"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

Affichage des articles dont le libellé est Kadhafi. Afficher tous les articles
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samedi 26 septembre 2015

BHL va nous expliquer…



Seif al-Islam Kadhafi, fils de son père et recherché par le Tribunal Pénal International pour crimes contre l’Humanité (n’oubliez pas la majuscule) a dont été jugé cet été par le Tribunal de Tripoli, ville aux mains de factions islamistes. Physiquement absent mais présumé présent par visio-conférence, il a été condamné à mort "par contumace" le 28 juillet au terme d’un procès controversé, entaché de vices de procédure et orchestré par une coalition de groupuscules islamistes dont la compétence est mise en doute Depuis, on est sans nouvelle de lui. Capturé fin 2011 suite à la trahison d’un de ses hommes, on sait seulement qu’il est détenu au secret, comme un trophée pouvant rapporter gros, par une faction opposée à ceux de Tripoli et qui refuse de le livrer. [source Jeune Afrique 22 septembre dernier]

Eh bien figurez-vous qu’avant-hier Bernard Lugan nous pond le papier que je vous reproduis ci-dessous in-extenso. Que ça plaise ou non à certains que vous connaissez bien, Bernard Lugan est suffisamment connaisseur et informé de l’Afrique au nord du Sahel tout autant que soucieux de sa crédibilité pour ne pas écrire n’importe quoi. Lisez-le :   

« Le 14 septembre 2015, un coup de tonnerre a retenti dans le ciel serein des certitudes démocratiques européo centrées quand le Conseil suprême des tribus de Libye désigna Seif al-Islam Kadhafi comme son représentant légal. Désormais, voilà donc un fils du défunt colonel seul habilité à parler au nom des vraies forces vives de Libye...
(Mes lecteurs) ne seront pas surpris par cette nouvelle puisque, depuis 2012, je ne cesse d'écrire :

1) Que la pacification de la Libye ne pourra se faire qu'à partir des réalités tribales.
2) Que le seul à pouvoir reconstituer l'alchimie tribale pulvérisée par l'intervention militaire de 2011, est Seif al-Islam que son père, le colonel Kadhafi, avait pressenti pour lui succéder, et qui est actuellement "détenu" par les milices de Zenten.

Mes analyses ne procédaient pas du fantasme, mais du seul réel qui est que :

1) En Libye, la grande constante historique est la faiblesse du pouvoir par rapport aux tribus. Au nombre de plusieurs dizaines, si toutefois nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous  prenons en compte toutes leurs subdivisions, ces tribus sont groupées en çoff (alliances ou confédérations).
2) L'allégeance des tribus au pouvoir central n'est jamais acquise.
3) Les bases démographiques des groupes tribaux ont glissé vers les villes, mais les liens tribaux ne se sont pas distendus pour autant.

Le colonel Kadhafi fonda son pouvoir sur l'équilibre entre les trois grands çoff libyens, à savoir la confédération Sa'adi de Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar  du nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman de Tripolitaine orientale et du Fezzan à laquelle appartiennent les Kadhafda, sa tribu. De plus, à travers sa personne, étaient associées par le sang la confédération Sa'adi et celle des Awlad Sulayman car il avait épousé une Firkèche, un sous clan de la tribu royale des Barassa. Son fils Seif al-Islam se rattachant donc à la fois aux Awlad Sulayman par son père et aux Sa'adi par sa mère, il peut donc, à travers sa personne, reconstituer l'ordre institutionnel libyen démantelé par la guerre franco-otanienne. Mais pour comprendre cela, encore faut-il se rattacher à la Tradition lyautéenne des "Affaires indigènes" et répudier l'approche universaliste des "cerveaux à noeud" du quai d'Orsay.

Aujourd’hui, les alliances tribales constituées par le colonel Kadhafi ont explosé; là est l’explication principale de la situation chaotique que connaît le pays. En conséquence de quoi, soit l'anarchie actuelle perdure et les islamistes prendront le pouvoir en Libye, soit les trois confédérations renouent des liens entre elles. Or, c'est ce qu'elles viennent de faire en tentant de faire comprendre à la "communauté internationale" que la solution passe par les tribus... Certes, mais la Turquie et le Qatar veulent la constitution d'un Etat islamique et la justice internationale a émis un mandat d’arrêt contre Seif al-Islam...

