sites ouèbes. Ce qui offre l’avantage, mine de rien, de reléguer en pages intérieures les questions qui fâchent ou qui sont embêtantes comme la dérive du djihadisme vers l’antisémitisme où le procès en appel de Sylvie Andrieux. D’autant que le feuilleton Bygmalion commence à lasser. Outre le fait qu’on ne voit pas de quoi parler d’autre, l’omniprésence du coloriage pédalonautique sur tous les supports n’est pas sans attraits pour l’acuraba. D’une part, nombreux sont ceux qui ont encore la nostalgie des grandes cartes collées sur toile qu’on affichait autrefois dans toutes les salles de classe de leur enfance. Et, d’autre part, les grands aplats de couleurs retiennent le regard des analphabètes. Ça s’appelle ratisser large…

Deux lois vont donc être discutées cet été au Parlement. La première va intéresser tout le monde et on ne va parler que de ça pendant des mois. Batailles de chiffonniers et jeux du cirque en perspective. Qui va se faire bouffer par qui ? Faute d’être parti sur la base de 5 ou 6 gros bidules à faire hurler tout le monde mais qui auraient laissé de la marge de négo’, en démarrant d’entrée de jeu à 14 et même pas à 12 comme initialement annoncé, on va bien finir à 14 ou 15, voire à 20 en faisant toujours hurler tout le monde. On verra. De toutes les façons, c’est astucieux car ça va bien occuper la moitié des trois ans qu’il reste à meubler ; c’est déjà ça…

La deuxième loi, qui sera examinée après, est autrement plus importante. C’est elle qui, en principe mais ne rêvons pas trop, devrait générer le plus d’économies en supprimant la fameuse "compétence générale", ce tonneau des Danaïdes qui permet légalement à tous les petits chefs locaux de faire tout et n’importe quoi. Ça risque de saigner. J’en connais qui lâcheront plus facilement les cimetières que la culture… 

On ne dira jamais assez à quel point les lois de décentralisation dites Deferre que tous se sont ensuite ingéniés à étendre ont contribué à accroître le coût des services rendus. Aussi bien des services régaliens au propre et au figuré que des services nécessaires, des suffisants, des subsidiaires, des insupportables et des superflus. Et cela pour la plus grande joie des grands feudataires dans leurs duchés comme des petits baronnets dans leurs timbres-poste.

- Tenez, par exemple : En mon douar d’élection, la trace résiduelle de l’ancien ruisseau asséché qui marque la limite de mes terres est aussi la limite de la commune. Desservi par notre route, nos canalisations communales (eau et tout-à-l’égout), nos lignes électriques et notre facteur, la masure et le champ du voisin paient l’impôt foncier à la micro-commune d’à côté. Bref, il envoie ses chèques à une bizarrerie historique qui n’a même pas de chef-lieu, dont la mairie est en étage plus loin au chef-lieu de canton. Et pourtant, il y a pour ça un mec bénéficiant d’une écharpe tricolore, bien qu’il n’ait pas à se palucher la gestion, ni d’une école ni d’un cimetière, toussa se résumant pour lui à des factures de fournisseurs… Mais je m’égare.  
- Tenez aussi : Ça me refait penser à cette anecdote que m’avait raconté il y a vingt ans un haut fonctionnaire que je tenais en haute estime et c’était justifié. L’histoire se passait dans la foulée de 81. On venait de rallumer la lumière, n’est-ce pas, et lui venait de prendre son premier poste de Directeur Départemental de l’Equipement, disons en Bretagne du nord. Il reçoit un élu local venant évoquer un dossier qui lui tenait à cœur. Un élu de la nouvelle fournée, on se comprend, hein ? Un rose inexpérimenté… A la fin de l’entretien, le type, pas gêné : "- Bon, alors, et pour mes 5% ?"…
Fraîchement arrivé dans le poste, mon gars marmonne quelque borborygme et, dès l’élu reparti, se précipite pour téléphoner à son prédécesseur… Bien évidemment, à force de l’avoir entendu dire, le jeune et (encore) naïf élu de la génération Mythe-Errant était convaincu du bien-fondé de sa question… Mais je m’égare encore.  

Revenons au coloriage "encore à l’état d’ébauche". Je disais qu’il allait plaire. Oui, il va plaire à (presque) tout le monde : Il va plaire en effet à deux espèces en apparence contradictoires mais qui vont s’y retrouver :
- D’abord tous les européistes supranationaux ; aussi bien les utopistes bisounours que les apparatchiks de l’écologie institutionnelle et la cohorte des affairistes attaliens thuriféraires de la mondialisation qui, tous, verront là le moyen d’effacer la France…
- Ensuite, tous les régionalistes infranationaux et cantonaux, qu’ils soient Bretons, Savoisiens, Chtis, Corses, Basques, Catalans, Nissards, Alsaciens ou Montmartrois (à ne pas confondre avec les identitaires - à la fois nationaux et de clocher - que je respecte infiniment) auxquels je rajoute en prime un bon lot d’écolos de base. Tous, verront là l’occase de relancer le small is beautyful avec des prébendes de leur niveau 

Pourquoi devrait-il leur plaire ? Parce que "refaire la carte" en regroupant conduira à donner encore plus de pouvoirs aux régions au cours de tractations de chiffonniers aux parfums de Conférence de Yalta et de Congrès de Vienne. Qu’il s’agisse des apparatchiks de l’Europe hors sol ou des braves militants Basques ou Bretons, chacun y verra une opportunité de remplacer la Fwance par une organisation en "domaines" de type mérovingien, domaines dont le poids facilitera les petites affaires des seigneurs et potentats locaux qui sont maintenant les élus régionaux.

