"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

jeudi 20 octobre 2011

Les grands cimetières sous la thune – 2

Il y a tout juste un an, je publiais ici sous le même titre deux visions parallèles :

Le port de Hambourg et Le Mémorial de l’Holocauste à Berlin.


Avec pour légende :

"Importations matérielles - Implantations mémorielles"


Vous m’excuserez de vous les ressortir aujourd’hui complétées.

"Décérébrations culturelles"


C’est juste mon hommage du jour aux installations et aux performances de l’art contemporain…


PS : Manque juste les douches au Zyklon B et les fours au fond de l’allée. Encore un effort…

mercredi 19 octobre 2011

Quand le mensonge devient "devoir de mémoire"

Il y a des commémorations qu’on ne peut pas laisser passer sans rien dire. Avant-hier par exemple…


Que puis-je faire ? Guère plus que relayer ici et commenter un peu le billet publié hier sur son blog par Bernard Lugan :


Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, par le biais d’une machination particulièrement bien orchestrée, policiers, gendarmes mobiles, CRS et Harkis engagés le 17 octobre 1961 à Paris dans une opération de maintien de l’ordre, sont devenus des agresseurs accusés d’avoir massacré 300 manifestants algériens, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300.

Tous les ans depuis 1991, ceux que le FLN désigne sous le nom de « Frères des Frères », organisent à grand renfort médiatique une cérémonie à la mémoire des « Martyrs Algériens » du 17 octobre 1961. Au mois d’octobre 2000, les « Frères des Frères » ont créé l’ « Association 1961 contre l’oubli ».

Cette année, la commémoration a pris un éclat particulier avec la présence du candidat socialiste aux futures élections présidentielles lequel a lancé une rose rouge à la Seine en mémoire des manifestants qui y auraient été noyés…

Or, contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris.

Revenons aux faits. Nous sommes en pleine guerre d’Algérie et le FLN qui cherche à prendre le contrôle de la communauté algérienne vivant en France organise une manifestation surprise et clandestine devant converger vers la Place de la Concorde et l’Elysée afin de montrer sa force et pour peser sur les pourparlers de paix qui ont lieu à Evian.

Assaillis de toutes parts, les 1300 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non 7000 comme cela est toujours dit, firent preuve d’un grand sang-froid et d’un immense professionnalisme se traduisant par un bilan des pertes « modéré » dans de telles circonstances.

Contre les affirmations des complices du FLN et des auteurs militants, les archives de l’Institut Médico Légal de Paris, (la Morgue), sont pleines d’enseignements. Le Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961, nous apprend ainsi que du 1° au 30 octobre 1961, 90 corps de « NA » , Nord-africains selon la terminologie officielle de l’époque, sont entrés à l’Institut médico légal, la plupart étant d’ailleurs des victimes du FLN…

Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ». Et pour cause, le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, une seule victime fut à déplorer dans le périmètre de la manifestation, et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé et dont rien ne permet de dire que ce fut par la police. En dehors du périmètre de la manifestation « seuls » 2 morts furent à déplorer, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune étranglé gisant dans une camionnette, également à Puteaux.

Certes, nous dit-on, mais les morts ont été déposés à la morgue les jours suivants. Or, et une fois encore, ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’IML car, entre le 18 et le 21 octobre, seuls 4 cadavres de « NA » (Nord-africains) furent admis à la Morgue :

- le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.

- le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.

- le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Soit du 17 au 21 octobre, 7 morts, dont deux seulement peuvent être imputés aux forces de police. Nous voilà bien loin des 300 morts avancés par certains… Ces chiffres prennent toute leur signification si nous nous reportons au début du mois d’octobre. Ainsi, entre le 1er et le 3 octobre, 24 corps de « N.A » entrèrent à l’IML, victimes de la guerre inexpiable que le FLN menait contre ses opposants partisans de l’Algérie française ou du MNA de Messali Hadj. Pour mémoire, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, les tueurs du FLN assassinèrent en France métropolitaine 6000 Algériens et en blessèrent 9000.

Pour mémoire encore, le 26 mars 1962, devant la Grande Poste de la rue d’Isly à Alger, les forces de l’ordre ne firent pas preuve de la même retenue que le 17 octobre à Paris quand elles ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés. Sur ces victimes, réelles celles-là, la mémoire sélective a jeté le voile de l’oubli.