Le 12 octobre, avec son habituel sens de la clairvoyance, sa célèbre hauteur de vue et son immense connaissance du dossier, BHL expliquera certainement cette évolution de la situation libyenne aux auditeurs de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale) devant lesquels il doit prononcer une conférence de "géopolitique". Il est en effet bon que les plus hauts cadres civils et militaires sélectionnés pour intégrer cet institut prestigieux, puissent écouter les analyses des experts les plus qualifiés... »
Bernard Lugan - 24/09/2015

Bien sûr, les choses étant ce qu’elles sont, ne vous attendez pas à ce que Seif al-Islam Kadhafi sorte demain de sa geôle pour présider aux destinées de la Libye et discourir en son nom à la tribune de l’ONU. Il ne va pas réunifier le pays. Ni lui ni personne d’autre d’ailleurs… Après la connerie grandiose des "occidentaux" sur ce dossier, seul le Califat que nous savons semble désormais encore pouvoir le faire…

samedi 29 octobre 2011

Un Téléthon pour la Libye…

300 millions d’euros. C’est la facture officielle du coût pour la Frwance de son intervention en Libye. Coût "officiel"n’incluant sans doute que les coûts directs (les "consommables", munitions, carburants, ravitaillement, entretien, primes d’OPEX, etc., éventuellement la "casse"…) mais glissant sur les surcoûts d’amortissement, l’usure accélérée, ignorant probablement certaines "livraisons" non prévues par la résolution du Conseil de Sécurité, l’aide humanitaire, et d’évidents surcoûts induits par l’hôtellerie post-Lampedusa et Cie dans divers budgets tels que ceux de l’OFPRA, de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, etc.


Bref, à la louche, disons 600 millions


19 millions de couillons redevables de l’impôt sur le revenu vont se montrer solidaires des 65 millions d’acurabas consommateurs présumés redevables de la TVA pour couvrir cette dépense humanitaire. Quel téléthon ! Quel élan de solidarité !


Grâce à nos efforts les trois millions de femmes libyennes seront enfin libérées des obscurantistes obligations imposées par l’horrible Kadhafi depuis 42 ans : être les plus alphabétisées du Maghreb, supporter la mixité scolaire avec les garçons jusqu’à 16 ans, être plus nombreuses qu’eux dans les universités, ne pas être obligées de se marier avant 20 ans, etc.

Et, surtout, elles seront enfin débarrassées du poids de ces lois scélérates :

- Celle qui les autorise à prendre l’initiative de demander le divorce,

- Celle qui les autorise à plaider la garde de la maison dans les procédures de divorce…


Tout cela pour un coût modique de 200 € par femme (4° âge et nourrissons compris)

Franchement, c’est peu payé ; nous aurions pu faire mieux !


Mais tout ça, ce n’est rien. N’oubliez pas d’aller lire le dernier billet hebdomadaire d’Aymeric Chauprade.

(j’insiste…)

jeudi 27 octobre 2011

OTAN pour moi – les affaires continuent…

Oups ! Notez ça, everyone, j’en tremble encore ! Il vient de m’arriver un truc pas possible. On m’aurait dit ça hier, je serais monté aux rideaux !


Figurez-vous que je viens de me surprendre en train d’approuver des quatre pattes le point de vue de… Fidel Castro !


Notre inoxydable lider maximó émérite, tant vénéré par la veuve noire Danielle Gouze mais pas si gâteux que ça, vient de commettre dans une revue officielle de son Bretzelburg bananier héréditaire et moisi un article que j’ai illico contresigné… Je vous en livre ci-après la substantifique moelle :


« L'OTAN est devenu un instrument de répression après que l'URSS, prétexte à la création de cette Alliance par les Etats-Unis, a cessé d'exister »

« Les objectifs criminels de l'Alliance se sont révélés en Serbie en 1999, lorsque les pays de cette funeste organisation ont dépêché leurs troupes pour soutenir les séparatistes kosovars »

Et, commentant les événements en Libye :

« Le leader déchu Mouammar Kadhafi a été grièvement blessé par l'un des chasseurs-bombardiers les plus performants de l'OTAN pour ensuite, capturé vivant, être tué par des gens armés par cette organisation militaire… »

Qu’ajouter d’autre ?


