"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 8 mars 2016

L’Europe rend les clefs…



Tous aussi cons les uns que les autres, les médias ont titré "L’Europe ferme la porte des Balkans"… Et les acurabas qui ne lisent que les gros mots ont pu ce dire : "Enfin un peu d’autorité"…

Ouais… Débordés par le déferlement en progression exponentielle du nombre des squatteurs que le règlement de copropriété interdit d’expulser, les vingt-huit copropriétaires de l’immeuble sont le dos au mur sans aucun moyen d’action. La mère Merkel (le plus gros lot de millièmes), le père Tusk, président du conseil syndical et Junker, le syndic, sont notamment prêts à faire n’importe quoi pour torcher le dossier. Quant au benêt du 2° étage (Hollande), il n’y a rien à en attendre ; il les suivra de toute façon… Et que faire d’autre que d’en passer par les exigences du proprio de l’immeuble d’à côté ? On ne peut pas s’en passer et on le sait intéressé par le nôtre (pour en reprendre tout le foncier pour pas un rond mais chut ! on n’est pas sensé le savoir, ce ne serait pas diplomatique)

Or donc, l’UE a pris rendez-vous avec le voisin Turc pour en causer. L’UE dans le désordre, devrais-je dire. C’est-à-dire sans objectif ni tactique arrêtée, sinon d’être d’accord par lassitude d’offrir à la Turquie un chèque de 6 milliards d’euros au lieu de 3 déjà annoncé pour avoir la gentillesse de se garder des migrants dans des conditions… à définir.
En se retenant sans doute de se marrer ouvertement, la Turquie les a laissés bouche bée en se disant prête à reprendre "tous les migrants irréguliers" qui arriveraient dans les îles grecques, y compris les réfugiés syriens… à condition… que l'UE accepte d'en accueillir un nombre équivalent, prélevé dans les camps de réfugiés turcs…
Côté UE, tout le monde hésite et on se retrouvera dans 10 jours à Bruxelles avec l’a priori très favorable de Merkel et Junker. Tout content, Tusk a même déjà conclu par anticipation que "Le temps des migrations irrégulières en Europe est révolu." C’est beau d’avoir des couillons à bord. Même notre Pédalonaute qui doit forcément en placer une pense qu’on a "évité la double dislocation de Schengen et de l'UE."…

Mais résumons :
- Erdogan reprendrait les migrants irréguliers venus par chez lui. Dont les Syriens (et les Kurdes…) Lesquels seront considérés irréguliers ? Sont-ce les mêmes pour l’UE et pour Erdogan ?
- Les arrivants irréguliers seront-ils vraiment être réexpédiés d’office en Turquie ? L’humanitarisme bisounoursien de l’UE ne leur permettrait pas de remplir au préalable un formulaire de demande d’asile ? Auquel cas, rien ne changera… numériquement.
- Ce sera un échange un pour un. Nous serons donc tenus de prendre d’office ce dont Erdogan voudra débarrasser ses camps de réfugiés. Donc, a priori, son rebut d’africains, Erythréens, autres Tchétchènes et… islamistes d’obédiences ne lui convenant pas… Auquel cas, ça pourrait être pire… qualitativement.

Et ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les 3 milliards de rab’. Sachant l’UE à la fois si faible et en désaccord avec elle-même, Erdogan bat le fer pendant qu’il est chaud :

- Dans le même packaging, Erdogan place une relance immédiate des négociations d'adhésion de la Turquie à l’UE ; négociations officieusement dites "ralenties" pour ne vexer personne alors que le dossier était de fait enterré depuis six ans…
- Il veut aussi voir levée "au plus tard fin juin " l'obligation du visa pour ses 80 millions de ressortissants, lorsqu'ils se rendent dans l'UE. Je vous laisse faire un dessin…
- Cerise sur le gâteau, on reparle de négociations pour la réunification de Chypres…

En fait, sans changer le nombre actuel de squatteurs, pour pouvoir "fermer une porte" parmi d’autres de l’immeuble, l’UE n’a plus guère d’autre solution, pour avoir l’air d’exister encore, que de donner ses clefs au cambrioleur…

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