Bernard Lugan

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On me rétorquera que B.Lugan est un partisan au regard sélectif…


A son billet, j’ajouterai d’abord deux précisions pour contextualiser comme dirait Tarik Ramadan :

- On retient à l’envie que la manif ne visait qu’à protester contre le couvre-feu imposé exclusivement aux N.A. par le Préfet Maurice Papon (oui, celui-là, vous m’avez compris…) On oublie trop que cette mesure visait surtout à freiner les assassinats répétés par le FLN des Algériens refusant sa tutelle.

- On oublie aussi que la Police était alors victime d’attentats quasi permanents de la part du FLN (47 tués, 140 blessés

au total cumulé) Les flics parisiens ne faisaient plus la distinction entre citoyens Nord-Africains et agents du FLN. S’en indigner aujourd’hui n’est qu’un ridicule anachronisme…


Les "victimes innocentes" directes ou indirectes de la répression policière du 17 octobre 1961 ont très probablement été supérieures à zéro… Mais si on se réfère au travail d’historien sérieux de Jean-Paul Brunet, ancien directeur du département d’Histoire de Normal Sup’, on arrive péniblement à évoquer, post 17/10, une grosse trentaine de décès [kolossal crime contre l’humanité dans un contexte de guerre de fait] dont une large majorité serait le fait du FLN. Je cite Brunet : «anciens harkis, militants du MNA, anciens combattants de l’armée française, "traîtres" divers : maris de métropolitaines, Algériens refusant de payer l’impôt mensuel au Front, rétifs à la loi coranique, ou faisant simplement appel aux tribunaux français pour régler un litige…»


Maintenant que François Hollande est allé jeter une rose dans la Seine qui n’en a rien à foutre, il n’est pas douteux qu’il se voit déjà Président de la République allant main dans la main avec Delanoë et le président du CFCM inaugurer en grande pompe un monument mémoriel élevé aux frais du contribuable. Et il y a des honnêtes fonctionnaires jouissant aujourd’hui de leur retraite qui auront du souci à se faire vue l’imprescriptibilité de certains crimes

mardi 18 octobre 2011

L’homonitaire, suprême critère de l’aide financière

Non, je ne parle pas de la Grèce...


Si vous ne respectez pas les droits des gays, on vous coupe l'aide financière ! Voilà en substance le message que le gouvernement de la Grande Bretagne adresse aux pays qui répriment l'homosexualité.


La menace a déjà été mise à exécution puisque le secrétaire d’État au développement international a privé le Malawi de 19 millions de livres (21,8 millions d'euros) d'aides. Deux homosexuels y avaient été condamnés à une lourde peine de travaux forcés. Les deux hommes ont finalement été libérés après les protestations de la Grande-Bretagne…


L'Ouganda et le Ghana, aux législations particulièrement homophobes, sont aussi visés par l'administration de David Cameron : Le gouvernement britannique a déjà menacé le Ghana de lui supprimer les 80 millions d'euros d'aide promises s'il ne mettait pas fin à la persécution contre les homosexuels.


J’attends de voir le devenir des aides promises au boxon libyen lorsque sa nouvelle législation démocratique sera codifiée (ce qui risque d’être long…) En Somalie, ce n’est pas un problème, la population s’en passera très bien…


Dites-lui bien au môme :

"- Tu vois garçon, si ton père s’était mis des plumes au cul, tu n’en serais pas là !"

Et ne vous gênez pas d’ajouter :

"- D’ailleurs, tu ne serais pas là pour nous faire chier…"


PS : Le cliché de la gay-pride, piqué chez Google-images, provient d’un site gay, amateur du "divin marquis", dont la bannière affiche le titre "Souverain en MON droit"

La photo illustre un billet dénonçant la position du Vatican et des rabbins ; billet intitulé "Ultime Holocauste"…

lundi 17 octobre 2011

Vernissage du garçon de bain…

Je m’en serais voulu de vous priver de ce souvenir de l’inauguration de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon (thème de l’édition : "Une terrible beauté est née") par notre ministre de la Cul-ture, en charge notamment (reprenez votre respiration) de l’Architecture et du Patrimoine, des monuments historiques, des Archives de France, du Livre, de la Lecture et des bibliothèques, de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles, du spectacle vivant, des Musées de France, des Arts plastiques, de la langue française et des langues de France…(1)