A quoi a servi l’OTAN depuis l’implosion de l’URSS ? Exclusivement, grâce à des campagnes de désinformation bien orchestrées, à impliquer la vieille Europe dans des opérations douteuses n’ayant pas d’autre finalité que de l’affaiblir afin qu’elle ne risque en aucun cas de devenir éventuellement (on peut rêver et j’y reviendrai) un pôle significatif de la nouvelle mondialisation

- De l’Irak, on retiendra les armes de destruction massives…et la vente à la découpe à divers clients locaux d’un Etat digne de ce nom, puissance régionale mais guère compréhensif

- Du Kosovo, on retiendra aussi la désinformation, la mise à genoux de nos cousins Serbes, nouveaux nazis, avec l’organisation préméditée et musclée de leur épuration ethnique au profit d’une principauté maffieuse plus malléable…

- De Libye, on retiendra encore la désinformation et, surtout, le détournement, sciemment prévu dès le départ, d’une mission de protection des populations civiles en alliance guerrière assumée avec une faction improbable aux méthodes aussi sanglantes que celles du méchant de la fable.

La preuve ultime en a été magistralement donnée par la fin de Kadhafi que j’ai trouvé particulièrement réjouissante :

Dans le cadre d’une mission de protection des populations civiles, des aéronefs de l’OTAN ont arrosé de missiles un convoi de véhicules légers, voire civils, ne présentant aucun danger apparent pour la population, n’effectuant manifestement pas une "sortie" offensive mais prenant la fuite, "désertant", un réduit encore tenu par les "hostiles"…

Il fallait donc bien tuer toute cette vermine, point barre… Et on va continuer, le CNT voulant que l'Otan reste jusqu'à la fin de l'année pour empêcher les derniers partisans de Kadhafi de fuir le pays. Ben voyons…


Quand je dis "on retiendra", en fait on ne retiendra rien du tout… Même si le mondial de rugby est passé, les problèmes financiers de l’Euro-zone suffiront amplement à faire la une et éviteront qu’on ne cause trop des suites de l’opération Protecteur unifié


Mais moi je retiendrai que j’aurais presque fait la bise – un abrazo - à Fidel !

samedi 3 septembre 2011

Inerties de l’ancien monde, OTAN que faire se peut…

Je ne peux pas résister à l’obligation de reprendre ci-après de larges extraits d’un papier d’Aymeric Chauprade, d’ailleurs déjà relayé ce matin par Hoplite dans sa série "Anatomie du chaos" :


" (...) Paradoxalement, l’ancien monde, celui du mondialisme américain vient d’emporter en Libye une nouvelle victoire. Confronté au retour de la Russie, aux ascensions chinoise, indienne, latino-américaine, les États-Unis et les alignés, semblent vouloir reconfigurer le plus rapidement possible les périphéries faibles, qui regorgent de ressources stratégiques, l’Afrique en particulier. Tant pis si ce sont les anciennes brigades d’Al-Qaïda qui affirment leur pouvoir au sein des rebelles libyens ! Tant pis si, nonobstant les incontestables frasques de Kadhafi, l’OTAN vient encore d’abattre un régime qui avait porté le niveau d’éducation et de développement de son peuple au sommet des pays arabes (taux d’alphabétisation de 82% soit le plus élevé en Afrique du Nord), où tous avaient accès à une eau et une électricité gratuite, où le niveau d’endettement de l’État était l’un des plus faibles du monde (dette publique de 3,3% du PIB contre 85% en France), où chaque étudiant qui voulait faire ses études à l’étranger bénéficiait d’une bourse généreuse de plus de 1600 euros par mois… et j’en passe encore. Aucun pays arabe n’avait atteint un tel niveau de bien-être social et économique. Bien sûr que le régime présentait aussi un visage odieux ! Qui dira le contraire ? Je ne suis pas dupe quant à la cruauté des traitements qui pouvaient être infligés aux opposants. Mais je ne suis pas dupe non plus sur la nature première d’une rébellion qui n’avait rien à voir avec un soulèvement général du peuple comme en Tunisie ou même en Égypte. Il s’agissait d’une rébellion ancienne, localisée à l’Est, dans ses bastions de la Cyrénaïque, qui avait été réprimée encore plus durement qu’elle ne le fut au début de 2011, lorsque, par le passé, le monde occidental soutenait sans scrupule Kadhafi.