Récupérer les dépouilles des départements vidés de leur substance est une chose. S’attaquer à la "compétence générale" des grandes régions en sera une autre. On va voir comment le Pédalonaute et Manu-la-mâchoire vont s’en dépatouiller. De toutes les façons, l’acuraba restera le manant payant l’octroi et la gabelle…

lundi 2 juin 2014

"Open data" ? Open blabla, baba, arheu…



Connaissez-vous data.gouv.fr ? C’est la plateforme de diffusion de données publiques ("Open data") de l'Etat français. Data.gouv.fr est développé par Etalab, une mission placée sous l'autorité du Premier ministre qui a été chargée de créer un "portail unique interministériel des données publiques", en particulier des "données stratégiques et de qualité" dans le cadre d'une politique s'inscrivant dans la "modernisation de l'action publique" et dans "les programmes ministériels de modernisation et de simplification".
Ce portail donne à tous accès à des centaines de données émanant de l’INSEE, d’administrations et établissements publics. Voilà une bonne chose. J’ignore quel est le coût de ce bidule pour le con-tribuable, mais reconnaissons qu’il s’agit d’une chose bien utile.

Ouais. Afin d’enrichir ses bases de données offertes au grand public et d’améliorer l’existant, ce qui est louable, Etalab convie épisodiquement une bonne centaine de guignols (agents des administrations centrales, fonctionnaires territoriaux, universitaires, journalistes, informaticiens et, ne les oublions pas, représentants d'assoc’s) à plancher une journée entière en "ateliers participatifs" pour partager, améliorer et réutiliser la donnée publique. Cébien. Ils appellent ça des open data camps

Au cours de la première sauterie du genre, organisée à l’automne dernier, 120 guignols ont ainsi été invités à travailler sur les données susceptibles de favoriser une meilleure compréhension de questions telles que l'égalité Femmes-Hommesl'apport économique de l'immigration ou… la France des prénoms 

Je ne retiendrai ici que la question de l’égalité Hommes-Femmes, pardon, Femmes-Hommes car c’est important, vous savez.
Il est vrai que le directeur d’Etalab l’a avoué sans détour et d’entrée de jeu : "La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem nous a demandé si on pouvait faire un effort particulier sur les inégalités hommes-femmes"…
C’est ainsi qu’a émergé du chapeau une exploitation des fichiers des Chambres de Commerce, de l’Industrie et du Tourisme dont il ressort que seulement 4 des 127 CCIT ont plus de 29% d’élues consulaires. Toussa avec de jolies cartes géolocalisant les mauvais élèves et avec une demande insistante d’affiner les données au stade des bureaux des Chambres et des collèges catégoriels… C’est important vous savez.

Mais est-ce le plus important ? Que dire de l’urbanisme ? Une certaine Sandra Huning n’a-t-elle pas écrit : "Les mobilisations et productions intellectuelles féministes et queer doivent continuer non seulement à nourrir la pratique urbanistique et à contester les normes et les représentations de genre collectives telles qu’elles ont été naturalisées, mais aussi à développer des modèles d’urbanisme capables d’intégrer des perspectives déconstructionnistes plus complexes dans le travail des institutions de planification urbaine." (reprenez votre respiration)
Aussi sec, au prix d’un énorme travail de recension, un cabinet spécialisé s’est penché sur les rues d’une ville en prenant Rennes comme exemple. Il en ressort une magnifique cartographie des rues de Rennes vues au prisme de leur genre. P’tain ! Heureusement qu’il y en a qui s’y collent ! Comment pourrions-nous vivre sans disposer de ces cartes ? Il est vrai que "Cette intelligente cartographie illustre à merveille une problématique urbaine relativement récente, mais qui ne cesse de prendre de l’importance: celle de la place des femmes dans l’espace urbain, et plus généralement de la nécessité de repenser l’urbanisme à l’aune des questions de genre. Celle-ci recouvre logiquement de nombreuses réalités. La liste est évidemment loin d’être exhaustive, mais ce travail fera office d’introduction à ce vaste sujet déjà abondamment traité dans les milieux académiques, mais qui connaît depuis quelques années une démocratisation salvatrice. Il ne s’agit pas de «féminiser» l’espace urbain, mais de comprendre comment celui-ci se révèle plus ou moins façonné par des facteurs discriminants liés au sexe. Et d’utiliser ces décryptages pour rendre la ville plus «vivable» pour tous, et donc aussi pour les femmes"… (respirez !)

 Dans la vie, il n’y a pas que les pactes, le chômage, l’emploi, l’inversion le retournement, Vigipirate, le F-Haine, l’Ukraine, les katibas francophones, les clopes en paquets neutres, les trimestres de retraite, la contrainte pénale ou le recel de complicité d’intention de propos antisémites ! Il y a aussi des gens qui travaillent et transpirent avec nos sous sur des sujets plus importants. Forcément cébien 

dimanche 1 juin 2014

Le paradoxe…



(Je me suis mis à lire - ou relire- des romans d’espionnage...)

"Avec Smiley, Le Carré a découvert le dilemme profond et sans solution qui est au cœur de ses livres. Il tient à ce paradoxe fondamental : Pour la défense de la société qui est la leur - c’est-à-dire la nôtre – il pousse ses héros à commettre des actions qui pourraient bien amener l’avènement d’une société qu’ils n’auraient plus aucune envie de défendre."

Jean Rosenthal*

* Un traducteur d’écrivains de langue anglaise. On lui doit des traductions d’œuvres d’auteurs aussi différents que Isaac Asimov, Ken Follett, John Dos Passos, Henry Miller, Desmond Morris, Philip Roth, John Le Carré ou Patricia Highsmith…