Je me suis demandé s’il était arrivé en avance et qu'un manutentionnaire pris au saut du lit achevait encore fébrilement la mise en place…

A la réflexion, c’est peu probable. J’ai trop confiance dans les syndicats…

Il est donc plus que probable que celui qui, tel Sisyphe, s’épuise à charrier je ne sais quoi – et je suppose n’importe quoi – fait parti intégrante de l’installation

Bien que n’ayant pas une vue d’ensemble de la dite installation que je me suis bien gardé d’aller contempler, je suis intimement persuadé que notre homme est l’œuvre d’art plastique la plus achevée de l’ensemble…


(1) : Liste quasi exhaustive des raisons sociales des diverses directions et délégations du ministère…

dimanche 16 octobre 2011

Vu de Russie et de "l’entre-deux"…

Je lisais l’autre jour une tribune libre d’Hugo Natowicz, journaliste français vivant en Russie. Elle a été publiée sous le titre "la guerre inconnue" par le journal en ligne de RIA-Novosti.

L’envie m’a pris de la reproduire ici in-extenso :


Peu avant sa mort, l'ancien président français François Mitterrand s’est livré à une confession au caractère inhabituel, troublant. Au milieu des entretiens publiés dans le livre de Georges-Marc Benhamou "Le dernier Mitterrand", l'ex-chef de l’Etat glissait: "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort".

Les observateurs se sont interrogés sur ces propos : M. Mitterrand divaguait-il, ou s'agissait-il de la vérité nue d’un homme ne se sentant plus lié par sa fonction présidentielle, l’éclair de lucidité d’un individu qui n'a de comptes à rendre à personne ? Pour quiconque a vécu en Russie et s'est imprégné des problématiques de cette partie du monde, à la fois européenne et extra-occidentale, la déclaration de l’ancien président a tout d’une évidence : cette guerre invisible fait désormais rage à l’est.

Cette tension, je ne la percevais pas tant que je vivais en France et en Espagne, deux pays largement intégrés au système économique, idéologique et militaire que les Etats-Unis ont apporté dans leurs valises à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Un système qui englobe ce que les Russes appellent l’« Occident »: une somme de nations fondues au sein d’un même paradigme économico-politique. Observateur de l'actualité russe depuis plusieurs années, il me semble que le leitmotiv des relations entre la Russie et l'Occident, c'est ce rapport de force constant qui sous-tend les relations dans tous les domaines, rythmé par les efforts américains visant à faire plier Moscou à l'aide de "condamnations" et de sanctions diverses [
l’auteur fait là un renvoi à quelques exemples récents passés chez nous inaperçus].

Il faut franchir les frontières orientales de l’Union européenne, et aller dans les pays en transition, pour ressentir la violence latente qui accompagne l’extension du système de valeurs promu par l’Occident. La première fois que j’ai pris conscience du choc, et perçu ce qu’était la culture occidentale de l’extérieur, c’était en 2006 en Ukraine, un pays où les tensions avec la Russie avaient pris une dimension particulièrement palpable. J’étais venu pour refaire mon visa, et je fus choqué par l’omniprésence visuelle des femmes dénudées diffusées en boucle sur les écrans suspendus à l’intérieur même des rames de métro, et des publicités aguicheuses qui ponctuaient les escalators, les rues, le moindre espace libre. Pourtant aguerri, je me suis dit littéralement : « En France on n’irait quand même pas jusque là ! » Il y avait en effet dans ce déballage publicitaire quelque chose de particulièrement agressif, débridé, un peu comme si une bataille se déroulait sous mes yeux. Je me souviens aussi de la frénésie qui régnait dans les nombreux McDonalds, et de ce passant qui avait refusé de me répondre en russe. Ce fut un spectacle à la fois imperceptible et impressionnant. En France ou en Espagne pas de problème, j’étais chez moi ; en Russie, ou je vivais depuis quelques mois, je commençais à m’acclimater. Ici, je me sentais littéralement pris dans un entre-deux angoissant. Cette sensation me rappelait la jeunesse dorée de Slovénie, mettant un point d’honneur à afficher son ancrage à l'ouest par le biais d’habits de marque et de toute une série de références culturelles occidentales, comme pour se démarquer ostensiblement d’un passé communiste abhorré, pas "cool" (un mot marquant l’irruption de la mondialisation des valeurs dans le langage).