Mais comment contester que Kadhafi, plus que d’autres, avait réinvesti la rente pétrolière dans le développement et protégé la souveraineté de ses ressources face aux appétits étrangers ?


C’est donc encore la même histoire que l’on nous rejoue. L’Irak était en 1990 un phare du développement et de la modernisation du monde arabe. Deux guerres et un embargo cruel l’auront ramené à ses joutes tribales. La Serbie était la locomotive du monde yougoslave ; un pays indépendant qui refusait le plan d’élargissement de l’OTAN. Les bombes alliées l’ont brisée.


Le bilan de l’OTAN est terrible. Depuis la chute de l’URSS, il n’aura tapé sur la tête que de ce Tiers-monde qui ne voulait plus l’être. Au nom des droits de l’homme et de la démocratie ? Il n’y a désormais que les imbéciles pour y croire encore. Il faut dire que la maîtrise de l’Occident en matière de guerre de l’information est telle que plus le mensonge est gros, mieux il passe. Des sommets ont encore été atteints avec cette guerre contre la Libye. Comme par exemple la fausse liesse à Tripoli tournée dans des studios au Qatar et qui aura servi à duper (avec la complicité déterminante de la chaîne Al Jazeera), non seulement les troupes khadafistes tout à coup convaincues que la partie était perdue, mais aussi les médias occidentaux qui ont tous repris les images. Relayé par les médias occidentaux, dupes ou complices, le stratagème aura accéléré le succès des rebelles. La guerre est la guerre et la guerre psychologique ou guerre de l’information en fait partie. Ce ne sont pas les militaires de l’OTAN ou les rebelles qui sont à blâmer de ce point de vue ; ce sont en revanche les journalistes professionnels qui oublient leur œuvre nécessaire de réinformation.


(…) J’invite les internautes à relire et réécouter maintenant les appels à la guerre soutenus par nos incontournables « experts » en géopolitique ou géostratégie. Ils nous vantaient les mérites d’une guerre qui visait à soulager la souffrance du peuple libyen et à le protéger d’un odieux dictateur. La réalité est que les bombes de l’OTAN auront causé le plus grand nombre de tués parmi les civils. Ne parlons même pas des exactions en cours de la part des rebelles de l’Est lesquels, ne disposant pas du soutien d’une majorité des Libyens, ont engagé une épuration radicale qui sera mise intégralement sur le dos des Kadhafistes. Les révélations macabres (charniers) et caricaturales (les amazones de Kadhafi violées par le satrape africain…) rappellent la fable de la soldatesque de Saddam Hussein s’attaquant aux « couveuses » de Koweït City en 1991, les prétendues attaques serbes sur le marché de Sarajevo ou bien encore l’exode massif des Albanais du Kosovo prétendument causé par une épuration ethnique serbe. En Libye, l’OTAN a d’abord gagné la guerre de la désinformation. Nul ne sait d’ailleurs ce qui se passe réellement sur le terrain en terme de rapports de force. Prudents et intelligents, les Russes ont prévenu qu’ils reconnaîtraient le Conseil National de Transition si celui-ci fait la preuve qu’il peut unir le peuple libyen. Nous en sommes très loin en effet !"


mercredi 24 août 2011

Jour d’allégresse et jour de joie !

