"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 31 mars 2017

La madone des bacs à sable…



Donc, la mairie de Paris a décidé qu’elle ne s’adressera plus au marchand de sable qui était jusqu’alors le mieux disant pour fournir chaque été à ses administrés le moelleux tapis si nécessaire à Paris-Plage.

Les "Ciments Lafarge" bien connus des souchiens lambda, c’est-à-dire dorénavant l’énorme machin franco-suisse Lafarge-Holcim, est radié de la liste des fournisseurs agréés de la Ville-Lumière.

On saluera la sincère indignation et le courage éthique manifestés là par Maire-Hidalgo. Il est vrai qu’il y a quatre mois déjà que l’on parle des arrangements passés par Lafarge avec les groupes terroristes islamiques pour continuer à faire tourner une de ses cimenteries en Syrie. Mais ça, s’était sans doute sans importance éthique. En revanche, le fait que Lafarge se dise disposé à fournir du ciment à Trump pour son mur anti-immigration à la frontière mexicaine, ça, la Ville de Paris (et bien entendu ses contribuables) ne saurait l’admettre ! Une fois que les moulinets de bras de la Maire Hidalgo et de son Bruno Julliard auront cessés de remuer l’air (dans un rayon d’un mètre autour d’eux et via une centaine d’entrées affichées sur Google, c’est-à-dire rien), ce qui est déjà fait, que va-t-il se passer ?
- Leader mondial dans les domaines du ciment et des granulats avec un chiffre d’affaire de 27 milliards d’euros, l’esprit occupé par son plan stratégique (retrait d’Inde et de Chine, notamment pour recentrer son activités sur les marchés où il est suffisamment en position de force pour imposer ses prix), depuis son siège désormais helvétique, Lafarge-Holcim a sans doute à peine soulevé une paupière à l’annonce de la perte d’un marché annuel de 3.000 tonnes de sable brut payé avec les élastiques habituels des collectivités locales françaises…
- L’avantage pour la Ville de Paris, c’est que Lafarge ne viendra pas faire une pendule contentieuse faute d’être autorisé à soumissionner conformément aux règles, notamment européennes, en matière d’appels d’offre des marchés publics ("de minimis…") Mais peut-être (sinon sûrement) est-ce un marché pluriannuel (ça va faire 15 ans que c’est eux) avec à la clefs de grosses indemnités à payer pour rupture unilatérale ; Madame passera payer…
- Nul ne pourra donc savoir si Lafarge aurait pu être moins disant que l’heureux bénéficiaire du prochain marché. De toutes les façons, c’est l’Etat la Ville qui paie… Car, rassurez-vous, Paris Plage sera ensablé !
- Oui, Paris Plage aura son sable. Car sur les pavés la plage ! C’est le sable et lui seul qui fait l’identité de Paris Plage ! Sans lui, quel Francilien bon enfant et pas forcément boboïde sortirait-il sa pelle et son seau en plastique pour venir faire des pâtés sur le bitume ? Lui fournir gracieusement les parasols ne suffirait pas !
Certes, la parasolisation des voies sur berge contribue déjà à elle seule à estivaliser Paris-au-mois-d’Août. Certes, le sable ne permet pas comme à Palavas de faire trempette dans la décoction de rats crevés et de je-ne-saurais-dire où vogue lascivement le bateau mouche. Mais sans le sable, disparaît cette possibilité inouïe de marcher pieds nus dans un livre d’image. Sans le sable, comment la Parisienne, aussi parasolisée soit-elle, pourrait-elle s’évader ? Allongée sur son transat, tapissée de Bergasol, protégée du soleil francilien par son numéro de Gala déployé devant ses lunettes Miami Beach, les pieds bien au chaud dans le sable de carrière bulldozérisé là par Caterpillar, elle peut fermer les yeux et se rêver être sur la plage de Phuket, de Copacabana ou d’Hawaï sous les palétuviers en plastique tant célébrés par Gauguin (à moins que ce soit par Philippe Muray, je m’y perds…) Bref, le sable est aussi incontournable que Maire Hidalgo est nécessaire à une collectivité territoriale aussi durable et responsable que la Ville de Paris pour remplir sa mission, sa vocation : Consoler ses acurabas de l’absence de bain de mer en leur garantissant du sable plein les yeux !
Mais je m’égare…

- Le but essentiel est atteint :
En ayant eu l’occasion de montrer du doigt les turpitudes de Lafarge (Fillon, c’est tous les jours mais ça lasse…) Maire Hidalgo a pu éructer son petit "no pasaran " : Nous nous passerons de leur prestation”, travailler pour Trump et contre les migrants va à l'encontre des ”engagements éthiques que les parisiens sont en droit d'attendre de la part de la ville”….
C’est tout à fait ça : C’est sûrement ce que les contribuables et autres administrés attendant par priorité de leur bonne ville…  

1 commentaire:

  1. Il doit quand même y avoir un appel d'offre ?
    Est-il possible de mettre une clause "anti-trump" ?
    C'est aussi vrai que les socialos peuvent tout se permettre sans voir l'ombre du bout du nez d'un juge ... !!

    RépondreSupprimer