Bien sûr, les valeurs occidentales s’implantent également en Russie : MTV, fer de lance à la conquête de la jeunesse après la fin de l’URSS, reste populaire. Les McDonalds ne désemplissent pas. Pourtant, l’assimilation culturelle, économique, et politique de cette énorme masse qu’est la Russie reste superficielle et irrégulière. Militairement, Moscou continue de défendre sa zone d’influence au mépris des défis de l’Otan qui implante, doucement mais sûrement, son potentiel militaire aux portes du territoire russe. Economiquement, la Russie est certes intégrée dans l’espace mondialisé, mais elle est tenue à l’écart des grands clubs libéraux que sont l’OMC et l’OCDE. Culturellement, la Russie est un Etat attaché à un ensemble de valeurs ancestral qui n’aura bientôt plus cours en occident, schisme notamment cristallisé par l’interdiction de la « gay parade ». Politiquement, la Russie n’est pas un Etat démocratique au sens occidental, tout en ayant réussi à surmonter l’expérience totalitaire. C’est un régime hybride qui s’attire régulièrement les foudres de l’ouest.

Le commentateur de la Russie se trouve dans une situation délicate: doit-il se poser en vecteur de l’idéologie occidentale, raillant et condamnant systématiquement ce pays ? Doit-il au contraire faire preuve de compréhension envers la Russie et son évolution historique? Jusqu'où faut-il critiquer le système mis en place par les Américains, qui libérèrent tout de même l’Europe au prix du sang versé ? Cette libération justifiait-elle l'impérialisme sur lequel elle a débouché?

Force est de constater que malgré la fin de la guerre froide, les tensions sont toujours palpables. Avec toutes ses contradictions, la Russie incarne une tendance forte : la volonté de vivre en marge du carcan occidental, tout en partageant avec l'ouest un socle de valeurs communes. Une soif d'exister à sa façon, sans pour autant se cacher derrière un rideau de fer.

Cette posture historique complexe, instable, n'a pas fini d'alimenter la guerre silencieuse opposant la Russie et l'Amérique.

Hugo Natowicz – 7 octobre 2011 (source)

vendredi 14 octobre 2011

Manuels scolaires d’histoire : copies à revoir !

Mon petit doigt me dit que vous vous en doutiez un peu… Ouais… Mais les avez-vous bien lu comme il faut ? C’est peu probable, aveugles que vous êtes avec vos yeux indécrottablement eurocentrés


Nous savions depuis l’affaire du gender que le ministère dédié à la chose n’a aucun pouvoir sur le choix des programmes et qu’il en est navré. Nous savions aussi que le même ministère pond des circulaires impératives (1) pour remplacer Napoléon par le Monomotapa dans les mêmes programmes. Et aussi qu’il est nécessaire d’adapter en permanence les dits programmes au public scolaire concerné (2) Mais n’oublie-t-on pas quelque chose ?


Les Allemands nous montrent la voie. Spécialisé dans la recherche internationale sur les manuels scolaires, l’institut Georg Eckert a réalisé une étude axée sur la représentation donnée de l’Islam par les manuels d’histoire en Europe.


Les auteurs de l’étude ont épluché plus de vingt manuels d’histoire allemands, autrichiens, français, britanniques et espagnols en usage dans les grandes classes du secondaire. Avec un objectif : examiner comment le monde arabo-musulman et ses ressortissants sont traités, qu’il s’agisse des textes ou de l’iconographie utilisée. Que révèle ce travail ?


Une petite anthologie de la lamentation du bobo face au mensonge du réel :


Un point commun navrant : "Dans les 5 pays, les musulmans sont représentés comme un groupe extra-européen très marqué religieusement. Globalement, ils sont présentés comme “autres”."

En vrac, je résume quelques-unes des conclusions critiques présentées par Suzanne Kröhnert-Othman, ethnologue de son état, qui a dirigé l’étude :

"On mélange tout, les musulmans, les Arabes, les Turcs, les immigrés, tout cela est interchangeable. C’est un bloc dominé par la religion. C’est un amalgame entre l'islam comme religion et la variété régionale des vies politiques et culturelles. On ne met pas en avant la diversité de l’Islam en Turquie, dans le monde arabe, en Indonésie ou… aux USA…. On n'évoque pas les différences d'interprétations religieuses, les différentes écoles ou l'influence de philosophies ou théologies non musulmanes en bien des lieux…

Elle déplore la confusion entre l’Islam et des sociétés montrées comme patriarcales et moyenâgeuses, illustrées par les mariages forcés et le niqhab…

Bien sûr, la tolérance est documentée jusqu’à la chute d’Al Andalus, mais c’est comme si rien ne s’était passé depuis cinq siècles…"


Sa conclusion est sans appel :

"Notre représentation de l’islam en dit moins sur l’islam que sur le regard que nous portons sur nous-mêmes. Nous sommes euro-centrés."