1° ‘’ FIN DU CAUCHEMAR POUR DSK ! ’’

2° ‘’ ENFIN LA CHARIA POUR MISRATA ! ’’

Vous m’excuserez, mais je suis trop bouleversé pour développer ce soir…

lundi 2 mai 2011

Rubrique nécrologique de la semaine

Rappels à Dieu :

A la demande de leurs familles respectives, n’oubliez pas dans vos prières :

Oussama Ben Laden (54 ans) décédé le 1° mai à Abbottabad, muni des sacrements de la CIA.

Sa vie et son œuvre resteront un modèle de sainteté pour ses centaines de millions de frères. Que soient bénis les infidèles qui l’ont rendu immortel. Que soit béni Sa Béatitude Obama et le Grand Satan qui, en voulant naïvement "le présenter devant la justice", lui ont ouvert la grande porte du Paradis d’Allah le Tout Miséricordieux aux 99 attributs !

Seif Al Arab Kadhafi (29 ans), le 30 avril à Tripoli, victime accidentelle et innocente d’un dommage collatéral.

C’est avec un empressement navré que l’OTAN, la Frawnce, la perfide Albion et toutes ces sortes de petites choses présentent leurs condoléances attristées au papa de ce jeune homme ravi à l’affection des siens par un malencontreux dérapage à l’insu de leur plein gré et l’assurent que, à défaut d’une messe de requiem, une enquête sera diligentée.

Ibrahim Coulibaly dit IB (47 ans), le 27 avril à Abobo, des suites d’une septicémie d’armes lourdes (mais respectables)

Adversaire acharné de l’abominable Gbagbo, harcelé depuis sept ans par la justice frawnçaise néocolonialiste (Gbagbo étant membre éminent de l’Internationale socialiste…), ce contributeur imprévisible, actif, musclé et efficace de la chute finale de l’affreux antidémocrate aura donné sa vie pour qu’aboutisse "Vérité et Réconciliation" (au titre du quota "ménage interne chez les vainqueurs"…)

Remerciements :

La famille Windsor, parents et alliés, ainsi que moult young ladies (from upper class, middle-class and others…) expriment leur gratitude pour toutes les marques d’affection qui leur ont été prodiguées lors des obsèques de la vie de garçon de leur cher William.

vendredi 8 avril 2011

La guerre est désormais démocratique…

Depuis la nuit des temps, on faisait la guerre pour diverses raisons, toutes bien connues : - guerres d’appropriations (de territoires, de ressources, de potentiel humain…) – guerres de sécurisation (occupation de lieux stratégiques, élimination préventive d’ennemis…) – et, en corollaire, guerre pour se défendre… Ce n’est qu’au XX° siècle qu’avec le communisme on a vu apparaître les guerres pour imposer un système se pensant universel. En effet, la guerre hitlérienne n’était qu’une guerre d’appropriation (voire même de sécurisation pour ce qui est de la Shoah), les croisades de sécurisation et d’appropriation, et les guerres de religion des guerres civiles hors sujet…

Ce type de guerre mis à la mode par le communisme serait désormais le seul valant le coup d’être vécu et donc légitime... Se trouvant fort dépourvu par l’étiolement du communisme, le chœur des bonnes âmes fait dorénavant la guerre pour soutenir la démocratie… Qu’est-ce à dire dans la pratique ?

Simple : Il faut faire la guerre pour imposer le Vivre Ensemble… Cherchez l’erreur…

Nous sommes actuellement impliqués dans trois conflits extérieurs. Je vous propose ci-après l’essentiel de l’article de Philippe Oswald mis en ligne ce vendredi sur Liberté Politique :


L’ennuyeux, avec des dictateurs aussi caricaturaux que Gbagbo ou Kadhafi, c’est qu’ils poussent ceux qui les combattent à verser eux aussi dans la caricature et le manichéisme. Rien n’aura été négligé pour que l’opinion publique reconnaisse que la France défendait la bonne cause, celle de la démocratie, des droits de l’homme et de la justice contre des personnages peu recommandables (d’autant qu’il fallait faire oublier que naguère, on avait tenté de se concilier leurs bonnes grâces) Mais ce qui se passe au fil jours enlève beaucoup de sa crédibilité à ce conte de fée.

