"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 16 octobre 2014

Le Diable, le Présent et l'éternel futur...



Ceux qui ont l’indulgence de passer assez souvent par ici ont dû remarquer une de mes marottes : Evoquer à tous propos, et pas forcément hors de propos, un "Rêve métissé d'un éternel futur"…
Payé pour trouver une légende illustrant chaque mois de l’année sur le calendrier 2011 distribué par une municipalité communiste, un de ces communicants comme on en fait maintenant avait trouvé ça pour le mois de décembre. Pour meubler le dernier mois de l’année, après onze autres légendes plus creuses et absconses les unes que les autres, cet enfilage de mots venait donc couronner son travail grassement payé et ses commanditaires ont dû être enchantés…

"Rêve métissé d'un éternel futur"… J’avais trouvé ça formidable et tenté alors d’en faire l’analyse, sentant que, "quelque part", cette expression pouvait contribuer à la compréhension de ce qui nous entoure. Depuis, je ne peux m’empêcher d’y revenir souvent. Mais sans vraiment comprendre pourquoi…        

Et voilà qu’hier soir, en me promenant chez Baroque et fatigué, je tombe sur un passage extrait d’un livre de C. S. Lewis qui date de 1942.
Lewis y fait parler un démon expérimenté conseillant un démon débutant sur l’art et la manière d’éloigner les hommes de Dieu :

« - Les hommes vivent dans le temps, mais notre Ennemi [Dieu] les destine à l’éternité. Je crois donc qu’il veut avant tout qu’ils s’occupent de deux choses : de l’éternité elle-même, et de ce moment qu’ils appellent le Présent. Parce que c’est au Présent que le temps et l’éternité se rencontrent.
Du Présent, et de lui seulement, les hommes ont une expérience semblable à celle que notre Ennemi a de la réalité dans son ensemble ; c’est seulement dans ce Présent que la liberté et la réalité leur sont offertes. Notre Ennemi voudrait donc que les hommes se soucient sans cesse de l’éternité (c’est-à-dire de Lui) ou du Présent – soit qu’ils méditent sur leur union ou leur séparation d’avec Lui, soit qu’ils obéissent à la voix de leur conscience présente, soit qu’ils portent la croix présente, soit qu’ils reçoivent la grâce présente, soit qu’ils rendent grâce pour le bonheur présent.
Notre affaire est de les éloigner de l’éternité et du Présent. Dans cet objectif, nous tentons parfois un homme (disons une veuve, ou un universitaire) de vivre dans le Passé. Mais cela n’a qu’une valeur limitée : les hommes ont une certaine connaissance du Passé, celui-ci est, par définition, déterminé – et, à ce titre, ressemble à l’éternité. Il est de loin préférable de les faire vivre dans l’Avenir. [...] »

"Rêve métissé d'un éternel futur." Je m’en gaussais. Mais si je n’avais pas tout compris, j’avais néanmoins inconsciemment perçu là le fil rouge de la tactique du Prince de ce Monde.

Autour de nous les petites mains du Démon sont légions.   

3 commentaires:

  1. Pas Levis comme le pont, mais Lewis comme les pantalons de fermiers.
    Très intéressant, cela dit.
    J'apprends aussi dans Wikipédé que Clive Staples Lewis n'a pas eu de chance : il est mort le jour de l'assassinat de Kennedy, donc on n'en a pas parlé, et pour les 50 ans de sa mort, c'est Aldous Huxley qui cassait sa pipe. Saloperie de futur proche.

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  2. C'est très bien, C.S. Lewis. L'un de mes écrivains favoris. Je peux dire en toute franchise que je lui dois d'être devenu chrétien. (Même si je suis catholique alors qu'il était anglican, mais ça, c'est une autre histoire.)

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