Et surtout, surtout :

"Ce sont les chapitres sur l’immigration qui nécessitent une révision particulière. Tant que les musulmans seront présentés dans les livres comme un groupe distinct de la société allemande, le thème ne pourra jamais être correctement traité en classe."


Bref, en Frawnce (nous sommes en avance, vous savez…), on dirait en faisant beaucoup plus court que les muzz sont stigmatisés par les manuels scolaires et que c’est inacceptable…


Source (NB : Neues Deutschland est un quotidien au moins aussi à gauche que Libé…)

jeudi 13 octobre 2011

Diversité, pot-au-feu, arts et lettres…

Le réalisateur de “Beurs sur la ville” (que vous ne manquerez pas d’aller voir), Djamel Bensalah est un réalisateur et scénariste français de 35 ans né en Seine-Saint-Denis (of course) Découvert il y a une quinzaine d’années grâce à son court métrage "Il y a du foutage de gueule dans l’air", il en est depuis lors à son cinquième long métrage dont diverses petites choses comme : "[je ne sais plus quoi] et… ta mère ! " ou "Il était une fois dans l’oued". Il est chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres (1) depuis l’an dernier…


Interrogé à l’occasion de la sortie de son nouvel opus - interrogé sur tout et sur ce que vous imaginez - Djamel Bensalah a solennellement suggéré de "classer la diversité issue de l’immigration au patrimoine culturel national, comme l’a été la gastronomie".


Je me perds en conjectures…


La Convention sur la valeur du patrimoine culturel du Conseil de l’Europe en octobre 2005 a, il est vrai, défini le patrimoine culturel comme "un ensemble de ressources héritées du passé que des personnes considèrent, par-delà le régime de propriété des biens, comme un reflet et une expression de leurs valeurs, croyances, savoirs et traditions en continuelle évolution. Cela inclut tous les aspects de l’environnement résultant de l’interaction dans le temps entre les personnes et les lieux". Goûtez ce petit bijou de jargon diplomatique : On ne sait de quel passé ni de quelles personnes on cause, ni où et quand on place le curseur pour constater l’évolution qui est continuelle… De ce point de vue, la proposition de M. Bensalah est parfaitement dans les clous. Et personne ne saurait s’y opposer sans être l’objet d’un signalement (là ce n’est pas stigmatiser…) pour délit de… (mettez les mots auxquels vous pensez)


Au demeurant, M. Bensalah, dont je ne saurais contester la grande culture, semble se fourvoyer et développer une argumentation risquée : Hisser la diversité sur le même podium que la gastronomie française est erroné car la gastronomie n’est pas inscrite au patrimoine culturel national, mais au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Mais ce n’est là que broutilles. Il y a plus grave : Ce n’est pas seulement erroné, c’est fautif !

Le patrimoine culturel, on vient de le dire, résulte de l’interaction dans le temps entre les personnes et les lieux. Comment oser alors mettre l’expression des valeurs, croyances, savoirs et traditions de la diversité sur la même étagère, dans une inacceptable promiscuité avec le ragoût au jarret de porc ou les pieds et paquets marseillais ?


Mais ne pinaillons pas. La suggestion de ce chevalier des arts et lettres est si pertinente que je n’imagine pas qu’elle ne puisse aboutir !


(1) L’ordre des Arts et des Lettres est une décoration honorifique gérée par le ministère de la Kultuur. Elle récompense "les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou leur contribution au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde." C’est avec les Palmes académiques et le Mérite agricole un des très rares ordres ministériels à ne pas avoir été aboli quand de Gaulle en supprima 13 pour instituer l'ordre national du Mérite.

Le contingent annuel se limite à 450 chevaliers, 140 officiers et 50 commandeurs. "En raison de ce contingent extrêmement restreint [??], il s'agit d'une décoration très peu distribuée [!!] "…