Des révélations embarrassantes

Le camp des Parfaits a pris un rude coup en Côte d’Ivoire avec la dénonciation par l’ONU d’assassinats massifs commis, selon toute vraisemblance, par les Forces républicaines d’Alassane Ouattara. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur ces "massacres systématiques ou généralisés" dans l’Ouest du pays. Du coup, il commence à s’écrire que "les anciens rebelles du nord, ex-Forces nouvelles rebaptisées Forces républicaines par Ouattara, avaient mis leur moitié du pays en coupe réglée. Ils contrôlaient les ressources naturelles, bois, minerais et diamants, rackettant commerçants et entreprises" (Le Figaro du 7 avril)

Tiens donc ! N’auraient-ils pas contrôlé aussi les élections, comme les en accuse Gbagbo ? Les mêmes troupes que la télévision nous a montrées en train d’investir Abidjan, n’auront pas laissé aux téléspectateurs une impression plus rassurante que celles qu’elles combattent.

On éprouve un malaise semblable devant certaines mimiques vengeresses des soldats improvisés de la rébellion libyenne. Leur nullité militaire et le caractère hétéroclite de leurs chefs jettent le trouble sur l’opportunité d’ouvrir à ces insurgés la route de Tripoli par de nouvelles frappes aériennes. Eux les réclament à cor et à cris, accusant l’état-major de l’Otan de mollesse, alors que nombre de leurs combattants sont à présent encerclés et pilonnés dans la ville de Misrata, dont on ne peut plus s’échapper que par la mer.

Deux grands coriaces

D’emblée en Libye et en dernier recours en Côte d’Ivoire, la France a frappé fort les troupes fidèles aux dictateurs. Puis il a fallu réactiver les négociations, car la résolution 1975 de l’ONU autorise "les mesures nécessaires" pour faire taire les armes "lourdes" menaçant les civils mais pas d’éliminer Gbagbo, pas plus que la résolution 1973 du Conseil de sécurité demandant "un cessez-le-feu et la fin totale des violences et de toutes les attaques et abus contre les civils" ne permet de se débarrasser de Kadhafi.

Manque de chance, l’un et l’autre sont des coriaces, des illuminés, des jusqu’auboutistes. Si les heures de Gbagbo paraissent comptées, Kadhafi n’est pas assez affaibli pour lâcher le morceau, tant du moins que son entourage, à commencer par ses fils, lui restera fidèle.

Trois questions applicables à trois fronts

La seule certitude, c’est que la situation humanitaire est devenue dramatique dans les deux cas. Les interventions militaires décidées par l’Onu, aiguillonnées par la France, auront-elles en définitive atteint leur but ? Ou bien nous sommes-nous engagés dans des aventures sans retour qui aggraveront les maux qu’on prétendait soigner ?

Les évêques américains ont posé trois questions aux chefs de gouvernement engagés dans le conflit en Libye :

"En quoi l'usage de la force est-il en train de protéger la population civile ? " ; "Les conséquences sont-elles plus graves que le mal que l'on espérait extirper ? " ; "Quelles sont les implications de cet usage de la force pour le bien être futur du peuple libyen et pour la stabilité de la région ? " Ces mêmes questions méritent d’être posées à propos de la Côte d’Ivoire mais aussi de l’Afghanistan dont le président Karzaï n’est guère plus fréquentable que Kadhafi ou Gbagbo.

