"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 28 décembre 2013

Ecran noir sur canapé…

Faut anticiper… Dans trois jours, faudra réveillonner. Faudra pour ça se tenir éveillé jusqu’à minuit. Et ça se prépare. Avant 20h, no problem’, la plupart d’entre vous seront bien occupés à tartiner les canapés et à vérifier le stock de bouteilles au frigo avant que les potes sonnent. Et à partir de 20h45’, les ceusses qui seront seuls comme moi pourront se divertir, vautrés dans le sofa, la bouteille et le cendrier pas loin, en matant Patrick Sébastien, les 101 dalmatiens ou les conneries de rigueur saisonnière… Le problème, en fin de compte, se résume à l’inactivité de la tranche du 20h : Soit tout est prêt et les invités pas encore là, soit, comme le pauvre veuf solitaire, vous vous retenez ce jour-là de passer prématurément à table...
Le risque est de s’endormir…

D’autant plus que Big Mother n’a rien prévu d’autre que de nous fourguer une dose de Valium à 20h… Tout ce qu’on peut souhaiter aux acurabas résiduellement sensibles au vivrensemblemaintenantapaisé, c’est que François II Pédalonaute batte le record établi le 31 décembre 1969 par Georges Pompidou en tenant le crachoir moins de 3 minutes. Avec les mots creux joints aux mots vides, avec sa respiration hachée et le mot in-ver-sion qui a trois syllabes, j’en doute…
Mais vous, vous échapperez à ça puisque je suis sûr que vous avez relayés jusqu’à plus soif la consigne de la mouette à Carine et que vous éteindrez le poste au plus tard à 20h59’…

Que faire alors pour meubler ces 2 minutes 35 de bonheur ?

Peut-être relire quelques fragments de textes prononcés dans la catégorie "vœux", dont la densité résonne encore au présent bien qu’ils nous semblent à des années-lumière du bruitage déguisé en paroles dont se gargarisent les pantins d’aujourd’hui.

Justement, Pompidou par exemple :

D’abord, ses vœux aux Français fin d’année 68, alors qu’il n’est plus 1° ministre et virtuellement candidat à la succession de De Gaulle :

« Au bout du compte, que nous est-il arrivé ? (…) Portons donc en terre les diables qui nous ont tourmentés pendant l’année qui s’achève ! »
«  Encore faut-il qu’en même temps nous surmontions le malaise moral qui, surtout chez nous en raison de notre individualisme, est inhérent à la civilisation mécanique et matérialiste moderne. Faute de quoi les fanatiques de la destruction, les doctrinaires de la négation, les spécialistes de la démagogie, auraient encore beau jeu d’exploiter l’amertume pour provoquer l’agitation, sans que leur stérilité qu’ils ont la dérisoire insolence d’appeler révolution, puisse d’ailleurs tendre à rien d’autre qu’à tout dissoudre dans le néant, ou bien à pousser tout sous les broyeuses totalitaires. »

Ensuite, extrait du message qu’il adressa à l’Assemblée Nationale le 25 juin 1969 après son élection :  
    
« J'irai plus loin. Notre civilisation traverse une crise spirituelle. Les mutations économiques, l'accélération du progrès scientifique et technique, l'ébranlement des croyances et des contraintes traditionnelles, le bouleversement des mœurs, tout contribue à entraîner la société dans une course éperdue vers le progrès matériel, progrès dont on n'aperçoit pas les limites mais dont il apparaît qu'il développe les besoins plus encore qu'il ne les satisfait et ne fournit aucune réponse aux aspirations profondes d'une humanité désorientée. (…) Pour ces tâches immédiates ou lointaines qui sont celles de nos générations et des générations qui montent, l'action de l'État ne suffit pas mais elle est nécessaire. "Si l'État est fort, il nous écrase : s'il est faible, nous périssons", disait Paul Valéry. A vous et à nous, mesdames et messieurs les députés, de faire que les pouvoirs publics français réalisent dans leur propre fonctionnement l'équilibre entre une force écrasante et une faiblesse mortelle.»

Et n’oublions pas ces mots du Général De Gaulle à la télé noir et blanc le 31 décembre 19..67 :

«  Que sera 1968 ? L’avenir n’appartient pas aux hommes et je ne le prédis pas. »


3 commentaires:

  1. Mon programme pour échapper à tout cela :

    – N'allumer le téléviseur sous aucun prétexte ;

    – commencer à boire dès sept heures ;

    – à neuf heures, décrocher le fuckin' téléphone ;

    – aller se coucher aussitôt.

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  2. C'est bien !
    Ca vaut bien un pointage ^^

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  3. Dans votre texte, vous vouliez dire 19 h 59 ? Chez nous, nous avons bien respecté la consigne d'éteindre le poste. Ne pas subir de Normal 1er ce qui est évitable. Le jour où nous serons obligés d'être devant le téléviseur à l'heure de la propagande (avec camp de rééducation pour les réfractaires) nous serons devant le poste avec un bandeau sur les yeux et un casque sur les oreilles.

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