Dans ces trois cas, voulant agir au nom de la démocratie et de la justice, nous nous sommes engouffré dans des guerres tribales doublées de conflits maffieux. Il serait vraiment prodigieux qu’elles s’achèvent dans une paix couronnée par la justice. Quant à la démocratie…

Enfin, engager nos soldats sur trois fronts à la fois, n’est-ce pas beaucoup, humainement et financièrement, pour un pays qui n’est pas au mieux de sa forme ? C’est une première que nous offre Sarkozy. En effet, historiquement, comme l’a fait remarquer Eric Zemmour sur RTL (7 avril), même Napoléon n’avait pas osé

[Article complet]

[mes précédents billets sur la Libye, la Côte d’Ivoire et l’Afghanistan ]

mardi 5 avril 2011

Un Rafale ou F15 ne fait pas le printemps…

En 1973, discrètement assisté par les USA via la CIA, l’affreux Augusto Pinochet bombardait le palais de la Moneda et Sa Béatitude Salvador Allende membre de l’internationale socialiste. On voyait à peu près pourquoi et ce qui allait se passer…




En 2011, pour aider le gentil Allassane Ouattara qui doit (et devra) tout aux tribus musulmanes du nord, l’ONU et la France bombardent le palais présidentiel de l’affreux Laurent Gbagbo membre récemment répudié de l’internationale socialiste. On voit à peu près pourquoi sur le papier. Ce qui va se passer ensuite n’est pas notre problème… De toute façon, les moyens de l’OFPRA sont extensibles à l’infini….

En 2011, pour aider d’improbables gentils de Cyrénaïque aux destins aléatoires, l’OTAN et la France bombardent d’horribles nervis Tripolitains et le ci-devant respectable Mouammar Kadhafi membre de lui-même et de sa tribu. Il y a au moins BHL qui sait pourquoi, ça rassure…Pour ce qui se passera après, no problem : Malte, la Crète et Lampedusa sont dans l’espace Schengen…

lundi 4 avril 2011

Vous aimez Gaza ? Vous adorerez Sebha !

Ah ! Le Printemps arabe ! Toute la conscience germanopratine s’est sentie revivre les frissons de la Marianne dépoitraillée et de Gavroche brandissant sa pétoire sur leur barricade immortalisée par Delacroix (il y a vingt ans ça ne valait que cent balles…) Forcément plus teinté que l’original, le Gavroche Universel de Benghazi brandissant sa Kalach’ fait mouiller la culotte à Margot (pas à Duflot, celle-là est trop occupée à s’astiquer au plutonium sous pilule d’iode…) Il fournit aussi une sacrée dose de Viagra à Béachelle. Et Dieu sait que ce dernier en avait besoin (vu que Sakineh, c’est plus très commercial, ça lasse…) Son brushing artistique qui doit lui coûter un max chaque semaine chez Alexandre en est tout ébouriffé. Rendez-vous compte la bonne occase ! Il redore sa banquette au Flore, son rond de serviette à France Télévision et son plastron de mère maquerelle sur le perron entre le garçon aux talonnettes et les bédouins de Benghazi en veston.

Pourquoi je cause de ça ? Parce que je viens de lire sur le site de Bernard Lugan ses réflexions sur la crise libyenne :
"Aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?"

A lire en ayant à l’esprit que ça date de plus de dix jours avant que le Président de la République (laquelle ne reconnaît que les Etats), bras dessus bras dessous avec le clown-philosophe et trois guignols représentants on ne sait trop quoi, n’adoube officiellement les dits guignols comme représentants exclusifs et légitimes de la nation libyenne sans en informer le ministre des affaires étrangères et les services du quai d’Orsay…

Je reproduis in-extenso :

Personne ne regrettera le satrape libyen responsable de multiples attentats, de nombreux crimes et de la déstabilisation de régions entières de l’Afrique.
Ceci étant, laissons l’émotionnel aux amateurs de superficiel et les pâmoisons aux journalistes, pour ne nous intéresser qu’au réel La fin de Kadhafi qui risque d’avoir des conséquences dont nous sommes loin de mesurer l’ampleur est en effet moins une aspiration démocratique populaire que la manifestation de l’éclatement de l’alchimie tribale sur laquelle reposait son pouvoir.

A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, la Libye dont plus de 90% du territoire est désertique, n’est en effet pas un Etat, mais un conglomérat de plus de 150 tribus divisées en sous tribus et en clans.

Ces ensembles ont des alliances traditionnelles et mouvantes au sein des trois régions composant le pays, à savoir la Tripolitaine avec la ville de Tripoli qui regarde vers Tunis, la Cyrénaïque dont la capitale est Benghazi et qui est tournée vers Le Caire et le Fezzan dont la principale ville est Sebha et qui plonge vers le bassin du Tchad et la boucle du Niger.
De l’indépendance de la Libye en 1951 jusqu’au coup d’Etat qui porta le colonel Kadhafi au pouvoir en 1969, la Libye fut une monarchie dirigée par les tribus de Cyrénaïque.
Membre d’une petite tribu chamelière bédouine, le colonel Kadhafi fut porté au pouvoir par une junte militaire multi tribale mais dans laquelle dominaient les deux principales tribus de Libye, celle des Warfallah de Cyrénaïque et celle des Meghara de Tripolitaine. La plupart des tribus de Cyrénaïque demeurant attachées à la monarchie, le colonel Kadhafi réussit un grand coup politique en épousant une fille du clan des Firkeche membre de la tribu royale des Barasa, ce qui lui assura le ralliement de la Cyrénaïque rebelle.

Or, aujourd’hui, c’est tout son système d’alliance avec la Cyrénaïque qui a volé en éclats. La date clé du délitement tribal du système Kadhafi est 1993 quand un coup d’Etat des Warfallah fut noyé dans le sang Les haines furent ensuite tuées tant la terreur imposée par le régime fut forte, mais les tribus de Cyrénaïque n’attendaient qu’une occasion pour se révolter et elle se présenta durant le mois de février 2011.
Elles s’emparèrent alors de la région et arborèrent le drapeau de l’ancienne monarchie.
Kadhafi avait certes perdu la Cyrénaïque, comme les Turcs et les Italiens avant lui, mais il lui restait la Tripolitaine et le Fezzan.
Dans ces deux régions, le régime avait également constitué de subtiles alliances tribales. Au moment où ces lignes sont écrites, à savoir le 27 février 2011, certaines tribus ont ainsi quitté le camp Kadhafi, mais les grandes solidarités demeurent, même si elles sont chancelantes.
A court terme, le principal danger qui menace le colonel Kadhafi n’est pas la Cyrénaïque séparée par plus de 1000 km de désert de la ville de Tripoli ; ce n’est pas non plus la surréaliste armée libyenne et encore moins les volontaires que l’on voit parader dans les rues de Benghazi ou de Tobrouk.
Tout est en effet suspendu au choix que vont faire les chefs de la tribu guerrière des Megahra qui domine en Tripolitaine.
Longtemps alliée à celle de Kadhafi, les Khadîdja, elle donna un temps le numéro 2 du régime en la personne du commandant Abdeslam Jalloud avant sa disgrâce de 1993 quand il fut suspecté d’avoir noué des liens avec les putschistes warfallah.
Si les Megahra demeurent loyaux ou même neutres, Kadhafi se maintiendra un temps encore au pouvoir sur une partie du pays.
Dans le cas contraire, il se trouvera alors véritablement en difficulté et contraint de se replier sur sa seule tribu laquelle n’est forte que de 150 000 membres.
Si les Meghara abandonnaient Kadhafi, cela voudrait dire qu’ils ont l’intention de s’emparer du pouvoir et la Libye serait coupée en deux, la Tripolitaine et la Cyrénaïque se trouvant dominées par les alliances tribales constituées autour des Warfallah et des Meghara.
La question qui se poserait alors serait celle de la survie de l’Etat libyen.
Ces deux ensembles se combattront-ils ou bien se partageront-ils le pouvoir dans un cadre fédéral ou confédéral ? Nous l’ignorons, mais le danger est de voir apparaître une situation de guerres tribales et claniques comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement en plusieurs régions, ce qui ouvrirait un espace inespéré pour Aqmi (Al-Quaida au Maghreb islamique) qui prospérerait au milieu du chaos avec en plus, dans le sud du pays, une dissidence Toubou qui aurait des répercussions au Tchad, et des initiatives touareg auxquelles pourraient s’adosser l’irrédentisme touareg du Mali et du Niger ; sans parler, naturellement des conséquences pétrolières qu’aurait un tel conflit.

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